STRUCTURE GÉNÉRALE
trouver à la supcrlicic du derme, et il forme alors tres-probablement ce que M. Gautier a nommé les bourgeons sanguins.
4“ Le pignienlum : celte troisième partie de l’enveloppe générale des animaux n’existe peut-être pas toujours; elle forme à la surface du réseau vasculaire une couc'he plus ou moins évidente d’une consistance fort peu considérable, presque demi-üuente et qui est en effet composée entièrement de grains extrêmement fins agglutinés les uns à côté des autres sans continuité organique entre eux, ni avec les autres parties de la peau; c’est, suivant moi, une sorte de membrane presque artificielle ou un dépôt qui est différemment coloré et qui semble exhalé par les parois mêmes des vaisseaux veineux. II est traversé ainsi que le réseau vasculaire par les extrémités nerveuses qui viennent se rendre à la surface de la peau, quelquefois sous la forme de papilles.
Les deux dernières parties de la peau, que nous venons de faire connaître d’une manière générale sont celles que depuis Malpighi l’on comprend sous le nom de corps réticulaire, réseau de Malpighi, reticulare corpus , réticulum mucosum , à c.ause de l’espèce de réseau qu’elles forment pour le passage non-seulement des papilles nerveuses, mais aussi des parties accessoires ou de perfectionnement. L’une ou la première est, suivant nous, la source de la matière colorante, et la seconde est formée de cette matière, ou en est le dépôt.
5° Le corps papillaire est la cinquième partie qui entre dans la composition de la peau; on le conçoit peut-être plus aisémentqu’on n’en démontre l’existence, commel’a fait trèsjustement observer Bichat. 11 paraît entièrement formé par l’extrémité des nerfs qui , après avoir traversé les couches précédentes, se rendent à la périphérie de l’animal, ou qui en naissent et qui quelquefois prennent la forme de petites papilles plus ou moins saillantes.
C’est à Malpighi qu’est encore due la découverte ou la supposition de ce corps papillaire. C’est de la disposition parti-
DÉ LA PEAU
culière de ces papilles et surtout de celle du derme que proviennent les sillons qui existent ù la paume des mains et à la plante des pieds de plusieurs mainmiteres.
L'n assez grand nombre d’auteurs, le célèbre Albinus i\ leuc tête, ont admis l’existence de ces papilles; d’autres au contraire l’ont niée, et entre autres Perrault et Cheselden.
6“ Enfin la dernière partie essentielle de la peau , celle qui go L’epiderme. est à sa superficie , est \' épiderme j la surpeau, cuticula.
Connu des anciens et admis par tous les modernes, les ana-* tomistes sont cependant partagés d’opinion sur sa structure ^ sur sa nature et sur son mode de production ; suivant les uns , est entièrement formé de lames ou de couches appliquées les unes sur les autres, et diminuant de vitalitéà mesure qu’elles se rapprochent davantage de la surface; d’autres au contraire s’appuyant sur les observations microscopiques de Leuwenhoekj pensent que l’épiderme est composé d’écailles plus ou moins fines et imbriquées , ce que l’analogie semblerait devoir faire adopter de préférence. Suivant nous, ce n’est qu’une matière cornée, rejetée à la surface de la peau, assez souvent lisse, d’autres fois formant des amas plus considérables dans certains endroits , d’où résulte ce qu’on nomme quelquefois des écailles.
Quant à ses propriétés, on s’accorde assez généralement pour refuser à l’épiderme toute espèce de sensibilité animale et même organique; ce qu’il y a de certain, c’est qu’il ne contient ni vaisseaux ni nerfs. 5ïais alors comment se reproduit-il ? c’est ce qu’il est assez diflijjile de déterminer. Quelques auteurs ont pensé que c’était par la pression extérieure que les couches les plus externes de la peau s’endurcissaippt ; d’autres que c’était une sorte d’exsudation de matéire cornée et desséchée , une sorte d’excrétion , ce qui me semble beaucoup plus probable.
Ce que l’épiderme offre de plus remarquable, c’est de se reproduire quand il a été détruit, mais jamais quand, le derme l’a été lui-même.
F^irlUt ancp£ soii'Ks ou lie lii.Tleclioiuieineat,
1° Du crypte.
3G STRUCTURE GITERA UE
Les parties accessoires ou de perfectionnement de l’enveloppe extérieure des animaux forment deux genres assez distincts q.ui peuvent se subdiviser chacun en un plus ou moins grand nombre d’espèces d’après des différences souvent importantes : le premier genre porte le nom de crypte, et le second celui de phanère (i).
Par crypte j’entends des organes folliculaires simples ou complexes , dans lesquels la partie produite ou sécrétée est versée sous forme plus ou moins liquide et de nature trèsdifférente à la surface de l’enveloppe de l’animal.
Un pîianhre est également un organe folliculaire , mais dans lequel la partie produite ou excrétée est solide, calcaire ou cornée, de forme variable, et reste constamment à la surface de l’animal, de manière à être toujours visible.
Dans ces deux genres d’organes il y a donc une partie semblable, c’est la partie essentielle, la partie' fondamentale ou productrice; et une partie dissemblable ou différente, c’est la moins importante ou la partie produite.
Dans le crypte considéré toujours en général, l’organe producteur est formé , i“ d’une enveloppe extérieure fibreuse, percée à ses deux extrémités; par l’ouverture interne arrivent dans l’organe les nerfs et surtout les vaisseaux nécessaires à la fonction, et par l’ouverture externe, quelquefois prolongée en un petit canal , sort le produit de l’organe ; 2* en dedans de la membrane externe ou de la capsule , d’une seconde membrane eollée i\ la face interne de la première , et qui est composée d’une très-grande quantité de vaisseaux sanguins proportionnelle au renouvellement nécessaire du produit; quant aux nerfs qui entrent dans la composition du crypte ils sont très-probablement nuis, ce qui est
(i) Le terme de phanère que j’emploie ici est un mot nouveau opposé dans sa signification à celui de crypte, et dont je vais donner tout à l’heure la définition : il est dérivé du mol grec ipavipo; , évident, manifeste.
DE LA PEAU
le contraire de. ce que nous allons voir dans le phanère.
L’intérieur de ce crypte ou de ce bulbe ainsi l’omié est rempli par un fluide de nature très-diverse, sécrété par la membrane vasculaire, et qui après avoir été gardé plus ou moins long-temps , est rejeté au dehors par l’ouverture extérieure du crypte, pour servir à dilFérens usages. 11 peut en effet, par sa nature dissolvante ou invisquante, augmenter l’activité d’une sensation, comme dans celles du goût et de l’odorat; par ses propriétés acides ou de toute autre nature, exercer une sorte d’action chimique dans la digestion, et enfin devenir une espèce de corps protecteur lorsque étant visqueux, graisseux ou muqueux, il est versé à la surface de l’enveloppe.
Un phanère considéré d’une manière générale se compose aussi de deux choses parfaitement distinctes : 1“ la partie essentielle vivante, productrice, interne; 2“ la partie accidentelle , morte , produite et externe : l’une est le bulbe et l’autre est la partie évidente du phanère ou le poil.
Le bulbe d’un phanère toujours situé plus ou moins profondément, quelquefois même sous le derme , est composé : 1“ d’une première enveloppe extérieure, fibreuse, qui lui donne sa forme, et qui est percée à ses deux extrémités ; par l’un de ses orifices toujours interne, arrivent les vaisseaux et les nerfs en proportion variable qui doivent animer ou sécréter; 2® d’une seconde enveloppe vasculaire formée par les ramifications plus ou moins nombreuses, plus ou moins serrées des vaisseaux artériels et veineux qui sont entrés par l’orifice postérieur de la première enveloppe ; 3® d’une troisième partie quelquefois encore disposée en enveloppe ou en membrane , et composée par le système nerveux qui a traversé les autres membranes pour pénétrer dans le bulbe.
L’intérieur de ce bulbe est rempli par une matière plus ou moins pulpeuse produite évidemment par le système vasculaire du bulbe, mais vivante et sensible, du moins tant
° Du phanèie.
s T U h C T U lî E (i É N É K A L E
qu’elle reçoit des vaisseaux et des nerfs, et par conséquent en continuité avec le reste de l’organisation.
C’est cette pulpe qui produit ou excrète de sa superficie, la partie morte et externe du phanère, celle qui lui a mérité ce nom, parce que dans le très-grand nombre de cas elle est extérieure et visible.
Cette partie évidemment morte aussitôt qu’elle est produite, et de nature très- différente quant à sa composition chimique, est toujours formée de molécules excrétées par la pulpe, et souvent aussi par la membrane vasculaire du bulbe. Dans ce cas le corps produit est composé de deux substances de nature et de disposition un peu différentes : la substance produite par la pulpe est ordinairement plus tendre, plus molle, plus considérable; les molécules qui la composent se rangent ordinairement à la file les unes des autres pour former des espèces de filamens, qui en se collant dans leur h ngueur donnent pour résultat des espèces de calottes ou de cônes qui s’emboîtent les uns les autres, et dont le plus anciennement formé est toujours le plus petit. L’autre substance, produite par la face vasculaire de la capsule, est ordinairement plus dure, d’un tissu plus serré; elle est toujours extérieure à la précédente , sur laquelle elle s’applique.
Cette partie du phanère est si évidemment morte qu’elle peut être reproduite, tant que le bulbe et surtout la pulpe existent et reçoivent des vaisseaux et des nerfs, et tant qu’on ne le détruira pas en enlevant ce qu’il y aura alors d’excrété.
C’est par des modifications conséquentes avec sa fonction qu’un phanère peut produire un organe des sens plus perfectionné, comme dans ceux que nous verrons être les plus spéciaux, les plus élevés; ou bien un organe offensif ou un instrument mécanique, lorsqu’il deviendra ce que nous nommerons une dent; ou enfin un organe simplement protecteur, défensif ou offensif, lorsqu’il formera un poil ou une plume ordinaire, une corne, etc.
DE LA PEAU
Pour peu qu’on réfléchisse sur la structure du cr)»ple et du phanère considérés d’une manière abstraite, on verra qu’outre le rapprochement évident qu’il y a entre ces deux genres d’organes , il ne laisse pas aussi que d’y en avoir plu- .sieurs entre la structure de la peau et la leur; la capsule fibreuse est le derme : le réseau vasculaire correspond à la membrane de ce nom; vient ensuite quelquefois un véritable pigmentum ou une matière colorante, puis le système nerveux ; il n’est pas même jusqu’à l’épiderme de la peau qui n’ait son analogue dans la partie produite du crypte et du phanère; en sorte qu’on pourrait se faire une idée de ces organes en supposant à la peau une dépression ou un petit enfoncement qui aurait entraîne toutes ses parties composantes.
Comme nous l’avons fait observer en commençant l’examen général de l’organisation de l’enveloppe de l’animal , toutes les parties que nous venons d’y décrire ne s’y trouvent pas nécessairement; ou mieux les unes peuvent acquérir un développement extrême, tandis que les autres descendront à leur minimum au point quelquefois de n’être presque plus perceptibles. Ces différences seront en rapport avec l’usage que devra remplir l’enveloppe dans certaines de ses parties.
Ainsi , par exemple, quand elle devra jouir de la faculté absorbante portée au plus haut degré, non-seulement son épiderme disparaîtra presque entièrement, le système vasculaire acquerra un très-grand développement, et le derme deviendra très-spongieux; mais elle ne restera plus exposée au contact de tous les corps extérieurs indifféremment ; elle pénétrera dans la masse de tissu cellulaire qui forme l’animal, le traversera plus ou moins complètement, en un mot donnera naissance au canal intestinal ou à un appareil de respiration ; c’est à cette modification de la peau que l’on donne ordinairement le nom de membrane muqueuse. Nous en parlerons nécessairement en traitant des organes et des appareils de la composition et de la décomposition ; nous ne nous
De l’enveloppe considérée f’.'une manière générale.
Consitlërations générales sur les organes des sens.
Déftnition de l'appareil sen silif.