PUBLICS
les confiscations, les amendes grossissaient son trésor. Les innocents n’offraient rien à gagner, leur salut n’intéressait qu’eux-mèmes.
En France même, sous une monarchie tempérée, au milieu d’une nation renommée par sa politesse et sa douceur , il y avait une plainte générale contre les parlements. L’opinion publique ne les attaquait pas sous le rapport de la corruption, mais elle leur imputait une disposition rigide à présumer toujours le crime, et jamais l’innocence, à chercher des coupables, à envisager presque l’absolution d’un accusé comme une défaite pour les juges. Les présomptions prises pour des preuves, les demi-preuves accumulées pour équivaloir à une preuve entière , les artifices usités contre les prévenus, la procédure secrète , les rigueurs d’une longue détention solitaire, et enfin la torture appliquée pour lever des doutes , voilà trop de moyens, ce semble, pour justifier ces imputations populaires : je suis porté toutefois à croire quelles étaient exagérées; mars en ce genre, il importe peu que- l’opinion soit vraie ou fausse : dès que l’effroi sort du sanctuaire qui doit inspirer la confiance , dès que le public est alarmé sur la justice, il y a nécessairement un vice dans la loi ou dans le tribunal qui l’exécute. Il est donc bien essentiel de placer ostensiblement à côté du
magistrat qui poursuit le crime celui qui veille
au sort de l’innoceqce, de ne donner à l’accusa-