APHORISME XLII
La lésion anatomique n’est pas le dernier mot du diagnostic, car au delà, il y a encore la cause qui la produit.
Cela est parfaitement vrai, mais cette lésion est
le dernier terme de nos recherches, c’est à elle que l’on doit s’arrêter, sous peine de tomber dans les conjectures ét les hypothèses qui sont la mort de toute science.
Les caractères anatomiques seuls sont certains, positifs, palpables, eux seuls peuvent nous conduire un jour à la connaissance des causes, eux seuls peuvent faire progresser la médecine, c’est à eux qu’elle doit ses dernières lumières, et l’école de Paris sa gloire.
L’existence de la cause de la maladie, antérieure par conséquent à la maladie elle-même, a été tournée contre l’existence de l’organicisme. Puisqu’il existe quelque chose avant la lésion organique, cette lésion n’a plus qu’une importance, qu’une valeur secondaires; c’est la cause qui est le point culminant de la question.
Voyons s’il en est véritablement ainsi et si la cause exerce une telle suprématie.
Certes, je commence par dire que la connaissance de la cause est extrêmement utile à posséder; mais on a dit à tort : Sublatâ causa tollitur effectus; cet axiome est plus vrai en physique qu’en médecine. Voyons.
Une pneumonie est produite par le froid, par des efforts de chant, par une percussion sur la poitrine, etc., qu’est-ce que cela fait pour le traitement?
L’étendue, le siège de l’altération, ne sont-ils pas plus importants?
Nous en dirons autant d’une encéphalite, d’une méningite, enfin de presque toutes les inflammations, de presque toutes les maladies. Il en est peu dont la cause connue conduise au traitement, à la guérison. Bien plus, nous connaissons Rarement les causes des maladies. Cciusœ morborum opprobrium medicinœ. C’est la partie la plus obscure de la médecine.