DEUXIÈME PARTIE
DE LA CONSERVATION DE LA BIBLIOTHÈQUE
Autant on doit apporter de soins pour la bonne organisation d'une bibliothèque, autant il en faut apporter pour sa conservation et sa régulière administration. S'il s'agit d'une bibliothèque privée, le seul intérêt de son propriétaire engagera suffisamment celui-ci à veiller a la conservation de son bien ; s'il s'agit d'une bibliothèque publique, celui qui en a accepté la direction doit se souvenir que c'est un dépôt qui lui a été confié et qu'il doit rendre intact, pour servir à l'instruction de nos neveux comme il a pu servir a celle de nos contemporains. Le bibliothécaire d'une bibliothèque publique est un fonctionnaire, entre les mains de qui a été remise une portion de la richesse publique, pour la faire servir, dans une mesure voulue, au bien général de la communauté, et il est tenu de veiller, avec une sollicitude de tous les instants, a ce que cette richesse ne subisse de son fait, aucun amoindrissement. Il devra donc ne négliger aucun moyen d'assurer cette conservation, qui est pour lui un devoir de conscience : il devra veiller en même temps a l'ensemble et aux détails, et ne jamais laisser se refroidir son zèle. ï\ devra dans toute sa gestion, faire régner l'ordre le plus parfait, et tenir toujours ses registres avec la plus grande régularité, afin de pouvoir être a chaque instant renseigné exactement sur la situation delà bibliothèque et pour se trouver constamment en me^re de donner à l'autorité supérieure tous les éclaircissements qui pourraient lui importer.
Cette seconde partie de notre travail a donc pour objet, ainsi qu'on le voit, un ensemble de soins divers dont la réu-
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nion concourt à maintenir la bibliothèque en état de. rendre tous les services en vue desquels elle a été créée. Ces soins sont de plusieurs sortes : il y en a qui sont simplement préventifs ; d'autres qu'on pourrait appeler reslauratifs^ et d'autres enfin auxquels on pourrait donner la qualification A^adminisiratifs. Les premiers sont destinés à prévenir les destructions et détériorations ; les seconds k rétablir en bon état les parties qu'un plus ou moins long usage aurait rendues impropres au service ; les derniers à maintenir dans un ordre parfait toute la comptabilité de la bibliothèque, c'est-a-dire les différents registres et papiers, dont la régularité est le plus sûr garant et la meilleure preuve d'un service exactement fait : c'est le contrôle établi sur toutes les parties, contrôle toujours indispensable dans la direction d'un établissement public.
Les divers soins dont il est ici question doivent s'appliquer à toutes les parties de la bibliothèque, au local et au mobilier aussi bien qu'aux livres. Toutefois, ce qui concerne le local et le mobilier ne se lie qu'indirectement a notre sujet, et nous n'en dirons que quelques mots. Mais nous nous attacherons a développer d'une manière plus complète ce qui regarde les livres et la comptabilité.
Un autre point que nous ne saurions négliger est celui de l'usage de la bibliothèque et des règlements qui doivent y être établis. L'usage de la bibliothèque est en eflet le but dernier de l'établissement, et cet usage ne peut être vraiment profitable 'a tous que s'il s'appuie sur de sages règlements, propres à sauvegarder à la fois tous les intérêts.
Nous diviserons donc cette seconde partie en quatre chapitres d'inégale étendue :
l"" Des soins à donner au local et au mobilier ;
2** Des soins a donner aux livres ;
3* De la comptabilité.
é"" De l'usage de la bibliothèque et des règlements.