OPÉRATIONS DU CLASSEMENT
Le classement d'un ouvrage ne comporte pas moins de sept opérations accomplies dans l'ordre suivant ; 1* timbrage; 2* numérotage; 3« inscription au registre d" entrée-inventaire ; 4:"" inscription au catalogue alphabétique; b* inscription au
catalogue méthodique; 6® intercalation des cartes à leurs catalogues respectifs; V placement de l'ouvrage sur les rayons.
lo Timbrage
• Timbrer le titre et la dernière page de chaque volume, en ayant soin de placer le timbre aussi avant que possible dans le corps de la page, sans toutefois couvrir le texte. Le timbre ayant pour but de prévenir et de faire reconnaître les détournements, il est essentiel qu'il ne suffise pas de couper une marge pour le faire disparaître. Pour les volumes dépassant 100 pages, on timbra) aussi au timbre sec la page 99. Pour les atlas et les recueils d'estampes, timbrer chaque carte et chaque estampe.
Gravure du timbre. — Le timbre ne doit pas être trop grand. La légende la plus abrégée est la meilleure. Tout ornement est inutile. Adopter des caractère maigres : ils sont moins sujets à s'empâter, et la légende est plus. propre et plus lisible.
2o Numérotage
Mode d'inscription. — Dès l'arrivée d'un ouvrage, on doit lui donner le numéro de son ordre d'arrivée, et répéter le même numéro sur chaque tome, si l'ouvrage en compte plusieurs.
Le numéro d'ordre est inscrit k l'encre : 1** au coin supérieur de la page du titre, à droite; 2* sur l'étiquette collée au dos du livre, près du talon.
S'assurer que le papier du titre est collé, et, s'il ne l'est pas, couvrir préalablement de sandaraque le coin destiné à l'inscription. Inscrire les çhiffires très lisiblement.
Étiquettes. — Les étiquettes rondes se décollent moins facilement que celles qui sont carrées. Si elles ne sont pas gommées d'avance, les coller soit avec de la gomme liquide, soit avec de la colle de farine saupoudrée d'alun, qui la défend contre les insectes.
Point de départ du numérotage. — Si les ouvrages de la bibliothèque n'ont pas encore reçu de numéro, on partira du numéro 1 ; s'ils ont déjà un ancien numérotage, on le respec-* tera en se bornant à partir désormais du numéro le plus élevé atteint par le précédent classement.
l®** Exemple. — Le dernier numéro de l'ancien classement étant 35001 , le nouveau partira du numéro 33002 inclusivement.
2® Exeinple. — La bibliothèque étant divisée en plusieurs sections numérotées séparément depuis 1 , d'où il résulte que la théologie ^^i parvenue au numéro 1542 ; hi jurisprudence^ au numéro 1828; les sciences^ au numéro 1998; les belleslettres^ au numéro 2240 ; Yhistoire, au numéro 1997. Supprimant les sections, le nouveau numérotage partira du numéro 3998, qui n'a été atteint par aucune, et continuera sans interruption et sans observer d'autre ordre que celui de l'arrivée des ouvrages, en ayant toutefois égard au sectionnement par format.
Sectionnement du numérotage par format, — Le sectionnement par format a pour objet de placer sur les rayons des suites de volumes ayant tous a peu près la même hauteur. Leur conservation en est meilleure, car la reliure d'un grand volume souffre toujours du voisinage d'un volume trop petit. Ajoutons que l'on gagne de la place en ne confondant pas sur le même rayon des livres de grandeurs inégales. Les formats reconnus dans ce mode d'opérer sont au nombre de trois: {• grand format ; 2'' moyen format ; 3*^ petit format, qui correspondent aux désignations généralement reçues à'in-folio, in-quarto^ in-octavo. Pour faire en sorte que leur division ne soit pas un obstacle sur les rayons, où il est essentiel de maintenir la suite des numéros sans interruption, on réservera d'avance a chaque format une série de numéros déterminée de façon a laisser le champ libre aux accroissements futurs.
1" Exemple. — Étant donnée une bibliothèque de 20,000 volumes non encore numérotés, on réservera les numéros 1 à 9999 pour les grands formats; 10,000 a 29,999 pour les moyens formats ; 30,000 et suivants pour les petits formats.
2'' Exemple. — Étant donnée une bibliothèque déjà numérotée, comme celle dont il est question au paragraphe précédent (voir plus haut, 2° exemple)^ on sectionnera par format ainsi qu'il vient d'être dit, a partir du numéro le plus élevé qu'aient atteint les anciennes divisions.
Nécessité de trois registres d'entrée. — Le sectionnement par format exige que le registre d'entrée ou catalogue numé-
rique.soii divisé en trois registres ouYerts,Ie premier aux inscrip. tions du grand format pu in-folio, le second au format moyen ou in-quarto, et le troisième au petit format ou in-octavo. Chaque registre portera le numéro 1 et formera tête de série,
Reconnaissance des formats. — Il est utile de préciser ici les moyens de déterminer chaque format. A l'époque où le papier était fabriqué selon des règles de dimension qui variaient peu, on reconnaissait le format en comptant les pages de la feuille d'impression. Les désignations d'in-folio, inquarto, in-octavo représentaient alors une hauteur fixe. Il n'en est plus de même aujourd'hui que les feuilles d'impression sont de dimensions très différentes, et que certains in-octavo deviennent plus grands qu'un in-folio du XVP siècle. L'indication actuelle a donc perdu son ancienne signification, car elle ne répond pas toujours k l'indication de la hauteur du livre ; elle doit être abandonnée pour les désignations suivantes, répondant mieux aux dimensions réelles :
1* Grand format (comprenant tous les volumes dépassant 35 centimètres) ;
2** Moyen format (comprenant les volumes hauts de 25 a 55 centimètres) ;
3' Petit format (comprenant les volumes au-dessous de 25 centimètres).
Formats inégatix. — Il peut arriver qu'un ouvrage de petit ou de moyen format soit accompagné d'un atlas grand format. En ce cas, l'inscription de l'atlas k l'inventaire sera jointe k celle de l'ouvrage, sans que l'on se préoccupe de la différence des formats. Mais si l'atlas ne peut être rangé sur le même rayon, on l'y remplacera par une planchette indicatrice portant au dos le numéro attribué k Touvrage et, sur une des faces, la désignation du lieu où cet atlas sera déposé.
Planchettes indicatrices, — Les planchettes indicatrices seront également employées pour représenter sur l0s rayons : 1° les livres prêtés; 2* les livres disparus ; 5<> les livres précieux placés hors rang, dans des réserves particulières ; 4® les livres envoyés k la reliure.
Les planchettes seront en bois blanc et fabriquées le plus simplement possible. Elles affecteront la forme d'un volume d'une épaisseur suffisante pour que leur dos reçoivent l'étiquette.
dP iRSCRlPtlON AU REGISTRE D*ENTRfe-lNVBNTA!RE,
Après avoir numéroté le livre et reconnu son format, comme il vient d'être dit page 273, on inscrira son numéro, son titre abrégé et ses conditions matérielles sur le registre d'entrée affecté k son format. Il a été dit (pages 269 k 272) quel était Tobjet de ce catalogue et pourquoi il se divise en trois registres destinés aux inscriptions de l'in-folio, de l'in-quarto et de l'in-octavo.
Le tracé et les légendes de chaque registre seront conformes au modèle d'État (voir le modèle n" 1, pages 288). On ne saurait trop répéter que, une fois inscrits, les numéros de chaque ouvrage sont immuables et servent de points de repère dans les indications des catalogues alphabétique et méthodique.
Conditions du registre. — Le registre d' entrée-inventaire devra être de papier de fil bien collé et réglé (espacement des lignes, 2 centimètres). Ménager des marges assez grandes pour permettre plus tard une seconde reliure, s'il est nécessaire. En cas d'erreur, ne pas faire de grattages, mais barrer d'un trait léger et écrire à l'encre rOuge toute correction.
Indication des reliures. — L'inscription des titres d'ouvrages pourra être abrégée de façon à ne pas tenir plus d'une ligne. .
Pour la sûreté du récolement, il ne faudra pas omettre, toutefois, le détail des conditions de reliure, en abrégeant comme il suit ces dernières indications :
Basane bas. Miniatures min.
Blanc w . bla. Notes manuscrites . . n. ms.
Bleu bl. Parchemin parch.
Broché br. Percaline perc.
Compartiments comp» Petits fers p. fers.
Cartonné cart. Planches , , ♦ pi.
Chagrin ch. Plaquette plaq.
Dédicace autographe ded. aut. Portrait pir.
Demi-reliure....... d.-r. Rouge»» r.
Dentelles dent. Veau brun v. br.
Dessins » des. Veau écaillé. — Veau
Filets fil. fauve. — Veau mar- r. éc.-v.f.-
Doré sur tranche ... tr. d. bré. — Veau racine. v,m.-v.rac
Fleurs de lis 11. d. 1. — Veau tacheté ... v. t.
Gaufré gf. Vélin vél.
Gravures..... grav. Vert v.
Maroquin rouge, bleu mar. r., bl., Violet viol.
jaune, noir, vert. . . . j., n., v.
Recueils des pièces. — Donner Tindication du blason, si la reliure est blasonnée. * On ne doit pas omettre le catalogue détaillé des pièces de recueils factices (soiis la rubrique l^ pièce ^ 2«/>M ^^•)-
Avoir soin de mentionner a la colonne observations les dédicaces autographes et les notes manuscrites qui pourront se rencontrer.
Inscriptions réservées. — Si l'ouvrage est broché, s'abstenir de toute indication, en se réservant de mentionner plus tard le détail de sa reliure.
Les périodiques et les ouvrages non terminés ne seront inscrits a rinventaire qu'a la fin de la publication ou d une série complète. Jusque-là^ leur inscription aura lieu, en la forme ordinaire, dans un cahier particulier avec numérotage provisoire et affectation d'un local spécial.
Inscription des doubles. — Les doubles doivent être portés sur l'inventaire et sur les catalogues. L'expérience a prouvé, d'une part, qu'ils pouvaient être utiles, et, d'autre part, que leur isolement ou leur aliénation avaient des inconvénients plus grands que le bénéfice de leur renvoi.
4o Inscription au catalogue alphabétique
Le catalogue alphabétique a pour objet de répondre, a bref délai, k toutes les demandes qui concernent un nom d'auteur.
Ce catalogue ne saurait être établi sur un registre k folios fixes, par ce motif déterminant qu'il est impossible de mesurer les accroissements k venir et de leur ménager un espace suffisant. Le catalogue alphabétique doit donc être établi sur cartes ou folios mobiles, en telle sorte qu'il puisse se prét^ indéfi*niment k tous les besoins, sans obliger le bibliothécaire k des surcharges, avec la perspective de la refonte comi^te d'un travail considérable.
Noos ne saurions recommander exclusivement un modèle de carte ou de folio mobile. Le meilleur est sans contredit celui qui, au meilleur marché possible, permettra d'assembler et de désassembler facilement le catalogue pour chaque intercalation. Dans les anciennes bibliothèques, où les cartes ont été employées jusqu'ici, il sera prudent de continuer k s'en servir, afin de pouvoir utiliser le travail ancien et le fondre
dans le nouveau. Le seul perfectionnement à introduire sera dans Taménagement de ces cartes, qui devront se trouver réunies dans des boites en bois ayant des dimensions qui permettent un maniement facile et pourvues d'un système d'agrégation qui contienne les cartes sans nuire k leur libre examen. Plusieurs modèles ingénieux ont été mis en avant jusqu'ici. Les uns font passer dans les cartes une broche de bois ou de fer ; d'autres permettent de les consulter comme des feuillets de livre au moyen d'une charnière en toile qui les rattache a une sorte de registre a souche ; d'autres encore usent de folios mobiles reliés par la pression de deux bandes de fer à vis graduées comme pour les registres matricules militaires. En principe, ces méthodes sont préférables à l'usage des cartes en boites qui sont dépourvues de toute attache et risquent de s'éparpiller. Mais elles présentent le triple inconvénient d'être coûteuses, de ne pouvoir permettre ni une intercalation rapide, ni l'utilisation des cartes anciennes. Le meilleur expédient serait, si on s'en tient aux cartes ancien modèle, de les retenir en boites ^u moyen d'un appareil a grille (V. modèle n* 6), puis on rangera les boites dans un corps de rayons haut de 1",50. Pour faciliter l'examen des cartes, chaque tablette sera doublée d'une planchette sortant k volonté pour supporter la boite, si elle est attirée extérieurement, comme cela se pratique a la Bibliothèque nationale.
Les cartes doivent être de carton léger et avoir au moins 10 centimètres sur 6. Toute latitude est laissée si on les veut plus grandes.
L'écriture ronde, ou tout au moins un peu relevée, est recommandée dans l'inscription des cartes ; elle est plus nette, plus lisible et tient moins de place.
Quand le bibliothécaire écrit une carte, il doit veiller a ce que l'inscription de tête se dégage nettement à l'œil. S'il a, par exemple, k inscrire les Éléments (Vanatomie de Béclard, qui portent le numéro 842, il disposera ainsi son inscription Le haut de la carte est seul figuré.
Bédard (A.-P.)
Eléments d'anatomie. — 4® édit. Paris, 1864, in-8.
Le titre de l'ouvrage ci-dessus est abrégé ; il ne doit être porté en son entier que sur le eataloque méthodique, où il sera toujours facile de le retrouver, si on a besoin d'éclaircissements.
Lorsqu'un auteur portera plusieurs prénoms, les inscrire tous, au moins par leurs lettres initiales. Ne pas oublier les titres distinctifs et désignations d'origine ou d'emplois, lorsqu'il s'agira de noms répandus comme DuboiSj Durand, Duvalf etc., etc. Ranger tous les homonymes par ordre alphabétique de prénoms, après avoir porté ceux dont les prénoms restent inconnus, et qui se succèdent par rang de date.
Si on inscrit une traduction ou un ouvrage fait en collaboration, faire la carte au nom de l'auteur traduit ou du premier auteur nommé. Ne pas négliger d'établir ensuite des cartes de renvoi au nom du traducteur et de chaque collaborateur. Ces renvois seront sommaires. Exemple : après avoir fait la carte du cours élémentaire de culture des bois, par Lofentz, complété par Parade, n* 1245^ et celle du Robinson de Daniel de Foé, traduit par le docteur Boisseau, n** 1819, on dressera par surcroît les deux cartes suivantes :
Parade (A.),