C. Paroi interne
a. Fenêtre vestibulairc. — On donne ce nom à une ouverture ayant la forme d'un ovale, dont le grand diamètre serait horizontal. Par elle s'établit une communication entre la caisse et le vestibule (i). — Une membrane mince unit son contour à celui de la base de rétrier ; elle est sans doute composée de deux lames que lui fournissent les membranes de la caisse et du labyrinthe. Existe-t-il une lame propre ?
b. Promontoire, — On nomme ainsi la saillie osseuse que le vestibule et le limaçon déterminent dans la caisse du tympan ; il sépare les deux fenêtres l'une de l'autre. La membrane muqueuse du tympan le recouvre.
c. Fenêtre cochléenne. — Cette seconde ouverture du labyrinthe est de forme triangulaire ; elle est un peu inférieure et postérieure à la fenêtre ovale et plus petite qu'elle. Sa surface est concave du côté de la caisse , et sa direction
(i) Le Précis élémentaire de physique de M. IJiot présente une incorrection relative à cette disposition anatomique : il y est dit que la fenêtre ovale s'ouvre dans un canal osseux appelé limaçon , lequel aboutit au vestibule , el que celui-ci communique encore directement avec la caisse par la fencire ronde {voyez la 3e ed//.)t
oblique par rapport à celle qui convient a la membrane du tympan. On la découvre au fond d'un petit canal irrégulièrement conique, dirigé obliquement d'avant en arrière et de dedans en dehors. — Une membrane particulière longtemps ignorée empêche toute communication entre le limaçon et le tympan, Scarpa lui reconnaît deux lames fournies par les membranes de l'oreille interne et moyenne.
D. Paroi antérieure.
a. Trompe d'Euslachi. — Conformation : ce canal semble résulter de l'opposition par le sommet de deux tuyaux coniques, l'un ayant une base circulaire en regard de la membrane du tympan, l'autre à base elliptique fort allongée, ayant l'apparence d'une fente. Son diamètre est réduit à une ligne dans le point du plus grandi rétrécissement , qui correspond à l'union de ces deux tuyaux coniques. La trompe, longue de deux pouces environ , et dirigée en avant , en dedans et en bas , se termine un peu au-dessus du milieu de l'aile inlerne de l'apophyse ptérygoïde. Fallope et Dulaurent ont cru apercevoir dans sa cavité une petite valvule destinée à prévenir l'accès dans l'oreille des vapeurs de la gorge (i). — Organisation : i° Un canal osseux
(i) Voy. Diemerbroëck , Anaiomes , lia, 3 , dans Oper, tmm'a anaU et med, Genevœ, 1688,
forme son tiers postérieur; il est une dépendance de j'os temporal. 2° Un cartilage immédiatement: réuni à ia partie précédente par engrenage , forme toute la paroi interne et Quelquefois la moitié supérieure de la paroi externe de la trompe dans ses deux tiers antérieurs. 11 adhère à l'apophyse ptérygoïde par un tissu fibreux. 3° Une membrane muqueuse dépendante de celle qui tapisse le tympan , mince et d'un aspect blanchâtre, forme seule la moitié inférieure et antérieure de la paroi externe , et revêt le reste de la surface de la trompe.
b. Conduit du muscle interne du marteau. • — Circulaire et dirigé dans le sens de la trompe d'Eustachi , il est placé au-dessus de ce canal. On a donné le nom particulier de bec à cuiller, à la cloison osseuse assez mince qui l'en sépare.
E. Paroi supérieure.
De petits trous en nombre variable transmettent à l'oreille moyenne des vaisseaux sanguins provenant de la dure-mère.
F. Paroi infébieure.
La scissure glénoïdale existe seule sur cette paroi du tympan ; elle sert à la transmission audehors de la corde nerveuse du tambour et du muscle externe du marteau. — La membrane muqueuse de la caisse la recouvre.
G. Centre de l'oreille moyenne*
a. Osselets.
La plupart des anatomistes admettent quatre osselets presque entièrement formés de tissus compactes , et revêtus d'un périoste mince et de la membrane muqueuse de la caisse. Beaucoup d'auteurs leur ont refusé cette dernière enveloppe, et même , ajoute Morgagni, on n'a pas manqué de prouver qu'il en devait être
ainsi (i).
a. Marteau. — Conformation : Cet osselet rappelle un peu la forme de l'instrument dont il porte le nom. — Il correspond à la partie supérieure de la membrane du tympan. — On y distingue une tête, la partie la plus volumineuse ; un col, rétrécissement de l'osselet placé au-dessous de la tête , et donnant naissance à une apophyse grêle qui s'engage dans la scissure glénoïdale ; enfin , un manche qui est plus étroit que le col, auquel il est uni sous un angle obtus, et qui est dirigé à peu près verticalement en bas, appliqué contre la membrane du tympan , dont
(i) "Voy. Episl. anat. VI. — Cette remarque à laquelle on pourrait facilement en ajouter beaucoup d'autres du même genre , devrait sans cesse être présente à l'esprit de ceux qui se plaisent à associer les considérations vagues qui ont pour objet les causes finales , aux moyens de conviction propres aux sciences exactes.
il représente un rayon par sa longueur et par sa direction vers le centre. — Connexions : i° La tête offre une surface articulaire convexe , dont la partie supérieure a l'aspect postérieur et externe, et l'inférieure a l'aspect interne, inférieur et postérieur (i). Elle s'articule avec l'enclume par cette surface , et des replis de la membrane muqueuse maintiennent ses rapports avec lui et avec la caisse (2). 20 Le manche est solidement assujetti entre le feuillet muqueux et la lame propre de la membrane du tympan.
|3. Enclume. — On distingue sur cet osselet un corps et deux branches inégales : sa forme rappelle celle d'une dent molaire. — Connexions: i° Le corps présente une surface articulaire , concave, pour recevoir la tète du marteau. Sa partie supérieure a l'aspect antérieur et interne ; l'inférieure a l'aspect externe , supérieur et antérieur ( Valker , loc. cit.). 2.0 La courte branche , dirigée horizontalement en arrière , s'appuie sur la paroi postérieure de la caisse. 3° La longue branche , ayant à peu près la même direction que le manche du marteau , se recourbe brusquement à son extrémité pour recevoir l'os lenticulaire. — Des replis de membrane — — — ■ 11 ■ ii 1 ■
(1) Valker, Annales de littérature méd. étrangère , t. IX,
(2) Sœmmering et quelques autres anatomistes ont méconnu la nature de ces replis qu'ils ont cru ligamenteux,
muqueuse assujettissent cet osselet dans ses rap* ports avec la caisse par son corps et par sa courte branche.
y. Osselet lenticulaire. — Il est extrêmement petit et interposé entre la longue branche de l'enclume et la tête de l'ctrier. Quelques anatomistes l'ont considéré comme une simple épiphyse : Duverney est de ce nombre. Morgagni croit devoir adopter une opinion contraire généralement admise.
B. Etrier.-^»Ce quatrième osselet se compose $ i° d'une tête , petite éminence osseuse arrondie 3 20 d'une branche postérieure et d'une branche antérieure , celle-ci plus courte et moins courbe* que la précédente , toutes deux contenues dans un même plan horizontal , toutes deux aussi présentant une rainure creusée suivant la longueur de leur concavité , et dans laquelle est assujettie une membrane occupant l'intervalle qui les sépare ( elle manque assez souvent ) ; 3° d'une base elliptique formée d'un filet osseux à son contour , et complétée à son centre par, une membrane composée de deux lames que lui fournissent les membranes de la caisse et du labyrinthe. Le plan horizontal des deux branches contient le grand axe de la base. — Connexions 1 i° la tête offre une petite surface concave ar« ticulaire , qui reçoit l'osselet précédent ; 2* le contour de la base est retenu dans l'ouverture d§
îa fenêtre ovale par la membrane muqueuse de la caisse. Cotugno a de'crit à la partie antérieure de la base une apophyse osseuse , triangulaire f reçue dans un petit sinus du contour de la fenêtre ovale , et un ligament de même forme par lesquels Tétrier se trouve invariablement assujetti dans ses rapports (i).
b. Muscles des osselets.
a. Muscles du marteau. — i° Muscle interne
( muscle tenseur , Àlbinus , Sœmmering ;
auris membranarum tensor , "Valker ). Il naît de la portion cartilagineuse de la trompe et de la face inférieure du rocher , se dirige en haut r en arrière et en dehors, dans le conduit osseux auquel il donne son nom, et se fixe par un tendon réfléchi en bas et en dehors, au point de réunion du col du marteau et de son manche. 2° Muscle externe ( muscle antérieur , Bichat.... ; muscle
grand laxateur du tympan , Albinus ; auris
mcmbranarum antinio-mesiad tendens, Valker). Il naît de l'apophyse épineuse du sphénoïde et de la face externe de la trompe d'Eustachi , s'engage dans la fente glénoïdale, suivant une direction ascendante, oblique en arrière et en dehors, et s'implante sur l'apophyse grêle du col du
(i) Cotugno : De aquœduclibus auris humanœ internœ nnatomica dissertation Neapoli, 1760.
ànarteau. 3° Muscle supérieur ( petit laxatcur *
Aibinus ; auris membranarum inio-mesiad
tendens , Yalker ). Fixe à la partie supérieure du conduit auditif et de la rainure du cadre du lympan , il se dirige verticalement en bas et se termine par insertion au col du marteau ; il n7a pas une existence bien constante. Duverney ne lui accorde point une nature musculaire , il le regarde comme un simple ligament.
(3. Muscle de Vétrlcr ( auris membranarum laxator, Valker); Sa partie charnue, cachée dans le canal creusé au centre de la pyramide , se termine par un tendon dirigé en avant et implanté sur la branche postérieure de Tétrier (i)*
c. Corde du tympan.
Un rameau nerveux, décrivant dans son trajet une courbe convexe en haut , avec quelques inflexions secondaires peu remarquables , se place à son entrée dans la caisse au-dessous du corps de l'enclume, s'interpose entre la longue branche de cet osselet et le manche du marteau , passe au-dessus de l'insertion du muscle interne du tympan et sort par la scissure glénoïdale. On lui a donné le nom de corde du tympan.
(i) Yalker (foc, cit.) décrit deux têtes à ce muscle , dont l'une , ignorée avant lui , viendrait de l'intérieur de l'aqueduc de Failope,
Une membrane muqueuse tapisse toute la ca^ vite du tympan ; elle représente un véritable sac ayant une seule ouverture, la trompe d'Eustachi, par laquelle elle se continue avec la membrane muqueuse du pharynx et des fosses nasales. A l'orifice guttural de la trompe , elle offre une épaisseur considérable , attribuée au développement des glandes mucipares qu'elle contient. Par -tout ailleurs elle est fine et d'un aspect blanchâtre ; elle s'applique sur les parois de la caisse , fournit une lame des membranes qui ferment les deux fenêtres et le conduit auditif externe , envoie un prolongement dans les cellules mastoïdiennes , et donne une enveloppe à la corde du tambour , aux osselets et à leurs muscles (i).
3° Oreille interne ou labyrinthe (fodina).
An Vestibule*
La cavité que Ton nomme ainsi est d'une forme Irrégulière ; elle présente deux fossettes , l'une située à sa partie postérieure et inférieure (fossette hémisphérique ) , et l'autre à sa partie ex-
(i) M. Brugnone est parvenu à la détacher complète* ment des parois de la caisse par la macération dans l'eau r et dit avoir observé au-dessous d'elle le périoste étendu sans interruption de la cavité du tympan dans le conduit auditif, dans la trompe d'Eustachi et dans l'oreille in-** ieraÇâ ( Voy* Mém, de VAcad. de Turin, an io-ii.)
terne et supérieure ( fossette semi-elliptique ).' On y observe plusieurs ouvertures: i° en dehors, la fenêtre vestibulaire qui met en rapport le vestibule et la caisse ; 2° en arrière , l'orifice propre du canal vertical postérieur , l'ouverture postérieure du canal horizontal , et l'ouverture commune des deux canaux verticaux ; 3° en dedans et en arrière , l'orifice de l'aqueduc du vestibule , canal étroit et court , dirigé en arrière et en haut à travers la substance du rocher, et terminé à la face postérieure de cet os par une fente étroite (i) ; en dedans et en avant , les petits trous qui transmettent les filets du nerf auditif dans le vestibule ; 4° çn avant et en bas , l'orifice de la rampe externe du limaçon : M. Ribes a observé dans la même région une ouverture ronde , fermée par une membrane , origine de la zone membraneuse de la lame spirale , et directement opposée à la fenêtre cochléenne (2) ; 5° en haut , les ouvertures antérieures des canaux vertical supérieur et horizontal.-—Une membrane très-fine, dont la nature est encore ignorée, tapisse toute la cavité du vestibule et lui est fortement adhérente. La membrane de la fenêtre vestibulaire en reçoit
(1) La découverte de cet aqueduc appartient à Gotugno*
(2) M. Ribes. Voyez Journal de physiologie expérimentale , tom. II,
une de ses lames. Au niveau de l'orifice de la rampe vestibulaire du limaçon , et des ouvertures des canaux , elle envoie des prolongemens dans les cavités correspondantes ; elle en fournit un semblable à l'aqueduc du vestibule , mais il se termine en cul-de-sac dans le dédoublement des lames de la dure-mère où l'aqueduc luU même aboutit. On attribue généralement à cette membrane la fonction de sécréter un liquide ( humeur de Cotugno ) contenu dans les cavités labyrinthiques (i).— r-Deux sacs membraneux sont
(i) Ce point d'anatomie n'est pas encore suffisamment (éclairé : l'opinion si ancienne d'un air inné retrouve des partisans. Halier l'avait émise , il est vrai , dans ses Primœ lineœ ; mais il la repousse plus tard : Eam in pulpam (ner* veani) et parûtes osseos aliquis vapor est qui in humorem colligitur. Quare a'êrem ibi contineri etiamsi omnes auctores consentirent , non potest accuratè admitti (Elem, physiol. , t. V, § 28 ). C'est donc mal-à-propos que M. Morel croit pouvoir s'étayer de cette autorité pour adopter l'ancienne détermination ( Musique expliquée , p. 284 et suw. ). M. Morel n'est pas mieux fondé lorsqu'il assure que Scarpa n'a jamais vu l'humeur labyrinthique ; cet habile anatoinisle n'aurait pas dit : Etiàm in labyrînthis avium adest aqua Coiunnii, et facile ostendi potest (De fenestiâ rotundâ, Hist. org. aud. avium % Avant la découverte de Cotugno , quelques doutes s'étaient manifestés sur l'existence de l'air dans le labyrinthe: G. Schelhammer se propose la solution de cette difficulté , et conclut pour l'affirmative par un raisonnement familier aux physiciens anciens : An rcserà
suspendus dans la cavité vcslibulairc. (Leur première description appartient à Scarpa.) Le plus petit , fermé de toute part , ayant une forme à peu près sphérique et des parois épaisses, adhère fortement en dehors à la paroi du vestibule , et en dedans est reçu dans une petite excavation
aër sit intérims de eo quîdcm dubitare ne/as puto.,.. Primum quia nulla cantas non modo in humano corpore, sed ne in unwerso quidem vacua inventeur , nec inveniri potest. .... (De auditu , liber unus , pars altéra , cap. 1 7 N° 9). — Valsalva dit expressément que l'on trouve dans l'oreille interne un liquide aqueux et abondant , et réclame l'honneur d'en avoir fait mention le premier (/oc. ciL, cap. III). — Vieussens et Morgagni ont observé depuis l'humeur du labyrinthe , et le dernier assure même l'avoir trouvée en assez grande abondance dans les canaux , et sur-tout dans le limaçon , malgré une exposition de huit heures au contact d'un air sec et chaud ( Epist. anat. XII). — Les modernes qui ont admis l'existence d'un fluide dans l'oreille interne , sont partagés d'avis sur la proportion dans laquelle il existe chez le vivant : J.-F. Meckel croit T avec Cotugno , qu'il ne reste aucun interstice daas le labyrinthe (M. Itard) ; M. Brugnone pense le contraire (Mém. de VAcad.de Turin, i8o5-i8o8 ). Cette dernière opinion est adoptée par MM. Chaussier, Ribes et Breschet (M. Morel t lac. cit. ). — Quoi qu'il en soit , Cotugno aurait dû s'abstenir d'ajouter une considération futile à la force des preuves anatomiques sur lesquelles il fondait sa découverte. Admettra- t-on avec lui que la nature a évité d'introduire de l'air dans le labyrinthe , pour prévenir le dessèchement des nerfs auditifs?
'que lui présente l'autre sac. Celui-ci de forme irrégulièrement oblongue , à parois minces et transparentes , est reçu dans la fossette semielliptique du vestibule ; sa cavité communique avec celle de trois prolongemens cylindriques qu'il envoie dans les canaux circulaires. — Un liquide est contenu dans les sacs membraneux et ces prolongemens ; il paraît analogue à celui que Ton trouve interposé entre eux et les parois du vestibule. Un tissu cellulaire peu abondant et presque muqueux , plongé dans l'humeur labyrinthique , maintient toutes les parties membraneuses , les empêche de flotter (i).
B. Canaux circulaires.
Ces canaux , au nombre de trois , sont situés en arrière et au-dessus du vestibule dans lequel ils prennent origine et se terminent ; la disposition des plans qui contiendraient leurs axes (2) , donne assez bien l'idée d'une pyramide triangulaire et à peu près régulière , dont la base serait tournée en dehors et en haut. Les canaux circu-
(1) A. Scarpa , Anatomicœ disquisitiones de auditu et olfactu. Mediolajiit 170,4.
(2) Les canaux circulaires ne m'ont jamais paru former une courbe parfaitement plane : ce n'est donc que par approximation qu'on peut s'exprimer ainsi. Aucun anatojniste que je sache n'a fait mention du gauchissement de& tanaux , qui est quelquefois assez remarquable,
( 73) ïaires ont à peu près le même diamètre , mais dans chacun ce diamètre varie en divers points. Il diminue insensiblement de l'origine jusque vers le milieu de leur circuit, et reprend ensuite, par les mêmes degrés, la longueur qu'il avait d'abord.
i° Canal vertical supérieur (canal antérieur, canal moyen ). Son ouverture antérieure ou propre (origine), située à la partie supérieure du vestibule , présente un évasement remarquable. Son ouverture commune ou postérieure (terminaison), située à la partie postérieure et interne de la même cavité , se confond avec la fin du canal vertical inférieur. La corde qui le sous - tendrait serait parallèle à l'horizon (Gotugno). Sa longueur varie entre sept et cinq lignes (Yalsalva ).
2° Canal vertical inférieur (canal postérieur, grand canal ). £on ouverture propre ou externe (origine) , placée à la partie postérieure et inférieure du vestibule , est dilatée en forme de cavité hémisphérique. Son ouverture commune ou interne (terminaison) , située sur une même ligne verticale que l'autre (Gotugno), se confond avec celle du canal vertical supérieur. — Sa longueur est variable entre huit et cinq lignes et demie (Valsalva).
3° Canal horizontal ( canal externe , petit canal), Son ouverture antérieure (origine),
(74) dilatée comme les origines des deux canaux précédens, est située à la partie supérieure du vestibule. Son ouverture postérieure (terminaison) correspond à la paroi postérieure de cette cavité. — Sa longueur est toujours comprise entre cinq lignes et demie et trois lignes et demie (Yalsalva). On retrouve dans les canaux circulaires la membrane tapissant les parois du vestibule , les tubes membraneux (i), prolongemens du grand sac de cette cavité , qui se dilatent en ampoule ou renflement à l'origine de chaque canal , le iissu cellulaire , moyen d'union de toutes ces parties , et l'humeur qui baigne le labyrinthe.
£. Limaçon,,
On nomme limaçon , une double cavité contournée en spirale autour d'une tige osseuse, et située au-devant et un peu en dedans du vestibule.
a. Axe du limaçon, — C'est un noyau osseux et conique, dirigé à peu près horizontalement en avant et en dehors, correspondant par sa base au conduit auditif interne , et terminé par l'entonnoir, petite cavité formée parla réunion des deux rampes ; il est formé d'une substance solide qui en occupe le centre , et d'une autre externe plus friable, séparée de la première par un
(i) Valsalva donnait à ces canaux membraneux le nom <!e zones sonores {Tract, de aure hurannâ. Venetiis, 17^1 )»
canal rampant en hélice et décrit avec beaucoup de soin par M. Rosenthal (i).
b. Lame spirale. -*** Elle représente exactement le filet d'une vis, Sa largeur décroît de la base au sommet de Taxe autour duquel elle s'enroule. Elle est composée de plusieurs zones distinctes par leur nature : i° zone osseuse , la plus voisine de l'axe du limaçon auquel elle est intimement unie : son extrémité , en forme de crochet , se nomme hameçon ; 2° zone moyenne de nature cartilagineuse ; 3° zone membraneuse: cette dernière est formée par des feuillets membraneux recouvrant les deux faces des zones précédentes, et se trouvant ici adossées par le défaut de prolongement de la substance cartilagineuse de la zone moyenne.
c. Rampes, -— On comprend sous cette dénomination les deux cavités du limaçon que la lame spirale sépare l'une de l'autre ; pour en conce^ voir la formation , on peut se représenter une cavité unique et conoïde , enroulée autour de l'axe du limaçon , dans deux tours et demi de spirale contigus (2), et la cavité en hélice qui
(1) M. Rosenthal, Journal complémentaire des scienc. méd. , t. X\I, — ]Vf. Cuvier a fait connaître depuis longtemps un pareil canal chez les dauphins et les ruminans ( Voy. ci-après Tabl. anat. — Organisai, chez les mammifères')»
(2) C'est de l'adossement des tours de spirale successifs , que M. Ilg fait dépendre la formation de Taxe du limaçon ( J,-F, JVÏeckel , Manuel d'anal., trad. franc.).
(76) en résulte , partagée par la lame spirale en deux cavités secondaires , qui sont les rampes. — Celles? ci communiquent au sommet du limaçon par défaut de la lame spirale en cet endroit; elles sont tout-à-fait distinctes dans le reste de leur étendue (i). — La rampe vestibulaire est située plus en dehors, plus en avant , et est plus inférieure que l'autre (Valsalva). Elle communique avec le vestibule par une ouverture déjà signalée et correspondant à la partie antérieure et inférieure de cette cavité. — La rampe tympanique est plus courte et plus vaste que celle du vestibule. (Yalsalva ne trouve point de différence sous le rapport de la longueur ; quelquefois même il a trouvé toutes les dimensions égales. ) La fenêtre cochléenne établit une communication entre sa cavité et celle de la caisse. Près de la même fenêtre et dans cette rampe , on voit l'orifice de l'aqueduc du limaçon (2). La membrane tapissant les cavités précédentes du labyrinthe se retrouve dans celles du limaçon: c'est elle qui complète la lame spirale en for- Ci) Schelhammer et Morgagni ont douté de cette communication des deux rampes annoncée par Willis pour là première fois. ( Morgagni , Epist. anal. XII. )
(2) C'est à tort que Geoffroy , M. Itard et autres écrivains attribuent à Cotugno la découverte de cet aqueduc , très - bien indiqué par Duverney , de l'aveu même de Cotugno.
(77 ) ïnant la troisième zone dont il a été parle. Introduite dans la rampe du vestibule par l'ouverture de communication établie entre cette rampe et le vestibule , elle se prolonge dans la rampe tympanique par l'ouverture de communication des deux rampes, fournit une lame membraneuse à l'ouverture de la fenêtre cochléenne , et envoie un prolongement en forme de cul-de^ sac dans l'aqueduc du limaçon. — L'humeur de Cotugno s'introduit dans le limaçon par la libre communication de toutes les cavités de l'oreille interne.
D, Conduit auditif interne.
Le conduit du nerf auditif est pratiqué à la face postérieure du rocher ; son fond présente de nombreux pertuis , orifices de conduits fort courts, dont les uns, en petit nombre, s'ouvrent presque immédiatement dans le vestibule ( et les canaux vertical supérieur et horizontal , suivant quelques auteurs) , et les autres correspondant à l'axe du limaçon, dirigés d'abord, suivant sa longueur et à travers sa substance, se recourbent à de certaines distances pour pénétrer dans l'épaisseur des zones osseuse et cartilagineuse de la lame spirale, — Une ouverture plus grande se remarque à la partie antérieure et supérieure du fond du conduit auditif : elle est l'origine de l'aqueduc de Fallope, canal d'un trajet tortueux,
traversant la voûte de la caisse et descendant en arrière de la paroi postérieure pour se terminer au trou stylo-mastoïdien. L'aqueduc de Fallope reçoit un canal plus petit, dirigé en arrière i dont l'orifice se trouve à la face antérieure du rocher, et se nomme hiatus de Fallope.
Systèmes vàsculajres,
A. Le système sanguin artériel de l'oreille est formé par un assemblage de vaisseaux provenant presque tous de l'artère carotide externe,
i° Artère carotide externe*
a. Du tronc temporal se détachent des bran* ches oriculaires antérieures et supérieures, distribuées à la face interne du pavillon et au conduit oriculaire*
à. Le tronc oriculaire postérieur est destiné aux deux faces du pavillon et anastomosé avec les branches oriculaires du tronc temporal ; il fournit dans son trajet la branche stylo-mastoïdienne, dont quelques rameaux sont distribués au conduit auditif et à la membrane du tympan ; quelques autres sont dirigés vers la caisse. Ellemême parcourt l'aqueduc de Fallope dans lequel elle se termine par anastomose avec un rameau de l'artère méningée moyenne.
c. La bifurcation de l'artère pharyngienne supérieure donne naissance à une branche méningée
<79) qui fournit, entre autres rameaux nombreux, quelques-uns de ceux de la trompe d'Eustachi.
d. L'artère maxillaire interne , dans son trajet derrière lecolducondyle de la mâchoire, donne la branche méningée moyenne (sphéno-épineuse); celle-ci, parvenue dans la cavité du crâne , donne quelques rameaux peu remarquables qui traversent la voûte de la caisse et se distribuent à sa membrane muqueuse , et un rameau plus volumineux et plus constant introduit par l'hiatus de Fallope dans l'aqueduc de ce nom , où il s'anastomose avec l'artère stylo -mastoïdienne : un rameau secondaire s'en détache et pénètre dans la caisse. A peu près au même endroit , l'artère maxillaire interne fournit encore une branche oriculaire profonde , distribuée à la peau du conduit auditif et aux glandes cérumineuses , et une branche lympanique introduite dans la caisse par la scissure glénoïdale et terminée dans le muscle antérieur du marteau. Parvenue dans l'arrière-fond de la fosse zygomatique , l'artère maxillaire interne donne enfin les deux branches plérygoïdienne et ptérygo - palatine , terminées dans la membrane du pharynx par des rameaux dont quelques-uns se dirigent vers la trompe d'Eustachi.
e. \1 artère labyrinthique , détachée du tronc basilaire , pénètre par le conduit auditif dans le limaçon et le vestibule , dans le premier, par
quatorze divisions, et dans le second, par dèut seulement*
2° Artère carotide interne.
Une seule branche est fournie par cette artère à l'oreille moyenne , encore n'est-elle pas constante ; elie pénètre dans la caisse du tambour en traversant la paroi osseuse du canal carotidien ; ses rameaux sont distribués à la membrane de la cavité du tympan ; quelques-uns s'anastomosent sur le promontoire avec un rameau de la méningée moyenne.
B. Le système sanguin veineux a été encore peu étudié.
a. Les veines de l'oreille externe correspondent , pour le nombre et la disposition , au* artères de cette partie : elles s'ouvrent dans la veine jugulaire externe , plus ou moins immédiatement, et en partie dans la veine occipitale découverte par Valsalva (Joe. cit., cap. If).
b. La disposition des veines de la caisse est ignorée.
c. Dans le labyrinthe , le sang veineux des canaux et du vestibule est versé dans le golfe de la veine jugulaire ; celui du limaçon est porté dans le sinus latéral (i)«
(i) Selon Duverney et Morgagni , les aqueducs serviraient de conduits aux vaisseaux du labyrinthe; Cotugno soutient, contre l'autorité de ces ana tonnâtes , qu'ils n'ont