SECTION QUATRIÈME
DES AUXILTAIRES
L'organisation d'une bibliothèque est une œuvre qui demande beaucoup de soins, beaucoup d'attention et beaucoup de patience, souvent aussi beaucoup de temps. La confection des catalogues surtout, sans lesquels la bibliothèque ne saurait rendre tous les services qu'on est en droit d'en attendre, est un travail de longue haleine, qui demande à être poursuivi sans relâche, mais pour lequel il faut craindre la précipitation. C'est, du reste, un travail a faire une fois, et qui n'a pas à se répéter : une fois fait, (dans de bonnes conditions et avec tout le soin possible, nous le supposons), c'est fini pour longtemps, et il n'y a pas k le recommencer : il faudra seulement veiller k ce qu'il soit tenu constamment k jour, et que toutes les acquisitions soient inscrites régulièrement et k mesure qu'elles sont faites. Cependant, aussi longtemps que ces catalogues ne sont point achevés, il y a un état de gêne, un état de souffrance pour tout le monde ; lecteurs et emprunteurs sont incapables de trouver dans la bibliothèque les secours qu'elle pourrait leur offrir ; le bibliothécaire lui-même et les employés ne marchent qu'k tâtons. Il est donc important de mener le plus vite possible k bonne fin un travail si nécessaire. Pour cela, il faudra adjoindre au personnel ordinaire de la bibliothèque un ou plusieurs auxiliaires chargés de la confection des catalogues.
Il serait peut-être bon d'exposer ici quel est le mode que nous croyons le meilleur pour le recrutement de ces auxi-
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liaires. Mats ce point rentre plus spéciaiement dans les attributions de Tautorité supérieure, et nous n'avons point S nons y arrêter. Disons seulement que, dans tous les cas, il ftittdrà offrir des avantages assez réels et des perspectives propres à attirier les sujets les plus capables.
Quoi qu'il en soit, ces auxiliaires seront des employés temporaires. Ils seront adjoints au bibliothécaire pour des tttivaux spécialement déterminés, pour la confection du catalogue. On devra, par conséquent, leur demander une somme de connaissances et les aptitude^ nécessaires pour mener à bien le travail dont ils seront chargés ; il faut, en particulier, au point de vue matériel, qu'ils aient une écriture nette, ferme et bien lisible. Pour les détails, d'ailleurs, et pour les difficultés qu'ils pourraient rencontrer dans l'exécution de leur tâche, le bibliothécaire sera constamment prêt à les aider du secours de ses lumières, et il les rendra ainsi insensiblement de plus en plus capables de se passer de son concours. Néanmoins, c'est toa> jours son impulsion qu'ils devront suivre, et ils auront soin de s'attacher scrupuleusement k l'ordre et à la .marche indiqués par lui ; car une pensée unique doit présider a tout le travail, toutes les parties doivent s'unifier dans un accord harmonieux. C'est pourquoi le bibliothécaire devra sans cesse veiller k la rigoureuse observation de ses prescriptions, afin que l'ensemble du travail ne contienne pas de disparates, peut-être même des inexactitudes, des répétitions ou des omissions, susceptibles d'induire en erreur ceux qui plus tard consulteront son catalogue.
Toutefois, bien que la confection du catalogue soit spécialement la tâche k laquelle les auxiliaires doivent donner tous leurs soins, il sera bon aussi qu'ils ne négligent point absolument les autres parties du service, et qu'ils fassent, sous la direction du bibliothécaire, une sorte d'apprentissage du métier. Le plus souvent, le poste d'auxiliaire ou, suivant l'expression des règlements universitaires, le poste surnuméraire n'est que le début dans une carrière que l'on désire embrasser. Il est très-avantageux de s'être essayé quelque temps d'abord sous la direction d'un maître, afin d'avoir déjà quelque expérience, lorsqu'on sera plus tard obligé de se mettre soi-même et pour son propre compte k la besogne. Que l'auxi-
Uake donc m réimgae pas ^ se mettre quelquefois en rapport avee les lecteurs, comme aussi à s'initier aux divers détails de la comptabilité. Il ne faut pas certainement que ces occupations, qui sont en réalité étrangères a l'œuvre spéciale a laquelle il doit diNoiner son concours, lui fassent perdre un temps trop considérable ; mais nous croyons qu'il est de son avantage même, comme celui de la bibliothèque, qu'il ne se eoitfme pas dans une spécialité trop retirée.