‹ De l'organisation des bibliothèques dans ParisChapitre 30 sur 54 · M. DC. XXIX · texte numérisé non relu

M. DC. XXIX

« Il n'y a rien qui attire d'auantage l'admiration et l'affection des hommes, que les beautez de l'Art et de la Nature. L'artifice d'vn Peintre qui semble forcer la Nature à venir dans ses ouurages, a plus d'appas pour les curieux, que la subtilité et les raisonnemens des Philosophes : et les charmes que l'amour a rencontré dans les desers agréablement affreux , ont attiré les hommes auec plus de facilité que l'Escole du diuin Platon» qui semble auoir familiarisé auec la Diuinité, pour en apprendre les secrets.

» Le désir de voir ces beautez, a fait mespriser aux hommes ce qu'ils auoient de plus cher, et les a poussés à commettre leur vie à l'inconstance de la mer et du hazard. La curiosité leur a donné du mespris pour leur pays, et de l'amour pour les Barbares.

» Tous ont esteinl l'amour de leurs maisons dans le désir de voir les raretez du monde : Il n'y a que le seul Cardinal Mazarin qui semble auoir appelé dans sa maison l'Art et la Nature auec leurs ornemens; et les auoir côtraint de loger dans son Palais : lequel le vous prie de considérer auec moy et toutes ses beautez promptement, de peur que quelque Suisse ne nous chasse et rauisse ses raretez à nos yeux.

» Au premier aspect, ce superbe Palais monstre qu'il ne loge rien que de superbe. Les plus célèbres ingénieurs semblent y auoir laissé toute leur industrie, et l'esprit des plus expérimentez Architectes s'y est perdu auec les richesses de la France ; en sorte que l'on peut dire :

Omnis Mazareis cedat laborasdibus..., Vnum pro cunctis fama loqualur opus.

» Entrons dans le Palais. J'aperçois vn Cadran qui montre qu'il n'y a rien icy plus cher que le temps, puisque la France alloit

Noie 29.

acheter vu million vn seul moment du temps de son Emlnence.

Honteuse » Donnons la liberté de nos yeux à la eunudité de ri0sité qui nous conduit vers vne Sale basse, ",lu s- bien salle à la vérité, car vn grand nombre de Statuës y sont un peu trop au naturel; et la licence de leurs représentations blesse les yeux des spectateurs, et semble leur dire, qu'on descouuroit icy les choses les plus cachées dans la Nature.

» Mais on oste un Tapis qui nous fait voir vne Table autant rare que belle : on la nomme Lapis azurus ; la nacre et l'or enchâssez dans celle pierre si biè polie font ignorer son prix. La variété de ses couleurs rend les regartlans variables dans sa considération, et l'agréable confusion de ses richesses confond leurs regards et leurs esprits.

» Les spectateurs sôt arrachez de cette Sale pour entrer dans vne autre : la curiosité chasse d'icy toute sorte de respects, et rend lesespaces de la porte trop petits. Cette Sale présente premièremêt à nos yeux deux rares Peux ra- Cabinets d'Ebène si belle et si luisante, qu'on uVia C3*k" t'iro'l(lue ce soit vne Slace noire, dont la pubenè bien rel* reçoit nos regards facilement, les conduit ornei. partout et innocemment descouure ses secrets. Plusieurs petits Tableaux enchâssez acheuent la beauté de ces deux Cabinets qui sôt portez par quatre petits Lions de cuiiire si bien doré, qu'il fait hôte à l'or inesnte. Dessus l'vn des ileux vne Licorne de niesme matière que les Lions prëd l'essor auec ses aisles, et par son vol artificiel, semble auoir inspiré à ses admirateurs le désir de voler.

» Nous quittons ces Cabinets et vn grand nombre de Statuës, dont l'artifice et l'antiquité les fait admirer, sans pouuoir les priser pour Table d arrester nos considérations sur vne autre Ta- .naibre8 u,le (lont la beauté fait mespriser celle qui fait lame* en l'ornement de la Sale précédente. Lors que SpUiSSÎ ll0US la considérons, il nous semble voir vn nu corps. ' beau Parterre semé de Fleurs. Il faut aduoiier que l'Art est vn admirable Iardinier, puis qu'il seine le Marbre de Fleurs d'autant de diuerses couleurs, qu'vn Iardin bien cultiué en peut fournir. La diuersité des couleurs du Marbre artificiellement taillé, fait la diuersité des Fleurs. Vne main ingénieuse a contraint la dureté du Marbre de fleurir, et la fermeté niesme de prendre la forme de la fragilité. Les pièces de ce Marbre formées par le travail en Fleurs, ont vn rapport admirable auec le fond de la Table qui est de niesme matière et de couleur noire, pour nous faire paroistre parce doux mélange et combat de contraires couleurs, qu'il faut chercher nostre pl aisir uans la meslée, et que nos Félicitez sortent ries combats.

Ce:ie Sale nous donne l'entrée d'vne

Sale dn:

loiiqoes

fc'iLî aulre oil l'Antiquité semble auoir apporte i „.„,„ toutes ses Merueilles. Icy les plus fameux qo'on .m Sculpteurs reconnoissent leur ignorance, le W mi, 110mt>re ries Staluës leur donne de l'estonne- «nent, et la Sculpture les fait désespérer de

pouuoir iamais porter leur artifice iusques à sa perfection.

» Les François auoient mesprisé lousiours ces Idoles, mais ce pompeux Cardinal les a rendu chères, en leur faisant bailler de l'or, pour auoir des pierres lail ées.

» le ne m'estonne point de ce qu'il aynie ces figures de marbre; tous les Italiens regardent ces formes insensibles comme leurs viues images. Pour leur témoigner nostre amour, nous desirons, que puisqu'ils ont tant de passion pour du marbre figuré, ils soient changez heureusement en la chose aymée.

» La rareté de ces ouurages rencontre des admirateurs, niais elle n'en Iroiiué point tant qu'vne riche et royale Table, qui eslalle au milieu de cette Sale les richesses de l'Orient. Royale à la vérité, puis qu'elle a seruy au plus grand des Hoys, Henry IV. Les pierres précieuses enchâssées dans son marbre comme des Astres, ont eu honte d'anoir de l'esclat dans le Lotture, puisque leur Soleil ny respandoit plus ses lumières, Elles se sont eclypsées aux yeux de la Cour dans ce Palais, auec la sincérité des loix establies par ce victorieux Monarque, et la félicité des peuples.

» Nostre curiosité ne peut encore se renfermer dans cette Sale ; elle passe dans la Galerie des Antiques. Rome lui a donné ses Empereurs. Alexandre y paroist auec esclat représenté en Porphire : et beaucoup d'autres Statues d'Albastre y perdent leur blancheur, tant il est vray que la candeur se port facilement dans la maison des Grands.

» De cette Galerie on monte dans vue autre que l'Art et la Nature semblent auoir pris plaisir à enrichir.

» Il n'y a rien de plus poly et plus droit que les Cabinets d'Escaille-Tortuë.

» Le marbre des Tables semble auoir perdu sa pesanteur, pour prendre l'agilité de diuers oyseaux qui y sont si bien représentez, qu'on diroit que ce marbre tasche à quitier sa solidité pour prendre l'essor en haut; ce qui nous enseigne que l'Art eleue icy les choses les plus grossières au dessus des sublilitez naturelles, et qu'on a tousiours fait régner dans ce Palais l'artifice.

» C'est par son moyen que ce Cardinal a contraint presque toutes les Nations de la Terre à contribuer à l'ornement de cette Galerie.

» L'Italie luy a donné ses Statuës et ses Tableaux. Les Césars représentez en Porphire et arrengez icy par ordre, font aduouër qu'il n'y a rien de plus auguste.

» Parmy cette Antiquité profane, vn beau et rare Tableau de la Vierge fait dire a tous » que la Pieté est icy seulement en peinture.

» L'Afrique luy a donné son Yuoire pour en faire vu lict où l'homme le plus mélancholique pourroit endormir ses soins.

» Damas s'est dépouillée de son Damas, et la Turquie de ses Tapisseries, pour en orner les Chambres de son Eminence, dont les lam-

Table où tes pierres précieuses et l'or font vn agrèalile mélange.

Cabinets d'Estante- Tortuë.

Table de marbre

taillé en forme

d'oyseaux

Tableau de la V ierge.

Lict d'Yuoire.

Note 30.

Statué île marbre qui représente la Charité.

Chaise du Cardinal admirable

Conclusion morale.

bris sont d'or, parce que ce puissant Génie logcoit lousiours ses désirs bien-haut.

» Toutes ces richesses peuuent bien arrêter nos sens, mais non pas les captiuer. La Charité a pour eux de plus belles chaînes que l'or et l'argent. Icy la Charité les rauit, encore qu'elle soi! de marbre. La statué d'vne femme qui si mble donner la vie auec son laict à vn enfant qu'elle sevré amoureusement entre ses bras, représente cetle noble vertu. Il semble tpie l'amour anime ce marbre, et qu'il luy aye donné la forme de son visage et de ses yeux pleins d'appas. Le lieu obscur où est cet ouurage acconiply, fait croire à tous qu'on condamnoit icy la Charité aux fers et aux prisons : et l'insensibilité de ce marbre monstre que celte Maison ne loge rien que d'insensible, et que s'il y a de la charité, elle est de pierre,

» L'Ambition a basty ce riche Palais, mais la Crainte s'en est fait vn autre bien différent. II y a vue Chaise dans vn lieu de cette maison reculé et obscur, dans laquelle si quelqu'vn s'assied, pjr des ressorts inconnus, tirant vue corde, il descend ou monte selon les mouucmës de ses désirs ou de la Crainte ; les planchers estans percez pour cet effet et pour donner vn chemin libre à la Crainte qui ne troutie son salut que dans la fuilte. Cette Passion accompagne par tout l'Ambition, elle la suit sur les Tbrosnes, et la fait regarder en bas et appréhender sa cliente.

» Fuyons de celte Maison, puisque le siège delà Crainte y est. Cette Passion estouffe en nos cœurs la curiosité; nous ne voulons plus considérer ces richtsses que comme un thrésor de misères; car parmy ces raretez, le repos y est bien rare, et auec cet or on acheté bien cher des soins et de la crainte. •

On pardonnera les réflexions philosophiques, les allusions malveillantes, en faveur de quelques détails qu'on chercherait vainement ailleurs.

La description de Sauvai (tome II, p. 172), se rapporte à la restauration du palais après les troubles de la Fronde.

(30) Quand les recherches tendent à approfondir un sujet; les moindres détails prennent un temps infini. Le palais dont le cardinal Mazarin lit l'acquisition à Home, joue un rôle important dans les troubles de la Fronde, et je pounois citer 5oo mazarinades qui en font mention; cependant c'est à grand' peine que je suis parvenu à nie faire une idée nette de cetle propriété.

Les Mancinl avaient U Rome, dans la Via dcl' Corso, un palais de famille d'une certaine importance; In cardinal Mazarin n'en avant pas trouvé dans l'héritage paternel, il acheta vers i67i"> le palais Bentivoglio, construit par le cardinal Borghèse sur le mont Cavalln, au dessus des Thermes de Constantin et d'après les dessins et plans de l'architecte Flaminio Ponzio. Ce palais porte aujourd'hui le nom

de Rospigliosi; on sait qu'on y voit la plus belle fresque du Guide, son aurore si célèbre. C'est dans ce palais que s'installa et que mourut en i6ôi Pierre Mazarin, le père du Cardinal.

Le duc de Nevers ayant hérité de son oncle, de tous ses biens d'Italie, en fit faire l'inventaire :

« L'an de J.-C. 1662. Cecy est l'inventaire de tous et chacun des biens, tant meubles qu'immeubles, situésà Rome;

» Dans le palais situé à Monte-Cavallo, dans la salle toute tendue de cuir rouge, argent et or, avec sa grande portière pareillement de cuir avec les armes de l'Eminentissime Cardinal Mazarini; dans l'autre antichambre, une tenture de cuir en relief, verte et or; dans la chambre contigûe , un portrait du Roy de France avec sa bordure dorée, un autre tableau avec le poi trait de son Eminence et sa bordure de couleur de noix et fil d'or; dans' la chapelle, un labeau de la Vierge etc., etc.t

Vient ensuite après une longue énumérallon de tous les meubles meublans, l'inventaire d'une maison de plaisance, hors de la ville, que l'intendant du Cardinal, Benedctti, avait habitée sa vie durant. Le luxe des meubles, des portraits, tableaux et sculptures paraît fort grand. En outre, le duc de Nevers héritait de huit maisons situées dans différents quartiers de Rome. Je renvoie au volume 281 8 du suppl. François, Ribl. roy. pour les autres détails; ils sont nombreux, car les procès n'ont pas cessé entre les héritiers du duc de Nevers, et le dernier compromis est du 29 janvier 1772.

Je n'ai pas découvert la date de la vente du palais de Monte-Cavallo; mais je vois que le palais Mancini est acheté par Louis XV le î*' septembre 1737, pour devenir définitivement la résidence de l'académie de peinture (voir la note 199 pour l'échange de ce palais contre la villa Borghèse).

On trouva, ou l'on voulut trouver que le palais de la rue Richelieu était bâti à l'italienne. Les fresques et le luxe des collections étaient en effet un luxe italien qui n'avait pas encore trouvé beaucoup d'imitateurs dans les autres pays. Le poète C. le Petit qui fut pendu et brûlé pour avoir composé et laissé Imprimer quelques couplets infâmes sur la sainte Vierge, avait fait un petit poème sur Paris et ses monuments, poème intitulé Paris Ridicule, pour motiver une tournure de critiques exagérées. Celte description est fort curieuse; on y lit :

Courage, nous voilà bientôt Auprès du galletas de Jule Qui, las du nom de Cardinal, A force de ferrer la mule, Porta celui de Maréchal, La maison est assez jolie Et la cage vaut bien l'oiseau ; Que le voisinage en est beau !

Il me semble être on Italie.

Note 3 '2.

Je passe une gravclure : elle est en tout digne du chansonnier des sociétés qu'il fréquentait. Son poème sur Paris a été publié pour la troisième ou quatrième fois, en compagnie avec deux autres pièces du même genre sur Rome et Madrid ; le nouvel éditeur, le sieur de Blainville, y a ajouté des notes fort nécessaires, mais trop incomplètes, OEuvres diverses du sieur /)*. Amsterdam, 12", 171a, deux volumes. On consultera sur C. le Petit, une bonne note de M. Viollet-le-Duc, dans le catalogue de sa Bibliothèque poétique. Paris, 8°, i8/|3, p. 524.

(31) La voûte fie la galerie, dit Sauvai , a été peinte à fresque en six mois par Itomanelli. Je doute de l'exactitude rigoureuse de cette indication, qui marque seulement la rapidité du travail.

(32) J'avaisdit quelqueslignes plus haut que le Poussin était un génie grec inspiré par le ciel de l'Italie , les preuves en rassortent de la vue de ses ouvrages, et de la lecture de sa correspondance. Ce mot de lui suflira : Hors de la main des Grecs quelqu'un a-t-il jamais vu la sculpture vivante. ( Lettre à M. de Chantelou. Rome, 7 avril 16/17. Voir une autre lettre du 2/1 novembre 16Z17. )

Ce grand artiste quitta Paris vers 1624 pour aller étudier à Rome. En 16/10, vers la fin de l'année, MM. de Chantelou le ramenèrent à Paris (Voirie parallèle de l'arch. ant. du sieur de Chambray. Paris. Folio. 1600, dans la dédicace). L'invitation de Louis XIII est datée de Fontainebleau du 18 janvier i63o. ( Felibien vie des peintres, tome II, p. 332.) La lettre de M. Des Noyers qui l'accompagnait est écrite de Rue!, le ik janvier 1639. On y lit toutes les conditions ollerles au Poussin , celle-ci lui était imposée : Vous ne peindrez pour personne que pur ma permission , car je vous fais venir pour le roi cl non poulies particuliers. Poussin dut souffrir de cette servitude mal déguisée, mais il était flatté des attentions dont il devint l'objet, et dès le 19 février il écrit : Je me suis résolu de me partir d'icy pour aller servir mon prince ( Lettre à M. Lemaire). Des travaux commencés , des liens difficiles à rompre et cet empire qu'impose si facilement l'Italie, retardèrent son départ, il fallut l'insistance personnelle de MM. de Chantelou pour le décider. Il partit à la fin de décembre 16/10, et déjà le 6 janvier 16/11 il écrit à son proiecteiirmonseignenr Carlo Antonio del Pozzo, son arrivée à Paris, sa réception chez M. Des Noyers, chez le cardinal Richelieu qui l'embrasse , et enfin chez le roi où il est introduit par M. Le Grand son favori (Cinq Mars). Louis XIII le traita comme un roi doit traiter un homme de génie, et le congédia en reprenant ses taquineries d'homme faible. En effet ce qui lui plaisait le plus dans l'installation du Poussin, c'est, disalt-il, que voilà fouet bien attrapé. La des.cription que fait Poussin de la petite maison

qu'il habitait dans les Tuileries est charmante (Lettres de Poussin. Paris 8° 182/1, p. 26). Cette maison habitée antérieurement par un sieur Menon, détruite par Le Nôtre, pour élever la terrasse de l'eau , se trouvait à peu près sur l'emplacement du second escalier. Au milieu des joies du premier accueil, le souvenir de l'Italie était encore présent à la pensée du Poussin, car il ajoute : Mon absence ne sera pas longue si je le puis. 11 reçut son brevet de premier peintre du roi, daté de Saint- Germain-en-Laye, le 20 mars 16/11 (Bellori l'a publié) , il lui donnait la direction générale de tous les ouvrages de peinture et d'ornement que S. M. fera ci-après pour l'embellissement de ses maisons royales, voulant que tous ses autres peintres ne puissent faire aucuns ouvrages pour S. M. sans en avoir fait voir les dessins et receu sur iceux les avis et les conseils dudit sieur Poussin.

Dès le 10 avril Poussin se plaint, à propos de la tête de Virgile, de gens qui trouvent à redire partout (lettre à M. de Chantelou), puis, à propos de ses travaux, AzVimpor limité des supérieurs (del Pozzo, 18 avril 16/11), à propos de la galerie du Louvre des prétentions du baron Fouqui'eres (Chantelou, 19 août 16/11*. Le dégoût perce bientôt et il s'explique. // faut que des ouvrages qui demanderaient beaucoup de temps soient expédiés tout d'un trait. — Qui a de l'inclination à l'étude et à bien faire doit certainement s'éloigner d'ici (à M. del Pozzo, 20 sept., l'original publié par Bottari est en italien), et puis les hommes étaient le prétexte, notre climat, notre jour gris, et notre espèce bâtarde étaient la véritable cause du déplaisir de l'artiste, déjà trop italien, pour vivre dans sa patrie. Hélas nous sommes ici , trop loin du soleil pour g pouvoir rencontrer quelque chose de délectable, mais quoiqu'il ne me tombe rien sous la vue que de hideux, le peu de reste des impressions que jadis j'ai reçues des belles choses , m'a fourni je ne stiis quelle idée pour le frontispice de l'Horace ( à M. de Chantelou , 20 mars 16/12 ). Il quitta Paris pour aller chercher sa femme , mais il retrouva à Rome le soleil de l'Italie et ne revint plus dans celte patrie où cependant il aurait voulu mourir. Les critiques des ignorants d'au delà des Monts n'étaient pas faites pour l'engager à secouer les douces chaînes qui le retenaient, mais elles le chagrinaient en l'irritant. Il écrit à M. de Chantelou (Rome, 3 juin 16/17J : Vous verrez bientôt à Paris un de vos affectionnés qui va quitter cette ville- Il est de ces hérétiques qui croient que votre serviteur Poussin ri dans la peinture, quelque talent, qui n'est pas commun, aussi j'ai peur qu'on ne le lapide s'il ne se tait.

Poussin mourut à Rome en i66!i. — Sa correspondance publiée par M- Quatremère de Quincy au nom de l'Académie des beauxarts en 182/1, a le mérite particulier de nous faire connaître l'histoire cl la chronologie de ses principales productions.

(33) Tout flammand qu'il fut, dit Sauvai, le cardinal de Richelieu l'avait toujours préféré à tous nos autres peintres francois ( tome II, p. i6â).

(34) La grande galerie du Palais-Royal se réduisait pour Philippe de Champagne à cinq tableaux que Sauvai décrit : // n'y eut rien dans cette voûte de la main de Champagne , que les tableaux , tout le reste fut exécuté par d'autres ( Voir pour les sujets, Hist. et Rech. , p. i6û , lome II.)

(3ï) En 1632, il avait peint pour Richelieu la chapelle et la galerie du Palais-Cardinal ; plus tard il orna de ses peintures l'hôtel de Bullion, le château de Ruel , le château de Chillv , la chapelle Séguier et l'hôtel de Bretonvilliers. Il mourut à Paris, au Louvre, où il habitait , en i64i.

(36) Il serait superflu de ciler tous les jeunes peintres de cetle époque ; je n'entreprends pas l'histoire de la peinture. Je dirai cependant que Poussin parle dans ses lettres à M. de Chantelou , de ceux qui travaillaient à Rome, de manière à faire comprendre qu'il eût été impossible de leur confier de grands travaux. En 1643, plusieurs d'entre eux copiaient les fresques du palais Farnèse ; Le Rieux, Lemaire, Errard, Nocret, et il termine par ces mots la revue de leurs travaux : le tout va assez raisonnablement bien ; et dans une lettre du l\ août : M, Errard vous a écrit que tout allait bien à Farnèse- bien, oui, mais non pas très bien; car premièrement Mitjnard a fait sa copie différente pour le coloris de l'original , autant comme il y a du jour à la nuit. Le Rieux a fini une de ses copies ; elle est moyennement bien. Le sieur Socret fait le diable, je ne sais pourquoi : il a fini tellement quellement la Vierge à la détrempe d'après le Parmesan. La dernière copie que M. Le Maître a faite, quoiqu'il y ail bien pris de la peine, est inférieure à celle de Mignard que vous avez, et si Le ni eux avoit fini la sienne, c'auroil été la moindre. Enfin, monsieur, il faut confesser qu'il ne se rencontre guère personne capable de contenter en de pareils ouvrages, l'intelligence manquant aux uns, et aux autres l'assiduité au travail et le désir du succès qu'il faut avoir pour bien faire. (Letirc à M. de Chantelou, 25 avril i6/|/i.) A propos de son portrait, il parle des têtes de la façon de Mignard qui est celui qui les fait le mieux, quoiqu'elles soient froides, fardées, sans force ni vigueur. (Rome, 16 août 16Z18. ) Dans la suite de sa lettre du l\ août i6A3, on voit qu'il fait plus de cas des peintres Errard et Chapron , bien qu'il se plaigne de la conduite du dernier. J'aurai l'occasion plus loin de parler d'Errard qui fut le premier directeur de l'Académie de France à Rome. Il y avait encore dans cette ville au moins en i6'i8, le fils du peintre et poète Du Monstier. (Félibien, lome 3, p. 127.)

MAZARIN. Note 41).

(37) Je citerai en entier le passage de l'ouvrage de Lanzi, qui le concerne. Les peintres italiens doivent être jugés par un auteur italien; c'est en vivant au milieu de leurs meilleures productions, en entendant encore comme l'écho lointain des applaudissements qu'ils ont excités, qu'on fait à chacun la juste part qui lui revient : Gio. Batista Viola e Gio. Francesco Grimaldi sono i due caracceschi che in quella età regnarono fra, paesisti. Il Viola fu de' primi a sbandir da' paesi la secchezza con cui Iraltavangli i Fiamminghi. Egli fu da noi menzionalo in Roma, ove si stabili, e orno di paesini a fresco varie ville di que' magnati, epiù copiosamente che alita, la villa Pia. Di questo pittore è raro a vedersene quadri mobili; senonchè avendo in Roma fatta socielà coll' Albani, nelle pitture di questo colà rimase spesso i periti ravvisano i paesi del Viola ; corne in altre dell' Albani a Bologna riconoscono spesso quegli del \fola. Il Grimaldi non fu in Roma cosi continua, mavi stette molt' anni, servendo à varj pontefici ; e alqnanti ne passo anco a l'arigi in srrvigio del cardinal Mazarini e di Luigi XIV. Avanzo il Hola nella fortuna corne lo avanzava nella scienza ; bravo archiletto, prospettivo eccelleme, buon figurisla, inlagliatore in rame de' paesi di Tiziano e de' suoi. Su le site slampe si pub vedere quanto fosse giudizioso ne' partit!, vago nelle fabbriche; e anco molto piu largo de' Caracci nel batter la frasca, e diverso da loro, como nelle lettere piltoriche si è osservato (t. II, p. 289). Carrisponde al disegno l'opéra dell penello : il suo tocco e leggiero, fortissimo è il colorita; accusato solo di troppo verde. Innocenzo X lo impiego in compelenza d'altri pitlori nelpalazzo Vaticano e nel Quirinale; e fin nelle chiese piacque di adoperarlo, segnatamente a S. Martino a' Monti. La galleria Colonna è ricca délie suo Vedute ; e trovasi facilmente anche in altre, non essendo stato cosi cercato oltramonti corne Claudio e Poussin.

(Storia pittorica délia Italia. Mllano, in-8% 182D, t. IV, p. 173.)

(38) Jean-François Romanclli naquit à Viterbe en 1O17.

(39) Il se brouilla avec son maître à l'occasion de ce travail. L'histoire des peintres est remplie de ces vicissitudes. Dicesi, dit Lanzi, che i due Giovani invaniti del lor talento, mentre il maestro era assente, cercassera di trasferire in sè quel lavoro, e che perciô ne fossero conyedati. Fu allora che il Romanelli assistilo dal Bernini muto maniera, e a poco si formo un carattere piu gentile nelle forme, e, per cosi dire, piu seducenle, mameno grande che quel di Pietro, e men dotto. Usà proportion) piu svclte . tinte meno sporche, gusto di pieghe piu minuto. (Tomo II, p. 238.)

(40) On lit encore dans Lanzi des détails que j'ai dû omettre, bien qu'ils prouvent le talent du maître ; car, pour lutter ainsi avec

Note 45. LE PALA1S

Pierre de Cortone, il fallait au moins être digne de la lutte : La sua deposizione in S. Ambrogio che si esallava corne un prodigio, mise Pietro in impegno di porte a fi ante quel S. Stefano cosi sorprendente, che il Bernino istesso al primo vederlo ebbe a dire che si riconosccva tullora chi era lo scolare, chi era il maestro. (Storia pitt. tom. II, p. 238.)

(41) 16 janvier, 3 mars 16Z16. Le cardinal Antonio vint le premier, le cardinal François et son frère ensuite. Urbain VIII (Maffeo Barberini) leur oncle mourut le 29 juillet îôlilx. L'hospitalité que leur offrit Mazarin , était un acte de politique autant que de bienveillance, elle témoignait deson mécontentementeontre Innocent X, qui n'avait pas encore accordé à son frère la dignité de cardinal. S. E. Antonio resta liée avec Mazarin jusqu'à sa mort. Comme tous les partisans du ministre , il fut compris dans les invectives que la Fronde lança dans le public sous le titre général de Mazarinades. Nous n'en citerons qu'une : Lettre du cardinal Antonio Barberin envoyée de Roine au cardinal Mazarin à Saincl-Cermainen-Laye, touchant les troubles de France. A Paris, in-û°, 1649, chez la velue André Musnier. C'est un pauvre libelle dans lequel on conseille à Mazarin de profiter des troubles pour enlever le plus d'argent possible et sortir sain et sauf. Elle commence en ces termes : L'estroite amitié quefay contractée avec Vostre Eminence, etc., etc. Cette amitié datait presque de l'enfance de Mazarin , qui vint en France avec les lettres qu'il tenait de lui. Le cardinal Antonio écrivait au savant Pciresc , avec lequel Mazarin resta lié :

Le qualita riguardevoli che sono in mous. Mazzarini, fanno, che io l'amo e lo slimo di maniera che rimane délia mia vulonla informalo, corne sono io medesimo.

Di Roma li 24 agosto i63û.

Antonio Barbe.rini.

(Corresp. de Peiresc, vol. 3, à divers. Bibl. roy. Suppl. franc., N" 1000.)

(42) Voir les salles au premier étage , au dessus du N°23, occupées aujourd'hui par les manuscrits fonds françois et chinois. Ces peintures sont médiocres et n'offrent quelque intérêt que par des entourages en grisailles assez bien exéaHés. On remarquera un vaisseau d'une forme particulière, très curieuse.

(43) C'était la quatrième fois que nos artistes recevaient, en France, cet affront venu d'au-delà des monts. Ils y étaient faits ou s'y habituaient, dans la conscience de leur infériorité. Leonardo da Vinci, Andréa del Sarto et le Rosso, sans compter leurs aides; le Primaticio ensuite, et plus tard (1620) Rubens, qui celte fois arrivait rie Flandre.

Je trouve dans les tablettes du cardinal Mazarin celle note à là fin de l'année 1643 (N» 1 , pag. 154). Viaggio delli Pittori..... 2,000 *. D'après l'ensemble du compte où cet article figure, je crois qu'il s'agii de pistoles.

(44) Là magnifique cheminée qui terminait cette galerie au Sud a été détruite; il n'en reste plus que le couronnement, dont j'ai donné un dessin ( pag. 3. Voir aussi la note 3n sur les cheminées de ce temps); et pour le voir, il faut escalader une soupente qui cache ces riches ornements à tous les yeux. Ces mutilations, ces cloisons et séparations, ont été faites dans le grand mouvement des affaires deLaw. On lit dans l'A rchi lecture Françoise de Blondel: Celte galerie a été interrompue sur sa longueur pour procurer quelques bureaux à la Compagnie des Indes (loin. III, pag. 71). Sauvai remarquait, à l'époqueoù elle fut construite, que cette galerie élait la seule qui fût consacrée uniquement à une collection de statues. Cette innovation, ce grand luxe f ut imité par les plus petits parvenus. Aubert, des Gabelles, qui avait gagné sa fortune dans le sel, se fit construire un hôtel près du théâtre de Jodelet. Le comique lui dit en voyant ses statues ; Pensez que vous n'oublierez pas celle de la femme de Lolh. (Tallemant, IV, pag. 229.)

(45) Le soin que mit Mazarin à perpétuer son nom et à répandre ses armoiries, tenait moins du parvenu que du noble humilié, et il élait assez grand homme d'Etat, assez puissant ministre, pour qu'on lui passât cette faiblesse. Toutes les pièces satiriques du temps, ou au moins presque toutes, font ressortir sa prétendue basse origine , et Naudé lui-même , avantde compterai! nombre desesdomestiqites, écrivait qu'il était fils d'an bonnetier de Hume. Ces assenions sont nombreuses, mais sans valeur, la faveur qu'elles ont trouvée chez les historiens n'y ajoute pas plus de poids ; voici ce que mes recherches m'ont démontré : un sieur Ravioli, avocat aitaché, il y a une vingtaine d'années, à l'ambassade de France à Rome, dont je faisais partie, a cru pouvoir établiren compulsant les correspondances et les registres du collège de Naples, fondé depuis plusieurs siècles dans cette ville, qu'un noble personnage sicilien, charmé de la gentillesse et des dispositions heureuses d'un jeune enfant, l'envoya audit collège, sous le nom du fils de Pietro Mazarre. Le pauvre boursier aurait répondu aux espérances de son protecteur, et après avoir fait de bonnes études, serait sorti du collège des gentilshommes pour prendre l'uniforme militaire. Or, ce collège étant fondé par la noblesse de Naples, il n'y a pas de gentillesse ou de protection qui vaillent contre des règlements, et puisque Jules Mazarini est admis, nous pouvons en conclure qu'il était noble. Il élait pauvre aussi, et c'est en cela que des protecteurs purent lui être utiles.

Il avait évidemment, comme une foule de maisons italiennes, des droits, au moins des prétentions à se rat lâcher à la plus ancienne noblesse du pays, à celle qui remonte à l'Empire romain, et c'est ainsi qu'on peut expliquer la présence des faisceaux dans ses armes et les noms de Jules César qu'il donna sur les foins baptismaux à son petit neveu, le jeune de Mer-

Note 1(5.

cœur (mars i65-).[Jn des pamphlétaires de la Fronde s'empare de cette prétention pour interpréter malicieusement la formation de sa collection de bustes antiques. Il fait entendre qu'elle a pour but de montrer le buste du consul romain dont il prétendait descendre.

L'étoile du Cardinal se voit dans la cour actuelle de la Bibliothèque, dans les peintures de Romanelli, Nos 3o et 3i; son chiffre, abrité par le chapeau romain, s'est conservé sur la grande cheminée de la galerie Mazarine ; enfin ses faisceaux surmontent les fenêtres a l'extérieur et se retrouvent dans les sculpiures et peintures à l'intérieur. On lit dans une Mazarinade : Le voilà qui rentre dans Paris, qui fait marcher devant lug ses haches et ses faisceaux de verges qu'il a apportées de Sicile. Qaotj donc ! ces haches ne sont-elles préparées que pour couper lesptus illustres testes de nos défenseurs. (Les généreux sentiments sur la conférence et paix de Ruel. Paris, in-û«, 16Ù9.) Dans les cent épigrammes ou épitaphes satiriques qu'on a choisies entre un plus grand nombre , pour les publier dans le tableau de la vie et du gouvernement de Richelieu et Mazarin (Cologne, in-120, 1693), il y en a une qui se termine ainsi :

Il n'est personne qui ne sache

Pour parler avec équité

Qu'il a justement mérité

Les Verges, la Corde et la Hache.

( l'ag. 2o5.) Le prince de Condé l'appelait un gredin de Sicile, et le cardinal de Metz (loin. I, p. 107, Mém., édit. 12", 18Û2) , qui nous a conservé ce mot, commence ainsi le portrait de Mazarin : Sa naissance étoit basse et son enfance étoit honteuse. Au sortir du Colysée il apprit à piper, ce qui lui attira des coups dehâlon d'un orfèvre de Rome, appelé Moreto. Il fui capitaine, etc., etc. (Tom. I, p. 63.) On peut reîiliercher dans ses Mémoires la fin de cette scandaleuse peinture. Si le portrait eût été fidèle, il n'appartenait pas à un cardinal de le tracer; et s'il est calomnieux, comme il serait facile de le prouver, il n'y a pas de talent assez séduisant pour l'excuser.

Le nombre des Mazarinades qui s'attaquent à son origine est très grand ; je citerai la diatribe la plus violente et l'une des mieux écrites. Elle est intitulée : Lettre d'un religieux envoyée à Monseigneur le prince de Condé, à Saint -Gcrmain-cn-Lugc, contenant la vérité de la vie et mœurs du cardinal Mazarin. — A Paris, chez Rollin de la liage, rue d'Ecosse, 16/19.

« Sa noblesse n'est pas de plus vieille datte que les honneurs qu'il a reçeus eh France sans les nvoiT mérités; et quoiqu'il prenne les hacliesavec le faisceau de verges pour ses armés, il ne faut pas s'imaginer que ce soient celles qui servoient de marque d'autorité aux ancienssénateursdecette florissante République, mais bien les haches dont son ayeul fendoit du bois, et les houssines dont son père fouettoit les chevaux. »

L'abbé de Choisy se trompe lorsqu'il dit :

Il était d'une naissance assez obscure, qu'il ne se soucia jamais de relever par des chimères généalogiques (pag. 5à). Au degré de puissance oit il était arrivé, au degré de condescendance où on était tombé, cette réserve eût été un mérite, mais j'ai trouvé la preuve dans les papiers de Colbert, qu'il s'occupait, au moins dans la dernière année de sa vie, de faire faire des recherches généalogiques sur sa famille. C'est l'évêque de Fréjus qui écrit à Colbert, le 1Z1 octobre 1661 :

« Le séjour que j'ai lait ce soir à Nevers me rappresente la glorieuse mémoire de nostre grand Cardinal, et me fait souvenir, ce que j'ai toujours oublié, c'est la généalogie de Son Eminence, à laquelle j'ay fait travailler par un honest homme, qui entend fort bien ces matières, mais la mort ne m'a pas donné le loisir de la faire voir à M. le Cardinal. Vous estes informé d'ailleurs du voyage que fist le père Piacely à Montaldi et les papiers qu'il en raporta; après luy vint icy tout exprès un certain monsieur Costa qui est de ce pays-là, qui avoit donné toutes les lumières au dit père Piaceli qui estoit envoyé â Son Eminence par l'evesqne de Tortone qui eserit les histoires de nostre temps et qui promit à M. le Cardinal de faire une exacte recherche pour trouver quelqu'autre chose, qui puisse estre considérable ; mais comme cet homme a sceu la mort de Son Eminence, il m'escrit d'avoir sursis a toutes ses recherches. »

L'évêque de Fréjus demande s'il doit faire continuer ces travaux, et il est probable qu'il les interrompit, car Colbert cessa de les rétribuer.

A Rome, on fit écho à Paris, en dédaignant la noblesse, fort ignorée sans doute, de cette pauvre famille, qui avait excité en Italie comme en France , par son élévation, une jalousie haineuse; aussi quand, en 1654, mourut le vieux Pietro, père du Cardinal, dans le magnifique palais de Monte Cavallo , on inséra dans les nouvelles publiques cette épigramme dont l'esprit fait passer la malignité : Les lettres de Paris nous apprennent que le seigneur Pietrô Mazarini, père du cardinal de ce nom, est mort en cette ville de Rome. Saint-Simon nous a conservé ce trait dans ses Mémoires, et il y joint son commentaire :

« Jamais on n'a pu remonter plus haut que le père de celte fameuse Eminence, ni savoir où elle est née, ni quoi que ce soit de sa première jeunesse. On saitseulementqu'ils étaient de Sicile ; on lésa crus des manans de la vallée de Mazarre, qui avaient pris le nom de Mazarin, comme on voit à Paris des gens qui se font appeler Champagne, Bourguignon. La mère du Cardinal était Buffalini. » (Tom. XI, pag. 190.)

Le duc , grand seigneur, qu'on pourrait accuser souvent d'élever ses prétentions sur les ruines des litres qu'il conteste, n'allègue ici que son ignorance.

Note 51.

LE PALAIS MAZARLS'.

M. Walckenaer ( Mém. sur Madame de Sévigné, tom. I) (lit que îles recherches récentes faites sur ce point de généalogie par un savant italien, lui ont été communiquées par M. Artaud de Montor. J'ai consulté notre confrère, le spirituel auteur de la Vie de Pie VII ; il ne possède pas d'autres renseignements que le souvenir éloigné des recherches de l'avocat Ravioli. On rencontre parmi les Mazarinades une pièce intitulée : la Généalogie ou extraction de la vie de Jules Mazarin, à présent cardinal et ministre d'Etal en France, c'est un pamphlet comme on en faisait sous l'inspiration du Coadjutcur, mais qui ne donne aucune lumière sur le point principal indiqué par son titre.

(46) On lit dans Felibien ( Entretiens sur les vies des Peintres, tom. II, pag. 299 ; édit. in-40, Paris, 1688) :

«Vous sçavez que Grimaldi vint à Paris dans une assez mauvaise conjoncture, car ce fut en iG48, lorsqu'il y avoit beaucoup de désordres. Aussi demeura-t-il quelque temps qu'il ne fit pas grand'chose et ne commença à peindre les plafonds du palais Mazarin qu'un peu avant le retour du Roy à Paris. Sitôt qu'il les eut achevés, il retourna à Rome. »

Cespeintui es, au rez-de-chaussée, existaient encore en 1734 ; elles avaient traversé tous les changements de destination subis parle local, qui conservait à celte époque les statues les plus mutilées.

« La décoration de cette galerie consiste en une ordonnance d'architecture et de sculpture de relief, accompagnée de peintures à fresque faites par Grimaldi Bolognèse. On remarque de la pureté dans les profils de l'architecture de celte galerie, du choix dans les compartiments et une assez grande quantité de figures de marbre, dont quelques-unes sont antiques, mais la plupart si mutilées qu'elles n'intéressent que faiblement. » (Arch. franc, tom. III, pag. 71.)

(47) Les espaces entre les niches peintes par Grimaldi, étaient tapisséesde damasrouge cramoisi, semé des armes et des chiffres du Cardinal et rehaussé de passement d'or de Milan. (Voir la description de Sauv ai et la gravure deNanteuil,)

(48) Sauvai avait vu le palais Cardinal de ses propres yeux ; on lit dans son ouvrage :

« Chacun trouva l'ordonnance entière bien concertée, et les tableaux plurent à tout le monde, surtout au Cardinal; car on tient qu'il prenoit plaisir quelquefois de faire réciter à Champagne l'histoire de sa vie, que ce peintre avoit représentée dans la voùle, d'un bout à l'autre. Mais tant de belles choses ne sont plus et ont disparu à nos yeux depuis qu'on a désolé ce portique, afin d'y pratiquer un appartement pour le duc d'Anjou, qui ne lui a presque point servi, el même n'est encore que commencé; et qui pis est, ne sera jamais ni commode, ni achevé. » (10m. II, pag. 16Û.)

(49) M. Vlsconti a réservé, dans tousses projets, 80,000 francs pour le transport de la fresque, c'est-à-dire pour découper en une centaine de morceaux ce plâtre fragile qui, dans sa forme concave, ne peut s'appliquer qu'à une voûte exactement pareille dans ses dimensions et sa courbe. En supposant que la salle et la voûte se retrouvent, que pense-t-on des coutures, des lésions, des ruptures inévitables, etc.?

(50) Voici cette même anecdote, telle qu'elle est racontée par M. Alex. Lenoir, je ne sais d'après quelles sources, dans son Dictionnaire des Artistes français, ouvrage inédit :

« Comme Romauelli peignait un plafond pour le Cardinal, à l'hôtel Mazarin, toutes les dames de la cour étaient venues le voir travailler; il peignit celle qui lui parut la plus jolie, sans qu'elle s'en aperçût. Mais les mêmes dames étant revenues le lendemain, elles reconnurent au plafond la ressemblance de l'une d'elles; elles en firent de vifs reproches au peintre, qui , pour s'excuser, leur dit : Comment voulez-vous, mesdames, qu'avec une seule main je puisse vous peindre toutes en même temps. Il ne put apaiser leurs ressentiments qu'en les peignant toutes. »

(51) Ce mérite est généralement reconnu; il serait inutile d'en rapporter beaucoup de témoignages. Je citerai cependant Blondel , parce qu'il s'était particulièrement occupé des hôtels de Paris, et qu'il est piquant d'apprendre que ce grand plafond peint à fresque était déjà négligé en 1754.

« On ne peut trop inviter les connaisseurs à visiter ce chef-d'œuvre de peinture. Quoiqu'il y ait environ un siècle qu'il est exécuté, et que son entretien soit assez négligé, il conserve encore toute sa fraîcheur, et nous donne la plus haute idée du peintre célèbre à qui nous le devons. » {Architecture française, ou Recueil de plans, pag. 76. Paris, in-folio, 175/4.)

La rareté n'ajoute rien au mérite des objets d'art, niais elle augmente singulièrement leur prix et les droits qu'ils peuvent avoir à être conservés. Si nous recherchons dans Paris ce que nous possédons en ce genre, nous ne trouvons de cette école et de cette époque , rien d'aussi grandiose dans les dimensions et d'aussi bien conservé en dépit des injures du temps et de la négligence des hommes. Les peintures de l'Arsenal, ancienne demeure de Sully et du maréchal de La Meilleraye, ne sont que des toiles enchâssées dans les boiseries; l'hôtel Sully, rue Saint-Antoine, n'a conservé des peintures qui le décoraient qu'un petit plafond en forme de coupole. Autant qu'on peut en juger à travers la couche de fumée qui a noirci celle peinture, c'est un médiocre travail. Au Louvre, on voit encore des peintures de celte époque, et quelques unes même de la main de Romauelli , mais elles n'ont ni l'ensemble, ni la fraîcheur de la galerie

Mk LE PALAIS

Maza'ïne. L'hôtel Conti, sur le quai Manquais, n'avait rien conservé de sa décoration primitive, et les plafonds du grand salon en voûte surbaissée, du petit salon et du vaste escalier, étaient l'ouvrage du peintre Doublet ('779)i qui réunissait dans sa manière les qualités comme les défauts de Natoire et de Boucher. Les peintures de l'hôtel Lambert et celles que cachent un épais badigeon dans l'hôtel de Richelieu ( l'Administration des Coches), sont d'une époque plus récente.

Michel Augier avait décoré de sculptures la chapelle du palais Mazarin; Il fit les encadrements des peintures dans les salles du Louvre. En général les artistes employés par le Cardinal chez lui, étaient assurés d'avoir des travaux au Louvre ou au Val-de-Grace. La salle des Saisons faisait partie des appartements de la Reine mère ; elle fut occupée ensuite successivement par le ministre de la guerre, par l'Académie de médecine, le grand conseil et enfin aujourd'hui par la collection des sculptures. Voici les sujets des Fresques: Diane et Actéon , Apollon et les Muses, Diane et Endymion , Apollon et Marsyas, l'Hiver, le Printemps, l'Été, l'Automne, Apollon et Diane. On trouve ces compositions gravées au trait dans l'ouvrage de M. le comte de Clarac : Ulusée de Sculptures (Paris, in-8°, i84i , tom. I, planches 76 à 82). Les salles dites de la Paix, des Romains, etc. .etc., sont également peintes par Romanelli; je renvoie au même ouvrage qui en donne la description (tom. I, pag. 528) et reproduit les peintures dans les planches N° 86 à 89.

(52) Il peignit aussi les bains de la Reine au vieux Louvre; mais ces salles ont disparu. En 1636 (janvier), on les montrait au duc de Modène comme une curiosité digne d'un prince italien. Loret donne ce détail :

Pour comble de ravissement,

On lny montra l'appartement,

Qu'on nomme les bains de la Reyne,

Que cette grande Souveraine

A laits depuis peu fabriquer

Et dans icelui pratiquer,

Tout ce que l'art de la peinture,

Peut étaler d'enrichissure.

(Liv. VII, pag. Jl.)

A cette époque le Cardinal n'avait point encore réglé les honoraires de Romanelli. Je trouve dans la correspondance deColbert une lettre du 29 mai i656, dont j'extrais ce passage :

« V. E. nie donnera ses ordres, s'il luy plaist , touchant M. Romanelli; M. Ondoili'j lui pourra dire en quels termes il est demeuré avec luy touchant son paiement.» Le Cardinal repond en marge : « Je pourvoyerai à ce qui regarde le sieur Romanelli la semaine prochaine. »

MAZARIN. Note 54.

Voici ce que je lis dans l'article Romanelli, du Dictionnaire des Peintres français, de M. Alex. Lenoir :

<! Ces plafonds, où 11 a représenté plusieurs traits de l'histoire romaine, tels que l'Enlèvement des Sabines, la Continence de Scipion, Rémus et Romulus, etc., et un plafond allégorique où se voit la Prospérité des arts sous le gouvernement de la Sagesse, n'existent plus. J'en possède les dessins originaux; ils sont au nombre de six et coloriés , et lui ont servi à peindre ses tableaux. Ces dessins, devenus rares et précieux par la perte des tableaux, sont très agréables, finement tracés, d'une touche spirituelle. Ils ont appartenu a M. Petit-Radel, architecte (le frère du bibliothécaire de la Mazarine). »

J'ai fait des recherches pour retrouver ces dessins; M. Alb. Lenoir les a vu vendre à la salle des commissaires-priseurs, lors de la mort de son père ; mais il n'a pu retrouver le nom de l'acheteur. J'ajouterai qu'il y avait un tableau de Romanelli à la Sorbonne : le Martyre de sainte Ursule. M.Alex. Lenoir le cite dans le Catalogue des peintures et tableaux réunis au dépôt national des monuments français, 1 1 vendémiaire an III, sous le N° 258 ; et Sauvai parle dans sa description de l'hôtel Lambert de cinq grands tableaux sur une espèce d'Atlique , qui représentent l'histoire d'Énée, peints par Romanelli. (Histoire et Recherches, tom. II, pag. 223.) Enfin je remarque dans l'inventaire des biens et meubles du ministre Colbert, ces deux articles :

Un tableau peint sur toile par Romanelle, représentant Angélique et Médor, prisé 80 liv. Une petite Annnnciationde Romanelle, — V5liv.

(Bibl. roy. Suite du Fonds Mortemart, N°3û.)

(53) Voir la description du Louvre par M. de Clarac, planches 75 et suivantes.

(54) Je citerai quelques unes des plus belles gravures faites d'après ses tableaux :

ta Conquête de la Toison d'or. C. Bloemaert.

Moise sauvé des eaux. Saint- Vallée, dans Crozat.

Moïse fait jaillir l'eau du rocher. J. Haussait, idem.

Marie présentée au Temple C. Lederbach.

Saini Cajetan de Thène. N. Poilly.

La Pluie de manne. Raymond.

Le Sacrifiée d'Iphigènie. G. Audran.

Silène endormi. M. Nalalis et Wolfgang.

L'âge d'or. H. Grouiller.

L'Education de l'Amour. Ch. Levasseur.

Angélique el Médor. Mussard.

Venus et Adonis. P. Fontana, dans le musée Napoléon.

Une Thèse, avec le portrait de Mazarin. F. Poilly.

Ajoutez encore les nom de Raudon, Ch.

de la Haye, G. Vallet, E. Picart , A. P. 173/i, etc., etc. On a formé son œuvre au cabinet des Estampes de la Bibliothèque royale, niais il est incomplet.

Basan (2* édition) dit que Romanelli a gravé Itti-même ; on consultera sur ses travaux Pas-

Note 60.

coli, Mannlich, Watelel, l'ouvrage intitulé : Winckelmann und sein Jahrhuntert, Fiissli, Brandes, Winckler, etc., etc.

(55) Voici comment Lanzi raconte sa vie. // Romanelli protelto dal card. Barberini ,

che si era rifugiato in Parigi, fu in Franria due volte : e prese ivi di quello spirito , onde abbonda la nazione, quanlo bastd ad animar le figure meglio di prima, fi dipinse prima in un portico pel cardinal Mazzariui alquante délie melamorfosi di Ovidio ; di poi in alcune camere pel Re le favole délia Enéide ; e menire si preparava a tornarci la terza volta con lutta la sua famiglia fu intercelto da morte in Viterbo. (Tome II, p. 238.)

( On peut demander d'autres détails aux Lettere piltoriche , à Baldimicci, tome II, p. 5flo, édit. in-4°. 1728 , à Pascoli , Vile de' Pitlori, tome I, p. 93, édit. de Rome. 1730, etc., et aux Dictionnaires des Artistes, de Fiissli, Heinecken (Mss.), Nagler, etc.)

(56) Les bibliothèques dont les salles ont été peintes à fresque sont assez nombreuses, je citerai : le Vatican, le palais des Doges à Venise, qui a reçu la bibliothèque dans son immense salle des conseils; la Brera, à Milan; les Studii , à Naples ; la Riccardiana, a Florence, peinte en 1683-86, par Luca Giordano; deux chambres à l'Arsenal ; l'ancienne bibliolh. de Munich ( bien médiocre), etc., etc.

(57) Brienne dans ses mémoires, et les détails minutieux donnés par Sauvai qui avait vu et admiré les objets en place.

(58) Les qualités guerrières ne lui manquaient pas plus qu'à Richelieu , il avait plus de droit que lui aux prétentions du général d'armée, ayant dans sa jeunesse fait son apprentissage militaire et commandé une compagnie de cavalerie. Le 27 août i65o, on le vit prendre d'excellentes dispositions, elle 15 décembre de la même année, il se mit bravement à la tète du régiment des gardes pour donner sur les Espagnols. Il suffirait de renvoyer aux historiens des campagnes de l'Italie qui tons mettent sur le même rang son courage militaire et ses talents diplomatiques. Je n'en citerai qu'un seul, parce qu'il fut témoin du fait qu'il raconte. Le maréchal de la Force commandait les troupi s françaises en Italie et venait avec Schombirg et Marillac au secours de la citadelle de Casai. Il s'agissait de forcer le blocus. L'armée ennemie était supérieure par le nombre des soldats, par ses retranchements et par l'appui que lui donnaient la ville et le château : Us vont à la portée du mousquet de leurs dits retranchements , toute l'armée du Roi marchant en bataille en très bel ordre; étant sur le point de donner, vint à eux de la part de l'ennemi , le signor Mazarini , agent du Pape , au galop , faisant signe du chapeau , il approche et leur dit : Je viens vous offrir de la part de ces Messieurs de lever le siège. (Tome III, p. 17.) Voir aussi dans la correspondance les lettres du 11, 12, 22 août,

5 septembre et octobre où il est appelé le Mazarini. Mémoires authentiques de Jacques Nonipar de Caumont duc de la Force. Paris, 8", 1843. Chez Charpentier. M. le marquis de la Grange a été l'éditeur consciencieux de ces documents historiques, devenus pour lui papiers de famille, par son mariage avec mademoiselle de Caumont. L'introduction est de lui et mérite d'être lue.

Si le prince de l'Église conserva quelques prétentions militaires de l'ancien soldat, les temps lui donnaient largement des excuses. En 1567 le cardinal de Chatillon , évêque de Beauvais, combattit à la bataille de Saint-Denys, et Brantôme nous dit que le Cardinal y fit très bien. L'archevêque de Bordeaux Sourdis commandait une armée navale, le cardinal de La Valette et le cardinal Infant ne perdaient rien du respect qui leur était du, en tachant d'un peu de sang guerrier la pourpre de Rome.

(59,) Voir la planche qui fait face à la page i5. Cette lithographie a été exécutée avec fidélité et talent d'après la gravure originale que Nanteuil avait faite pour orner la thèse soutenue le 27 juillet 1639 par Charles Maurice Le Tellier. On la trouve rarement avec le texte, mais isolée on la rencontre en bonne épreuve au prix de 5o à 60 fr. C'est probablement de cette planche dont il est question dans une chanson qui courrait en 1660 et que la collection manuscrite de Maurepas a recueillie. (Tome xxm, folio 297). Le rédacteur a mis en tête l'explication suivante :

Sur la Lieutenante criminelle Tardieu , qui en levant sa jupe montra un ealessnn fait avec une thèse de salin, où éloil le portrait du cardinal Mazarin.

Les deux vers, qui terminent cette chanson, sont fort méchants, ce sont les seuls qui méritent d'être cités :

Il pouvoit être là, comme on mettoit Mercure Sur tous les grands chemins.

Guy Patin parle d'une autre thèse dédiée également au Cardinal une année avant. Le passage est intéressant : Vous trouverez dans votre paquet une grande thèse de théologie dédiée an cardinal Mazarin , en huit feuilles de papier collées ensemble. Vous ne vites peutêtre jamais une si grande et chère gravure , la thèse a coûté 9,000 livres (Lettreà Ch. Spon, du 10 mars 16/18.)

(60) A tous les égards, cette gravure est remarquable : portrait ressemblant, vue de la galerie fidèle jusque dans le détail de la décoration, travail du graveur excellent. On sait que Le Tellier fit imprimer cette estampe au haut de sa thèse qui porte aux coins les étoiles et les faisceaux du Cardinal. Je trouve dans la correspondance de Mazarin avec Colbert, ce passage dans une lettre du 29 may 1656 : J'envogeray à V. E. quelques copies du panegiric du Sgr Gralianj et du portrait de V. E., de Nanteuil, que ledit Lange me donna en même temps. On remarquera que le por-

trait n° 32, daté de 1656, est le premier de ceux de Nanteuil qui porte ad vivum faciebat ; il est donc à présumer qu'il s'agit de celui-là.

Je crois utile et j'ai trouvé piquant de former le catalogue des portraits du cardinal Mazarin. Outre la preuve qu'il fournit de son jugement dans le choix des peintres portraitistes, P. de Champaigne , Nanteuil, M. Lasne, Mignard, Ch. Lebrun, Romanelli, Vouet, Chauveau, etc., il présente un contraste assez instructif entre cette longue et persévérante illustration d'une ligure célèbre, et les violentes diatribes dirigées contre l'homme d'état.

Le caialogue des portraits gravés du cardinal Mazarin, a été essayé une fois par Lelong (liste générale des portraits gravés jusqu'en 1775, tome IV de la bibliothèque historique), mais d'une manière très superficielle, puisqu'il n'a atteint que le n° 46. J'ai mis à profit les richesses de la Bibliothèque royale, la collection de poi trails formée avec soin par le roi et distribuée méthodiquement par M. Brégot dans la bibliothèque du Palais- Royal, la collection de M. Deburre et celle de M. Hénin, enfin les portefeuilles de quelques amaleursen pays étranger et mes propres collections. Malgré touscessoins, j'ai la conscience de bien des lacunes. J'ai rangé ces planches par ordre alphabétique du nom des graveurs. Chaque description est suivie de ces qualifications : bon, méd. (médiocre), mauv. (mauvais) et des mesures exactes en millimètres. Les amateurs d'estampes ne trouveront pas ces précautions inutiles, et c'est à eux que j'ai pensé en indiquant, pour chaque planche, ses différents étals.

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