‹ De l'organisation des animaux, ou, Principes d'anatomie comparée [electronic resource]Chapitre 62 sur 68 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

De l’organe et de l’appareil de l’ouïe.

Le dernier appareil spécial de sensation dont nous ayons j .à parler est celui de l’audition : placé anatomiquement à la |i suite de l’organe de la vision, il nous semble que sa descripb ition doit suivre celle de celui-ci, parce qu’il est encore fl imoins général dans la série des animaux , et qu’en outre il se \ ttrouve nécessairement lié avec une fonction subordonnée à lia respiration, mais beaucoup plus élevée, beaucoup plus t : animale , celle de la voix et de la parole qui établit les rap- } jports génitaux et sociaux.

Nous définissons l’organe de l’audition un appareil plus

I ou moins compliqué, par lequel un animal aperçoit les. corps b 'extérieurs âu moyen de leurs vibrations immédiates ou I itransmises par le fluide dans lequel il est plongé. L’effet de (ces vibrations sur l’organe de l’ouïe se nomme bruit et son.

Considéré comme nous venons de le faire, c’est-à-dire (comme borné à une partie déterminée du corps; car on iconçoit que toutes, et surtout les parties molles, puissent (éprouver jusqu’à un certain point les mouvemens du fluide (dans lequel vit l’animal : il est extrêmement probable qu’il ( est encore moins important que le précédent , puisqu’il devient ,plus élevé, moins organique, et qu’il n’a dû véritablement • exister que dans les espèces chez lesquelles les sexes sont séparés, et où les individus peuvent se réunir en société. Aussi cesse-t-il beaucoup plus tôt dans la série animale, -et I n’existe-t-il presque que dans les ostéozoaires, dans une peitite partie des entomozoaires, et dans un bien moins grand 1 nombre de malacozoaires.

ConsidéraLions

générales.

Définition.

Importance.

Usngcs.

Place.

Siège.

Mode d’action.

Du degré do perfeclionnenient dont il est susceptible, et • pour cela

Du son.

44^5 l’appaueil de l’ouïe

Scs usages sont évidemment, comme pour tous les autres organes des sens , de faire apercevoir à l’animal qui en est pourvu , par un mouvement qui se produit en lui, l’existence des corps extérieurs. Il peut aussi servir à juger, jusqu’à un certain point, la distance de ces corps par la force du bruit, leur mouvement par l’augmentation ou la diminution graduelles de ce bruit, leur direction par sa marche , et enfin un peu leur nature par la qualité du son , ou ce qu’on nomme timbre. Enfin il est évident que les animaux peuvent aussi juger les relations d’amitié ou d’inimitié des autres animaux avec eux-mêmes par la voix et la parole qui en sont dépendantes.

La place de- cet appareil est toujours plus reculée que celle de l’olfaction et delà vision; elle me semble être constamment entre la troisième et la quatrième articulation du corps, du moins dans les ostéozoaires.

Le siège de cette sensation est, de l’aveu de tous les anatomistes, l’oreille proprement dite , ou mieux les filets du nerf auditif plongés dans les humeurs du bulbe acoustique ou de la modification d’un phanère auquel on peut comparer le vestibule, situé entre la quatrième vertèbre céphalique ou occipitale , et la troisièiue ou sphénoïdale postérieure.

Le mode d’actfon de cet appareil des sens a évidemment les plus grands rapports avec ce qui a lieu dans la vision : il est mécanique, et la sensation est une image ou une représentation, dans une partie de l’animal, d’un mouvement qui se fait hors de lui.

Mais pour mieux concevoir ce mode d’action, sa nature et le perfectionnement dont l’appareil est susceptible , il nous faut jeter un coup d’œil sur la théorie acoustique.

Le bruit et le son, car celui-ci n’est qu’une simple modification de celui-là, ne sont qu’une suite de mouvemens extrêmement prompts et rapides produits par un choc dans les particules insensibles des corps élastiques, en tant qu’ils sont aperçus par l’animal.

Le bruit est ce mouvement irrégulier et confus dans plu- • sieurs corps.

Le son , un mouvement régulier et distinct d’un seul corps.

Les propriétés principales du son ont des rapports évi- ,dens avec celles de la lumière, surtout dans le système de l’ondulation.

1° Il se dirige dans tous les sens en s’irradiant du corps sonore et en ligne droite.

2“ Il peut être réfléchi à la surface des corps, suivant la loi constante de l’angle de réflexion égal à celui d’incidence; de sorte que son intensité sera augmentée si tous les rayons émanés d’un corps convergent de manière à tomber sur un seul point.

3“ Tous les corps solides sont plus ou moins sonores; mais il paraît qu’à densité égale ils le sont d’autant plus qu’ils sont plus élastiques.

4" Plus le milieu dans lequel le corps sonore est -mis en vibration a de densité, l’élasticité étant la même, et plus le

son s’entend loin : sa force aug-mente suivant le carré de cette

densité.

5“ La force et la faiblesse du son dépendent à ce qu’il paraît de l’étendue des vibrations du corps sonore, étendue qui est elle-même en rapport avec la force d’impression ou d’impulsion.

6° Le ton d’un son, ou son degré d’élévation’ou d’abaissement est dans un rapport déterminé avec le nombre des vibrations du corps sonore dans un espace de temps déterminé : c’est sur cette loi qu’est basée la théorie de la musique. D’après les calculs confirmés par l’observation, on sait que le ton est en raison inverse de la longueur du corps sonore , et en raison directe de sa tension.

7“ Tout corps sonore tend à se mettre à l’unisson, ou mieux vibre à l’unisson d’un autre corps que l’on fait vibrer dans le même milieu où il se trouve.

De 1* üivision de ret

appareil en 4 parties.

Coup d'oeil général sur la structure du phanèie auditif et la disposition des parties qui s’y joignent.

45ü DE l’appakeil de l’ouïe

8“ Quant au timbre ou à la qualité du son, il dépend de la nature même du corps, et n’est pas susceptible d’être expliqué.

D’après cela , il est aisé de voir que l’organe de l’ouïe sera d’autant plus parfait qu’il sera plus sensible aux sons les [tins faibles, qu’il pourra apercevoir et par conséquent juger la différence de toute espèce de sons, ou les tons et leurs intervalles; enfin qu’il pourra ramasser le plu.s grand nombre de rayons sonores émanés d’un corps pour les faire conveiger vers l’organe.

Ainsi la proportion du nerf auditif , sa mollesse, la quantité et l’élasticité de l’humeur acoustique dans laquelle il s’épanouira, l’existence dans son intérieur d’une sorte de lame spirale dont chaque fibre décroîtrait insensiblement de longueur, et par conséquent de tension, de la base au sommet, la facilité de communication avec le fluide extérieur en vibration , et la faculté de conserver autour de l’organe une plus ou moins grande quantité de cet air extérieur; celle de mettre l’organe à l’unisson des vibrations de celui-ci, et par conséquent d’empêcher qu’il ne soit lésé par un choc trop brusque ; celle de recueillir une quantité plus considérable de rayons sonores émanés, d’un corps, et de les diriger vers l’organe, seront des élémens successifs de perfectionnement dans l’appareil de l’ouïe.

D’après cela, je divise cet appareil en quatre parties qui s’ajoutent successivement à mesure qu’il se perfectionne.

1° Partie essentielle ou fondamentale;.

3“ Partie de perfectionnement acoustique;

3” Partie accessoire d’unisson et de renforcement;

4“ Partie accessoire de recueillement.

Jetons d’abord un coup d’œil général sur la disposition de ces différentes parties qui peuvent toutes réellement exister à la fois; il nous suffira ensuite d’en retrancher quelqu’une à mesure que nous descendrons l’échelle animale pour con-

EN GÉNÉllAL. 4^ ^

naître les difievenccs que les animaux présentent sous ce rapport, et nous aurons ainsi, d’une manière indirecte, tait l’histoire de la marche de son perfectionnement.

La partie essentielle est celle é laquelle on donne le nom de 'Vestibule,^ de grandeur et de figure extrêmement variables , elle forme une sorte de sac analogue à ce que nous avons nommé le bulbe d’un phanère. On y trouve on eilel une première enveloppe fibreuse, cartilagineuse ou même osseuse, ( d’où la distinction du vestibule osseux et du vestibule membraneux), percée à ses deux extrémités; par l’orifice interne , arrivent les nerfs et les vaisseaux ; par l’externe, s’établit la relation avec le monde extérieur; c’est h cet orifice fermé par une membrane, que l’on donne ordinairement le nom de Jenétre ovale, ou mieux A'orijice vestibulaire. A l’intérieur de cette première membrane se trouve la seconde qui est vasculaire, et qui la tapisse d’une manière plus ou moins serrée; enfin la troisième est nerveuse; elle provient du nerf acoustique. Mais cette partie nerveuse ne double pas toujours exactement la membrane vasculaire, elle forme souvent une sorte de cloison transverse, ou quelques productions qui flottent dans l’intérieur des humeurs du bulbe. L’humeur principale de la partie essentielle de l’organe de l’ouïe ne peut véritablement mieux être comparée qu’à l’humeur vitrée de l’œil. Beaucoup moins considérable que la cavité qui la renferme, elle est enveloppée d’une membrane propre puisqu’elle conserve une figure déterminée, et qu’elle forme un tout suspendu par des fibrilles nerveuses dans les autres enveloppes. C’est dans cette humeur , ou à sa surfiice, que l’on remarque des parties plus ou moins crétacées cl quelquefois même osseuses qui s’y sont déposées. Mais outre celle humeur, il en existe une autre qui remplit l’espace plus ou moins considérable laissé entre la membrane vasculaire et la membrane solide; elle est aqueuse et véritablement lymphatique; c’est ce qu’on nomme la lymphe

452 DE l'ai’I'aueil de l’ouie

de Cohinni, de l’anatomiste qui l’a observée le premier. Plusieurs personnes doutent de son existence, comme nous le verrons plus loin.

La partie de perfectionnement acoustique porte avec la précédente le nom général de labyrinthe ^ ce n’est réellement qu’un diverticulum ou qu’une extension de la partie essentielle; aussi est-elle à peu près compo.<iée de même.

On y distingue deux parties ; l’une appelée canaux semicirculaires , et l’autre limaçon à cause de leur forme.

Les canaux semi-circulaires , ainsi nommés parce qu’ils représentent ordinairement des demi-anneaux , sont toujours situés au côté postérieur et supérieur de la partie fondamentale ou du vestibule'; ils sont constamment au nombre de trois, disposés de manière que deux sont verticaux, l’un antérieur et l’autre postérieur , et un horizontal ou externe ; ils sont composés, comme le vestibule, d’une membrane externe, fibreuse, cartilagineuse ou osseuse, qui, doublée par la vasculaire et la nerveuse, contient dans son intérieur le même fluide que le vestibule; aussi dislingue-t-on des canaux semi-circulaires, osseux et membraneux. Leur forme est ordinairement cylindrique; mais ils sont plus ou moins renflés à leur origine, ce qui a fait donner à cette partie le nom à'ampoule. Tous se dirigent par chacune de leurs extrémités dans le vestibule, ce qui devrait faire six ouvertures si quelques-uns de ces canaux ne réunissaient pas l’une de ces extrémités, ce qui réduit en général le nombre des orifices à cinq, ou même audessous.

L’autre partie de perfectionnement acoustique est ce qu’on nomme le limaçon, parce que le canal conique qui la forme dans la première classe des ostéozoaires, s’enroule plus ou moins en spirale comme une coquille de limaçon. Placée en avant et en dedans de la partie centrale ou du vestibule, sa omposition est encore à peu près la même. Nous verrons

cependant que souvent sa cavité est partagée en deux par une cloison dccurrente, presque du soinnicl jusqu’à sa base , ce qui lui forme alors deux ouvertures, l’une dans le vestibule lui-même, et l’aiitre à l’extérieur; et alors lé labyrinthe a aussi deux orifices extérieurs; l’un qui lui est propre ou Vorace veslihulaire , et l’autre qui appartient au limaçon ou Vorijicc cochléairc.

L’ensemble des trois parties du labyrinthe ou l’oreille interne, forme ce qu’on nomme le roc/icr dans l’homme et les animaux mammifères; os ainsi nommé à cause de sa grande dureté, de sa densité; il n’appartient réellement pas au squelette proprement dit, mais ce n’est que l’encroûtement de la membrane fibreuse du bulbe lui-même, comme nous avons vu que cela pouvait avoir lieu pour la sclérotique, quelquefois entièrement cartilagineuse et même en partie osseuse.

La troisième partie de l’organe de l’ouïe devient beaucoup plus accessoire, et par conséquent moins importante; c’est ce que l’on appelle ordinairement Voreille moyenne qui n’existe réellement, .comme nous le verrons plus lard, que dans les animaux supérieurs; c’est la partie d’unisson et de renforcement. Toujours située au dehors de la réunion des précédentes , elle est essentiellement composée par plusieurs os empruntés à l’appareil de la locomotion , et modifiés pour un usage nouveau ou une fonction subordonnée. La cavité qu’elle forme est nommée la caisse du tympan ; c’est réellement une sorte de bourse ou de renflement de la membrane muqueuse de l’arrière-bouche appliquée an côté externe de l’oreille interne, et se plaçant entre elle et l’externe, ou même mieux encore une sorte de fente ou de canal tendant à faire communiquer l’arrière-gorge avec l’extérieur sur les côtés de la tête. Cette bourse ou renflement est souvent presque entièrement entourée par des os de l’appendice de la vertèbre sphénoïdale, dont le premier, plus ou moins bulbeux on.'

454 i>E de l’oeïe

renflé, fait la pins grande partie d’nne sorte de caisse, et les autres la bordent ou la traversent.

Cette caisse du tympan, soutenue et enveloppée par l’os de ce nom , offre en dedans la saillie de la partie essentielle , et par conséquent ses nrifices de communication extérieure ; mais ces orifices sont bouchés par une membrane.

Dans plusieurs points différons de cette caisse on peut trouver des enloncemens dans les os du crâne; c’est alors ce qu’on nomme cellules , qui prennent le nom des os dans lesquels elles sont creusées.

En avant et en dedans, la continuation de la poche membraneuse avec la gorge porte le. nom de trompe gutturale , à cause de sa forme dans l’homme et la plupart des mammifères, ou de trompe d’Eustache , du nom de l’anatomiste auquel on en attribue la découverte : cette partie est souvent soutenue par une sorte de cartilage lubiforme, et se trouve comprise dans l’écartement d’un os que nous connaîtrons sous les noms de sphénoïde, et du rocher luimême.

Enfin en dehors, la poche reçoit le contact de l’air extérieur dans toute l’étendue d’un orifice qui existe dans l’os du tympan, et que borde le cercle de cc nom de manière à ce. qu’elle simule une membrane de tambour; d’où lui vient le nom qu’on lui donne de membrane du tympan. Cette membrane est donc nécessairement composée au moins de deux peaux appliquées l’une contre l’autre; l’une interne ou muqueuse, l’autre externe ou dermoïde.

Pour terminer l’examen detoutee qui peut se trouver dans la caisse du tympan, il nous reste à parler de la chaîne d’osselets ou de très-petits os étendus entre l’orifice vestibiilaire et la membrane du tympan. L’idée générale qu’il faut s’en faire, c’est que les pièces qui la comjvosent forment des angles qui peuvent être augmentés ou diminués par une disposition de ligamens élastiques et de muscles, d’où doit résulter l’aug-

EN général. 455

mcntation ou la dirninulion de la tension des deux membranes attachées aux deux extrémités.

EnOn la quatrième partie de l’appareil de l’ouïe est encore moins importante , et ne sert plus guère qu’à recueillir les sons et à les diriger vers la membrane du tympan; c’est l’orcî lie externe , que compose un ûbro-cartilage mince, élastique, recouvert d’une peau également mince et sèche. Dans son état de perfection, il forme un cornet plus ou moins large , appelé pavillon de l’oreille et conque auditive, jiorté sur une espèce de pédicule creux womxnii conduit aiiditif externe.

Ce cornet est susceptible d’être dirigé dans un grand nombre de sens par un appareil de muscles plus ou moins forts, plus ou moins nombreux, que l’on peut partager en trois catégories, les antérieurs, les supérieurs et les postérieurs , suivant leur position et les mouvemens qu’ils produisent.

Avant de passer à l’étude des différences que l’appareil de Anai>se de son

^ I 1. 1 jterfectionne-

l’audition offre dans les différens groupes d’animaux , analy- ^

sons rapidement comment il naît, s’accroît, se perfectionne dans la série animale.

Les animaux des deux derniers types , c’est-à-dire les amorphozoaires et les actinozoaires n’ont aucun indice d’organe spécial de l’audition : il est encore confondu avec le tissu animal. La très-grande partie du type des malacozoaires est dans le même cas , sans aucune espèce de doute : à peine en aperçoit-on un rudiment composé de la partie essentielle seulement dans la famille la plus élevée de la classe des malacozoaires céphalophores, c’est-à-dire dans les brachiocéphalés ou sèches. La faculté d’apercevoir les sons devient beaucoup plus évidente, beaucoup plus commune dans le type des entomozoaires : toutes les classes inférieures, les apodes , chélopodes , myriapodes , tétradécapodes n’en jouissent cependant pas encore ; mais les décapodes , les octopodes et les hexapodes entendent pour la plupart fort bien,

Nous verrons cependant que le siège de celte faculté , l’organe

456 DE i/appareil de l’oeïe

de l’audilion rédiiil encore à sa partie essentielle, n’est pas toujours bien connu chez eux. Il n’y a plus de doute ni pour la faculté , ni pour l’organe dans tout le type des ostéozoaires ; mais dans la classe la plus inférieure, ou dans les poissons, l’appareil sans communication immédiate avec le fluide ambiant commence par être presque également réduit à la partie essentielle. On voit en effet quelques espèces de poissons, les lamproies , qui n’ont qu’un vestibule sans canaux semi-circulaires ni limaçon. Les autres ne manquent que de celui-ci; mais les canaux et le vestibule lui -même sont libres et à peine séparés de la cavité cérébrale. L’oreille moyenne n’existe pas plus que l’oreille externe, et les parties qui entreront dans la composition de celle-là, sont encore employées à un tout autre usage. L’appareil se perfectionne peu à peu dans les ampbibiens, et quoique l’on n’aperççive pas encore de caisse véritable dans les dernières espèces, et que chez elles l’ouverture pharyngienne soit encore percée d’outre en outre comme dans les poissons, et pour le même usage, la respiration, on voit les pièces qui formeront les osselets de l’ouïe diminuer en développement et prendre un peu de la disposition qu’elles auront plus lard. Cela devient plus évident chez les batraciens véritables, qui commencent à montrer une caisse du tympan et une trompe gutturale du moins dans l’état adulte. Dans la classe des reptiles , nonseulement les deux premières parties du labyrinthe acquièrent la forme qu’elles garderont par la suite, mais on voit un rudiment plus évident du limaçon, et le tout est caché entre les os du crâne. Quoique la caisse soit souvent fort étroite, et qu’elle n'ait pas toujours une communication apparente à l’extérieur, elle n’existe pas moins avec l’ouverture gutturale et de véritables osselets. Les oiseaux offrent un labyrinthe à peu près composé comme dans les reptiles les plus élevés; mais il est entièi’ement renfermé dans une celhilüsité provenante des os environnans. Le limaçon est en-

cnre riulimcntaire. La caisse est complèle , grande ; d y ® des sinus considérables, et une trompe gutturale très-étroite; la (chaîne d’osselets est encore plus appropriée au perfectionnement de l’appareil de l’ouïe; la membrane du tympan est au fond d’un canal auditif externe , et il y a souvent un rudiment de conque dans la disposition des tégumens. L’appareil de l’audition arrive presque subitement à son summum dans les mammifères , où il se compose de toutes les parties que nous avons énumérées plus haut. Le limapon est complet, il contient une lame spirale décurrente. Le labyrinthe dont il fait partie est entièrement confondu avec un dépôt calcaire solide, compacte, qui l’enveloppe; il a deux orifices extérieurs , tandis qu’il n’y en avait eu qu’un jusque-là. Toutes les pièces osseuses empruntées à l’appareil de la locomotion ont éprouvé les modifications convenables pour le nouvel emploi auquel elles sont appelées, et n’ont plus d’autre usage. Enfin l’oreille externe arrive également à tout son développement et devient un cornet acoustique.

Descendons maintenant dans quelques détails.

Article I. De l’organe et de l’appareil de l’ouie dans les

osléozoaires.

Dans le type des animaux vertébrés ou des ostéozoaires cet appareil finit, il est vrai, par se simplifier beaucoup , et même par être réduit à la partie essentielle, sans communication directe avec le fluide extérieur , comme il paraît que cela a toujours lieu dans les animaux invertébrés pourvus de l’organe de l’ouïe; mais cela ne se voit que dans un petit nombre des espèces les plus inférieures; du reste dans chaque groupe ou classe, la dégradation s’en fait d’une manière assez tranchée.

Ci>nsiil(;rati(ms cl tliirérences qéncrales.

DE l’a r PARE IL DE l’odÏE

Considérations dilléronces Séni'rali's dans

Le vestibule.

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