APHORISME LI
Il existe quelques maladies dont les symptômes sont les seules indications.
Nous devons ranger dans celle classe la plupart des névroses ; mais avant d’aller plus loin, remarquons que ce sont les plus obscures, celles que l’on traite de la manière la moins sûre, les plus rebelles à nos moyens thérapeutiques. Les principes que nous professons ont déjà fait découvrir dans quelques-unes d’entre elles des lésions locales, et leur ont ôté le caractère de névroses; beaucoup d’aliénations mentales ont été reconnues pour des inflammations.
Mais ce sont surtout les fièvres intermittentes qui sont la plus sérieuse objection à nos principes, car elles guérissent plus sûrement que toutes les autres maladies, et leurs altérations locales sont fort hypothétiques. Les hypertrophies de la rate et du foie ne paraissent être dues qu’à la répétition des congestions fébriles dans ces organes, et ne jamais précéder ces accès. Ainsi, obscurité de la lésion organique, triomphe de l’empirisme. Voilà certes
de grandes difficultés. Mais le domaine de l’organicisme est assez riche, assez élendu, pour pouvoir s’en remettre au temps de l’éclaircissement de ces obscurités.