‹ De l'organisation des animaux, ou, Principes d'anatomie comparée [electronic resource]Chapitre 8 sur 68 · DES DIVERSES SORTES · texte numérisé non relu

DES DIVERSES SORTES

dans leur combinaison en appareils, et surtout comme concourant à un meme but, à telle ou telle fonction. Elle s’aide de tous les moyens accessoires que lui fournissent la chimie, la physique, la mécanique et même l’anatomie de quelques animaux, pour arriver à l’explication des phénomènes. Mais, en se bornant à l’étude d’un seul animal , il est évident que les explications qu’elle fournit à la physiologie, quelquefois en apparence plus satisfaisantes, mais réellement toujours incomplètes, peuvent être souvent et aisément infirmées.

La cinquième espèce d’anatomie est celle que je désignerai sous le nom de zoologique , ou d’anatomie des animaux. Beaucoup moins importante que les trois précédentes, si l’on met avec raison l’application immédiate au mieuxêtre de l’homme avant la science même; mais aussi elle devient bien plus étendue et d’une tout autre difficulté, puisqu’elle embrasse la totalité de la série animale. Quoique obligée de pénétrer dans les profondeurs de l’organisation, elle se borne presque à constater la présence de tel ou tel organe , à en considérer la forme générale dans des groupes circonscrits. Son but est la disposition naturelle des animaux, ou leur groupement d’après l’ensemble de leur organisation ; mais elle s’inquiète peu de l’analogie qu'il pourrait y avoir entre des organes appartenant à des classes très-différentes. Elle est réellement la base de la zoologie; cependant elle ne suffit pas, comme nous le verrons lorsqu’il sera question de cette science. C’est dans les ouvrages de Pallas que l’on trouve le premier modèle de celte espèce d’anatomie.

Enfin la sixième et dernière, car, comme il a etc dit plus haut, l’anatomie pathologique appartient à la troisième espèce, est de beaucoup la plus étendue et la plus difficile; c'esiV anatomie philosophique, que l’on doit soigneusement distinguer de l’anatomie des animaux ou de la précédente. On pourrait peut-être mieux la définir par la dénomination d'anatomie transcendante. La plus profonde de toutes, sans

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s’arrêter à des détails minutieux sur la forme , sur la situation et même sur les usages définis ou locaux des organes et des appareils, elle généralise tout, elle s’élève des fiiits aux abstractions, c’est-à-dire du posteriori au priori, et descend de celui-ci à celui-là. Le plus ou moins grand degré de développement d’un organe est pour elle peu important, mais bien son existence, ses connexions. Elle cherche à rendre compte de la composition croissante ou décroissante des animaux; elle suit un organe à travers toutes les variations qu’il a pu éprouver, et le reconnaît à quelques traits généraux, comme à cc’ux de connexion et d’usage.

Son but principal est réellement la physiologie, ou l’explication des phénomènes de la vie par l’application des lois générales de la nature.

Ce sont ces deux dernières espèces d’anatomie, l’anatomie zoologique et l’anatomie philosophique réunies sous la dénomination à' anatomie comparée, qui doivent faire le sujet de la première partie de cet ouvrage. La manière dont nous l’avons conçue nous permettra dans un espace assez peu étendu , vu l’immensité du sujet, de mettre des lecteurs attentifs en état de comprendre les principes généraux de la physiologie, que nous en séparons à dessein, et dont nous traiterons dans une partie distincte ainsi que ceux de la zoologie, et de conserver dans la mémoire ce qui y sera entré par le raisonnement.

Le but de ces principes d’anatomie comparée est donc de faire sentir ce que c’est que la physiologie considérée d’une manière générale et applicable à tous les animaux, les rapports des lois de la vie avec les lois générales qui régissent tous les corps de la nature, et jusqu’à quel point nous pouvons en espérer l’explication. Elle doit aussi servir à établir les principes de la zoologie sur des bases fixes, immuables, et par conséquent à la transformer en science, en montrant évidemment que ce n’est pas une simple nomenclature.

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De l'ordre à suivre.

6 DE l’ordre a suivre.

comme le pensent encore quelques esprits élevés; enfin on pourrait aussi la regarder comme la base d’une histoire naturelle et générale des animaux, ainsi que celle d’une pathologie générale.

Les moyens de cette anatomie comparée sont essentiellement l’anatomie intuitive des animaux, la comparaison des organes dont ils se composent étudiés dans les accroissemens et les dégradations déterminés par l’3ge et en rapport avec la place de ces animaux dans la série, considérée presque comme un tout.

Son importance est évidente, si, comme il n’est guère permis d’en douter, la véritable philosophie, la psychologie et toutes les sciences qui en dépendent ne peuvent trouver de base un peu solide que dans la physiologie générale ; et s’il est vrai qu’une bonne disposition générale des animaux doive être telle qu’elle permette d’appliquer la voie d’induction et d’analogie, et de juger de la nature d’un animal inconnu par sa place auprès d’un animal connu, il est évident que l’étude de l’organisation qui détermine cette nature ou les mœurs, les habitudes, les qualités, doit être d’une valeur irrécusable, puisque par ce moyen il sera possible de connaître Cl priori les qualités utiles ou nuisibles d’une espèce , et par suite les moyens que l’homme doit employer pour la propager ou la détruire.

§ 2. L’ordre à suivre dans une étude quelconque n’étant pas aussi indifférent que quelques personnes pourraient le croire, il ne sera pas inutile de rechercher, avant que d’aller plus loin, quel est celui que nous adopterons dans cette étude fondamentale et rapide de l’organisation des animaux. Commencerons-nous par une extrémité de la série qu’ils forment, ou par l’autre ? Ceux qui admettent que la méthode analytique doit être préférée dans toute espèce d’enseignement, penseront sans’ doute que nous devrions commencer par les êtres les plus simples , les moins compliqués , d’après

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