APHORISME XIV
Les fonctions ne sont que des organes en exercice.
Je ne sache pas qu’il soit possible de contester sérieusement cette proposition; que pourrait être une fonction si elle n’était le résultat de l’action d’un ou de plusieurs organes ? Je n’ignore pas qu’on va m’opposer les fonctions de l’âme, de l’intelligence, les actes moraux, etc.; on me dira que • 1 impression, la perception, la comparaison, le jugement, la mémoire, l’imagination, la volonté,
sont des fonctions de l’âme, et que ces fonctions n’ont pas d’organes, qu’elles ne sont pas le résultat d’un organe en exercice, que par conséquent toutes les fonctions ne dépendent pas de l’exercice d’un organe, et que par conséquent aussi la cause de leur dérangement, leur exaltation, leur diminution, leur perversion, leur abolition ne peut être attribuée à une altération organique. Cette conséquence n’est pas exacte, car il faut un organe pour leur manifestation; nous avons donc admis que ces fonctions se manifestaient par l’intermède d’organes, que ces organes étaient le siège des causes qui troublaient les actes intellectuels et moraux et que c’était dans ces organes qu’il fallait chercher ces causes, c’est ainsi que celte partie si délicate de la pathologie rentre dans l’organicisme. Les altérations des fonctions intellectuelles et morales sont le résultat de l’altération du cerveau et de ses dépendances, c’est là qu’il faut les chercher; ce sujet ne sort donc pas du cadre des autres affections.