DJÏS ÉLÉMENS DES ANIMAUX
le principe qu’il est plus aisé de connaître une machine l'ormée d’un petit nombre de rouages que celle qiii en renferme une grande quantité. Mais, comme dans les machines animales il nous est tout aussi difiicile , ou peut-être mieux encore , tout aussi impossible de concevoir la vie dans la plus simple que dans la plus compliquée; bien plus, comme ce n’est souvent que par analogie que nous pouvons juger des fonctions d’un organe, c’est-à-dire parce que nous savons que nous le possédons comme le cadavre que nous venons de disséquer, et qu’il sert chez nous à tel ou tel usage ; il nous semble à la fois plus naturel, plus logique et plus instructif de commencer par la tête de la série , par l’être le plus compliqué, ou l’homme, afin de marcher autant que possible, du moins dans ces sortes de recherches, du connu à l’inconnu, en nous aidant avec art de la voie de l’analogie et de l’induction. Nous étudierons donc toutes les parties de l’organisation en suivant la dégradation animale; mais cependant, pour ne pas perdre entièrement l’avantage de la méthode inverse, dans nos considérations générales sur chaque appareil et sur chaque fonction, nous en ferons une analyse rapide en marchant du simple au composé.
§ 5. Tout corps vivant peut être analysé dans son organisation de trois manières concourant au même but : i“ par le scalpel ou l’intuition directe : c’est la méthode la plus usitée; 2° par l’âge, c’est-à-dire en étudiant avec soin les dilférens états par lesquels un animal passe depuis le premier instant de sa formation jusqu’à celui de sa destruction; 3“ enfin par la considération de la place qu’il occupe dans la série animale , envisagée pour ainsi dire alors comme un seul animal dont un degré de développement correspondrait à un degré d’organisation.
Quel que soit celui de ces trois moyens analytiques que l’on emploie pour connaître la structure des animaux, il est aisé de se convaincre que l’élément principal le plus généra-
Analyse des corps orgauisés animaux.
Eldment générateur , ou tissu cellulaire.
Des moJiScalions de cel élément générateur ou des principaux tissus ou systèmes.
Système dermique.
8 DES ÉLÉxMENS,
lemenl répandu et peut-être l’unique est le tissu cellulaire , appelé par quelques auteurs aréolave, laminaire, muqueux , corps crihleux , etc. , et qui n’est autre chose qu’un composé de fîlamens extrêmement fins, blanchâtres, élastiques, entrelacés, enchevêtrés dans tous les sens, et formant ainsi des aréoles , des vacuoles de forme et de grandeur très-différentes , dans lesquelles peuvent se déposer des fluides de nature également diverse.
Ses propriétés principales sont : i® V élasticité , propriété physique généralement répandue; l'^Vliygi'ométricité , c’est-à-, dire la faculté d’absorber une plus ou moins grande quantité du fluide au milieu duquel elle est plongée ; c’est un effet dépendant de la capillarité qui n’est elle-même qu’un simple phénomène d’attraction moléculaire, et dont nous verrons naître l’absorption et la circulation des fluides; 3“ une autre de ses propriétés , qui dérive très-probablement des deux premières, est la possibilité d’être raccourcie ou contractée très-faiblement sans doute par l’action des agens extérieurs ; ce qui donne naissance à la contractilité de tissu ou organique, qui par degrés arrivera à celle que nous connaîtrons sous le nom de contractilité animale.
Mais, pour jouir de cette dernière propriété au plus haut degré, la fibre élémentaire ou l’élément générateur éprouve une modification remarquable dont nous allons parler tout ù l’heure. Voyons auparavant comment, sans changer beaucoup de nature, si ce n’est peut-être dans la disposition de ses parties, il produit certaines modifications importantes à connaître.
En se condensant plus ou moins par l’action mécanique et peut-être chimique du fluide ambiantj, le tissu cellulaire forme le derme, partie principale de l’enveloppe extérieure des animaux ou de la peau qui produit elle-même son épiderme ; que les mailles de ce derme se remplissent de fluides^aqueux, muqueux ou graisseux , la peau reste molle ; mais que ce soit