C. — Confection des cartes
Les cartes destinées au catalogue méthodique seront exactement les mêmes que celle du catalogue alphabétique ; il n'y a aucune raison de les distinguer, pas même par une simple nuance de teinte : les indications de tête suffiront toujours pour ne pas confondre les unes avec les autres, lors même que pendant le travail de leur confection on viendrait k en mélanger quelques-unes. Et k ce propos, nous observons ici qu'il sera toujours bon, pour simplifier le travail, de mener concurremment les deux séries de cartes : k mesure que les unes et les autres sont faites, on les sépare en tas distincts.
Les indications k faire figurer sur ces nouvelles cartes seront toujours au moins au nombre de sept, savoir : les
divisions et les subdivisions auxquelles appartient louvrage, — le titre complet, — le lieu de Tirapression, — le nom de Tîmprimeur ou celui de ^éditeur, — la date, — le format, — le n* du registre d'entrée-inventaire. Quelquefois, il y aura lieu d'ajouter Tédition, le nombre de volumes et quelques notes bibliographiques, ou bien Tune ou l'autre seulement de ces mentions. Reprenons ces différents points.
À mesure qu'un ouvrage se présentera^ on en examinera le titre avec attention, et, au besoin, on cherchera, en parcourant rapidement le livre (i), à se faire une idée exacte de son contenu, afin de fixer d'une manière judicieuse les division et subdivision dans lesquelles il devra être placé. Cela fait, on inscrira en tête de la carte et a gauche ces division et subdivision, en ayant soin de les écrire d'un caractère assez ferme et de les détacher suffisamment.
Dans l'angle de droite, et en face de l'indication ci-dessus, on notera la date de l'impression de l'ouvrage. Si l'impression a duré plusieurs années, on indique les années extrêmes en les liant par un trait d'union (ainsi : 1842-49). Si l'ouvrage n'est pas daté^ on met simplement des guillemets ; et si, la date manquant sur le livre, le bibliothécaire la connaît néanmoins> il la met entre parenthèses.
Un peu plus bas, dans le corps de la carte, on inscrit le titre entier du livre (car c'est ici le vrai catalogue) tel qu'on le trouve au frontispice et avec tous ses détails.
Vient ensuite l'indication de l'édition, lorsqu'elle se trouve mentionnée : si elle ne s'y trouve pas, c'est que l'ouvrage a inscrire est de la première ; on ne la mentionne pas non plus sur le bulletin.
Après cela, on indique le lieu de l'impression, puis le nom
(1) Un savant bibliophile, Leber, allait plus loin. Il ne se contentait pas de parcourir les livres dont le titre lui semblait énigmatique, il les lisait. Dans la préface du catalogue de sa bibliothèque, il écrit ceci : « Mon secret est bien simple : je lis mes livres, car je ne les ai que pour cela. Ce n*est point un mérite dont je veuille me glorifier, mais c'est un avantage dont mon catalogue a dû profiter. » Le conseil est excellent, mais en somme peu praticable : à le suivre, on ne suffirait pas à la tâche. Mais au moins faudra-t-il, dans bien des cas, faire des livres à cataloguer un examen suffisant pour être à même de les placer dans la classe à laquelle ils appartienent réellement.
de rimprimeur ou de l'éditeur. Ces noms doivent se mettre, non pas au nominatif, comme nous avons vu pour le mot d ordre au catalogue alphabétique, mais au même cas où on les trouve. S'il y a deux noms de lieux d'impression ou de publication ou deux noms d'imprimeurs ou d'éditeurs, on les écrit à la suite l'un de l'autre, en les joignant par un trait d'union. S'il y en a un plus grand nombre, pour éviter de trop longues listes, on peut se contenter de porter les deux premiers, en les faisant suivre de quelques points.
On écrit ensuite de nouveau la date (l'indication portée en tête ne sert qu'k frapper l'œil au moment du classement). A défaut de date indiquée sur le titre, on écrit les lettres s.d.^ et si néanmoins on la connaît réellement, on la met a la suite entre parenthèses.
On indique alors le nombre de volumes s'il y en a plusieurs, puis le format (1) ; enfin on porte, entre parenthèses et d'une manière bien détachée, le numéro attribué à l'ouvrage sur le registre d'entrée-inventaire.
Tous ces détails deviendront plus saisissants par l'inspection de l'exemple ci-dessous :
Hist, mod, — Généralités,
Les Germains aimait le christianisme* Recherches sur les origines, les traditions, les institutions des peuples germaniques^ et sur leur établissement dans l'empire romain, par A. -F. OzANAM. 2« éd. Paris, J. Lecoffre et G*% 1855, 2 vol. in-8.
A ces indications, il sera quelquefois très-intéressant d'ajouter, en formes de notes, certaines particularités que l'on pourrait connaître sur l'ouvrage ou sur l'auteur. Ces observations, qui devront toujours être faites très-sobrement, et dont le principal mérite sera l'exactitude, sont de nature k donner
(1) Nous répétons qu'on trouvera plus loin, au § V de cette section, quelque détails sur la manière da reconnaître le format des livres ainsi que sur les principales abréviations dont on peut avoir besoin de m servir.
LES LlVftfiS Si
beaucoup de prix k un catalogue ; elles dértoteut souvent, de la part du catalogographe, de minutieuses et patientes recherches, et peuvent fournir aux personnes qui eonsultercmt son travail, d'utiles et précieux renseignements. « Ces notes peuvent être de tous genres, dit M. Constantin, pourvu qu'elles se rattachent, d'une manière ou d'une autre, à l'ouvrage dont elles accompagnent le titre ; rien n'est exclu : la critique littéraire, l'exécution matérielle, l'histoire, les anecdotes, la biographie tout peut y trouver place. Mais leur rédaction doit être correcte, cfeire et concise, et n'a pas besoin de cette élégance qui fait le premier mérite d'autres Compositions. Un écueil est cependant k éviter : c'est la monotonie inévitable des formules bibliographiques, que la nature du sujet amène continuellement ; il est inutile, par la même raison, de sur« charger les notes de détails que l'on trouve souvent dïlleitfs(l ). » Nous ajouterons qu'un autre écueil serait de vouloir annoter tous ou presque tous les ouvrages que l'on aurait k inscrire : il ne faut annoter ainsi que ceux pour lesquels il y a un véri^ table intérêt a le faire ; car on s'ecposerait k grossir de cette façon le catalogue dans des proportions excessives, en même temps qu'on s'imposerait un travail la plupart du temps inutile.
Tous ces détails concernant la confecfioû de la carte ^u catalogue méthodique nous semblent faciles a saisir. Toutefois nous croyons utile d'ajouter quelques mots sur le point spécial de la transcription du titre.
Pour le catalogue méthodique, avons-nous dit, on inscrit le titre entier du livre, tel qu'on le trouve au frcmtispice et avec tottS ses détails. Cette formule est, en effet, fort générale.
D'abord, il peut se rencontrer dans le titre certaines adjonctions qui n*en font pas réellement partie ; par exemple, cette mention : Ouvrage adopté par le conseil supérieur de tinstrtieiiQn publique, on bien celle-ci : Ouvrage couronné par V académie ée r.r^ ou encore cette autre : Extrait dm mémùt" res de la société de ... H est bien évident (\xie ces sortes de mentions ne font pas partie intégrante du titre. Qu'un ouvrage
(1) L. A. Constantin (Leopold-Auguste-Cônslantin Hesse), Biblicikécanomie, p. 111.
ait été couronné par un académie ou une société littéraire ou scientiflque, cela peut être une preuve qu*il n est pas sans mérite, mais n'ajoute rien a Tidée qu'on peut se faire de son contenu. Il pourra être bon d'en faire l'objet d'une note spéciale à placer a la suite de l'énoncé général ; mais il sera toujours utile de l'en distinguer.
Il y a encore des ouvrages dont les titres proprement dits sont démesurément longs; ils donnent des nomenclatures presque complètes de toutes les matières traitées au cours du livre. Le respect de la fidélité ne doit pourtant point aller jusqu'à nous faire reproduire tous ces détails : il suffit alors d'énoncer la partie essentielle et de reproduire les points les plus saillants : tout au plus pourrait-on indiquer par quelques points qu'il y a certaines parties élaguées.
Enfin il peut arriver que plusieurs ouvrages absolument distincts, et appartenant même a des auteurs différents, se trouvent réunis dans le même volume. Cette circonstance peut se présenter en particulier dans ce que nous avons appelé plus haut écrits ojcadémiques {P^ogrammata, séries, etc.) (1), et aussi dans ces volumes où l'on relie ensemble plusieurs pièces de médiocre étendue, soit pour en rendre la conservation plus facile, soit par un esprit d'économie mal entendu (2). Dans ce cas, il faut faire une carte spéciale pour chaque ouvrage, comme si le volume ne renfermait que celui-là, en plaçant chaque carte a son rang dans le système adopté, avec le numéro d'ordre donné originairement au volume. Quant à ce
(1) Voy. Supra, p. 43.
(2) L^usage des recueils factices, comme on appelle ces réunions dans un même volume d'ouvrages divers, assez pratiqué autrefois, mais aujourd'hui abandonné, a plusieurs graves inconvénients. Outre qu'on est souvent forcé, pour former des volumes, d'accoupler ensemble des ouvrages de natures fort diverses, on s'expose à faire tomber sous le couteau dii relieur la presque totalité des marges d'une partie pour l'abaisser au niveau des autres. Enfin il y a cet autre inconvénient,dansaine bibliothèque publique que quatre ou cinq personnes, quelquefois plus, pourront se trouver privées de la lecture quelle désiraient faire, parce qu'une d'entre elles aura en main le volume renfermant le travail qu'elles sollicitaient. Aussi bibliothécaires et bibliophiles repoussent avec énergie cettç pratique désastreuse, que le savant bibliothécaire de la bibliothèque de Grenoble, M. H. Gariel, appelle un acte de sauvagerie.
volume lui-même, il serait bon de placer en tête le titre sommaire des différents ouvrages qu'il contient, en les disposant dans Tordre où ils se suivent.
D. Classement des caiites.
Nous avons transcrit sur des fiches ou cartes séparées, et de la manière exposée ci-dessus, les titres, non pas de tous les ouvrages de la bibliothèque, mais au moins d un certain nombre ; il s'agit maintenant de ranger toutes ces copies dans Tordre du système adopté. Les indications qui se détachent en tête de chaque carte nous serviront pour cela. Voici comment nous procéderons, et d'une manière analogue a celle suivie par le catalogue alphabétique.
' Nous ferons d'abord autant de paquets que nous trouverons de grandes classes, c'est-a-dire.que nous en ferons un pour la théologie, un pour la jurisprudence, un pour les .sciences philosophiques, etc., comme nous avons fait, dans le catalogue alphabétique, pour les 25 lettres de l'alphabet. Prenant ensuite chaque paquet, nous le partagerons suivant les subdivisions indiquées. Si, pour quelques parties, eu égard a la richesse du fonds que nous avions a cataloguer, nous avons cru devoir pousser plus loin notre classification, nous en tiendrons également compte dans notre travail de classement.
Arrivés a ce point, nous avons donc une série de paquets ; mais, dans chaque subdivision, les cartes n'occupent pas encore respectivement entre elles leur rang définitif. Pour cela, une dernière opération est nécessaire. Il faut reprendre chaque paquet, et placer toutes les cartes qui le composent par ordre de dates. Voila pourquoi nous avons détaché cette date au haut de chaque carte et à droite.
Mais il peut arriver encore que, dans la même catégorie, nous trouvions plusieurs ouvrages ayant la même date. Dans ce cas, attachons-nous k Tordre alphabétique des noms d'auteurs, qu'il sera facile de déterminer suivant les principes établis plus haut. C'est pourquoi il sera bon, dans la copie de chaque carte, de forcer un peu l'écriture en transcrivant les
noms des auteurs, afin que cette écriture un peu plus grosse frappe Tceil aussitôt.
Cette marche, observée avec soin pour le classement des cartes déjà faites, il sera facile, a mesure qu'on avancera dans le travail des copies de titres, d'intercaler les nouvelles faites a la fin de chaque journée, ou après quelques jours si* Ion veut.
E. Mode de conservation des cartes.
En ce qui concerne la conservation des cartes du catalogue méthodique, nous n'avons pas à répéter ce qui a été dit plus haut en parlant du catalogue alphabétique. Le plus simple est d'employer le même système de boîtes, que nous disposerons, de la même façon, et au bas desquelles nous adapterons des tringles du même genre pour retenir les cartes. Nous n'avons donc ici qu'à renvoyer aux développements donnés plus haut, p. 47 et suiv. Nous nous contenterons seulement, pour éviter toute confusion, de coller, en avant de chaque boîte, une bande de papier où sera écrite en caractères assez gros cette
mention : Catalogue méthodique — Classe I à De plus,
au milieu des séries de cartes et pour faire la séparation des classes, ou pourrait avoir de petites planchettes d'environ 5 millimètres d'épaisseur et de la grandeur des cartes, lesquelles porteraient sur leur bord supérieur et visible l'indication de la classe dont la série commence, absolument comme nous avons fait pour la séparation des lettres de l'alphabet, dans le catalogue alphabétique. Pour séparer les subdivisions, il suffirait de cartes de quelques millimètres plus hautes que les autres et d'une autre couleur : au bord supérieur, on indiquerail h subdivision. De cette manière, on éviterait tout embarras pour les recherches et pour les intercalations a faire dans la suite.
F. Transcription sur un registre spécial.
Comme le catalogue alphabétique, le catalogue méthodique devra aussi être transcrit sur un registre spécial : c'est le seul moyen de le mettre utilement à la disposition des travailleurs. Chacune des pages de ce catalogue devra être divisée en huit
LES LIVUES
colonnes, dont la première, la plus large, recevra la copie entière du titre. Viendront ensuite des colonnes plus ou moins larges^ où Ton inscrira : 1* Tédition; 2* le lieu de l'impression et le nom de Timprimeur ou de Téditeur ; 3* la date ; 4* le nombre de volumes ; 5* le format ; 6* les annotations particulières; 7* le numéro du registre d'entrëe-inventaîre.En outre, en tête de chaque page, on aura bien soin d'inscrire exactement les différentes divisions et subdivisions du système adopté. Nous prenons pour exemple l'ouvrage indiqué cîdessus de A* F. Ozanam , Les Germains avant te christia^ nisme.
Histoire moderne. — Q-énéralités,
Lieux d'impres-
os