‹ De l'organisation des animaux, ou, Principes d'anatomie comparée [electronic resource]Chapitre 65 sur 68 · DANS LES AMP II HUE NS · texte numérisé non relu

DANS LES AMP II HUE NS

crâne, elle alleint, par son cxtréixiilé un peu apoinlie , la Tcritable caisse du tympan, et la troisième pièce de laçhaîqe : celle-ci est une sorte de disque épais, cartilagineux, qui s’attache sous la membrane du tympan , ou mieux au tissu cellulaire sous-cutané; car il n’y a pas de véritable membrane. Articulée par son bord externe avec l’analogue de l’enclume, celle plaque, a comme dans la grenouille, son petit muscle supérieur. Quoiqu’il n’y ait pas de membrane du tympan bien formée, il y a cependant une cavité de ce nom, mais beaucoup plus petite que dans les grenouilles ; il y a encore un cercle cartilagineux à son bord externe, et un trou interne communiquant immédiatement dans la gorge. Quant à l’oreille extérieure, elle est encore beaucoup moins évidente que dans la grenouille, puisque la peau est à peine amincie en dehors du tympan.

Le pipa diffère encore notablement des crapauds : l’oreille interne est excessivement petite, proportionnellement avec la grandeur de l’animal ; elle forme une très-petite poche ovalaire située en arrière et de chaque côté du crâne, dans l’occipilal ; elle contient toujours une masse de môme forme sub-gélatineuse, à laquelle adhère inférieurement un petit sac de couleur blanche. Les canaux semi-circulaires sont si fins , que c’est tout au plus si je puis assurer les avoir vus à une assez fort loupe : mais ce que celte oreille offre de plus remarquable, c’est que la communication à l’extérieur se fait par un long tube d’un demi-pouce de long, et creusé dans un élargissement de l’occipital. Ce tube arrivé au côté externe de la tôle prés du pli de l’épaule, se termine par l’orifice vestibulaire.

Les osselets de l’ouïe sont, comme dans le crapaud, tout-àfait hors de la cavité du tympan ; mais ils sont de forme toute différente. Celui qui s’applique contre l’orifice veslibulaire est une très-petite pièce cartilagineuse; celle qui vient ensuite est osseuse, et par sa forme ne peut être mieux

Pipas.

54^ I>K l/APl'AniîIL DE l/üEÏE

comparée qu’à la clavicule de l’homme : par l’ime de ses extrémités elle entre dans la fenêtre ovale, et par l’autre elle se joint à la troisième pièce. Celle-ci, discoïde, épaisse, échancrée par son bord postérieur, donne par cette échancrure, passage à l’os précédent qui s’articule avec elle par une petite apophyse interne : elle est du reste entourée par un anneau cartilagineux complet , et elle bouche aussi complètement l’orifice extérieur de la caisse. Il ya cependant une membrane du tympan, mais sous une couche de tissu cellulaire, et même de quelques fibres musculaires de la peau, en sorte qu’elle n’est pas sensible à l’extérieur. On trouve aussi une cavité tympanique fort petite et à parois bien lisses; mais au lieu d’avoir, comme dans les crapauds et les grenouilles, une communication immédiate avec la gorge , on y observe en arrière un canal conique qui se dirige obliquement d’avant en arrière , et de dehors en dedans sous la tête, où il se termine par un cul-de-sac.

Dans Les salamandres offrent encore un degré plus avancé vers

tes pseudo- ... ^

sauriens. la disposition des poissons. La partie essentielle de l’organe de l’ouïe n’offre du reste pas de grandes dififérences : le vestibule, les canaux semi-circulaires et le sac contenant également une matière blanche semi-fluide, sont, comme dans les grenouilles, renfermés dans une cavité bulleuse de l’occipital. Mais tout cela paraît situé plus profondément que dans ces animaux, parce qu’il n’y a pas de caisse du tympan , même rudimentaire. Il y a cependant toujours un orifice vestibulaire; il est rond , et percé dans la partie postérieure de l’occipital. Cet orifice est fermé par une pièce analogue de l’étrier qui est encore restée employée par l’appareil de l’ouïe; elle est ronde , operculairc , épaisse , et comme dans le crapaud elle est tirée en arrière par une partie d’un muscle de l’épaule : mais voilà tout ce qui constitue l’appareil de l’audition des salamandres. Les autres osselets sont employés à un tout autre usage, comme nous le verrons dans le volume

DANS LES AiiriIlBIENS. 5/|9

suivant : il n’y a plus de trace de cavité dn tj'inpan, et par conséquent de communication avec le pharynx, du moins dans l’état adulte, car dans l’état de larve elle a au contraire un grand développement; à plus forte raison n’cxiste-l-il plus d’oreille exteime.

L’axolotl , que l’on peut regarder comme une larve de salamandre, au moins jusqu’à un certain point, nous offre une disposition de la caisse du tympan et des osselets de l’ouïe, qui fait encore un degré de plus vers les poissons. Les parties essentielles de l’appareil sont enveloppées par une membrane cartilagineuse qui double la cavité de l’occipital, mais du reste ne diffèrent pas de ce qu’elles sont dans les salamandres. La petite plaque cartilagineuse ovale qui bouche l’orifice vestibulaire , est presque tout-à-fait sous le crâne; elle est liée au second osselet par un ligament fort long et mince qui descend vers la gorge , ce second osselet étant devenu le second arc branchial; c’est entre lui, en effet, et la corne de l’hyoïde, que se trouve la première ouverture branchiale, et l’on remarque en dedans des muscles élévateurs et abaisseurs de la mâchoire une sorte de grand sac qui fuit communiquer la cavité gutturale avec ces ouvertures.

Le protée est absolument dans le même cas que la sala' mandre à l’état de larve. Le vestibule, les canaux semi-circulaires et le sac, existent bien ceitainement de même; celui-ci est peut-être proportionnellement plus petit, au contraire des canaux qui m’ont paru d’un diamètre plus considérable; ils ne sont plus enclavés dans les os; mais tout le labyrinthe est contenu dans une cavité, oblongue , bulleuse ou à parois excessivement minces de l’occipital. Il m’a été impossible de trouver d’orifice vestibulaire, et je serais fort porté, en cuire, par induction, à croire qu’il n’y en a pas, si M. Rusconi n\n décrivait j)osilivement un. •le n’ai pas !)on plus liouvé la pièce operculaire dont il parle.

Axolotl,

Prolée.

55o DE LAI’PAUEIL DE l’ouÏE

el qui servirait :i le (ermer comme dans les salamandres. L’analogue de l’enclume est resté collé et articulé avec le labyrinthe; mais, comme dans la salamandre, il sert à un tout autre usage.

Ainsi , à la tin de cette classe , l’appareil de l’ouïe est réduit à ses parties essentielles. La caisse s’est peu à peu séparée du labyrinthe, el est devenue une large ouverture qui lait communiquer la gorge avec l’extérieur sur les cotés de la racine du cou ; les osselets de l’ouïe qui servaient à réunir ces deux parties de l’appareil, ont acquis beaucoup de développement, ont pris une tout autre disposition, et sont devenus des pièces de la déglutition. De cette manière nous sommes arrivés aux poissons, dans lesquels celte nouvelle combinaison a acquis toute sa perl'eclion.

E. Dans les poissons.

Coiisiiléralions et (iifle'ronces generales.

Cette classe nombreuse d’animaux étant un peu dans le cas de celle des oiseaux, c’est-à-dire n’offrant pas d’indices bien évidens de dégradation organique, vivant tous dans les mêmes circonstances particulières, ou dans un fluide extrêmement dense, comparativement à l’air, se nourrissant tous de substances de la même nature, il n’est pas étonnant qu’ils nous offrent un type particulier dans l’appareil de l’ouïe, et que ce type offre assez peu de différences dans les espèces.

Cet appareil est en général fort développé; situé sur les parties latérales et inférieures de la tête, ou mieux de la cavité cérébrale dont il est quelquefois à peine séparé par une membrane, il n’a jamais de communication médiate ni immédiate avec l’extérieur. La partie essentielle se compose toujours d’un vestibule plus ou moins considérable, de forme un peu variable, mais ordinairement ovale allongé, se prolongeant en avant oû il s’élargit, et en arrière. •

A la partie interne et inférieure de ce vestibule se trouve

un suc ordinairement de forme ovale, et beaucoup plue grand que lui, dirigé d’avant en arrière, et se logeant dans une excavation de l’occipital et du sphénoïde. C’est évidemment l’analogue du sac des oiseaux , et peut-être celui du limaçon des mammifères; il se joint au vestibule par un pédicule plus ou moins large. Quoique je n’aie pas pu faire passer le mercure du sac dans le vestibule, pas plus que MM. Scarpa et Weber, il me semble que l’analogie ne permet guère de douter d’une communication entre oes deux parties. Quoi qu’il en soit, ce sac , constamment pourvu en arrière d’un petit sinus, se prolonge souvent dans le corps de l’occipital postérieur, jusque tout près de son articulation avec la première vertèbre; mais jamais je n’ai vu de trace d’orifice qui conduisît plus loin.

En dehors et en dessus sont les trois canaux semi-circulaires, l’un horizontal, et les deux autres verticaux : ils sont i en général plus grands que dans les autres ostéozoaires ; ils forment souvent bien plus qu’un demi-ceicle; ordinairement cylindriques et grêles dans la plus grande partie de leur lon- I gueur, ils se renflent à une seulement de leurs extrémités en I une ampoule toujours bien formée. Leur terminaison dans le i vestibule se fait par trois groupes de deux canaux chaque, l’un

I antérieur, l’autre postérieur, et le troisième médian, ce

1 qui semblerait ne devoir faire que trois orifices dans le vestibule; mais les groupes antérieur et postérieur se composent de deux canaux plus ou moins soudés , dont chaque orifice est distinct ; il n’y a que le groupe médian dont les deux canaux se réunissent dans un seul sinus, et qui par conséquent ont un orifice commun dans le vestibule.

Ce labyrinthe est composé comme de coutume d’une première enveloppe fibreuse, un peu différente dans le vestibule que dan» les canaux semi-circulaires où elle semble sub-cartilagineuse. A l’intérieur en est une autre plus molle , qui tapisse la cavité dans toute son étendue; c’est la mem-

552 »E L APPAREIL DE l/oUlE

J)rane vasculaire. Quanta la membrane nerveuse, on ne voit pas ucllement sa disposition membraneuse ; on trouve bien aisément que les filets du nerf acoustique, parvenus à Tune des parties du labyiinlhe, et surtout aux ampoules et au sac, rampent pendant quelque temps sur leurs parois, les pénètrent; mais je ne puis dire s’ils forment une véritable membrane à l’intérieur : c’est ce que je n’ai pas vu. On est seulement étonné de la grosseur des nerfs qui se rendent à cette partie.

Les humeurs qui remplissent le labyrinthe des poissons paraissent être aussi de nature différente. J’ai toujours trouvé dans la partie antérieure du vestibule proprement dit une masse de substance gélatineuse, translucide, qu’on ne peut mieux comparer qu’à l’humeur vitrée de l’organe de la vision , et qui est contenue dans une véritable membrane hyaloïde. Cette substance reçoit une grande quantité de nerfs qui lui forment une enveloppe comme pulpeuse. On observe en outre dans la partie inférieure et postérieure du sac, une autre masse pulpo-gélatiueuse beaucoup plus considérable. Ces deux masses distinctes renferment des grains de matière crétacée, qui en se coagulant donnent naissance à trois petits os ou pieires de forme et de proportion variables. Leur tissu ne peut être comparé à celui d’aucun autre os. Ils sont très-blancs, d’un grain très- fin, cassans et sans trace de périost'e. Leur forme, souvent très -bizarre et très-singulière, est particulière à chaque espèce. C’est dans ma manière de voir un corps mort produit par couches par la pulpe auditive , et qui n’a aucune analogie avec les osselets de l’ouïe des animaux supérieurs, mais bien avec le crystallin de l’œil. Le premier de ces os est dans le sinus antérieur du vestibule; le second, qui est ordinairement le plus grand, occupe presque tout le sac; et le troisième est contenu dans le sinus postérieur de celui-ci.

Il n’y a plus dans les poissons d’autres parties dans la com-

position de leur appareil de l’ouïe , c’est-à-dire ni appareil de renforcement , ou de caisse du tympan , et par conséquent encore moins d’appareil tout-à-fait extérieur. Plusieurs auteurs ont cependant établi d’une manière qui semble positive , la communication directe de l’appareil extérieur avec le fluide ambiant, ou avec le système de la vessie natatoire; mais l’analogie, ni l’autopsie, ne permettent presque pas de doute à ce sujet. Les os, qui avaient été pour-ainsi dire empruntés par l’appareil de l’ouïe à celui de la locomotion dans les appendices de la déglutition lui sont rendus, et se modifient pour cet usage, comme nous le verrons en parlant des organes de la locomotion. L’ouverture gutturale de la partie moyenne de l’oreille , loin de disparaître , acquiert au contraire un très-grand développement, mais pour un tout autre usage, celui de la respiration, comme nous l’avons indiqué en parlant des amphibiens.

Dans l’état actuel de la science nous ne voyons pas que les circonstances particulières dépendantes de la nature et de la densité du milieu dans lequel les poissons exercent les différens actes de la vie, ni même la profondeur à laquelle ils existent le plus habituellement, aient quelque influence appréciable sur le développement et la structure de leur organe de l’ouïe. On conçoit cependant qu’ils puissent en avoir. L’avidité, la hardiesse avec laquelle ces animaux poursuivent leur proie, l’époque même de la journée à laquelle ils le font, peuvent aussi, ce me semble, déterminer quelques diflérences; mais je le répète, on a peu étudié l’organisation des poissons d’une manière rationnelle ; on s’est borné à saisir les dilTérences les plus grossières, et qui tiennent aux dilîérences d’espèces.

Il semble qu’on aperçoive mieux celles qui tiennent à la dégradation animale, ou du moins il est‘cvident qu’il y a des différences assez tranchées entre l’organe de l’ouïe des poissons osseux et celui des poissons cartilagineux, majs

DiSe rentes ctépendaiiles de certaines circouslances.

De la

dégradation.

Dans les P.

osseux sr|tiiiin nioUeriiies.

Dans les P.

osseux hétérodermes.

Dans les P.

oartilagineui.

554 l> 1' 1* A II lî 1 L DK l’o U ï L

loiijours avec les nuances qui existent dans tons les poinLs de leur organisation.

Dans ce que nous venons de dire de général sur la structure de l’organe de rouie dans cette classe d’animaux, nous avons surtout considéré les poissons osseux squammodermes : quoiqu’ils ne different réellement pas d’une manière tranchée des hétérodermes et même des poissons cartilagineux, on peut cependant regarder comme étant plus particulièrement caractéristique de leur oreille que l’excavation du labyrinthe n’est jamais séparée complètement de la cavité cérébrale, et que le plus souvent les canaux semicirculaires ne sont pas même inter-osseux, en sorte que le yestibule, le sac et les canaux, sont baignés dans le fluide qui remplit la cavité cérébrale. Ajoutons que les pierres de l’intérieur du vestibule et du sac sont presque toujours d’une dureté et d’une solidité remarquables , au moins pour l’antérieure de ce dernier.

Dans les poissons bétérodermes , il paraît que la séparation de la loge du labyrinthe de la cavité cérébrale n’est pas encore beaucoup plus complète que dans la section pré(;édente ; mais i! est certain que les pierres du sac sont évidemment plus molles et plus amilacées.

Dans la sous-classe des poissons cartilagineux, les premiers genres ne diffèrent pas encore beaucoup sous ces deux points de vue, la cavité du labyrinthe faisant encore partie de celle qui contient le cerveau; les pierres sont cependant peut-être encore plus molles; mais dans les autres genres toutes les parties du labyrinthe sont renfermées dans une loge particulière creusée dans les parois cartilagineuses du crâne, et qui ne communique avec la cavité cérébrale que par un canal auditif interne. Les canaux sont eux mêmes contenus dans des enveloppes cartilagineuses; et ce qui indique un appareil de l’ouïe plus complet , c’est que cette cavité distincte, remplie d’un fluide aqueux, communique

DANS- LES LOISSONS.

jusqu’à un certain point avec l’extérieur au moyen d’un orifice ovalaire percé à la partie su[iéricure et postérieure du crâne. La peau qui passe dessus celte espèce d’orifice vestibuluire ou de fenêtre ovale n’a cependant éprouvé aucune modification.

Quant à la matière déposée dans l’humeur du vestibule et du sac, elle prend à peine une figure déterminée, et dans les tnasses qu’elle forme il entre une si grande quantité de matière gélatineuse et nerveuse , qu’elles sont presque pulpeuses.

Les lamproies qui appartiennent à cette sous-classe diffèrent beaucoup des poissons qu’elle renferme, et de tous les poissons en général, puisqu’elles n’ont plus de canaux semi - circulaires , comme nous allons le voir dans l’étude spéciale d’un certain nombre de poissons choisis dans les familles principales.

Parmi les tétrapodes abdominaux :

Le brochet a le vestibule grand, et peu ou point distinct du sac dont le sinus postérieur est fort petit et peu distinct. Il n’y a presque que deux sinus d’ouverture des canaux dans le vestibule, parce que le canal commun des deux veiticaux , après avoir reçu l’extrémité postérieure du canal horizontal, se divise en deux branches qui vont, l’une à l’ampoule antérieure, et l’autre à la postérieure. Je suis cependant plus certain de la branche antérieure que de la postérieure. Mais ce qui jusqu’ici n’a été observé que dans ce poisson, c’est qu’il se joint à l’ampoule du canal horizontal postérieur une petite poche ronde de même structure , as-sez longuement pédonculée, et qui se porte en arrière à l’origine du canal vertébral. La pierre antérieure du sac est assez grande et ovale ; la postérieure est au contraire petite et semi-lunaire : celle de l’ampoule antérieure est encore plus petite et ronde.

Les saumons ont l’appareil de l’ouïe en général peu déve-

Dififéren'æs

spéciales.

Brochet.

Saumons..

Clupe'es.

Cyprins.

jTdG de l’aPPAUEIE DK k’ouïk

loppé , et pre-sque cumplélemenl séparé de la cavité cérébrale par une cloison membraneuse. Le vestibule, assez distinct, communique largement avec le sac. Celui-ci est petit. Les canaux semi-circulaires , de l’orme ordinaire, sont presque entièrement inter-osseux. La pierre antérieure du sac a une lorme caractéristique de ce genre. Pointue en avant, son bord inlérieur est convexe, tranchant, et le supérieur a une sorte d’oreille ou de dilatation au itiilieu de sa longueur. Les autres pierres sont peine cartilagineuses.

Les dupées ont une oreille interne toute particulière. Le vestibule proprement dit est petit, arrondi, et peu distinct du sac qui se termine en arrière par un sinus occipital assez allongé; mais ce qu’il offre de plus singulier, c’est qu’en avant il communique gar un orifice semi-lunaire fort étroit dans une p«cbe globuleuse. Cette poche , qui renferme un prolongement de l’humeur gélatineuse du sac, est contenue dans un renflement osseux, huileux, qui saille à la partie inférieure du crâne ,de manière à ressembler un peu à la caisse du tympan de quelques mammifères. Dans l’alose, cette poche est unique, mais dans le hareng elle communique en arrière pur un canal fort étroit avec une autre petite poche semblable? qui elle-même se prolonge postérieurement en un appendice cylindro’ide, terminé en cul-de-sac. Les canaux semi-circulaires sont fort gros, en grande partie inter-osseux. Ils offrent aussi cette singularité que le système d’un côté communique avec celui de l’autre par deux canaux transverses placés sous le cerveau ; l’un en arrière enti e les canaux verticaux postérieurs, et l’autre en avant entre les antérieurs.

Les carpes ont au contraire le vestibule séparé du sac, et ne s’y réunissant que par un rétrécissement bien maKjué. Le premier est fort petit, aussi les os du crâne n’offrent qu une légère dépression pour le recevoir. Le sac, assez grand , présente cela de remarquable qu’il est presque entièrement

^ ' DANS LES rOISSONS. 557

caché daiLS une excavation des os basilaires dont l’orifice est 'J très-étroit, et qu’il se prolonge en arrière dans un sinus qui ' s’étend jusqu’au bord postérieur et supérieur de- l’occipital ; I mais comme la cloison médiane qui sépare l’excavation infé- I rieure basilaire d’un côté de celle de l’autre, ne se prolonge j pas dans l’étendue du sinus, il en résulte que celui-ci est |( commun aux deux oreilles. Les canaux semi-circulaires sont I longs , surtout l’horizontal , mais extrêmement grêles : le vertical postérieur et l’horizontal sont les seuls inter-osseux. Les i pierres ont aussi une forme particulière. L’antérieure du sac

I petite, étroite, un peu courbe, et placée obliquement, a une extrémité arrondie dans le sac osseux, et l’autre dans le membraneux; la postérieure est plus grande, plate, ronde, et dentelée en arrière.

I Les silures, qui forment une famille si distincte parmi les

I poissons abdominaux, n’offrent cependant rien de bien par-^ ticulier dans la disposition de leur appareil de l’ouïe : c’est j avec les carpes qu'ils ont le plus d’analogie. Le sac a un sinus occipital assez distinct, et il est contenu dans une cavité osseuse, à orifice très-étroit, comme dans celles-ci. La pierre antérieure est aussi fort étroite, allongée, et son excavat'eon supérieure est partagée en deux parties par une lame verticale. La pierre postérieure est au contraire presque ronde ; elle est un peu échancrée à l’une de ses extrémités. Quant é celle du sinus antérieur du vestibule, elle est fort mince et irrégulièrement carrée.

Les cobites ont aussi quelque chose de ce qui existe dans «es carpes, le sac étant également séparé du vestibule par un rétrécissement sensible ; mais les canaux semi-cii culaires diffèrent un peu, surtout parce qu’il n’y a pas de canal commun pour les deux verticaux, et qu’aucun n’est inter-osseux. Du reste les pierres ont dans leur forme beaucoup d’analogie avec celles des carpes : ainsi l’antérieure du sac est styliforme; la postérieure est presque ronde; mais elle est plus petite

Silures

Cobites

Exocets.

Perches,

S pares.

Scombres.

558 DE l’a PPA UE IL DE l’oDÏE

que celle du Yeslibiile qui a ù peu près la même Corme , et qui est la jtlus grande des trois.

Les exocets , chez lesquels on pouvait concevoir quelque.^ différences dans l’organe de l’ouïe, à cause de la faculté dont ils jouissent de sortir momentanément de l’eau, ne m’ont offert rien de remarquable; les canaux, qui ont la disposition la plus ordinaire, sont cejtendant presque tous les trois horizontaux ù cause de la (orme du ci’ttne. La pierre antérieure du sac, qui est ovale , est très-courbe , dentelée sur un de ses bords , et avec un sillon dorsal profond ! les autres sont gélatineuses.

Parmi les tétrapodes thoraciques :

Les perches ont l’appareil assez petit; le vestibule non distinct du sac a son prolongement occipital assez allongé; les canaux ont la disposition ordinaire, les ampoules étant peu renflées, et le canal commun fort long; la pierre antérieure du sac est très-grande, très-convexe en dessous et en dehors, concave sur l’autre côté, son bord interne étant irrégulièrement dentelé.

Les spares ne diffèrent de ce que nous venons de dire des perches que par des nuances; le vestibule est également confondu avec le sac; celui-ci est divisé en deux loges bien distinctes ; la pierre antérieure est très-grande ; la postérieure est au contraire extrêmement petite, mince et irrégulière.

Les scombres ne diffèrent guère des genres de ce groupe que par la forme des pierres. Le sinus postérieur du sac en est cependant séparé par un rétrécissement en forme de canal. Le canal commun est beaucoup plus grêle que dans aucune autre famille. La pierre antérieure du sac est peu allongée, foitement dentelée à son bord externe, avec un sillon longitudinal é son bord concave. La postérieure est terminée en arrière par trois ou quatre dents très-pointues.

Les trigles ont l’appareil de l’ouïe en général peu déve-

Tfrigles. '

BANS LES POISSONS. 55g

llojipé, et séparé de la cavité cérébrale par une cloison inem- Ibraneuse fort mince, mais presque coiDpléte. Le vestibule est ovale et petit, assez distinct du sac qui est aussi peu 1 i allongé; les canaux sont aussi Tort petits. Les deux pierres I du sac sont presque rondes. L’antérieure, la plus grande, est profondément entaillée et dentelée sur un de ses bords; la postérieure a une entaille plus large, et son bord est 1 entier.

En général dans cet ordre de poissons qui renferme presque 1 tous les acanthoptérygiens, les différences ne portent que [ sur un peu plus ou moins de longueur dans les canaux semi- 1 circulaires, et surtout sur la forme des pierres du sac, et

i entre autres de l’antérieure qui est toujours la plus grosse ;

mais ces différences, qui sont presque spécifiques, ne pour- I raient être exposées d’une manière claire que par des figures ► ou par des descriptions fort longues, dont l’ennui ne serait s compensé par presque aucune utilité, ce qui doit nous déter- I miner aisément à les passer sous silence.

Parmi les tétrapodes jugulaires :

Le turbot , de la bîmille des pleuronectes , a une oreille mé- I diocre, et fort rapprochée delà ligne médiane, au point que la I cloison osseuse qui sépare les sacs est percée d’un trou ovale.

I Le vestibule proprement dit est petit, très-allongé, et sus- I pendu au milieu d’une grande cavité des os du crâne, séparée cependant du cerveau, par une cloison membraneuse assez i complète. Les canaux sont très-grêles. Le sac est grand , fort développé en arrière; sa pierre antérieure est ovale, peu allongée, peu dentelée, et comme tronquée en arrière où elle correspond à la postérieure qui est semi-lunaire et peu dure.

Les gades ont le vestibule entièrement confondu avec le sac qui est fort grand, très-allongé, ce qu’indique le renflement inférieur de l’os basilaire. Les sinus des canaux semi-circulaires, en grande partie inter-osseux, sont fort

Pleuronectes-.

Gades.

Congre.

Ariguiile.

Opliidie.

5Go DE r/ArPAllEIL DE l’oeïe

rapprochés. La pierre antérieure du sac est très -grande allongée, pointue en arrière; ses bords sont entiers, tranchans; elle occupe toute la longueur du sac, au point qu’il m’a été impossible de trouver trace de la postérieure, du moins dans le merlan, car dans la merluche il n’en est pas ainsi, La pierre antérieure est en effet plus courte , plus ovale et plus épaisse ; en arrière d’elle se trouve un grand sinus creusé dans l’os basilaire, et qui est entièremen.t rempli par une masse gélatineuse ovale. La pierre postérieure est tout près de l’ampoule de ce côté; elle est très-mince et en forme de selle irrégulière : celle de l’ampoule antérieure est circulaire.

Parmi les dipodes :

Le congre a l’organe de l’ouïe fort peu développé ; le vestibule très-allongé , horizontal, communique avec le sac par un pédicule court et assez large. Le canal commun des canaux verticaux est également court et fort large; il n’y a que l’horizontal qui soit inter-osseux. Le sac, de forme ovale, se termine en arrière par un petit renflement sub-pédiculé , comprimé et semi-lunaire comme la très-petite pierre assez molle qu’il contient : celle du sinus antérieur du vestibule est plus grande et plus dure. Quant à l’antérieure du sac, elle est ovale, à bords entiers.

L’anguille ordinaire a le canal commun beaucoup plus long, et les canaux verticaux très-supérieurs ; l’horizontal est le plus court.

Dans l’ophidie barbue, le sac est si grand que le système osseux qui sépare les deux cavités basilaires est incomplet dans une partie de son étendue ; aussi la pierre antérieure en est-elle également fort grande.

Je n’ai pas disséqué l’organe de l’ouïe d’espèces de poissons véritablement apodes : je ne connais aucun auteur qui en ait parlé.

Je connais également fort peu cet appareil dans les pois*

DANS LES POISSONS. 56l

sons de la section des liétérodermes. Je rappellerai l’observalion que dans ce groupe les dépôts crétacés des humeurs de l’oreille sont moins solides, moins calcaires , que dans la section précédente.

Dans la baudroie, l’oreille interne est en général fort développée, et non séparée de la cavité cérébrale ; le vestibule est entièrement confondu avec le sac, qui est assez étendu; les canaux semi-circulaires sont fort longs; le canal commun est très-court, avec une ampoule à la terminaison du canal vertical postérieur. Les pierres du sac sont petites, proportionnellement à sa grandeur; l’antérieure est ovale, et assez régulièrement dentée à son bord supérieur ; la postérieure, beaucoup plus petite, est assez irrégulière.

D’après ce que MM. Cuvier et Duméril disent d’une espèce de tétraodon, le letraoclon mola , le vestibule n’est pas séparé du sac, et celui-ci est simple; il ne contient pas de véritable pierre, mais une masse plus muqueuse que crétacée. Les canaux semi-circulaires sont grêles, fort longs, presque entièrement libres, et presque complètement circulaires.

Dans la sous-classe des poissons dermodoutes, ou cartilagineux :

L’esturgeon a encore le caractère principal de ceux de la sous-classe précédente, en ce que le labyrinthe est contenu dans une excavation latérale de la cavité cérébrale, sans en être séparé que par une cloison fibreuse incomplète ; il est en général fort grand, quoique beaucoup moins que la loge qui le contient; le vestibule est peu distinct du sac, qui est plus court que lui, et divisé en deux poches presque égalés ; les canaux semi-circulaires se réunissent, par trois sinus infundibuliformes considérables, au vestibule dont ceux-ci ont la structure. Les deux verticaux se terminent chacun par leur extrémité interne au sinus médian. Il n’y a de véritable pierre que l’antérieure du sac, qui est grande, convexe d’un

Dniidroie.

Dans les P.

derniodonles

EstHrgeon.

55^ DE LAIM'AREIL J)E l’ouÏE

côlé, et concave de raulre : les doux autres sont presquè gélatineuses, surtout celle du vestibule.

ciiinuics. Les chimères, autant que j’ai pu le voir sur un assez petit individu conservé depuis long -temps dans l’alcohol, se rapprochent déjà davantage des sélaques, en ce que la cavité auditive commence à se séparer de celle qui contient le cerveau ; en eflét elle ne communique avec celle-ci que par un orifice médiocre fermé par une membrane, et qu ’occupe en grande partie le nerf acoustique ; elle fait de chaque côté de la tête un renflement assez considérable : les canaux semi-circulaires, disposés comme dans les squales, sont en très-grande partie renfermés dans les parois cartilagineuses.

Squales. Lcs squales offrent une disposition nouvelle, non-seulement en ce que tout l’appareil est entièrement contenu dans une cavité séparée de celle du cerveau, mais en outre parce que cette cavité, creusée dans les parois cartilagineuses du crâne, et toujours beaucoup plus large que les parties qui composent le vestibule, tend à communiquer avec l’extérieur par un orifice ovale, situé à peu de distance de la ligne médiane sur l’occiput. Cet orifice n’est pas fermé par une membrane particulière; mais la peau qui passe dessus adhère fortement dans toute sa surface, et ne diffère nullement de ce qu’elle est dans le reste du corps (ij. Le vestibule, le sac et

(i) J’ai très-bien vu dans le squale milaodre, outre l’espèce d’ouverture ovale sous-cutanée qui pénètre dans la cavité cartilagineuse du labyrinthe, un orifice beaucoup plus petit, et percé évidenimeut à la surface de la peau, et par con.séquent n’étant recouvert par aucune membrane. Cette espèce de pore, situé immédiatement en avant de l’ouverture cartilagineuse, donne dans un canal sous cutané un peu tortueux ; celui-ci se renfle d’abord, du moins à l’extérieur, se rétrécit ensuite , puis s’enfonce dans le crâne. Communique-t-il avec le vestibule , comme pense M. Weber que cela a lieu dans les raies, où ce canal a plusieurs ouvertures extérieures ? c’est ce que nous ne pouvons assurer. Nous sommes plus porté à croire que ce canal appartient au système lacunaire.

même les cnnanx seini-circnlaircs ressemblent du reste presque tout-à-fait à ces mêmes parties dans l’esturgeon. Le sac a cependant un sinus antérieur plus distinct; les ampoules sont aussi plus sphériques, et l’extrémité postérieure du canal horizontal se réunit davantage au canal coimiiun des deux verticaux. En outre la matière crétacée, partagée tonj(jurs en trois masses, est beaucoup moins condensée, beaucoup plus molle que dans les esturgeons, et tout-à-lait semblable à ce qui existe dans les raies ; elle est à l’état pultacé.

Les scies , les rhinobates , et même les squatines, ont sans doute l’appareil auditif des véritables raies ; cela est du moins certain pour les dernières. Nous allons le décrire dans celles-ci.

Les raies sont dans le cas des squales ; le labyrinthe est contenu dans une enveloppe cartilagineuse beaucoup plus large que lui, et dans laquelle il est retenu par des filamens cellulaires qui passent de l’un à l’autre. On trouve également l’oriûce occipital communiquant avec cette cavité , et recouvert par la peau ; mais les parties du labyrinthe sont un peu autrement disposées : le vestibule, très-grand, sub-qiiarlrilatère , comprimé, est suspendu un peu obliquement dans la cavité cartilagineuse ; le sac n’en est pas séparé d’une manière évidente; il a en avant une petite loge distincte, arrondie, et en arrière une autre plus petite et conique. Les canaux semi-circulaires sont grands, et forment beaucoup plus qu’un demi-cercle; les deux verticaux, qui se dirigent obliqueraont l’un vers l’autre par leur extrémité interne, ne se réunissent pas en un canal commun, mais se prolongent et se recourbent, l’un en avant, et l’autre en arrière, de manière à ce que l’orifice distinct de cette extrémité dans le vestibule est fort rapproché de celui de l’autre qui est ampullacé ; il en résulte presque que les canaux sont complètement circulaires, un peu plus encore peut-être que dans les squales. Le canal horizontal ou externe est aussi presque

Baies.

linproics,

lyxiné.

5(>4 DE l’aI’I-AUEIL de l’oLÏE

circulaire; né en avant par une ampoule intermédiaire à celle du canal antérieur et au sinus du sac, il se porte horizontalement en dehors dans les parois du crûne, se recourbe ensuite dans la cavité cartilagineuse, revient en avant, et se termine dans la branche postérieure du canal vertical antérieur. On trouve du reste que le sac contie;)t, comme dans les squales, trois masses crétacées fort molles; l’une en avant, la plus petite, ronde et pulpeuse ; une au milieu, beaucoup plus grosse, ovale, recourbée et un peu plus ferme; et enfin la troisième en arrière, conique ou arrondie. J’ai trouvé dans une très-grande raie batys, en dehors de la masse crétacée médiane, une véritable pierre, petite, ovalaire, mince, dentelée sur un de ses bords, et translucide.

Il est probable que l’organe de l’ouïe doit dilïérer un peu dans chaque petite section générique de cette famille; mais d’après ce que j’ai vu des raies ordinaires, des pastenagues et des torpilles, ces différences sont peu considérables.

Les lamproies nous offrent subitement une oreille beaucoup plus simple que tous les autres poissons. Le labyrinthe est encore contenu dans une loge particulière creusée dans les parois du ciTine , à peu près comme dans les autres dermodontes, avec cette différence qu’une partie de la cloison interne est membraneuse, comme dans les chimères : cette cavité ovale est entièrement tapissée par un vestibule à peine divisé en deux ou trois loges par des replis membraneux, et qui n’offre aucune trace de sao proprement dit, ni même de canaux semi-circulaires. Sa surface interne est revêtue par une masse pulpeuse, formée en grande partie par le nerf auditif, mais sans trace de matière crétacée.

La myxiné ne ressemb'e pas complètement à la lamproie sous ce rapport. Cbaque partie latérale et inférieure du crâne offre une saillie ovale, dure, sub-osseuse, à la surface de laquelle s’attachent les muscles vertébraux; elle se recourbe en dessous jusqu’à la ligne médiane , où elle se

DANS lÆS POISSONS.

continue avec celle du côté opposé ; excavée du côté du Cl Ane , la paroi est pleine, et n’est percée que par un trèspetit trou pour l’entrée du nerf acoustique. Cette saillie e^t creuse dans tonte son étendue. A sa partie antérieure et supérieure est un vestibule membraneux ovale, contenant la matière pulpeuse; il se recourbe en arrière dans une sorte \ de sac qui tourne autour d’un axe solide qui passe d’un côté à l’autre de la cavité ; mais ce sac ne contient pas de pulpe.

Je n’ai pu voir aucune trace de canaux semi-circulaires.

Article II.

De V organe et de l’appareil cntomozoaires.

de l’ouïe dans les

L’histoire naturelle de plusieurs animaux qui entrent dans les premières classes de ce type ne permet pas de douter qu’ils ne jouissent de la faculté d’entendre, puisqu’en effet chez eux les sexes sont constamment séparés, et que certaines espèces se réunissent en société; mais les recherches les plus minutieuses des anatomistes n’ont fait découvrir d’une manière à peu près certaine l’appareil de cette fonction que dans un groupe assez peu considérable, celui des décapodes ou crustacés. Il est bien vrai que Gomparetti, dans son ouvrage ex projesso sur la structure de l’oreille des animaux , a décrit l’oigane de l’ouïe dans un assez grand nombre d’insectes hexapodes ; mais ses descriptions sont si incomplètes et si obscures, que personne n’a encore vérifié sa découverte. On doit cependant convenir que la place qu’il assigne à cet organe dans la cavité du crâne, en arrière et sous les parties latérales du cerveau , se trouve assez bien concorder avec ce que demanderait l’analogie. La structure même qu’il lui reconnaît, en disant qu’il est composé de chaque côté d’un petit sac oblong, et de canaux pellucides , curvilignes , flexueux , auxquels se mêlent des filamens blancs et nci^ veux , concorde aussi assez bien avec ce que nous connaissons

i .il' H.

DE l’a ri’A I\ EIL DE l’ouÏE

lifTiircnccs

d:itis

hexapodes.

de Ci‘l appareil en général, surtout s’il était certain qu’il s’ouvi'ît par un petit orifice ovalaire fermé par une membrane , et situé ci la partie postérieure de la tête , comme il le dit des libellules; mais malheureusement Comparetti est le seul anatomiste qui ait rapporté ce fait. J’ai essayé plusieurs fois d’éclaircir ce point intéressant de l’anatomie des entoraozoaircs, sans arriver à un résultat positif quelconque. Je me suis cependant assuré que dans les cigales, qui jouissent indubitablement de l’audition, et chez lesquelles par conséquent on peut espérer davantage d’en découvrir l’organe, il existe réellement , de chaque côté de l’enveloppe cornée de la partie postérieure de la tête, un très-petit orifice ovale, étroit, ressemblant à un stigmate, et cjui m’a semblé conduire é un petit sac intérieur. Est-ce l’organe de l’ouïe? est-ce un véritable stigmate d’où sortirait une trachée ? c’est ce que je n’oserais décider. Peut-être pourrait-on réunir les deux idées, et admettre que la trachée du dernier anneau céphalique, en se bornant à n’être plus qu’une vésicule qui recevrait un nerf spécial, s’est convertie en un organe de l’ouïe; mais c’est une pure hypothèse qui a besoin de confirmation. La place de l’organe de l’ouïe , tel qu’on l’admet dans les décapodes, ne semble cependant pas favorable à cette opinion , à moins que de penser qu’il a été déplacé , parce que ce sont des animaux aquatiques, et qui n’ont plus de trachées, ce qui répugnerait au principe que nous pouvons établir d’après les animaux vertébrés, que la nature du fluide ambiant ne change jamais laposition .de l’organe.

Mais sans nous arrêter plus long-temps à ces considérations générales , entrons dans quelques détails sur ce que l’on propose sur l’organe de l’ouïe dans les entomozoaires.

Ce que je vais dire des hexapodes est entièrement extrait de Comparetti : quoiqu’il soit très-prohahle qu’il a pu se tromper, il est bon que l’on s’occupe par la suite d’examiner la vérité ou la fausseté de ses observations.

DANS LES ENTOMOZOAlKES. 56^

Dans les coléoplères , l’organe de l’ouïe se trouve caché dans la cavité céphalique sous les parties latérales du cerveau ; il est tonné par un petit sac.

Parmi les orthoptères , la grande sauterelle verte que Comparetti prend pour exemple a pour oreille un petit sac oblong, avec des canaux pellucidcs recourbés sur eux-mêmes, auxquels se mêlent des filameus blancs et une mucosité nerveuse.

Les cigales, parmi les hémiptères, ont aussi un petit sac qui paraît réticulé , surtout quand il est sec, avec des canaux pellucides dans lesquels rampent des filets nerveux qui s’épanouissent dans le sac. 11 part de celui-ci un canal membraneux assez ample, qui s’ouvre par une lente lermée par une membrane avant la racine des ailes.

Les libellules , parmi les névroptères , ont , dit Comparetti , sur l’opercule frontal, et de chaque coté, une très-petite ouverture fermée dans son fond par une membrane trèsmince ; en la perçant on arrive à un petit sac, qui est l’organe acoustique; et cependant il décrit plus loin comme tels des organes qui semblent n’ôtre autre chose que des glandes salivaires.

Pour les lépidoptères, il se borne à dire qu’il y a dans la tête de petits sacs en rapport avec des nerfs.

C’est à peu de chose près ce qu’il dit également des bourdons et des fourmis parmi les hyménoptères, et des mouches pour les diptères.

Dans les araignées de la classe des octopodes , Comparetti parle d’une petite facette transparente située à la racine des palpes, et fermée comme une fenêtre. A travers cette membrane transparente il a pu voir dans la cavité cérébrale des filamens arqués qui se terminaient à de petits sacs inférieurs.

Ce que l’on regarde généralement comme l’organe de l’ouïe dans les décapodes est beaucoup mieux connu depuis long-temps. Situé à la partie iuférieure de la première arti-

Dnns

les octopodes.

Dans

les décapodes.

DE l’a P P A RE fL DE l’o U 1 E

cnlalion delà seconde paire d’anlennes , ce qui constitue réellement Ja troisième paire d’appendices de la tête, il est composé d un petit sac ou vestibule ovale j Cormé par une membrane mince, de couleur blanche, et rempli d’un fluide aqueux , dans lequel pénétré un nerf auditif extrêmement fin. Son oi’ificc extérieur est appliqué contre une membrane ronde, épaisse, l)lancbe, qui bouche une ouverture de même forme percée à la partie postérieure d’une sorte de petit tubercule de l’enveloppe crustacée.

Cette description convient ayx décapodes astacoïdes , et même aux squilles; je n’ai pu rien voir de semblable dans les cancroïdes.

Dans les autres classes des entomozoaircs , l’observation concourt avec l’analogie pour faire admettre qu’il n’y a plus d’organe spécial d’audition.

Article IIÎ. De l’organe et de l’appareil de l’audition dans

les malacozoaires .

msiJêr.nlions

gfincra'es,

•érialps , dans sW. lirncliioccphalés.

C’est dans ce tyjie, et même de bonne heure, que cet organe cesse pour ainsi dire tout à coup, ce qui se trouve en rapport avec l’observation que la plus grande partie des mollusques sont complètement sourds. Aussi est-ce dans ce type que nous verrons les sexes se réunir sur le même individu , et même le véritable hermaphrodisme suiflsant devenir commun à une classe tout entière. C’est aussi dans ce type que nous verrons cesser entièrement toute apparence de société, ou de réunion d’individus pour un hut commun: le sens de l’ouïe devenait donc inutile. .

Ce n’est en effet que dans la première classe de ce type, et seulement dans la première famille, c’est-i\-dire dans les brachiocéphalés , que l’on trouve un organe de l’ouïe : comme dans le type précédent , il est à peu près réduit à sa partie essentielle; mais comme ce sont des animaux

encore plus éminemment aquatiques que les décapodes , leur organe de l’ouïe a quelque chose de celui des poissons ; il est en effet profond, tout-à-fait intérieur, et sans communication immédiate avec le fluide ambiant. Sa position est aussi plus normale que dans les crustacés, puisqu’il est à la partie inférieure et postérieure de la tête, comme dans le type des osléozoaires. Le petit sac qui constitue cet organe, ou le vestibule , est ovale et formé par une membrane fort mince, qui n’est percée qu’en arrière pour le passage du système nerveux et vasculaire; elle est remplie par une humeur aqueuse, dans laquelle se trouve déposée une petite masse crétacée, sub -ovale et adhérente à la partie supérieure et postérieure du sac. Ce vestibule est entièrement renfermé dans une cavité plus grande que lui , et qui est creusée assez près de la ligne médiane dans la partie inférieure dç l’anneau cartilagineux qui sert d’appui aux muscles des tentacules céphaliques. L’intervalle qui sépare la membrane du vestibule, de la cavité cartilagineuse, est rempli de filamens celluleux qui passent de l’un i\ l’autre , et d’un fluide aqueux.

Il paraît que l’on observe quelques diûerences dans la forme de la cavité cartilagineuse, surtout dans la disposition delà partie crétacée de l'humeur interne du vestibule des brachiocéphalés, et que celle-ci est plus molle dans les poulpes que dans les sèches et les calmars; mais elles sont trop peu considérables pour mériter d’être décrites.

Quoiqu’il soit possible de concevoir qu’il existât encore un organe de l’ouïe dans les autres malacozoaires dioïques, j’avoue n’en avoir jamais trouvé jusqu’ici aucun indice , et je ne connais aucun auteur qui en ait fait mention.

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