‹ De l'oreilleChapitre 18 sur 25 · SYMPATHIES DE ^OREILLE · texte numérisé non relu

SYMPATHIES DE ^OREILLE

Les fonctions de l'oreille sont liées à celles de quelques organes par des rapports dont on s'est exercé long-temps à découvrir la cause : les phénomènes sympathiques les plus constans paraissent s'expliquer assez bien par les anastomoses nerveuses ; mais quelques autres plus rares , ou simplement passagers, se refusent à ce genre d'interprétation. — Les relations de l'oreille s'établissent dans des états opposés, d'après lesquels on pourrait distinguer des sympathies normales et des sympathies morbides. Cette distinction est la seule que j'aie à peu près en vue dans l'expose qui suit.

Parmi les phénomènes rapportés à l'ordre des sympathies, il en est, sans doute, un certain nombre qui ne lui appartiennent pas , et qui 7 mieux connus dans la cause de leur production 9 devront en être distraits : telle est la difficulté d'avaler , qui accompagne quelquefois l'inflam-

(257) mation de l'oreille moyenne , et que Sehacî attribuait au jeu des sympathies, mais qui résulte plus certainement de la phlogose propagée dans le pharynx. M. Jacohson a reproduit Terreur de Senac i en faisant dépendre ces effets de l'anastomose nerveuse qu'il a découverte (i).

Les relations que l'oreille entretient avec le cerveau , centre de nos perceptions , n'ont rien de plus surprenant que celles qui s'observent entre cet organe et les organes des autres sens. L'intimité paraît plus grande dans le premier cas ; on peut citer en preuve les distractions profondes de l'oreille pendant les préoccupations de l'esprit, et l'influence hien connue des peines morales sur la surdité nerveuse.

Les deux oreilles entretiennent une étroite sympathie , qui s'observe dans l'état de santé et dans l'état pathologique. M. Itard Ta jugée telle, que, dans le cas de déchirure de la membrane du tympan d'un côté , il établit avec raison le précepte de soustraire à la fois les deux oreilles à l'impression du bruit pendant toute la durée de la cicatrisation. Il est fréquent d'observer la paralysie essentielle des deux nerfs acoustiques. M. Alard îapporte que, dans un catarrhe des deux oreilles , dont il a recueilli l'observation , l'écoulement venant à diminuer d'un côté, la

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(i) M. L. JacobsoH , foc. cit.

fluxion était accrue de l'autre presque au mémo instant, et d'une quantité égale (i). M. F*** entendait fort peu de l'oreille gauche et nullement de la droite ; le traitement entrepris sur cette dernière seulement suffit pour rétablir l'ouïe des deux côtes (2).

L'oreille et le larynx sont dans une sympathie étroite, incontestable, et des plus importantes: le mutisme est une conséquence nécessaire de la surdité absolue et congcniale (3). Le larynx du sourd-muet de naissance ne sert plus qu'à l'émission de la voix simple ; s'il imite les articulations qui forment la parole , ce n'est que par l'étude incertaine et pénible de leur mécanisme. L'intimité des relations de l'oreille et du larynx n'est pas moins remarquable chez les animaux que chez l'homme ; on sait que certains oiseaux parviennent à répéter fidèlement des traits de chant , ou à imiter la parole et les inflexions

(1) M. Aiard, Essai sur le catar. de l'oreille. Paris, 1807.

(2) Saissy, loc. cit.

(3) La surdi-mutité ne dépend pas toujours d'une lésion de l'ouïe. Dans quelques cas , une même cause peut éteindre séparément la double faculté d'entendre et de parler : une jeune filîe fille de 7 ans devint toul-à-coupgourde et muette , après des vomissemens suivis d'attaques d'épilepsie. ( Fodéré , Phys. posa.., lom. III.) Un jeune hotr.me de 20 ans , serré fortement à la gorge durant une querella , devint à l'instant sourd et muet. ( Saissy. )

CàSg )

mêmes de la voix, avec une grande perfection. Les deux organes que je compare présentent de l'analogie entre les particularités de leurs fonctions propres ; le larynx, par exemple, se prête plus facilement à parcourir les intervalles harmoniques , et l'oreille semble les rechercher: depuis long-temps j'ai reconnu ces intervalles dans les efforts par lesquels on cherché à se faire entendre d'une personne éloignée ; la voix, posée sur un certain degré, passe tôut-à-coup à l'octave aiguë avec l'articulation de la dernière syllabe. M. Et. St. Marie (i) dit que, dans les accès de toux, on entend souvent un son plus aigu que les autres, et précisément à la quinte, d'où résulte la justesse de la dénomination de quinte que l'on donne quelquefois à ces accès. Quelques cris des rues ne sont qu'une succession d'intervalles harmoniques : par exemple, ceux de la laitière et du porteur d'eau à Paris. Les cris

inharmoniques: celui du marchand d'habits ,

donnent lieu à une observation fort intéressante, qui a aussi une grande force de démonstration: « M. le Docteur Serres a observé dans le même « hôpital , à Paris, jusqu'à soixante marchands « d'habits atteints à la fois de phthisie larvn- « gée (2). )> L'aptitude du larynx à parcourir

(1) M. Et. St. Marie, Notes à l'ouvrage de Roger. (a) Dictionnaire des sciences médicales , ail. musique*

( *6o ) l'étendue de la voix par des intervalles simples, est une loi qui paraît fort générale ; elle se retrouve dans quelques animaux, où l'on ne peut supposer qu'elle soit un produit de l'éducation ; le paresseux en présente un exemple des plus remarquables: le chant plaintif de cet animal se compose des six premiers intervalles de notre échelle diatonique, répétés exactement suivant Tordre qu'ils y observent , et toujours sur la même syllabe ha (i). Une oreille fausse (j'appelle ainsi un organe incapable d'apprécier les intervalles), une oreille fausse peut être- cause" d'un défaut de justesse dans la voix, qui, n'étant plus dirigée, donne un intervalle pour un autre ; mais la proposition inverse n'est pas rigoureuse . Il est encore moins exact de faire dépendre ce double effet de l'inégalité de force comparée dans les deux oreilles, ainsi que Buffon s'est trop bâté de le conclure de quelques observations faites à ce sujet (2). La remarque de Buffon fût-elle vraie sans exception , les conséquences n'en seraient pas plus exactes ; seulement il serait remarquable que l'inégalité de l'ouïe dût accompagner constamment l'imperfection que l'on nomme ouïe fausse. Yandermonde, Fodéré et M. Magendie ont partagé la même erreur ; le

(1) M. Et. St. Marie , loc. cit.

(2) Bulfoa , Hist. nat. de l'homme. - Du seos de l'ouïe,

premier ajoute même une erreur nouvelle en cherchant à prouver son opinion (i) : la contraction des muscles du larynx étant, dit-il, !a moyenne de celles que réclamerait séparément chaque oreille , il en résulte une intonation fausse; mais il est évident que, les choses se passant de la manière indiquée par Yandermonde, l'altération devrait être proportionnelle pour chaque son différent, et qu'ainsi, les intervalles n'étant point changés, une pareille voix entendue isolément devrait paraître fort juste (2).

La communication nerveuse établie entre les cavités de l'oreille et l'organe de la vue par la cinquième paire , explique assez bien pourquoi , à l'occasion d'un bruit subit et violent, les paupières se rejoignent aussitôt, malgré les efforts de la volonté.

Par quelles relations secrètes la musique parvient-elle à produire les effets généraux qui semblent multiplier les sympathies de l'oreille , et lui donner le pouvoir de soumettre à ses impressions tous les actes de l'économie? L'em-

(1) Yandermonde , loc? cit.

(2) L'abus étrange et journalier des mots dont le sens est le plus précis , tend à confondre toutes les idées : dans le langage ordinaire , on appelle improprement voix fausse , celle qui présente un timbre désagréable. La langue des sensations exige un grand nombre de rectifications semblables: j'en ai fait la remarque dans une note précédente.

pire qu'elle exerce sur l'homme tient sans doute à l'imitation de l'accent de ses passions et à une loi primordiale de l'organisation qui le porte à partager les émotions de ses semblables. Les arts d'imitation se tiennent tous par cette cause à laquelle ils doivent leur origine ; mais la différence des moyens établit des différences correspondantes dans les effets : la musique , dont l'expression est vague et indéterminée quand elle s'applique à peindre les douces émotions de l'âme , l'emporte sur la poésie et les arts du dessin, dans l'imitation des passions fortes ; la voix articulée ne convient pas à l'exagération des sentimens, et la stabilité des traits dessinés sur la toile est contraire à l'expression des mouvemens de l'âme tumultueux et variés. — Les effets de la musique sont de deux ordres différens : les uns paraissent tenir plus particulièrement à la succession ou à l'accord des intervalles ; les autres, plus mécaniques peut-être, appartiennent à la mesure ; tel est l'effet du tambour, qui prévient la fatigue de la marche en réglant les mouvemens. On a observé que le bruit du même instrument augmente la rapidité du jet de sang qui s'échappe d'une veine qu'on vient d'ouvrir (1). Quelque exagération que l'on ait apportée dans le récit des effets de la mu>

(i) Voy. Haller , loc. ciU

sique , son pouvoir sur l'homme physique et moral n'en est pas moins établi par des faits incontestables. A différentes époques, cet art a mérite de fixer l'attention des hommes d'état et des philosophes: Platon et Aristote lui reconnaissaient la plus grande influence sur les mœurs, et le premier « ne craint pas de dire qu'on ne « peut faire de changement dans la musique qui « n'en soit un dans la constitution de l'état (i). » Telle était aussi l'idée qu'en avait conçue un des plus grand génies du siècle dernier : Franklin écrivait à son frère: « j'approuve votre ballade, « et je la trouve bien appropriée à votre objet, « de fronder le goût des frivolités dispendieuses, « et d'encourager l'industrie et la frugalité....,,.. « Vous voudriez, en prenant l'esprit des anciens « législateurs , inspirer des mœurs à votre patrie « par l'influence de la poésie et de la musique « réunies (2).» En 1 5^ 1 , le président Dudrac et quelques autres membres du Parlement de Paris s'opposèrent à la fondation d'une académie de musiciens, qui se permettaient d'introduire dans leurs compositions tous les genres à la fois et qui osaient parcourir plusieurs modes dans un même sujet (3). — Les médecins ont conseillé , particu-

(1) J.-J. Rousseau, Dictionn. de musique, art. musique.

(2) Œuvres de Franklin , t. II. Paris , 1773.

(3) Arnaud , Lettre sur la musique à M. de Cayius, 1 jS^

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lièrement aux hommes de lettres et aux convalescens , de se livrer à la distraction salutaire de la musique ; Tissot recommande cet exercice , et rapporte un exemple de ses heureux effets observé par lui-même (i). Quelques médecins en ont fait Ja base du traitement de certaines maladies, et des observations exactes paraissent ne laisser aucun doute sur l'utilité qu'il est possible d'en obtenir. Mais un peu d'exagération se mêle quelquefois à la vérité des récits : on lit , dans le journal universel des sciences médicales (2), qu'une personne éminemment nerveuse sortit d'un assoupissement profond où elle était plongée depuis quatre jours , à l'audition d'une suite de pièces musicales d'un mouvement animé par degrés. L'imposture même a quelquefois imaginé des contes grossiers , qui tiennent en méfiance sur l'authenticité des faits les plus certains. Le même article du journal cité contient une observation de chorée faite par M. Papini ; le sujet est une demoiselle de 17 ans, qui sort d'un état d'insensibilité complète aux sons d'une musique bruyante, et danse les yeux fermés pendant deux jours et deux nuits consécutifs, déclarant alors que sa guérison est obtenue. M, Papini aurait observé

(1) Tissot , Traité fies nerfs et de leurs maladies.

(2) Voy. tom. XXVI, p. 363. L'auteur de cet article ne Ta pas signé.

déjà cinq faits analogues ; il les attribue à la nymphomanie, et il ajoute gravement que la morale s'oppose à l'emploi de la musique dans le traitement de ces affections , parce que la fatigue de )a danse amène une sorte d'abattement pendant lequel les malades recueillent le fruit de leurs désirs. La fable trop long-temps accréditée de la guérison par la musique des accidens causés par la piqûre de la tarentule, a été soutenue de l'autorité de quelques grands médecins , à qui leur crédulité , dans celte circonstance , fait assez peu d'honneur. Geoffroy fit les frais inutiles d'une théorie des effets de cette piqûre (i)! Je ne m'arrêterai point à rapporter tous les contes absurdes et les explications ridicules que les auteurs ont imaginés avec la meilleure foi du monde (2). — L'audition d'un bruit subit et violent a souvent causé des convulsions chez les personnes prédisposées par une très- grande

(1) La tarentule est une araignée commune en Italie , et dangereuse dans la Pouille pendant les grandes chaleurs seulement. Les accidens de sa piqûre sont analogues à ceux de toutes les plaies faites par les animaux venimeux.

(2) Consultez sur les erreurs relatives à ce sujet: Bagîivi , Dissertatio de anatome , morsu et effectibus tarcnlulcz ; Geoffroy, Hist. de l'acad. des scienc. , ann. 1702 ; Lecat, Traité des sens ; Bibliot. chois, de méd. , art. tarentule ; Notes de M. Et. S-Marie à l'ouvrage de Roger-, déjà cité,, et Dictionnaire des sciences médicales , article tarentule.

susceptibilité nerveuse. Les mêmes effets paraissent quelquefois dépendre plus particulièrement de certains sons déterminés. Henry de Heer ( i ) et M. Tiedemann (2) rapportent chacun l'exemple d'une fiile qui se trouvait mal au son d'une cloche ; il est peu de femmes qui entendent le jeu de l'harmonica sans éprouver bientôt un malaise extrême ; un homme atteint de tœnia souffrait cruellement aux sons des orgues (3). Les animaux se montrent sensibles à l'impression de la musique. On a remarqué depuis long-temps l'excitation toute particulière des chevaux au bruit des trompettes ; les chiens paraissent généralement souffrir à l'audition de toute musique , et principalement des sons aigus et des accords. Sir E. Home , étudiant les effets du piano sur le lion et l'éléphant , reconnût que l'attention de ces animaux était toute concentrée parles notes élevées de l'instrument, et que leur fureur éclatait à l'instant quand on faisait résonner les touches les plus graves , au point d'effrayer les témoins de cette expérience (4). Une autre épreuve avait été faite à Paris , en

(1) Henry de Heer , Collection académique , t. III , p. 25.

(2) M. Tiedemann , Journ. comp. des sci. méd. , t. XXIII.

(3) J.-P. Frank, Méd. prat. — Rétentions hétérogènes.

(4) E. Home , Journal universel des sciences médicales , t. XXXII, p. 379.

Tan 6, sur deux jeunes éléphans, maie et femelle : un orchestre composé par des musiciens habiles, que la singularité de ce spectacle avait attirés , exécuta des morceau* de différeus caractères: le premier effet de l'impression de la musique fut l'étonnement , auquel surcédèrent des démonstrations qui annonçaient dans les deux animaux, très-jeunes encore, le désir prématuré de la propagation (i).

Il faut rapporter aux sympathies morbides de l'oreille le fait suivant , qui est encore unique, s'il est vrai: on rapporte qu'une personne éprouvait un saignement des gencives lorsqu'elle entendait déchirer du papier (2).

Tissot {foc. cit.) a observé une autre sympa îhie qui n'est guère plus commune : un homme sourd qu'il a connu « ne pouvait se toucher le canal de « l'oreille gauche , sans éprouver une douleur « marquée à la langue. »

Piousseau connaissait une femme de condition chez laquelle toute musique excitait un rire involontaire (3). Tissot fut consulté pour un enfant de sept ans , passionné pour cet art , et qui , à de certaines époques , ne pouvait entendre quelques sons déterminés, sans être atteint de convulsions

(1) Voy. Dictionn. des sciences médicales , art. musique.

(2) Roger , foc. cit.

(3) J.-J, Rousseau, Dictionn. de musique, art. musique.

( 268 ) dans les muscles de la face. A considérer les connexions des deux nerfs de la septième paire ce're'brale , auxquelles sans doute ces sympathies appartiennent , on doit être surpris que de pareilles observations soient si peu multipliées.

Chez quelques personnes, l'audition prolongée des sons aigus détermine une sécrétion plus abondante ôes glandes salivaires (i).

Les relations sympathiques des dents et des oreilles sont établies sur un plus grand nombre de faits ; l'influence fâcheuse d'une dentition difficile sur les fonctions de l'oreille n'est que trop vraie. M. Lard fait dépendre de cette cause un grand nombre de surdi-mutités. G. Pasch a vu une cophose , jugée incurable , céder à l'extraction d'une dent (2). Tous les jours on observe que des bruits variés déterminent Yagacement des dents : le bruit de la lime, celui de deux

étoffes de soie froissées l'une contre l'autre

S'il fallait en croire l'auteur d'une observation consignée dans les Éphémérides des curieux de la nature et rapportée par Tissot , le grincement des dents pourrait être assez actif pour les séparer de leurs alvéoles (3).

(1) M. Tiedemann, Journal complémentaire des sciences médicales, t. XXIII , p. 108. — Sur la part que le nerf grand sympathique prend aux fonctions des organes des sens.

(2) Trnka , lac. cit.

(3) La connaissance du consensus qui existe entre l'oreille

On a observé fort anciennement que la tout peut être excitée par l'irritation mécanique du conduit auditif. Tissot fut consulté par un gentilhomme français , atteint de surdité absolue et sujet à des accès de toux immodérés , causés infailliblement par le chatouillement du canal auditif. Le même médecin cite une observation analogue due à Etmiiller r et une autre insérée dans les Ephémérides des curieux de la nature f il s'agit d'une toux opiniâtre entretenue par, Yâcreté du cérumen. J. Schmid rapporte qu'un jeune homme était menacé de suffocation toutes les fois qu'il entendait le bruit du balai (i).

Les oreilles ont des liaisons sympathiques avec la rate et le foie : M. J. Frank recommande aux médecins d'accorder plus d'importance à ce faitd Les affections du foie s'accompagnent , dit-il r| des signes qui conviennent aux maladies de la caisse de l'oreille droite , et celles de la rate des signes semblables dans l'oreille gauche. M. Et.

et les mâchoires , a fait imaginer contre l'odontalgie l'em* ploi d'un moyen qui a réussi quelquefois , et qui a mérité une certaine réputation à quelques médicastres , qui le faisaient valoir comme un remède secret (Valsai va, J)ô

aure ) ; il consistait à atteindre le nerf oriculaire par

l'incision , la cautérisation avec le fer rouge , ou la simple compression du pavillon , dans un point correspondant au trajet de ce nerf, (i) M. Tiedemann , foc. cit.

St. -Marie dit avoir connu un empirique qui guérissait des obstructions du foie par des scarifications de l'oreille externe.

M. F. Ticdemann attribue au système nerveux i\es gang] ions les sympa thies qui unissent l'estomac et l'oreille. Quelques personnes rapportent à l'epigastre l'impression pénible que leur cause le bruit du verre broyé avec un caillou. Tissot rapporte , d'après Pcchh'n et Paullini , l'observation de vomissemens violens causes par la musique , ou par la plus légère irritation du conduit auditif. M. ltard a vu la présence d'un grain d'avoine, dans ce même conduit, déterminer une dysphagie spasmodique. Je connais une personne cbez qui une explosion subite, ou la simple appréhension d'un bruit violent, cause instantanément de vives douleurs à l'epigastre.

Mannagetla connaissait un homme de considération à qui le son de la lyre occasionait un écoulement involontaire d'urine (1) ; Scaliger rapporte qu'un besoin pressant d'uriner était excité chez une autre personne par le son delà cornemuse (2) ; enfin , Boyle a transmis qu'un gentilhomme était exposé à la même incommodité , toutes les fois qu'il entendait le bruit de

(1) Mannagctta , Collect. acad. , tom, III ? pag. a5.

(2) Voy. M. Tiedemann , lac. cit.

l'eau qui s'écoule d'une fontaine (i). Une fille de treize ans fut tout-à-coup atteinte d'une suppression d'urine, et aussitôt une grande abondance de sérosité s'écoula de l'oreille droite ; l'usage des diurétiques dissipa ce double accident. Une nouvelle rétention éiant survenue plus tard , le flux de l'oreille se rétablit ; enfin, le même traitement obtint cette fois une guérison durable (2). D'après une observation de Richer, la surdité semblerait se développer quelquefois sous l'influence d'une affection caïculeuse (3).

M. Itard a observé l'influence des fonctions de l'utérus sur l'organe de l'ouïe: les femmes atteintes de surdité éprouvent fréquemment que Jour infirmité augmente passagèrement, ou même d'une manière durable, à l'époque delacessalion des règles ou à chaque retour de la menstruation. Une femme fut atteinte d'une suppression de menstrues, et aussitôt un catarrhe de l'oreille se déclara ; la guérison ne put être obtenue que six mois après par le simple rétablissement des règles (4). Ebersbsch rapporte qu'une fille de dix-sept ans devenait sourde à chaque menstruation, et ne recouvrait l'ouïe que lorsque l'éva-

(1) Voy. PiOger, loc. cit.

(2) Felicis Plateri Obsavaiiones , lib* IIL

(3) Voy. JVL Tiedemann , loc. cit.

(4) M. Alard , loc. cit.

cnalion était terminée (1). Une femme âgée de 38 ans ressentait, à l'approche de chaque menstruation, quelques légers vertiges, suivis de l'apparition de deux vésicules derrière chaque oreille ; une petite quantité de sérosité s'en écoulait, et était suivie immédiatement de l'éruption des règles (2). Le professeur Halle connaissait une dame, habile musicienne, chez qui l'impression d'un certain morceau de musique oceasionait infailliblement une perle utérine (3). L'état de grossesse produit parfois la dureté de l'ouïe ; Lanzoni a connu une dame , affectée de surdité quand elle éiait enceinte i qui recouvrait l'ouïe immédiatement après l'accouchement, Quatre fois le fait s'est reproduit chez cette dame (4)* Des observations de déviations de menstrues par l'oreille sont rapportées par des auteurs dignes de foi : M. J. Frank (5) a observé ce rare phénomène chez deux fdles exposées d'ailleurs aux écoulemens de l'oreille.

L'influence réciproque de la sécrétion des glandes mammaires et de l'état de quelques surdités établit une sympathie constatée par des faits bien avérés.

(i) Traka , loc. cit.

(2) Simon Sclmllzius, Collect. acad. , tom. III, p. 3i8.

(3) Dictionnaire des sciences médicales , art. musique*

(4) Trnka , loc cit.

(5) M. J. Frank , loc. cit<

( =73 ) L'irritation fixée en divers points des deux surfaces du corps humain , donne lieu à quelques phénomènes remarquables : une jeune fille de huit ans devenait sourde , « toutes les fois qu'en « la peignant on appropriait complètement sa « tête. Cette infirmité durait jusqu'à une nouvelle « reproduction des insectes parasites dont on « l'avait débarrassée (M. Itard, /. c). » Wardrop, cité par M. Tiedemann, a guéri une surdité presque complète par l'expulsion des vers intestinaux. M. J. Franck a vu plusieurs fois la surdité succéder immédiatement à la section des pliques. M. Itard atteste , d'après son expérience , que des surdités ont été produites par la suppression des hémorrhoïdes, et ont cédé au rétablissement de cette hémorrhagie. Enfin, Sauvages rapporte, parmi plusieurs observations d'otorrhée périodique, celle d'un flux hémorrhoïdal dévié par Toreille , consignée dans les Ephémérides des curieux de la nature.

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