ROI LA1W
niew, établisses un vaste réai lu de cbemini de fer qui embrasse i.i France, l'Europe, le monde entier. Rois ei empereurs, I votre lâche, vous êtes les cantonniers de Dieu. Comme auin le-, dieu* de*la table arrivaient dana iroii pas au boui du monde, miiis. iei prêtres catholiques arrivent chef l»>< h itioni les plus reculées. Bb '■ peuvent-ils aller trop vile, I •ue i.mi d'enfants meurenl ii la Chine, .mi Japon, au rooqoin, r reçu le sacremenl de la régénération, lorsque tant de vieillards descendent 'luis h tombe sans bien eonnaitre celui qui leur ;i donné l'existence? Hiasionnairea, hatez-vous, le tempe
.-,• : court /. voles pour annoncer la bonne nouvelle a tout peuples; ils se précipitent dans l'éternité sans bien savoir quelle
leur future destinée. Sœurs de la Charité, sœurs de la Doctrine, sœurs '!«■ saint Vincent de Paul, partez; tant «le jeunes tilles
lissent dans l'ignorance, tant de malheureux réclament vos
1rs. ils \,.iis tendent les bras; anges de la terre, allez leur apprendra yer les doux noms de Jésus et de Marie ; allez
soulager l'infortune, adoucir la douleur, diminuer la souffrance. Voire dévouement sera récompensé par une éternité de gloire et
inheur.
QUAB ^NTE-SIXIÈME ENTRETIEN.
LE D06MB Dl LA GRACE NOUS DONNE BEI L LA I Ml uni DE i . tflSTORJQl ES.
Mi
i quelques mois, />,. u Déni lt mUmI </<* '"»<« ki homm r, noni rendent raison de la conduite générale de la Providence sut
nées de l'humanité ; nous comprenons pourquoi, tout «-u les nations coupables pour les ramener à In m nu. I ne perm ipa (lambeau de la vérité s'éteigne tout i fait au
mita mmes ne m in lieront dans les i< que
parce qu'ils refuseront d'ouvrir les yeux à la lumière ; c'est pourquoi la justice et la miséricorde de Dieu confondront tous les pécheurs au jour des révélations.
Mais, outre ces faits généraux, il en est une foule d'autres qui ne seront jamais compris sans une élude approfondie de la grâce, parce qu'ils sortent de l'ordre naturel. Nous parlerons seulement de quelques-uns.
Si l'on examine, par exemple, par les seules lumières de la raison naturelle, la conduite de la plupart des hommes apostoliques, on s'expose à censurer des actes qui sont dignes des plus grands éloges.
Un jeune prêtre, savant et vertueux, est envoyé dans une paroisse, où il travaille, avec zèle et ardeur, pendant l'espace de trois ans. Après avoir longtemps médité sur les moyens à prendre pour étendre la gloire de Dieu et procurer le salut des âmes, il se dispose à les mettre à exécution. Mais, auparavant, il croit devoir donner communication de ses généreux desseins à quelques paroissiens pieux et fidèles. Ceux-ci, hommes prudents et pacifiques, lui conseillent de ne rien précipiter, d'attendre encore, parce que le temps n'est pas venu, d'user de beaucoup de ménagement, de peur d'irriter la population. Cet excellent curé repousse ces avis, et marche courageusement dans la voie que le ciel semble lui avoir tracée, dùt-il lui en coûter la vie. Mais à peine a-t-il mis la main à l'œuvre, que les esprits s'échauffent, se réunissent et conjurent sa perte. Us se précipitent furieux au presbytère, en arrachent le curé en l'accablant d'injures et le chargeant de malédictions ; ils l'entrainent hors du village, le dépouillent de ses vêtements et le pendent à un arbre.
Cependant, les quelques paroissiens dont il a gagné la confiance, loin de prendre hautement sa défense, s'enfuient et se cachent; et pour ne pas se compromettre, ils évitent jusqu'aux regards des méchants.
Que penseront de la conduite de ce curé les hommes modérés? — L'imprudent, ne l'avions nous pas prévenu ? Que ne prêtait-il l'oreille à nos sages conseils? Son fanatisme, ou au moins son zèle trop ardent a tout perdu, et lui même et la paroisse. Ainsi parlera la sagesse du monde ; mais les pensées de Dieu ne sont pas les pensées des hommes.
Ce curé, c'est Jésus-Christ, envoyé par son Père dans la Judée, sa paroisse. H y prêche pendant trois ans, presque sans succès ; ù peine s'est-il concilié l'affection de quelques disciples. Son zèle et sa charité n'ont fait qu'irriter ses autres paroissiens, qui finis-
UQ COR0LLA1
sent par le pendre ■ une et - Bpôtres l'abandonnent et
fuient, faut semble perda, el t - m a ee moment-là même que tout est sauvé. Lorsque je serai élevé de la terre, avait-il dit, j'ati tout a moi.
Que de faits de cette nature dans toute l'histoire de l i premier des < 1 î - » ni Etienne, rempli de l'Esprit de
Dieu, reproche aux Juifs leur aveuglement volontaire, leur i tance continuelle et opiniâtre aux grâces de Dieu^ Son discours, plein de Force, de véhémence el d'une trop juste indignation, lis m, i en fureur : lis se jettent sur lui, et le tuent à coups de pierre.
Quelle imprudence 1 dira plus d'un chrétien de nos jours; ne valait-il pas mieux prendre un ion plus paternel, un langage plus doux ( t plus concilîanl : I es Juifs i"' se seraient pas pi
s de cruauté et de liai lune ; Etienne aurait continué a les instruire, à leur faire reconnaître Jésus-Christ pour le M- ssie prédit par les prophètes. Quelques années plus tard, il aurait recueilli
les fruits de sa douceur et de s;, patience ; il aurait eu la COUS
tion -de voir un grand -nombre de ses frères, touchéi bonté
et de -.1 modération embrasser la lui chrétienne.
S ins dniiie. quiconque a foi à l'Evangile n'adn - de pa-
reils reproches a saint Etienne ; mais il serait aussi injuste de les
faire a .1 autres, qui ont marché sur les tr.. saint diacre.
induite ordinaire des pasteurs doit être toujours réglée par la prudence et i chrétienne, nous n'en disconvenons pas,
mais ils doivent déployer plus de sévérité el d'énergie dans laines circonstances exceptionnelles. Le vaillant capitaine < si quelquefois obligé de sacrifier sa vie pour le salut de la patrie. Son «
vent une nure meurt a\cc joie, en donnant le jour à un lils
depuis longtemps désiré, pourvu «pie celui-ci ait la vie st>u\e. Or, ng de saint l tienne a été fécond : il a fait naître et grandir
l'incomparable Paul, 1 kpotre «les nations, l ne telle mon vaut
mieux que la plus longue vie.
Ii véhémence avec laquelle saint Jean Chrysostômc parlait
contre l'orgueil, le luxe <t la violence des grands, lui attirèrent
une foule d i nnemis. L'impératrit e Eudoxie, dont il avait censure adulte, les appuya de ion crédit, et le ni condamner dans Un iliabule, déposer du patriarehat, chasser de son siège deux
ri envoyer en exil, ou il mOUnil après aVOir endure des v,,u|.
le tous genres. Cependant, a Déconsidérer que les faits I est à présumer que si Conslantinople eut eu plus souvent p »ur pan iareb aussi élevés, au-
ment irempés que celui de ce grand Docteur, elle ne serait pas aujourd'hui la capitale du mahomélisme.
Saint Thomas, archevêque deCantorbéry, s'étant trouvé engagé, pour les intérêts de l'Eglise, dans de longs et fâcheux démêlés avec Henri II, roi d'Angleterre, on l'a vu tomber peu à peu de la faveur à la disgrâce, de la disgrâce au bannissement, du bannissement à une espèce de proscription, et enfin à une mort violente. Mais la Providence divine, ayant lâché la main jusqu'à ce terme, a fait commencer de là son élévation. Elle a honoré de miracles le tombeau de cet illustre martyr ; elle a mené à ses cendres un roi pénitent ; elle a conservé les droits de l'Eglise par le sang de ce saint évéque, persécuté injustement pour sa cause, et tirant sa gloire de ses souffrances (1).
L'immortel Pie YII a seul tenu tête à un empereur despote, à la volonté duquel rien ne résistait, et qui secouait la poussière de ses pieds sur les diadèmes des rois.
Combien d'autres exemples aurions-nous pu citer ! Mais ils sont assez connus pour nous dispenser de faire une plus longue énumération.
Quelle est donc la raison de cette fermeté qu'a toujours blâmée la prudence humaine, et que quelques chrétiens de nos jours, plus timides qu'éclairés, ne cessent de censurer, de traiter de folie et d'imprudence ? La voici : C'est une loi établie, dit Bossuet, que l'Eglise ne peut jouir d'aucun avantage qui ne lui coûte la mort de ses enfants ; et que, pour affermir ses droits, il faut qu'elle répande du sang. Son Epoux l'a rachetée par le sang qu'il a versé pour elle, et il veut qu'elle achète par un prix semblable les grâces qu'il lui accorde. C'est par le sangdes martyrs qu'elle a étendu ses conquêtes bien loin au-delà de l'empire romain ; son sang lui a procuré, et la paixdont elle a joui sous les empereurs chrétiens, et la victoire qu'elle a remportée sur les empereurs infidèles. Il parait donc qu'elle devait du sang à l'affermissement de son autorité, comme elle en avait donné à l'établissement de sa doctrine ; et ainsi la discipline, aussi bien que la foi de l'Eglise, a dû avoir des martyrs (2).
L'épiscopat français a très-bien compris, de nos jours, celte loi ou celte nécessité de la souffrance et du sang pour conserver à l'Eglise son autorité et son indépendance. Il n'a pas craint le ressentiment du Pouvoir, lorsqu'il s'est agi de défendre les intérêts sacrés de la Religion, et les droits imprescriptibles des pères de
(1) Rossuet. Panégyrique de saint Thomas de Caniorhùrv. — (2) Rossuet. Ibid.
i I UBBS.
famille. Honneur à loi ! En marchant ivee courage et pers ranee dans cette "voie qu'ils m ioni tracée, dos vénérables évéquet
ni les sauveurs de la Religion en France, et lessauveun libertés publiques; car il est a remarquer que, partout ou l'Eglise
opprimée, le peuple gémit dans la servitude, et que la liberté civile et politique ne se maintient qu'appuyée sur l'indépend de l'Eglise : c'est une loi tellement universelle, que l'histoire ne mentionne aucune exception à ce sujet.
plupart des saints, que l'Eglise honore d'un culte publie, ont pratiqué des oeuvres de pénitence qui nous étonnent et nous effraient. Jeûnes, veilles, prières, eilices, disciplines, ehain< fer, tous les genres «le macérations ont été employés par eu ; ce que les hommes éclairés de notre époque regardent encore comme une folie. Ils ne comprennent pas que ces saints personnages, s'a-
int nin-i à Jésus-Christ souffrant et mourtmt sur la croix, expient avec lui, en lui el par lui, non seulement leurs propres péchés, mais encore les péchés de leurs frères ; il> ne voient
l'Esprit de Jésus-Christ, qui habite en eux par la grâce, leur
imunique un courage tout céleste, un divine, une
puissance qui n'est pas de ce monde. C'est là ce qui explique
• liante influence que les saints ont exercée de tout temps sur la société.
Bossuet, Massillon, Bourdaloue, quels nom-; illustres ' I es rappeler, c'est évoquer le souvenir de ce une la chaire chrétienne ;» produit de plus grand. Je regarde Massillon, dit Laharpe, dans le
l.i prédication, comme le premier des orateurs, car lui qui a le mieux atteint le but de ce genre d'éloquence, celui : kuvoir les cœurs et de faire aimer la murale évangélique. Comme prédicateur, il parie i l'âme, et comme écrivain, il nous ■me.
itét «'levé, tantôt simple, dit l'auteur de la D i aVs f.rt-
trrs ■ parlant de Bourd doue, toujours noble el jamais
lier, il se m< t àla portée de l'esprit de tous les hommes : développent, se succèdent rapidement et avec netli
• vérité qu'il établit, naissent mille autres vérités nouvelles qui se soutiennent el se fortifient mutuellement-, il s'abandonne
nds mouvements qui surprennent, agitent, remuent Pao-
h< i< sse, profond sans obscurité, il
onne, il discute, il prouve; comme c'est l'esprit qu'il veut
■ r, il l'attaque, le combat, le mil dans i"u» ie> détours,
OphismC : rein-, |(
rendre ■ I urri de la lecture des
Pères de l'Eglise, on voit que son goût naturel, plus que la nécessité, l'a porté à s'enrichir de leurs trésors ; son éloquence est celle des Chrysostôme, des Augustin ; son style sévère n'a rien de recherché, ni d'affecté ; il est nerveux et plein de force ; les ornements, les fleurs, les grâces du langage s'y trouvent placés naturellement. Bourdaloue, en un mot, est, de tous les orateurs sacrés, le plus accompli, et le créateur de l'éloquence de la chaire.
Au seul nom de Démosthènes, dit le cardinal Maury, mon admiration me rappelle celui de ses émules avec lequel il a le plus de ressemblance, l'homme le plus éloquent de notre nation. Que l'on se représente donc un de ces orateurs que Cicéron appelle véhéments et en quelque sorte tragiques, qui, doués par la nature de la souveraineté de la parole, et emportés par une éloquence toujours armée de traits brûlants comme la foudre, s'élèvent au-dessus des règles et des modèles, et portent l'art à toute la hauteur de leurs propres conceptions ; un orateur qui, par ses élans, monte jusques aux cieux, d'où il descend avec ces vastes pensées agrandies encore par la religion, pour s'asseoir sur les bords d'un tombeau et abattre l'orgueil des princes et des rois devant Dieu qui, après les avoir distingués sur la terre, durant le rapide instant de la vie, les rend tous à leur néant et les confond à jamais dans la poussière de notre commune origine ; un orateur qui a montré, dans tous les genres qu'il invente ou qu'il féconde, le premier et le plus beau génie qui ait jamais illustré les lettres, et qu'on peut placer, avec une juste confiance, à la tête de tous les écrivains anciens ou modernes qui ont fait le plus d'honneur à l'esprit humain ; un orateur qui se crée une langue aussi neuve et aussi originale que ses idées, qui donne à ses expressions un tel caractère d'énergie qu'on croit l'entendre quand on le lit, et à son style une telle majesté d'élocution, que l'idiome dont il se sert semble se transformer et s'agrandir sous sa plume ; un apôtre qui instruit l'univers, en pleurant, en célébrant les plus illustres de ses contemporains, qu'il rend eux-mêmes du fond de leur cercueil les premiers instituteurs et les plus imposants moralistes de tous les siècles ; qui répand la consternation autour de lui, en rendant, pour ainsi dire, présents les malheurs qu'il raconte, et qui, en déplorant la mort d'un seul homme, montre à découvert tout le néant de la nature humaine ; enfin, un orateur, dont les discours, inspirés par la verve la plus ardente, la plus originale, la plus véhémente et la plus sublime, sont en ce genre des ouvrages absolument a part, des ouvrages où, sans guide et sans modèles, il atteint la limite de la perfection, des ouvrages classiques consacrés en quelque sorte
AU l 1 uni -
par le sufTr.i iz^ iinaoimc du genre humain, et qu'il faut étudia s;iu> nesse, comme dans les arts on \.\ former son goût el mûrir son talent à Rome, en méditant les chefs-d'œuvre de Raphaël et <!.- Mi :hel-Ange. Voilà le Déœosthènes français '. voilà Bossuet !
\ ces trois grands hommes, nous pourrions opposer trois saints vénérés par l'Eglise, saint Dominique, saint François d'Assise el saint Vincent de Paul. Que nous dit l'histoire du talent oratoire deui premiers? Rien; il est vrai qu'ils ne nous ont rien laissé de leurs productions littéraires ; mais les auteurs contemporains ne nous parlent jamais d'eux, comme Byant été des hommes éminenti dans la science el la littérature. Cependant, ils ont exercé une action immense sur leur siècle : ils ont changé en quelque sorte la face «lu momie chrétien. \u moment où ils ont paru, le clergé était tombe dans le mépris, le peuple avait l'esprit perverti par l'hérésie el le cœur corrompu par le libertinage Quelques années après, les prêtres retrempent leur àme au feu de la charité, les hérétiques abjurent l'erreur, les pécheurs se purifient dans le bain de la pénitence. La vie toute céleste de ces deux hommes attire autour d'eux une foule de disciples, qui étonnent le monde par la pratique des plus sublimes \crtus.
Dira-l-on qu'ils n'ont produit ces merveilleux effets que par le prestige de leur sainteté .' Que les peuples de ces temps de foi simple et naïve se laissaient facilement enthousiasmer? Que personne n'a pu calculer encore ce que peut une imagination vive et ardente .' Mus ce n'est pas résoudre la question. Où et quand at-on \u des hommes livrés à la fureur de leurs passions brutales, habitués depuis longtemps à s;,i i-f^irc tous leurs penchants ,i,
gtés, renoncer tOUt à COUp aux ru QeS8eS, aux honneurs et a la
volupté, et embrasser avt c ardeur un genre de vie si pénible 1 la nature ? Non, jamais l'enthousiasme et l'imagination n'ont opéré de semblables prodige
Il faut doue reconnaître qu'il > a une force plus qu'humaine dam les hommes vraiment apostoliques, lis vivent sur la terre, el leur conversation est dans le ciel. Sans n ss<-, j|g méditent les grandes i - du catholicisme : par une prière continuelle, ils aspirant la via divine : ils se l'approprient, se ridentifienl ; leur àme en suri bonde. I eur lang mple, sans ;ut et sans ornements ; mais
quand ils parlent, cette surabondance de vie, qui s'échappe de leur sein et qu'ils ne peuvent plus contenir, se répand SOI tous
leur- auditeurs ; leur parole remplie, el si je puis parler ainsi.* saturer d'Une xerlu diuue, briSC hs cours, les foj| fondre larmes ,t |,-s embrase de I amour divin.
Les grands orateurs chrétiens du siècle de Louis XIV ont converti à coup sûr bien des pécheurs et instruit bien des ignorants ; mais le peuple est resté en général ce qu'il était ; nous ne voyons pas que leur sublime éloquence ait opéré un changement universel dans la conduite et dans les mœurs ; et cependant, au plus grand talent, ils joignaient une conduite exemplaire.
Si l'on nous disait que les temps étaient bien changés, que l'esprit de foi, si puissant au moyen-àge, s'était presque éteint au XVII9 siècle, nous pourrions rappeler les fruits admirables de salut qu'ont produits peu de temps auparavant saint François de Sales et saint Vincent de Paul. Nous pourrions comparer ce que font de nos jours tant de saints prêtres dans leurs propres paroisses, bien qu'ils n'aient qu'une science médiocre et le talent de la parole très-ordinaire, avec d'autres paroisses dirigées par des hommes plus éloquents, mais moins pieux.
On conçoit encore qu'un homme de talent ou de génie se fasse chef de secte ou forme une école philosophique ; parce que l'orgueil ou la volupté y trouve un aliment. Mais il n'en est pas ainsi des saints fondateurs d'ordres religieux ; leurs statuts, qui servent de Charte et que chaque religieux s'engage à observer pendant toute sa vie, n'offrent rien d'attrayant ; ce n'est au fond que l'application pratique et journalière des conseils évangéliques. Mais si les gens du monde trouvent déjà trop parfaits les préceptes, il n'est pas croyable qu'ils se porteront d'eux-mêmes à renoncer aux jouissances, même les plus légitimes, pour observer les conseils ; qu'ils offriront à Dieu en holocauste leurs biens, leur liberté, leur corps, leur vie même, par les vœux de pauvreté, d'obéissance et de chasteté, pour satisfaire des inclinations purement humaines. 11 y a donc, dans ces grands personnages, une puissance d'attraction, qui n'est pas de l'homme, mais de Dieu. Ils ressemblent à ces astres brillants qui entraînent sur leurs pas une multitude de satellites, destinés à éclairer le monde, les uns le nord, les autres le midi ; ceux-ci l'orient et ceux là l'occident.
Il y a une foule d'autres faits non moins étonnants, par exemple : les miracles, les apparitions des anges ou des saints, les ravissements, etc., dont il est impossible au rationaliste de rendre compte, s'il méconnaît l'ordre surnaturel. Sous prétexte qu'il n'est rien de si extravagant dont ne soit capable une crédulité populaire et bigote, il prendra peut-être le parti de nier ces faits, pour se débarrasser de la peine de les expliquer. Mais si c'est une méthode commode et prompte, elle est peu philosophique ; car nous ne parlons pas de faits, faux ou douteux, mais de faits attestés
4*'. COROI I tlRES.
par des témoins < n ir n< ■ s de foi, et revenu de toutes les conditions vootaes pour qu'ils soient certains et incontestables, comme tous
oeus qui sont rapportés dans ta et les procès de 1 1 . moiii-
lation des saints. Nous ne prétendons pas non plus les placer au même rang que les fait» du même genre racontés dans nos i saints et formant une partie de la révélation divine ; car Dieu a environné ceux-ci de tant de lumière, que personne ne saurait légitimement les révoquer en doute : et eels devait être, puisque mit eus que repose la certitude raisoonée tic la Révélation elle-même. Cependant, lien est un grand nombre que Dieu a opérés dans le même but, pour prouver la divinité de la religion au\ peuples idolâtres ou pervertis par l'hérésie. Les miracles op par saint François Xavier BufAseol Beuls pour démontrer la \< et la divinité du catholicisme, et, par voie de conséquence, l>i fausseté du protestantisme. Mais il v en a d'autres qui n'ont pas il' - a île certitude aussi frappants, bien qu'ils soient hor-
de doute, ei que Dieu a opérés pour convertir quelque pécheur obstiné ou récompenser la foi et la piété d'une àtne fervente. Beaucoup de chrétiens très-raisonnables traileni d'esprits faibli Crédules Ceui qui ajoutent foi à ces faits surnaturels, par la seule raison qu'ils <onl surnaturels. Ils prétendent que Dieu ne d le monde que par des lois générales, et n'y intervient qu'à de longs intervalles, dan> des circonstances graves, ou il B'agit, par exemple, de sauver toute une nation, ou le genre humain luimême : semblable, à peu pré-, à l'ouvrier qui, après avoir fabriqué une horloge, la suspend a la muraille, el la laisse aller toute
seule.
Hais Si le monde matériel même allait tout seul, conduit par
«h - ! is générales el nécessaires, pourquoi les Bavants, qui ont étudié ces i"i-, ne prédisent-ils pas, au moins quelques joui
née, la pluie ou le beau temps, connue ils annoncent le relour d'une éclipse ou d'une coniéle w Pourquoi tous les peuples elô\enl-
il- leurs i rs le ciel, loi -«pie la terre est frappée de stérilité?
Pourquoi ont-ils tous des prières pour demander la fertilité de i hamps .' C'est que tous reconnaissent que. comme un <
mnable, Dieu punit souvent de- Us coupables eu les condamnant à quelques privations, au jeûne et a l'abstii | quelques louffrances de même nature, pour les faire rentrer en eu\ mêmes ei |i ;cr.
Il h s a pas i seuli . civile ou religieuse, ou le souve
n'ait la faculté d i unes faveurs ou privilèges, en
(h h' : - du droit commun, ou de dispenser de la loi. mh> autre
raison que pour exercer sa bonté ou sa munificence, pour se concilier la confiance et gagner les cœurs de ses sujets, ou pour récompenser leur constante fidélité. Dans toute communauté religieuse, dans l'ordre même le plus sévère, les malades sont dispensés de l'observation de la règle. Pourquoi n'en serait-il pas de même dans la société divine ou l'Eglise ? Ne convient-il pas que Dieu opère des prodiges, ou dispense des lois générales de la communauté, un malade spirituel, pour le guérir ou le sauver, ou une àme fidèle, pour la récompenser ? Dieu aura-t-il moins de sagesse, de bonté et de générosité qu'un roi qui gouverne son peuple ou un supérieur chargé de la direction d'une communauté ?
Nous savons bien que les moyens ordinaires que Dieu a établis suffisent pour procurer le salut à tous les hommes ; mais nous savons aussi que Dieu ne s'est point engagé à ne pas aller au-delà. Les grands criminels, jetés dans un cachot, doivent se contenter d'un peu de pain et d'eau pour conserver une vie qu'ils ont mérité de perdre ignominieusement ; rien n'est plus vrai. Cependant, quelque coupables que nous soyons, Dieu ne nous traite pas comme des prisonniers d'Etat. Que n'a-t-il pas fait pour rendre notre captivité moins pénible et moins dure ? Notre prison est encore si belle, si agréable, que beaucoup de prisonniers voudraient y demeurer toujours ; la terre est un magnifique palais, plus riche et plus beau que celui de Salomon. Les fruits les plus délicieux et les plus variés, les viandes les plus exquises couvrent nos tables; un vin généreux ou délicat nous est donné pour ranimer nos forces, et répandre la joie dans nos cœurs. Mais si Dieu est si libéral, si prodigue de ses dons envers nous pour nous conserver une vie si fragile et si misérable, nous avons la confiance qu'il l'est beaucoup plus encore dans l'ordre surnaturel.
En effet, la création du monde ou la production de l'ordre de la nature n'a été que comme un essai que Dieu a fait de sa puissance ; mais, dans l'œuvre de la Rédemption, il l'a déployée toute entière, il a ébranlé la terre et les cieux ; il a épuisé, pour ainsi dire, tout ce qu'il y a en lui de bonté, de force, de justice, de sagesse et de miséricorde ; il nous a donné son propre Fils ; que peut-il nous refuser? L'Eternel vient au monde, l'immuable croit et grandit, l'impassible souffre, le Dieu vivant meurt pour le salut du monde. Si vous me demandez pourquoi Dieu dérogerait aux lois de la nature pour encourager ou convertir une âme, je vous répondrai : Dieu est si bon, qu'il a fait le sacrifice de ce qu'il a de plus cher pour sauver les hommes ; Dieu est si bon, qu'il se donne
COROLLATJ
tout tous lei chrétiens, qu'il \<>< gratifie de sa propre <ii-
MIH'
Dans la vie de niai François d'Assise, fondateur de son ordre, taventure, en expliquant la puissance extraordinaire que raphique François s exercée sur toute la nature, en donne uni* raison bien remarquable el qui nous ;i étonné par sa profondeur. Le premier homme, non- dit-il, fui constitué roi el pontife de l'univers ; Dieu le chargea de présidera toute la création; il amena devanl lui loua les animaux, afin qu'il leur donnai des ■ que ceui ci reconnussent leur maitre. Mais, B'étanl révolu- contre Dieo, l'homme perdit une partie «lu pouvoir qu'il :i\ait reçu : les créatures se révoltèrent contre lui. Or, Jésus-Christ est venu rétablir l'homme dans l'étal primitif «m lui rendre ses nnliques prérogatives ; non pas toutes, parce quelajusti qu'il
expie ses fautes par la privation et la souffrance, mais les principale! Mu moinsel les plus importantes. Ainsi, à mesure que le chrétien avance dans la vertu, il se rapproche de la perfection primitive, il rentre dans ses droits; une auréole de - tinteté environne -on front »'t lui forme un diadème ; la nature reconnaît -un maître lions respectent Daniel, ci aident Antoine ;i creuser dans le désert une fosse p >ur son ami Paul : les tigres se couchent bux pieda martyrs, lècheni leurs plaies et les caressent comme feraient des chiens fidèles. \ la voii des Martin, des Bernard, il''- Frai Xavier, les sourds entendent, les aveugles voient, I»-- malades ris, les morts ressuscitent. Le chrétien, régénéré parla and Adam ;> qui Dieu remet un nouveau sceptre; le jour de son baptémeest le jour de Bon sacn un autre
-t. Un enfant vient au monde : c'est le ni- «l'un artisan, d'un I d'un mendiant peut-être ; Dieu «lu alors ;i un de ces < spriti qui sont continuellement en -:i présence: pars, je te confie la ■ île cet enfant : aie soin qu'il ne lui arrive aucun mal. Surle-champ, l'envoyé céleste se rend dans l'humble chaum veille jour et nuit du fils de l'homme, l'accompagne par-
ligue ion- ses soins pendant vingt, qu trente, soixante et ne le quitte que lorsqu'il •• remis -on .uni' entr< mains de Dieu.
leulemenl le frère «lu chrétien, mais il xviteur <■•. sa sentinelle vigil m te H ne nous • si pas p< • : qu'il ne remplisse fidèlement tous ses devoirs. H i i d'étonnant qu'il -•■ montre ;> lui quelquefois »'i qu nsiblcmeni ; qu'il réveille Pierre «lui- - 1 prison, brise
ses fers, ouvre les portes et l'arrache à une mort imminente. Après que le Fils de Dieu, le Verbe divin, a conversé avec les hommes et s'est fait esclave pour les sauver, nous ne pouvons plus être surpris de voir un ange porter la sainte communion à saint Stanislas Koslka, saint Jean et la Mère de Dieu s'apparaître à sainte Elisabeth de Hongrie, la consoler dans ses peines et la fortifier au milieu des cruelles persécutions qu'elle endure. Ce qui doit nous étonner, c'est que ces faits ne soient pas plus fréquents.
En effet, Jésus-Christ nous a dit : ■ Voici les miracles qui suivront ceux qui auront cru ; ils chasseront les démons en mon nom, ils parleront de nouvelles, langues, ils prendront en leurs mains des serpents ; s'ils avalent du poison, il ne leur nuira pas ; ils imposeront les mains sur les malades, et ils se porteront bien (t). » Ces promesses du Sauveur sont universelles, s'étendent à tous les temps et à tous les lieux. Si elles ne se réalisentpas en nous, n'en accusons que notre peu de foi : tout est possible à celui qui croit.
« Voici donc le grand miracle de Jésus-Christ, s'écrie Bossuet. C'est que non seulement il est tout-puissant, mais rend encore l'homme tout-puissant, et, s'il se peut, plus puissant que lui, faisant du moins constamment de plus grands miracles, et tout cela par la foi et par la prière... La foi donc et la prière sont toutes puissantes, et revêtent l'homme de la toute-puissance de Dieu (2).»
Les Pères de l'Eglise remarquent que le Sauveur avait besoin de sa toute-puissance pour contenir sa majesté divine sous les voiles de son humanité ; qu'il n'a fait que suivre son inclination naturelle, lorsqu'il a laissé s'échapper de son sein quelques rayons de sa gloire ; que sa transfiguration a été moins un miracle que la suspension d'un miracle perpétuel. Or, un chrétien est un autre Christ ; son âme participe à la nature divine, son cœur est un sanctuaire auguste où réside l'adorable Trinité. Et cependant il ne parait qu'un homme, comme s'il n'existait que dans l'ordre naturel ; et c'est là un prodige qui devrait nous étonner plus que les extases et les ravissements. Car, comment un chrétien, uni à Dieu substantiellement, reste-t-il attaché à ce monde, et ne s'élève t-il pas à l'instant au ciel ? Comment ne se brise pas son corps, celte enveloppe grossière, qui renferme la divinité ellemême après la sainte communion ? La grâce, par sa propre nature, ne doit-elle pas pousser le chrétien vers Dieu avec plus de
(1) Marc, 16,. 17. (2) Méditation, 21 'jour.
430 OOROLI W
force qu'un»* pierre n'est attirée par ss pesanteur vera la terrer Voilà ce qui nous surprend, ce qui est h dos >ou\ un mystère Ineompréhensible et comme un effel BpéeisJ de Is paisstnee divine.
e i|wi esl inférieur suit nstureilemeni ce qui est supérieur ;
l'àme «|ui conduil le eorpi ei le mène ou elle veut ; Is |i devait donc nous entrsJner sera Dieu par sa propre pui— si