DES APPAREILS
de celle autre propriété générale de la matière, de la répulsion ou de l’expansion. Nous verrons que tout l’appareil de la nutrition agit de dehors en dedans ou par attraction vers le corps vivant, tandis que celui de la génération agit en sens inverse de dedans en dehors, ou par répulsion de molécules de l’intérieur de ce même corps vivant.
Les différentes fonctions qui sont ainsi destinées à produire dans l’animal le résultat de chaque faculté sont ensuite partagées en fonctions de différens ordres, primaires, secondaires, tertiaires, et par conséquent les organes et les appareils qui les exécutent se subdivisent de même.
Nous suivrons donc, dans l’étude des organes plus ou moins nombreux qui concourent au résultat de chaque faculté, l’ordre de l’importance de leurs fonctions, et nous verrons que cela se trouve fort bien concorder avec celui de la dégradation des animaux.
Mais dans les corps organisés animaux, et surtout dans ceux qui sont un peu élevés dans l’échelle, chacune de ces grandes fonctions primaires ou de ces facultés est, pour ainsi dire, animalisée, en ce qu’il y a une partie de l’organisation qui sert à préparer l’action de l’autre ou celle des organes spéciaux, et à la rendre beaucoup plus énergique : c’est ce qui constitue les fonctions sensoriales et locomotrices.
Celte partie, jusqu’à un certain point accessoire, quand on considère l’ensemble des corps organisés, est commune à chaque grand appareil, lui est également utile, souvent même indispensable, etparconséquentelle peut être regardée comme appartenante à l’un et à l’autre; n’existant que dans l’enveloppe de l’animal, elle établit les rapports de celui-ci avec les corps extérieurs, dont elle reçoit une action plus ou moins forte, sans en avoir alors aucune sur eux, du moins dans le très-grand nombre de cas.
C’est cette enveloppe qui donne une forme déterminée aux animaux, qui, des limitant d’une manière spéciale dans
îiO
l’espace, permet d’appliquer une définilion cl un nom parliciilier à cliaquc combinaison d’organes.
C’cslelle surtout qui, en se modifiant sous la forme d’organes des sens, fait apercevoir aux animaux les corps extérieurs à eux et le leur même.
Enfin c’est encore cette enveloppe extérieure, qui, au moyen d’une certaine modification de l’une de ses parties, formant le grand appareil appelé locomoteur, dont la fonction est la locomotion , rapproche ou éloigne le corps organisé des corps extérieurs , et . commence à agir sur eux d’une manière, il est vrai peu importante, en changeant seulement leurs rapports.
Ce sont lii les fonctions communes aux deux grandes facultés; nous devrons donc commencer par elles; ce sont en effet ces fonctions qui entrent les premières en action , du moins quand l’animal est né. Elles ne sont exercées que par des modifications de la peau ou de l’enveloppe extérieure.
D’après cela l’ordre que nous adopterons dans cette exposition de l’organisation animale sera celui-ci : nous traiterons de la forme générale ou extérieure des animaux, et par conséquent de l’enveloppe qui la détermine, de la structure générale de celle-ci , des organes des sens qui s’y développent, de ceux de la locomotion qui s’en séparent plus ou moins complètement. Après cela nous étudierons les appareils de la composition ou de la nutrition, et ceux de lu décomposition ou de la génération.
Enfin nous terminerons cette Anatomie par l’étude de l’appareil qui s’ajoute, pour ainsi dire, i\ tous les autres et surtout à ceux de l’enveloppe extérieure, ou aux organes des sens et de la locomotion. Ce nouvel appareil est en effet, pour sa placeet pour ses fonctions, tellement en connexion intime avec ceux-ci, qu’il serait peut-être convenable d’en faire suivre immédiatement l’exposition , s’il ne servait aussi au perfectionnementdes deux autres appareils. C’est du système nerveux.
DE l’ouvrage.
dont la fonclion est l’oxcUalion , que je veux parler. C’esl évidoiniiicnt la Ibnclion la plus éloignée du but ou du terme de chaque grande faculté, et par conséquent la moins imporlanlc en réalité, la moins essentielle en physiologie générale, et au •contraire la plus animale ou laplus élevée, comme la plus incompréhensible dans la physiologie spéciale. Aussi verronsnous que plus la fonction ou l’organe qui appartient à un appareil est éloigné du terme de la faculté, plus le système ncr veux est considérable , important et nécessaire , et qu’il devient au contraire moins apparent, moins abondant et moins utile , ‘ à mesure qu’on se rapproche davantage du terme où la faculté de composition ou de décomposition entre en action.
D’après cela, cette première partie de noire Traité des animaux, qui envisagera spécialement leur organisation, sera subdivisée en quatre livres, disposés dans l’ordi'e suivant :
Le premier traitera des organes et appareils coininuns aux deux grandes facultés de composition et de décomposition ;
Le second , des organes et appareils propres à la faculté assimilatrice ou de composition ;
Le ti oisième, des organes et appareils propres à la faculté dé s assimilatrice ou de décomposition ^
Le quatrième enfin, des organes et appareils propres à la faculté excitatrice de tous les autres.
DK l’enveloppe