INTRODUCTION. VU
Trois ou quatre siècles après, F instinct individualiste des Chefs Francs a cou.titué la féodalité, et la cinquième Audience est celle du Seigneur haut^jmticier j dans sa Cour. Quelques hommes choisis par lui dans la classe de Taccusé, y rendent la justice. La peine a repris sort ancien caractère alTlictif ; mais le combat judiciaire remplace à peu près tous les autres genres de preuves.
Lorsque la Royauté parvient à dominer la société féodale, elle se donne dans les Parlements une justice centralisée à son image. Une séance de la Tournelle, qui est la chambre afFectée au . service criminel dans ces grandes compagnies, forme la sixième Audience. La procédure secrète y est substituée à la discussion orale, le huis-clos à la publicité , F artifice des preuves légales à la liberté de conviction. La Torture est d'un usage normal. Les procédés sont en beaucoup de points ceux de Tlnquisition, dont on répudie le nom et le but en lui empruntant ses moyens.
A la dernière Audience on est à la Cour d'assises. La France, passée au feu d'une révolution qui lui a donné comme une nouvelle âme et Va délivrée de la lourde obsession du passé , ap-
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plique dans cette belle forme de justice les plus précieuses conquêtes de l'esprit moderne. Quelques rapprochements avec le jury anglais montrent qu'elle n'a rien à redouter delà comparaison.
On peut apercevoir déjà au choix de ces Audiences, aux temps et aux lieux. où nous les plaçons, que notre objet se circonscrit aux juridictions communes, laissant à l'écart les juridictions inférieures et exceptionnelles. C'est évidemment l'organisation des Tribunaux ordinaires, chargés de la répression des délits les plus graves j qui révèle chez une nation son système pénal, et qui en marque la puissance et l'esprit.
Nous n'exposons dans cette étude, où l'histoire domine le droit, que quelques vues d'ensemble. Aussi ne saurait-elle avoir d'utilité positive , ni offrir d'intérêt aux gens de la pratique. Rien ne ressemble moins à un Manuel . Triste aveu à faire aujourd'hui. Nous en ferons un autre aussi pénible, en déclarant notre impuissance à donner aucun conseil à nos Législateurs, à leur suggérer aucune réforme, à présenter aucun Projet. Mais, pour être entièrement sincère, nous ne dissimulerons pas une espérance que nous avons : c'est