URGENCE DE CETTE INSTRUCTION
Des crédits considérables ont été mis, depuis quatre ans, a la disposition du ministre de Tinstruction publique, pour le développement des bibliothèques des facultés'
A cette occasion, la commission du budget a exprimé la volonté formelle que les élèves fussent mis k même de trouver dans ces collections les facilités de travail les plus complètes. Ces facilités sont, en effet, de droit, puisque les étudiants ont
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été assujettis k un nouvel impôt spécial, dit de bibliothèque. Le ministre a donc le devoir impérieux de s'enquérir de la situation de cette partie du service, et d'en assurer le fonctionnement régulier.
La présente instruction entre, comme on le verra, dans des détails d'exécution qu'a première vue on pourrait juger trop minutieux; mais il convient de ne pas oublier qu'en maint endroit tmit est à créer, local, matériel et personnel, et que, même dans les établissements organisés à une date plus ou moins ancienne, l'administration se trouve en présence de deux inconvénients également sérieux : l'absence presque totale des moyens de contrôle, la diversité des méthodes d'enregistrement et de classement. Il a donc paru indispensable de faire une application nouvelle, mais nécessairement plus détaillée et plus raisonnée, du principe qui a inspiré l'instruction ministérielle de 1876 sur le classement des bibliothèques populaires. Un exemplaire de ce document est joint a la présente instruction (1). Les recommandations auxquelles on a cru devoir s'arrêter seront, sans nul doute, superflues pour les bibliothécaires expérimentés ; mais elles seront consultées avec un profit certain par ceux de leurs collègues qui peuvent être prochainement nommés.
Il convient d'ajouter que les réformes les plus salutaires ne pourraient être introduites tout d'une pièce, sans tenir compte d'un ordre ancien. Il sera donc entendu que, dans les bibliothèques qui comptent déjà un grand nombre d'ouvrages et où il existe un inventaire et des catalogues régulièrement tenus, les délégués du ministre aviseront aux mesures à prendre pour raccorder les anciens travaux avec le nouveau procédé de classement (voir page 271).
DEVOIRS DU BIBLIOTHëGAIRE.
Le bibliothécaire a une double mission :
1° Conserver avec la fidélité la plus scrupuleuse le dépôt dont il est constitué le gardien responsable ;
(1) Voy. Supra, p. 248.
2o Mettre les professeurs et les élèves à même d'user de ce dépôt avec toute la liberté que comporte cette responsabilité.
De leur côté, les professeurs et les élèves doivent considérer que les mesures de sauvegarde et d'ordre intérieur édictées par le règlement ont pour premier mobile leur propre intérêt, puisqu'elles tendent a assurer la conservation des livres nécessaires 'a leurs travaux. Ils doivent se souvenir, en outre, que l'État a le droit et le devoir de contrôler par des vérifications annuelles la présence des livres acquis a l'aide des deniers du Trésor public, et devenus par ce fait propriété nationale.
Le bibliothécaire doit être toujours en mesure de fournir a son successeur ou a l'inspecteur délégué par le ministre les moyens de reconnaître exactement la situation de la bibliothèque dans toutes ses parties. Cette obligation nécessite l'inscription immédiate, sur ses trois catalogues, des ouvrages acquis ou reçus en don ; elle exige, par surcroît, l'observation rigoureuse des règles relatives a la tenue du registre de prêt.
Le premier des catalogues (voir modèle n° 1) tient lieu a la fois de registre d'entrée^ d'inventaire et du registre de réco^ lements. Il représente la bibliothèque tout entière dans l'ordre invariable de ses numéros, constate la date d'arrivée de chaque ouvrage, en donne la description complète et permet de faire en toute sûreté un récolement auquel il ouvre une colonne spéciale (voir modèle w 1, page 288). Le registre d'entrée-inventaire doit être établi en trois tomes reliés : l'un affecté aux inscriptions du grand format ou in-folio ; le second, aux inscriptions du moyen format ou in-quarto ; le troisième, au petit format ou in-octavo.
Les numéros portés sur ce registre ne peuvent plus être modifiés ou changés ; ils demeurent acquis a chaque ouvrage et servent a le retrouver quand on consulte le catalogue alphabétique ou le catalogue méthodique.
Pour répondre aux demandes, deux autres catalogues sont nécessaires. Ceux-ci sont tenus par cartes ou folios mobiles (seul moyen de permettre indéfiniment l'intercalation). Le preinier est le catalogue alphabétique des noms d'auteurs ; le second, le catalogue méthodique des ouvrages classés par ordre de matières ; ces catalogues reproduisent nécessaire-
ment, en regard de chacun des ouvrages, le numéro sur lequel il a été inscrit au regùtre d' entrée-inventaire.
Enfin, la justification de labsence d un livre demandé e^ge la tenue de registres de prêts et de disparitions^ qui permettent de constater k quelle date précise ce livre a été prêté ou reconnu manqtumt.
Ces indications générales seraient incomplètes si Ton ne signalait dès le début quelques points essentiels, qu'on se propose d'ailleurs de développer dans le cours de cette instruction :
!• On doit timbrer, numéroter et inventorier chaque brochure, aussi bien que chaque livre le jour même de leur entrée. Si rentrée est trop considérable pour que lesdites opérations puissent être accomplies en un seul jour, elles devront, en tout cas, être commencées sans aucun retard et poursuivies sans interruption. Il est spécialement entendu qu aucun prêt ne pourra être consenti, sous aucun prétexte, avant l'enregistrement complet des ouvrages.
2'^ Les numéros mentionnés au registre d'entrée deviennent partie intégrante du volume, qu'ils désigneront partout désormais : leur ordre se succède sans interruption.
3' Ces numéros doivent être simples, c'est-k-dire sans aucun des sous-chiffres ou des indications de séries trop souvent imposés par la multiplicité des sections introduites dans les catalogues.
En résumé, timbrage et numérotage immédiats, mise à jour simultanée des trois catalogues, tenue exacte du registre de prêts et de disparitions : telles sont les règles dont l'observation rigoureuse peut seule constituer une bibliothèque bien ordonnée.