DÉFENDUE
pousser jusqu’à la représentation nationale? Non; la place de juge est la meilleure préparation possible pour la législature : quel homme est plus propre à se faire écouter sur les lois, que celui qui en a suivi la marche et les effets pendant des années? Les grands talents, les grandes connaissances sont trop rares en matière de législation, pour courir la chance de s’en priver par des exclusions générales. Le principe de la délégation présente un compromis facile entre les devoirs du juge et les intérêts de la nation. Il conservera, comme député, son emploi et son salaire, sous la condition $le se donner un délégué extraordinaire pour l’aider dans le service de son tribunal.
Mais ceci nous conduit à une règle importante. Les juges ne doivent point exercer les fonctions électorales ; il ne faut les exposer ni aux sollicitations de l’amitié, ni aux impulsions de l’esprit de parti. Cette exclusion n’est rien moins qu’une disgrâce : c’est un hommage qu’on rend à un état qui doit être élevé au-dessus de toutes les passions. Les grands juges d’Angleterre ont eu la sagesse de s’imposer une implicite obéissance au précepte de Pythagore : ils ne votent jamais dans les élections , et cette réserve n’a pas peu contribué à garantirleur réputation de tout soupçon et de toute atteinte.