DU CODE
même esprit, en rapport les unes avec les autres, embrassant tous les droits et toutes les obligations des citoyens , qui constitue un code universel , ce que M. Bentham appelle un pannomion , dénomination qui malheureusement ne revêt pas une forme française.
« Le recueil des lois fait sur ce plan serait vaste; mais ce n’est pas une raison pour en rien omettre. Qu’une loi soit écrite ou non, il n’est pas moins nécessaire de la connaître. Fermer les yeuxsurla masse d’un fardeau qu’on est obligé de porter , ce n’est pas un moyen d’en alléger le poids. D’ailleurs, quelle partie faudrait-il exclure? A quelles obligations faut-il assujettir le citoyen à son insu? Quel piège pour lui, que des lois qu’il ignore! Ce serait, de la part du gouvernement, le plus grand des crimes, si ce n’était l’effet de l’incapacité ou de l’ineptie! Caligula suspendit bien haut les tables de ses lois pour en rendre la connaissance difficile. Combien d’Étatsoùles choses vont plus mal encore! Les lois ne sont pas même sur des tables; elles ne sont pas même écrites. On fait par indolence ce que l’empereur romain faisait par tyrannie.
» Rédaction complète, voilà donc la première règle. Tout ce qui n’est pas dans le corps de loi ne sera pas loi. Il ne faut rien référer à l’usage, ni à des lois étrangères , ni au prétendu droit naturel , ni au prétendu droit des gens. Le législateur qui. adopte, par exemple, le droit romain, sait-il ce