‹ De l'organisation des animaux, ou, Principes d'anatomie comparée [electronic resource]Chapitre 48 sur 68 · DAMS LES ENT0M0/.0 AIRES · texte numérisé non relu

DAMS LES ENT0M0/.0 AIRES

en traitant des organes de la mastication. Ainsi , par exemple , on a donné long-temps et l’on donne encore le nom de langue à l’organe au moyen duquel les papillons sucent les fluides sucrés qui se trouvent dans le fond de la corolle de certaines fleurs ; d’oü est dérivé le nom de glossata , imaginé par Fabricius pour tous les lépidoptères : le fait est que ce n’est qu’une modification des mSchoires. Mais leur extrémité molle, flexible, ne serait-elle pas le siège de l’organe du goût? Nous n’avons réellement aucun moyen de nous en assurer, mais l’analogie nous porte à penser que non, et que ce n’est qu’à la racine de cette espèce de trompe qu’est la membrane modifiée. Je croirais plus volontiers que le bourrelet charnu et spongieux qui termine ce qu’on nomme la trompe des mouches serait un organe du goût, parce qu’il est réellement à l’orifice buccal ; mais c’est encore ce que je n’oserais affirmer.

Dans toutes les autres classes des entomozoaires je ne vois guère d’organe qu’on puisse regarder comme le siège du goût; ni dans les octopodes, ni dans les décapodes, ni dans les tétradécapodes, encore moins dans les hétéropodes, les myriapodes , les chétopodes , et surtout dans les apodes. Comme cependant un grand nombre de ces animaux paraissent sentir la sapidité des corps, il faut croire qu’il y a une membrane gustative, soit à l’orifice même de la cavité buccale ou sur les lèvres, soit dans l’intérieur même de cette cavité. J’ai cependant fait l’observation que plus les animaux appartiennent à un degré inférieur de l’échelle , moins ils semblent choisir leur nourriture ; il y a davantage de rapports nécessaires entre elle et eux.

• Dans le sous-type des molluscarticulés on ne trouve dans la première classe , celle des nématopodes, aucune trace dis- : tincte de membrane gustative ; et dans la seconde, celle des î pol)'plaxiphores ou oscahrions, on voit à la partie inférieure I de la cavité buccale un long ruban lingual hérissé de dents,

LciiiJoplères.

Diptères.

Dans les autres entomozoaires.

Dans les molluscarltculé».

Considérations

générales.

Spéciales , ou diQérencesdans les M, céphalés.

268 DE L’ArPAREIL DU GOUT

comme dans plusieurs véritables mollusques, et entre autres dans les patelles.

Article III. De U organe et de l'appareil du goût dans tes

malacozoaires.

Le type des animaux mollusques ou malacozoaires présente évidemment encore quelque chose d’analogue à un organe gustatif, du moins dans la première classe ; en effet on trouve dans tous, ou presque tous, à la partie inférieure de la cavité buccale, une saillie plus ou moins considérable bien symétriquement placée, quelquefois fort courte et d’autres fois prolongée d’une manière singulière en une longue lanière, décroissante, et s’enroulant comme un ressort de montre. On trouve aussi chez la plupart des glandes salivaires souvent assez développées; la peau qui revêt cette saillie ou ce prolongement lingual ne m’a jamais paru différer sensiblement de celle du reste du corps, et surtout de la cavité buccale ; je n’y ai pas vu de traces de j^apilles , et même presque toujours elle est armée d’espèces de dents cornées , de forme singulière, disposées et rangées fort régulièrement, en décroissant successivement de grandeur et de dureté , et qui servent à la mastication et à la déglutition.

Les différences que les animaux mollusques présentent sous ce rapport me paraissent tenir jusqu’à un certain point à la dégradation et peut-être à l’absence des mâchoires. Ainsi les cryptodibranches oubrachiocéphalés ont une plaque gustative bien prononcée, assez large, mais qui ne se prolonge pas en une langue dentaire. Les syphonobranches ou buccins offrent pour la plupart une sorte de trompe à l’origine de la cavité buccale, et c’est au bord de ses lèvres que se trouvent les crochets : la membrane gustative y est-elle aussi ?

Les asyphobranches sont à peu près dans le même cas , et je ne vois pas en effet qu’ils aient de véritable renflement

DANS LES MALACOZOAIRES. 269

lingual qu’on puisse supposer être le siège de la membrane gustative.

On trouve ce renflement d’une manière souvent bien évidente dans les pulmobranches, c’est-à-dire dans les limaçons, les lymnées, etc., et dans les monopleurobranches, comme les laplysies.

Il en est de même des ptérobranches , des polybranches , des cyclobranches et des véritables inférobranches , et peutêtre aussi des nucléobrancbes; mais dans les cervicobrauches, ou au moins dans quelques genres comme les patelles, il se développe un long ruban lingual qui se prolonge plus ou moins loin dans la cavité abdominale.

Nous reviendrons sur la description de ces organes lorsque nous traiterons de la mastication.

Dans les mollusques acéphalophores on ne trouve, du moins à ma connaissance, jamais d’indice d’une membrane gustative , et s’il est vrai que tous les animaux de cette classe ne prennent pour nourriture que les molécules des corps organisés , qui sont apportées à leur orifice buccal par le fluide dans lequel ils vivent constamment, et qui sert en même 1 temps à leur respiration , il est presque évident que l’organe I du goût devait être inutile, ou que du moins il a dû être I transporté au bord même de l’orifice buccal ; ce dont il est ' diflicile d’apporter aucune autre raison que celle que nous 'venons de donner, car la structure de ce bord n’ofFre rien qui lui soit particulier.

Abticle IV. De V organe et de V appareil du gQÛt dans les

actinozoaires.

Si à peine nous avons pu soupçonner l’existence du goût * et de son appareil dans un assez grand nombre d’artiozoaires , (.qui ont nécessairement plus d’aflinité avec l’homme, il est «évident que cela sera encore bien plus difficile dans les acti-

Dans les M, acéplialés.

270 DE l’api» AKEIE DE L ODORAT

nozoaires ; leur forme ne nous permet plus de douter que le siège du goût doive être dans tout le rebord de l’orifice du canal intestinal; mais nous ne pouvons tirer aucune preuve de la structure. En effet, en voyant qu’un grand nombre de ces animaux se nourrissent de molécules animales ou végétales impalpables, ou que ceux qui saisissent des corps tout entiers les rejettent comme ils les ont pris s’ils n’étaient pas digestibles, il est plus que probable que cette modification du sens général du toucher n’existe pas: ce qui devient certain pour les agastraires, où la nutrition se fait par l’absorption pure et simple des molécules suspendues ou dissoutes dans le fluide qui les environne.

‘VV'W »\/VVW VWVW S'WWVVW WV WVvWvWVWVWWVW'VWV VWVVVVW vw wwwwvwww wv vw

Page 1