‹ De l'organisation des animaux, ou, Principes d'anatomie comparée [electronic resource]Chapitre 11 sur 68 · DES ÉLÉMENS · texte numérisé non relu

DES ÉLÉMENS

nom (le vaisseaux artériels, veineux et lymphatiques, ou le système circulatoire.

Le premier élément secondaire, que l’on peut parfaitement concevoir comme provenant de l’élément primitif, est celui que l’on regarde presque exclusivement comme animal; c’est la fibre contractile. Elle appartient évidemment à la peau ou à l’enveloppe générale avec laquelle elle est d’abord confondue, et dont elle se sépare de plus en plus complètement à mesure que l’animal s’éloigne davantage du moment de sa naissance , ou du commencement de la série animale.

Cet élément est ordinairement sous la forme de fibres ou de filets extrêmement fins, plus ou moins allongés, de couleur et d’aspect très-variables; aussi n’est-il guère susceptible d’être défini que par la propriété dont il jouit, à l’exception de tout autre, d’être éminemment irritable et par suite contractile sous le stimulus d’un irritant extérieur ou même intérieur.

Cette fibre n’est cependant jamais complètement indépendante du tissu cellulaire, et surtout du tissu cellulaire fibreux; c’est-à-dire que par ses éxtrémités elle se continue évidemment avec lui, et par-là s’attache aux corps qu’elle doit mouvoir. En sorte que l’on conçoit que la fibre contractile ne soit réellement que la fibre celluleuse, dans les mailles de laquelle s’est déposée une certaine partie du sang.

La réunion d’une plus ou moins grande quantité de ces fibres contractiles, d’une ténuité extrême, et au moyen du tissu cellulaire dans lequel elles sont plongées, forme ce qu’on nomme muscle ^ d’où le nom de Jîbre musculaire , sous lequel cet élément secondaire est plus généralement connu. C’est lui qui constitue la partie essentielle de la fonction de la locomotion, ou de cette faculté qu’ont les animaux de changer en totalité ou en partie leurs rapports avee les corps extérieurs; et c^est au milieu de ces fibres que se développe le système osseux.

SYSTÈMES OU TISSUS. ïî

La contractilité, c’cst-ù-dlre la possibilité qu’a une fibre de rapprocher ses extrémités en conservant sa direction, que nous verrons pouvoir exister dans la fibre celluleuse à des degrés dilFérens, suivant la modification à laquelle elle appartient , devient ici beaucoup plus évidente, beaucoup plus forte ; elle n’a plus lieu seulement par une action irritante extérieure; mais elle se manifeste en outre par le stimulus d’un irritant intérieur, ce qui produit l’espèce de contractilité la plus élevée, ou la contractilité animale, dont l’aptitude est le summum de l’irritabilité.

Les modifications dont cet élément est susceptible , sont en rapport, i° avec la place; 2° un peu avec la structure, et surtout avec la nature de l’irritant qui détermine la contraclion.

S’il reste sous le derme extérieur et qu’il soit soumis à l’influence de la volonté d’une manière tout-à-fait évidente, c’est notre système museulaire sous-dermique , ou le système musculaire de la vie animale de Bichat.

S’il est encore sous le derme, mais sous celui qui est converti en membrane muqueuse ; s’il n’est soumis à l’influence le la volonté que d’une manière beaucoup moins évidente, ît s’il n’agit qu’à la suite de l’irritation apportée par un corps îtranger, c’est ce que nous nommons système musculaire \ous-muqueux , dont Bichat fait une partie de son système musculaire de la vie organique.

Enfin, si la fibre contractile qui a pris un aspect tout différent se développe plus profondément dans le tissu cellulaire intermédiaire aux deux parties de l’enveloppe générale; si l’influence de la volonté est entièrement nulle pour déterminer l’action de sa contractilité, et si elle ne peut l’être ju’organiquement et peut-être aussi par la présence d’un duide intérieur vivant, c’est une modification bien plus profonde à laquelle on peut donner le nom de système musculaire profond', on ne le connaît encore que dans le cœur.

Ses modifica lions.

Système mus culaire sous ■ dermique.

Système mus culairc sousmuqueux.

Système musculaire profond.

DES LLÉMENS.

Eiéincnisn- L’irrUalioii intérieure est le plus ordinairement produite ciciiani, par le deuxième élément secondaire , modification encore plus inconnue du tissu fondamental ou cellulaire, à laquelle on donne le nom de JLhre nerveuse, de fibre productrice, ou mieux peut-être conductrice du fluide excitant.

Encore moins généralement répandu que le précédent avec lequel ses connexions sont intimes , cet élément est encore plus caractéristique des animaux.

Quand il est sous forme pulpeuse, sa division en fibres est à peine Sensible, et elle le devient d'autant plus qu’il s’éloigne davantage d’un centre d’origine, parce que les mailles du tissu cellulaire dans lesquelles se développe ou se dépose la matière pulpeuse , d’abord beaucoup plus larges , plus rares , se rapprochent peu à peu , se serrent de plus en plus ; en sorte que dans les cordons mêmes , ou ce qu’on nomme les nerfs , nous verrons qu’il n’y a plus que du tissu cellulaire , mais modifié d’une manière tout-à-fait inexplicable , du moins quant à ses fonctions.

Cet élément qui peut se présenter sous deux formes si différentes, d’où résulte ce que nous connaîtrons sous les noms i de ganglions et de nerfs , est presque toujours de couleur blanchâtre; dans le dernier cas, il est sous la forme de fibres | extrêmement fines qui se réunissent du moins en apparence | en cordons pins ou moins considérables et ordinairement pro- | portionnels à l’usage des organes. i

Il est toujours situé dans la profondeur du tissu animal , du l moins dans ses parties centrales, car ses extrémités tendent [ à la périphérie.

Par elle-même la fibre nerveuse semble n’éprouver aucun efîètde l’action irritante des corps extérieurs, du moins autre que celui dû à sa contractilité de tissu; mais elle la transmet à la fibre contractile cl irritable de manière à mettre en jeu la contractilité de celle-ci. Elle peut même sécréter ou mieux

TABLEAU DES ÉLÉMENS ET DES TISSUS. l5

sans doute accumuler dans certaines de ses parties, coërcer dans d’autres un fluide généralement répandu dans la nature, et dont le mouvement intérieur devient irritant ou excitant de la fibre motrice par une action très-probablement galvanique. Mais ce en quoi cet élément nous paraîtra bien plus extraordinaire , c’est qu’il est le siège du sentiment , de la conscience, et de toutes les fonctions intellectuelles.

On donne i\ cet élément, dont l’existence est fort douteuse, ou mieux imperceptible à la terminaison des appareils, à la naissance des animaux les plus compliqués et même au commencement de la ligne animale, le nom de système nerveux dans son ensemble, et de ganglions et de nerfs dans les deux différentes parties qui le composent.

, C’est aux modifications plus ou moins considérables de ces trois élémens de l’organisation animale que l’on donne le nom de tissus ou de systèmes ; voici ceux que nous adoptons et comment nous les disposons :

L’élément générateur est ;

Le tissu cellulaire'on absorbant.

Les élémens secondaires sont :

A. La fibre musculaire ou contractile.

B. La pulpe et la fibre nerveuse ou excitante.

L’élément générateur en se modifiant un peu, mais sans changer beaucoup ses principales propriétés, produit un certain nombre de systèmes que l’on peut partager en quatre genres et en seize espèces.

Le premier genre contient les tissus ou systèmes qui sont toujours réellement extérieurs ou en contact avec les corps étrangers.

Les espèces qu’il renferme sont :

1® Le système dermique, comprenant l’appareil phanérique ou les systèmes épidermique et pileux de Bichat.

Tableau des tissus ou syslôlîies.

l/|. tableau des élémens et des tissus.

2° Le système muqueux, comprenant l’appareil crypleux.

Le second genre estiinmédiatementposé sous le précédent; il appartient essentiellement à la locomotion ; il comprend :

5“ Le système jîirewx, élastique ou non.

4" Le système Jlbro-cartilagineux et cartila^neux.

5“ Le système osseux.

Le troisième genre est dans la même position que le précédent, dont il n’est réellement qu’une partie; c’est celui de contact des organes : il comprend deux espèces seulement :

6” Le système séreux^

7° Le système synovial.

Le quatrième genre est situé le plus profondément dans le tissu cellulaire intermédiaire aux deux parties de l’enveloppe de l’animal; c’est le système vasculaire; il se compose des espèces suivantes :

8® Le système centrifuge, ou sortant, ou artériel.

9° Le système centripète , ou rentrant, ou lymphatique et veineux.

A. Le premier des élémens secondaires ou l’élément contractile donne deux genres :

Le premier genre est constamment situé immédiatement sous l’enveloppe de l’animal dont il est toujours plus ou moins dépendant; il comprend deux espèces :

\° Le système musculaire sous-dermique.

a® Le système musculaire sous-muqueux.

Le second genre est situé plus profondément dans le tissu cellulaire intermédiaire aux deux enveloppes ; il ne contient qu’une seule espèce :

5“ Le système musculaire profond.

COMBINAISON DES ÉLÉMENS ET DES TISSUS. l5

B. Le deuxième élément secondaire ne donne également ieu qu’à deux genres.

Le premier est le système ganglionnaire, il est formé de leux espèces :

• 1° Le système ganglionnaire pulpeux.

2“ Le système ganglionnaire non-pulpeux.

Le second genre, qui se compose du système nerveux pro- >rement dit, peut aussi renfermer deux espèces, qui sont :

1 “ Le système nerveux de la vie animale.

2° Le système nerveux de la vie organique.

Mais il faut avouer que ces espèces sont liées entre elles par les nuances intermédiaires, même dans l’homme et les aninaux de sa classe, et qu’elles ne sont plus distinctes au delà lu premier type de la série.

§ 4* la réunion de ces élémens primitifs et seconlaires et des tissus ou systèmes qu’ils contribuent à former lar des modifications plus ou moins profondes, et cela dans les proportions extrêmement variables, il résulte un assez jrand nombre de combinaisons qui, ajGfectant des formes et les usages déterminés , prennent alors le nom d’organes.

Sous cette dénomination à'organes {^organa, instrumenta') )n entend, d’après l’étymologie (epyov) , des espèces d’instrunens dont le travail ou les fonctions combinées donnent lieu i ce phénomène incompréhensible que l’on nomme la vie.

Le nombre et l’importance de ces organes sont, comme an le pense bien , extrêmement variables.

Un appareil est un ensemble d’organes concourant à une même fonction de quelque degré qu’elle soit.

La fonction est le résultat de l’action d’un organe ou d’un appareil.

La7>ie est le résultat plus ou moins immédiat de toutes les fonctions.

Quant à la définition de la vie , il y en a presque autant que

Combinaisons des. systèmes.

Organes.

APParoil.

Fonction.

Définition de la vie.

Comparaison des forces vitales et des Ibrces générales.

l6 DE LA VIE ET DES FORCES VITALES.

do physiologistes. Pour les Uns c’est l’ensemble des fonctions qui résistent à la mort; ce qui est indubitable, car c’est dire que la vie est ce qui n’est pas la mort. D’autres veulent que ce soit un mouvement de dehors en dedans et de dedans en dehors ; ce qui ressemble un peu davantage à une définition, et approche même de la véritable.

Un corps vivant est une sorte de foyer chimique où il y a tous momens apport de nouvelles molécules et départ de molécules anciennes; où la combinaison n’est jamais fixe (si ce n’est dans un certain nombre de parties véritablement mortes , ou de dépôt ) , mais toujours pour ainsi dire in nisu ; d’où mouvement continuel plus ou moins lent et quelquefois chaleur.

La vie est donc le résultat d’une sorte de oombinaison chimique, ou mieux le moment de la tendance à la combinaison qui se répète pendant un temps plus ou moins long et avec une énergie plus ou moins forte.

Ou bien, la vie est l’acte ou le résultat d’une combinaison in nisu, successivement répétée.

En sorte que vivre c’est contre-balancer, du moins en ap- ! parence, avec plus ou moins d’avantage les lois générales de j la nature; je dis contre-balancer et non détruire, parce que, dans un corps vivant, il semble qu’il y ait toujours deux ordres de forces perpétuellement agissantes, les unes^7/rtZes etles autres générales , et, quoi qu’on en dise, tout-à-fait aussi inconnues les unes que les autres, et en effet de même nature ; mais elles semblent différer, parce que les unes sont beaucoup plus mesurables que les autres, quoique évidemment les premières rentrent dans les secondes. C’est même l’art de rapporter les phénomènes vitaux aux lois générales qui constitue la véritable physiologie. Sans cesse en action., les forces vitales et les forces générales se contre-balancent I continuellement, et le degré de vie est proportionnel au degré i de supériorité des premières sur les secondes. i

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