‹ De l'organisation judiciaire, et de la codification, extraits de divers ouvrages de Jérémie BenthamChapitre 51 sur 139 · ACCUSATEUR ET DÉFENSEUR · texte numérisé non relu

ACCUSATEUR ET DÉFENSEUR

Je ne vois qu’une objection contre ce plan. On peut concevoir du dégoût pour letat qu’on a embrassé , et croire qu’on ferait mieux, dans un des deux autres. Il n’y a plus qu’une alternative de malheur entre abandonner sa profession ou la suivre à regret. Mais cet inconvénient paraît au premier coup d’œil plus grand qu’il ne l’est en réalité; chacun aura pu connaître ses inclinations et ses répugnances dans l’état préparatoire de délégué ; et dans ce degré la communication reste libre et ouverte entre les trois branches.

Du défenseur public.

L’emploi de défenseur public est-il inutile? est* il moins nécessaire que celui d’accusateur public? La société a-t-elle moins d’intérêt dans la sûreté de l’innocence que dans la poursuite du crime? Faut-il montrer plus de précautions, employer plus de moyens pour l’attaque que pour la défense ?

Laissant à part quelques exceptions honorables , l’administration de la justice a été conduite avec une insensibilité et une dureté qui se ressentait de la barbarie générale des anciens temps. La poursuite n’était pas seulement le principal objet des gouvernements, elle était le seul. Cet objet remplissait toute la sphère de leur vue et limitait l’horizon du despotisme. Il était de l’intérêt du roi ou du baron que les coupables fussent punis; les

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