APHORISME L
Des lésions morbides, des fondions isolées et indépendantes des organes ne sauraient exister.
On cite, comme lésions fonctionnelles indépendantes de l’organe, les palpitations produites par une course rapide, par une émotion vive, une gêne de la respiration déterminée par les mêmes causes; mais ce ne sont pas là des phénomènes morbides; ces perturbations fonctionnelles ne constituent pas une maladie ; lorsque la cause cesse son action, les anomalies cessent bientôt. Mais même ces troubles passagers ont besoin pour se produire de troubles de même nature dans les organes. Ce n’est pas là une objection sérieuse.
Celle que l’on tire des névroses aurait en apparence une bien plus grande valeur.
Si vous admettez que la fonction puisse être malade sans modification de l’organe fonctionnant, il faut renoncer à toute médecine et à tout progrès. Car on se contentera, comme nos devanciers, de constater le désordre fonctionnel, et on renoncera à chercher dans les organes les lésions qui les
produisent, c’est-à-dire qu’on fera rétrograder l’art de plusieurs siècles.