TABLEAUX ANATOMIQUES
i° Oreille externe ou oricule.
Pavillon de l'oreille (Pi/ma). — Les saillies et les enfoncemens de sa face externe ont reçu les noms particuliers d'hélix, (Vanthélix , de tragus (hircus) , ftantitragus , de grande rainure de Y hélix, de fosse naviculaire (fosse scaphéif orme) 7 et de conque (alvearium). Un appendice le termine inférieurement : c'est le lobe ou lobule (mollet de l'oreille,^#ra). Le pavillon de l'oreille est plus arrondi chez la femme que chez l'homme. — Il est , en général , assez petit chez les Européens , fort grand chez les Siamois et les Malabrois , au rapport de quelques voyageurs. — Dans sa conformation naturelle, le pavillon n'est point aplati sur les côtes de la tête , comme chez les peuples civilisés de l'Europe , mais ramené en avant. — L'usage si reculé de suspendre des ornemens au lobule de l'oreille peut donner a cette partie un développement monstrueux: chez quelques peuples de l'Amérique , le poids dont elle est chargée lui fait acquérir un allongement
de cinq pouces (i). — Organisation : x° Couche derrnoïde. Elle est parsemée de glandes sébacées , dont les plus grosses correspondent à la fosse naviculaire. — De longs poils naissent souvent de la face interne du tragus ; on les trouve parfois implantés dans toute la longueur de la grande rainure de l'hélix. 20 Fibro- cartilage. Sa configuration détermine celle du pavillon ; il ne se retrouve pas dans le lobule. Une scissure sépare Yantitragus de Yanihélioc , et une autre existe constamment à l'origine de l'hélix: ces vides sont occupés par une toile fibreuse. 3° Ligamens. Une substance celluleuse (2) assez lâche, entremêlée de quelques fibres charnues , les compose : ce sont les trois muscles extrinsèques de l'oreille, admis par quelques auteurs, et distingués en muscle oriculaire antérieur , oriculaire supérieur et oriculaire postérieur. 4° Quatre muscles propres ou intrinsèques sont appliqués sur la face externe de l'oreille ; ils tirent leurs noms de leurs rapports avec les parties qu'ils recouvrent : ce sont le tragien, X antitragien , le grand hélicien (3) et le petit hélicien. Un seul muscle appartient à la face
(1) Al. Haller , Elemcnta physiologiœ corporis humant, /, V, sect. 1, Lausannœ, 1769.
(2) Duverney en faisait une membrane particulière qu'il croyait de nature nerveuse.
(3) 11 a échappe' aux recherches de Haller.
( 55) interne du même cartilage : c'est le transversal, couché sur la saillie correspondante à la rainure de l'hélix. Le tissu cellulaire unit tous les tissus précédens entre lesquels il est interposé ; on n'y trouve jamais de graisse, si ce n'est dans le lobule composé du seul tissu cellulaire et de la peau.
Conduit auditif. — Conformation : son trajet tortueux forme une courbe assez prononcée , convexe supérieurement , et modifiée par trois courbures secondaires , dont la plus externe a sa convexité tournée en avant ; elle est la plus remarquable des trois ; les deux autres sont convexes en arrière. — La longueur du conduit est de dix à douze lignes chez l'adulte ; sa coupe perpendiculaire 9 dans la plus grande largeur , est un ovale dont le grand axe, ayant quatre lignes, est vertical ; le petit axe a trois lignes seulement (Valsalva). Le diamètre est différent sur divers points de la longueur ; assez petit à l'orifice externe , il prend son plus grand accroissement à la partie moyenne et diminue de nouveau à une plus grande profondeur. La sensibilité du conduit de l'oreille est exquise ; les Chinois regardent comme une des plus grandes jouissances de la vie , le chatouillement qu'ils y excitent à l'aide d'un instrument particulier. — Organisation: i° Membrane derrnoïde. Elle est un prolongement de celle du pavillon ; elle se colore un peu au voisinage de la membrane du
tympan, et devient en même temps d'une ténuité fort grande. — Les glandes cérumineuses qu'elle contient sont situées en deçà de la partie moyenne du conduit ; les plus grosses d'entre elles correspondent à la paroi antérieure (i). L'humeur qu'elles fournissent est un fluide épais, jaunâtre, amer, visqueux, très - inflammable , ^'épaississant et devenant solide par le contact de l'air ; il tache le papier , le calorique le ramollit, le boursouffle...... L'eau le dissout,
mais l'alcool a peu d'action sur lui ; il fournit à l'analyse chimique, d'après M. Vauquelin , une huile grasse analogue à celle de la bile , un mucilage animal albumineux, une substance colorante , de la soude et du phosphate de chaux (2), — Un duvet très-apparent recouvre la membrane dermoïde ; assez souvent même de longs poils le remplacent. 20 Flhro-cariilage. Il est la continuation de celui de la conque et concourt à former la moitié externe du conduit auditif;
(1) S. T. Sœmmering , Iconologie de l'organe de l'ouïe , trad. franc, par Rivallié. Paris, 1825. — Selon Bichat, ces glandes n'existent sensiblement qu'en haut et en arrière du conduit ; elles sont logées dans le derme et sont pourvues de canaux excréteurs particuliers, — Valsalva décrit un lissu réliculaire contenant quelques fibres charnues , dont les contractions favoriseraient, selon lui, l'excrétion des glandes autour desquelles elles sont disposées.
(2) John , Tabl. china, du règne animal.
il est interrompu en arrière et en haut, et remplacé en cet endroit par un tissu fibreux. Deux autres interruptions ou incisures moins apparentes sont occupe'es par le même tissu et recouvertes d'ailleurs de quelques fibres musculaires, décrites par Santorini pour la première fois. — Le fibro-cartilage du conduit adhère faiblement à la peau qui le recouvre par un tissu celluleux intermédiaire. 3° Portion osseuse. Elle est formée en haut par le corps même du temporal , et en bas par une lame propre ; elle termine en dedans le conduit auditif , et s'unit en dehors au fibro-cartilage précédent par quelques fibres ligamenteuses ; la membrane dermoïde lui est fortement adhérente.
2° Obeille moyenne ou tympan.
A. Paroi externe.
Membrane du tympan (i). — Cette membrane, à peu près circulaire , est dirigée obliquement en bas , en devant et en dedans ; sa surface , concave du côté du conduit auditif, a la forme d'un cône , dont le sommet , représenté par le
(i) On a admis pendant longtemps qu'elle était percée d'une petite ouverture dans l'état normal. L'origine de cette opinion , reproduite depuis peu par Vest et "Witlmann , est attribuée généralement à Rivinus , mais à tort ; d'autres en avaient parlé long-temps avant lui : Ammann , Colle et Glaser (Hailer, loc, cit.).
(58) centre , est fixé au manche du marteau. — Organisation: i° Membrane dermdidc. Elle est la continuation de celle du conduit auditif, mais elle est tellement mince et transparente que Tépiderme seul paraît la former. 2° Membrane propre. Son contour est enchâssé dans la rainure d'un cercle osseux, nommé cadre du tympan. Elle est à peine adhérente à la membrane dermoïde. J. F. Meckel lui reconnaît un tissu composé de fibres divergentes du centre à la circonférence , et Bichat Ta déclarée imputrescible. 3° Membrane muqueuse. Celle-ci fait partie d'une membrane plus étendue , tapissant la caisse entière. Avant les travaux de Bichat , on la croyait une expansion de la dure- mère crânienne (i),
B% Paroi postérieure.-
a. Cellules mastoïdiennes. — Elles communiquent toutes entre elles ; la cellule du centre est la plus grande , quelquefois elle existe seule. Un conduit inégal la met en rapport avec la caisse du tympan ; il présenterait, selon Valsalva, des
(i) Les anatomistes ont long-temps différé d'opinion sur le nombre des membranes simples composant la cloison du tympan : Winslow assure l'avoir décomposée en six lames par la macération dans l'eau. ( Voy. Traité de la
teste ) — Scarpa n'admet , au contraire , que deux
membranes,
ouvertures d'une communication directe entre l'oreille et le crâne (ce sont de simples trous vasculaires). Cet auteur croyait que le sang et le pus , accumulés dans le crâne , pouvaient s'évacuer par cette voie. Pacchioni n'hésite pas à admettre que par ces ouvertures capillaires s'était introduite l'eau du Tibre , qu'il crut trouver dans la cavité du crâne d'un homme noyé , et Morgagni paraît satisfait de cette opinion (i) ! Les cellules de Y apophyse mastoïde sont plus développées chez l'homme que chez là femme , et du côté gauche plus que du côlé droit. — Par leur position déclive , elles se trouvent au-dessous du niveau de la paroi inférieure de la caisse. — Organisation : i° Des lamelles osseuses de l'apophyse mastoïde déterminent la forme et le nombre des cellules. 2° Un prolongement de la membrane muqueuse de la caisse les tapisse et les sépare des cellules di~ ploïques du temporal,
b. La pyramide est une éminence osseuse , traversée par un canal qui reçoit la portion charnue du muscle de l'étrier ; elle est recouverte par la membrane muqueuse de la caisse.
c. Trou qui transmet la corde du tambour. —
(i) Morgagni, EpisL anaL VU, ad Vaïsalvcc tract, de aure humanâ*
(bo ) Il est situe à la base de la pyramide et ne présente rien de particulier.