‹ De l'organisation des services d'assistance médicale gratuite dans les communes autonomesChapitre 20 sur 23 · ST GET · texte numérisé non relu

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l'application de la loi de 1905, combien le rôle des médecins des Bureaux de bienfaisance est difficile.

Aujourd'hui, les médecins du Bureau de bienfaisance demandent à être groupés de façon à être protégés contre l’indiscrétion de certaines demandes par des résolu ions collectives.

Je vous fais cette observation, Messieurs, pour vous faire sentir qu'il y a lieu de procéder à une étude très minutieuse du vœu qui vous est présenté ce soir. Si vous le vouliez, Monsieur Levrat, nous pourrions résumer votre vœu de la façon suivante : nous pourrions demander que le régime des médecins des Bureaux de bienfaisance. soit revisé dans un sens plus démocratique. Je crois qu'il serait bon de ne pas voter dès ce soir ce vœu tel que vous nous l’avez présenté.

M. Jacouer. — Cela ne va-t-il pas augmenter la dépense du service médical du Bureau de bienfaisance ? |

M. Le Maire. — Il faudrait une entente entre l’Administration du Bureau de bienfaisance et les médecins. Ces derniers devraient accepter le tarif qui serait établi.

M. Jacquet. — Il se pourrait d’abord que, dans certains quartiers, aucun médecin ne veuille accepter le tarif. Ensuite il y a des médecins plus ou moins consciencieux. Avec le régime actuel, le Bureau de bienfaisance est quelquefois obligé de retirer le service des indigents à certains médecins. Comment seraient soignés les malades avec le régime demandé par M. Levrat?

Je suis assuré que, si le Bureau de bienfaisance était consulté sur la proposition de notre collègue, il ferait toutes ses réserves.

M. 1e Maire. — Je crois qu'il faut vous borner au vote de la formule que je vous ai proposée. Un vœu précisant davantage la question appellerait des réserves,

Nous avons éprouvé le besoin d’avoir des droits sur les médecins du Bureau de bienfaisance. Que serait-ce si ces médecins étaient exclusivement choisis par les malades

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eux-mêmes? Qu'arriverait-il lorsque l'indigent malade ferait appel à un médecin peu consciencieux sur lequel nous n’aurions aucun droit ?

M. LevrarT. — Je suis tout à fait d'accord avec: Monsieur le Maire quand il dit qu'on doit exiger des garanties de la part des médecins. Je demande que la question soit mise à l'étude et non pas qu'on réorganise le service médical du Bureau de bienfaisance dans le sens de la liberté abs lue sans contrôle de la part de l'Administration.

M: LE Mae. — Eh bien, si vous voulez, je vais mettre aux voix le vœu proposé par M. Levrat sous la forme suivante :

« Le Conseil municipal,

« Emet le vœu que la Commission administrative du Bureau de bienfaisance mette à l’étude la réorganisation des services médicaux dans un sens plus démocratique. »

M. Gouriu. — Et, en principe, dans le sens du libre choix.

M. ze Maire. — Autant que possible.

M. Goursu. — C'est le courant d'opinion qui existe en France, le principe étant établi déjà pour les accidents du travail.

M. Le Maire. — Messieurs, je mets aux voix le vœu présenté par M. Levrat, avec la modification proposée par l'Administration. Que ceux qui sont d'avis de l’adopter veuillent bien lever la main.

(Adopté.)

En avril 1909, M. Levrat ayant demandé au maire, en séance de Commission générale où en était la question; celui-ci lui répondit que le Bureau de bienfaisance avait, après un rapport d’un membre de la Commission administrative, décidé de maintenir le safu quo.

Sur sa demande, le rapport lui fut communiqué, et il y répondit par un mémoire très détaillé. Son mémoire fut transmis par Le maire, en mai 1909, à la Commission administrative du Bureau de bienfaisance, mais 1l ne fut jamais

publié. D'ailleurs. il n’y fut fait aucune réponse, malgré une nouvelle intervention de sa part le 20 décembre 1909. (Bulletin officiel du 26 décembre 1909, p. 233.)

M. le Dr Levrat, dans une lettre adressée à M. le professeur Etienne Martin, écrivait :

« D'autre part, si j'en excepte les encouragements d'un ou deux eonfrères isolés, mon initiative ne me valut pas autre chose que de nombreuses remontrances de plusieurs amis, et, devant la mauvaise volonté évidente de l’Administration, je finis par me résigner à l'enterrement de la question. J'ajoute que, dans une ville comme Lyon, il ne pourrait être question du libre choix absolu, sans garanties ni contrôle, et c’est là, évidemment, le point délicat! ».

Voilà, n'est-il pas vrai, une aventure qui se passe de commentaire |

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