‹ De l'origine authentique et divine de l'Ancien Testament: Discours (volume 3)Chapitre 23 sur 23 · ERREURS ORDINAIRES DANS LA MANIERE DE' JUGER L* ANCIEN TESTAMENT · texte numérisé non relu

ERREURS ORDINAIRES DANS LA MANIERE DE' JUGER L* ANCIEN TESTAMENT

Les objections qu'on élève contre l'ancien Testament, tiennent souvent au point de vue erroné sous lequel on l'envisage. Ce point de vue est le résultat d'un principe respectable et fort naturel; je veux parler de la haute idée qu'un homme religieux se forme d'un livre

argument en faveur de la tendance pure et humaine des lois mosaïques.

«< Les rites que lei livres juifs prescrivent, quelques bizarres qu'ils paroissent à nos esprits empreints d'une civilisation plus avancée , sont moins sanguinaires , moins corrupteurs, moins favorables à la superstition, que ceux des peuples asservis au poljrthéisrae sacerdotal. Quand nous retracerons les cérémonies, les coutumes , les modes d'adoration de ces peuples , nous verrons toujours en première ligne, les sacrifices humains et les fêtes obscènes; les Hébreux durent à Moïse d'être préservés de ce double opprobre. »

annoncé conune divin. Dès que le mot de Parole de Dieu y a retenti à nos oreilles , comme il réveille en nous la pensée de l'Être parfait, devant lequel nos vertus, notre savoir et notre grandeur ne sont encore que souillure , ignorance et bassesse, nous nous attendons à trouver un langage toujours sublime, et des choses toutes pleines de grandeur et d'éclat, dignes pour la forme comme pour le fond, d'être adressées par Jéhova lui-même aux intelligences célestes prosternées devant son trône. Nous ne réfléchissons pas cependant que cette Parole de Dieu a dû , pour être utile , passer par les mains des hommes, en être comprise, être subordonnée aux conseils de Dieu à leur égard. Nous demandons en un mot à l'ancien Testament la perfection absolue de son auteur, et non la perfection relative que comportoit son objet. C'est là l'erreur à laquelle je fais

allusion, p. 3€, et que je voudrois essayer de rectifier ici.

Cherchons maintenant à nous faire une idée exacte de la nature et des conséquaices de cette méprise , et distinguons, pour les examiner séparément, les trois idées fausses dont elle me paroît se composer. .

SECTION I

On cherche dans L'ancien Testament une révélation adressée à toute la terre , imposée à tout le genre humain, tandis qu'il renferme, avant tout, une religion spéciale, donnée à un seul peuple, dans un but particulier et momentané ; en un mot, une législation téçélée. L'ancien Testament doit par conséquent être étudié , compris, jugé relativement au peuple et au but dont nous parlons. Sans doute, ce livre étoit aussi destiné à don-

( 24z ) ner au genre humain tout entier des leçons utiles ; sans doute , devant conduire à Jésus-Christ et être accompli par lui seul, il renfermoit d'avance le germe^ de la religion universelle du Sauveur.

Ne fût-ce que par ses rapports avec die, il est de la plus haute importance pour les chrétiens; mais sa destination immédiate n'en étoit pas moins, de produire un effet déterminé sur les honmies d'un certain temps et d'un certain pays, et voilà ce qu'on ne se dit point assez.

Cette vérité s'accorde avec la forme successive, sous laquelle Dieu a donné aux hommes l'ancienne loi. Ne l'oublions pas :

Dieu a parlé aux ancêtres du Christ, en dii^rs temps et en diverses manières. Or dis^rs temps demandoient diverses choses, supposoîent divers hommes et nécessitoient diverses manières* Toutes ces révélations partielles avoient d'abord chacune un but immédiat, relatif au mo-

( 243 ) ment et au lieu ; puis le but plus étendu, mais encore restreint, commun à l'ancien Testament entier. Puis elles dévoient toutes aussi concourir pour leur part, à la révélation universelle et der^ nière qu'elles contribuoient à préparer.

Il est aisé, en lisant les livres de l'ancienne alliance sous ce point de vue, de s'apercevoir qu'il les explique et les éclaircit. Le Pentateuque est destiné à fonder la législation , à constituer le peuple hébreu; les livres historiques à conserver la mémoire des bienfaits et des ordres divins; à instruire les Israélites par l'histoire des jugemens de Dieu sur leurs pères; les Prophètes, à réveiller la piété endormie, à ramener le peuple au poste où Dieu l'avoit placé entre le^ nations ; les livres sententieux et moraux , à déduire, à amplifier , à généraliser les vérités qui constituoient Fensemble de la religion des Hébreux, à les leur ren-

( 244) dre présentes, aies leur appliquer. C'est ainsi -que tous ces livres sont directement adresses aux Hébreux, §e rapportent avant tout à leur instruction , à leur perfectionnement. Ce principe une fois saisi, les difficultés de détail qui .peinoient le lecteur chrétien, disparoissent avec sa méprise.

Peut-être il étoit choqué de la forme peu méthodique d'un livre, qu'on lui présentoit comme un code religieux, et dans lequel il ne rencontroit aucun ordre systématique, aucun plan clair et suivi? Eh bien, il comprend à cette heure, que Dieuavoit choisi l'ordre successif, l'ordre des temps, parce qu'il étoit le seul qui pût remplir son but, en apportant à chaque génération , précisément la leçon qui lui étoit néces* saire; en produisant à chaque instant donné, l'effet partiel, voulu par le plan général de la révélation.

Peut-être il s'étonnoit de trouver dans Tancienne loi tant de choses qu'il ne peut s'appliquer, tant de préceptes auxquels il ne peut obéir, tant de leçons qui ne sont pas en rapport avec son intelligence ?I1 voit, à cette heure, que cette loi étoit surtout destinée à un autre peuple , à un autre climat, à un autre temps ; que c'étoit là le but avoué de son auteur; qu'il faut donc la juger seulement sur la manière dont ce but a été atteint.

Peut-être encore souffiroit-il de tant de détails, d'expressions, de récits peu conformes aux traits nobles et purs dont son imagination se plaît à revêtir les pensées et les leçons de Dieu ? Maintenant cette objection ne peut plus exister.

Il est inutile de répéter ce qui a été dit à ce sujet p. 87 — Sg. Je dois seulement faire observer que ce ne sont là que des conséquences nécessaires du principe

(246) que je viens de poser, et de celui que je vais établir (*).

SECTION n.

On paroît supposer en second lieu, que la morale de l'ancien Testament doit être d'une perfection absolue , et ses en-

(*) C^ett ici le lieu de relever une méprise fréquente» i Toccasion des récits de Tancien Testament.

En reconnoissant les livres historiques des Hébreux pour sacrés, les chrétien? ne prétendent pas regarder comme louables on eiflcnsables tons les faits qu'ils ra* content, et que les Hébreux contemporûns n'étoient pas le plus souvent assez avancés pour juger, mais ceux-là seulement qui sont disertement loués p^r les écrivains. Encore ces &its ne sont-ils bien souvent présentés comme dignes d'aq>probation , qu'en partie, on relativement à l'intention, au temps, au lieu, k la nécessité, au but spécial de la religion juive, à la mission du peuple qui l'avoit reçue, ou à sa grossièreté. Cela paroit si clair, qu'on jugera peut-être cette note superflue. Malheureusement elle ne l'est pas, ainsi qu'il seroit facile de le prouver par les attaques diverses dont l'ancieane révélation est encore rol]jet.

(247 ) seignemens d'une exactitude raathéma^ tiquement philosophique. On devroit se demander avant tout si dans ce cas les Hébreux auroîent compris et obéi. L'ancien Testament en effet, étoit destiné à les constituer et à les instruire, et non pas à donner à la terre un témoignage à tous égards accompli , des pensées et des perfections divines. Dieu n'est pas un ouvrier, qui ait besoin de faire connoître son talent par un chef-d'œuvre inutile ; mais dans l'ancien Testament, si j'ose employer cette image , il se montre sem** blable à un mécanicien de génie^ qui compose pour un résultat déterminé la machine la plus propre à l'atteindre, mais qui n'a garde de la compliquer par des omemens sans but, ou par une nuisible symétrie.

Élevons-nous à une image plus rapprochée encore de la vérité, et moins indigne du Très-Haut. Quand Dieu dé-

( ^48 ) cide de se révéler à rhomme, non sans doute pour éblouir les humains de Téclat de sa gloire , ou pour manifester cette grandeur incompréhensible, que des êtres créés ne pourront jamais mesurer, mais pour le salut et le bonheur de sa créature, mais par amour et par pitié; pourroit-il ne pas imiter le père à la fois ingénieux et tendre qui développe avec bonté les idées imparfaites de son fils , et se met à sa portée pour en être compris? Prenez le plus grand philosophe, le savant le pfiis distii^ué de Funivers; écoutez conmient il instruit Fenfant qui lui doit le jour, et dont Favenir lui inspire un si pressant intérêt ; vous ne vous, apercevrez de la supériorité de son gé^ nie, qua la plus grande simplicité des expressions, qu'au soin de sacrifier leur exactitude à leur clarté, qu'au choix adroit de ce que Fenfant peut comprendre et de la tâche qu'û peut accomplir.

( 249 ) Voilà rimage de Dieu parlant à ITiomme* Et quel homme saisiroit sa révélation, si elle nous dévoiloit la vérité dans sa majestueuse étendue? Quel zèle ne seroit épouvanté, s'il nous imposoit la vertu absolue, telle que sa pensée la contient?

Bien plus; par cela seul que Dieu emploie les idiomes humains pour se feire connoître aux hommes , n'en résulte-t-il pas qu'il acconunode cette révélation à leur foiblesse, car où les langues des mortels trouveroient-elles des mots, en rapport avec cet ordre de choses supérieur et parfait?

Cela sera mieux compris encore , si Ton se demande de qui ?e compose la majorité-de ce genre humain, auquel la révélation s'adresse. Elle se compose de la classe inférieure, et cette portion de la société n'est pas seulement la plus nombreuse, elle est encore la plus misérable, la plus ignorante, la plus dé-

nuée, celle à qui les (directions divines étoient par conséquent le plus nécessaires (*) , ou qui avoit du moins le plus de titres à les obtenir. Cela prouve clairement que la révélation , tout en conservant assez de sublimité pour exciter l'admiration des esprits les plus relevés, assez de profondeur pour fournir toujours de nouveaux alimens k leurs méditations, a dû cependant se proportionner, à certains égards, aux bornes de

O Je désire qu'on ne se méprenne pas sur le sens de cette expression ; à Dieu ne plaise que je regarde la rëvëlation comme peu nécessaire à qui que ce soit, fût-ce au premier sage du monde. Je pense, au contraire , que celui-ci en sentira le besoin plus Yiyement qu'un autre, par cela même que son intelligence est plus vaste et plus active. Mais on m'accordera, je pense, que Dieu a volt plus fait cependant pour Socrate et Plalon , que pour les porte£siix du Pjrée ou les Ilotes de Lacédëmone, et que ces pauvres victimes de l'organisation sociale, semblent, par leur ignorance, leur maîbeur, leur corruption et leur nombre, avoir dé trouver encore plus de compassion dans le sein de notre Père qui est owp deux^

rinteUîgence du grand nombre. Sans cela elle fût devenue, comme nos distinctions sociales le deviennent souvent, un nouveau privilège réservé à ceux qui sont déjà privilégiés, et c'est aux simples etaux enfans ^ que Jésus-Christ remercieît son Père de s'être révélé de préférence.

Ces principes sont incontestables, mais combien ne deviennent-ils pas plus évidens encore, quand, au lieu de parler de la révélation en général, nous les appliquons plus spécialement à l'ancienne loi !

L'ancien Testament s'adressoit à des Juifs, peuple à peine civilisé, dépourvu de docilité, d'intelligence,, à un point extrême. Cette nation, de plus, par suite du but même que Dieu se proposoit en la constituant, n'étoit point destinée à une civilisation progressive; elle devoit rester presque stationnaire. La législation mosaïque ne lui imprimoit

pas le mouvement et ne Tanîmoit pas du feu sacré; elle la fixoit au contraire, la saisîssoit, pour ainsi dire, pour la pénétrer à toujours de son suc, la transformer conune la femme de Loth en une statue immobile et durable. Il ne faut donc pas nous étonner si les enseignemens et les préceptes que reçurent les Hébreux , sont quelquefois au-dessous du niveau que le christianisme nous a fait prendre; si la polygamie, le divorce, la vengeance, l'esclavage^ sont tolérés chez des hommes roides de col et durs de cœur; si Moïse, tout en leur donnant une idée réellement exacte et philosophique des attributs divins, entoiu-e cette idée auguste d'images brillantes, mais nécessairement inexactes; s'il place le trône de ce Dieu au sein d'une flamme resplendissante, ou d'une vive lumière; s'il propnet que l'Étemel marchera devant les enfans d'Israël, ou s'il annonce

comme une menace, qu'il ne fera qu'envoyer son ange. Pouvoît-il donc faire tout-à-coup six cent mille philosophes, de ces six cent mille nomades à peine échappés de Tesclavage? Non, ce n'est pas dans un sublime idéal de vérité et de vertu, sans rapport avec notre foiblesse, sans utilité pour des êtres bornés et finis, que nous devons chercher et reconnoître l'inspiration divine; ce sera bien plutdt dans une condescendance indispensable pour les limites de nos forces et de notre intelligence. Ce qui fera toujours briller le caractère divin de cette condescendance , c'est qu'elle ne sera jamais de nature à dégrader la foi, à faire reculer l'intelligence ou à souiller la vertu, mais au contraire à avancer les progrès de toutes trois (*).

(*) Voyez encore h ce sujet ce qui a été dit cl»pitre IX, p. 224-*- 22$.

SECTION ni.

Enfin on se représente souvent Tinspiration , comme faisant subir aux hommes saints une transformation complète > leur ôtant non-seulement leurs erreurs, mais encore leurs habitudes et leur caractère , et remplaçant toutes leurs idées antérieures, toutes leurs connoissances acquises , par Faction unique et toute puissante de l'Esprit divin. Puis on s^étonne qu'une inspiration de celte nature , laisse subsister ça et là dans l'an- ' cien Testament , les traces des goûts, de l'éducation , des connoissances imparfaites ou des préjugés des auteurs. Mais l'objection que l'on tire de là contre ce livre, est nulle, parce qu'elle repose sur un principe faux.

Toute V Écriture est diçinement inspirée ^ c'est elle-même qui le dit; mais elle nous dit aussi, et si ce n'est pas en

tout autant de tennes , elle nous le prour e bien réellement du premier au dernier verset, que cette inspiration divine n'avoit pas les effets qu'on se plait à lui supposer. Elle rectifioit sans doute les idées de Fauteur sacré, eUe dirigeoit ses actes, elle épUroit ses connoissances, elle accroissoit ses facultés; mais elle ^gissoit à des degrés dîfférens, suivant les hommes , les temps et les ministères ; toujours elle laissoit plus ou moins à Fobjetdeces glorieux privilèges, les résultats de ses travaux, de son éducation, de ses habitudes intellectuelles et morales. En un mot l'inspiration le développoit sans le métamorphoser. Pour montrer comment cette vérité résulte de toute l'Écriture , comment elle y est écrite à chaque page, prouvée par les raisonnemens et le ton de chaque auteur, par la forme et le style de chaque livre , il faudroit plus de place que nous ne pou-

vous en consacrer dans cet ouvrage à cette intéressante recherdie. Je prie donc nies lecteurs d'admettre cette doctrine comme un lemme^ d<Hit il leur sera facile de trouver eux-mêmes la démonstration; il leur suffira pour l'obtenir , de la chercher dans la Bible , en lisant quel* quefois la Parole sainte sous ce point de vue, et en apportant à cet ex^nen , du bon sens et une entière bonne foi (*)*

En attendant, remarquons avec quel succès cette manière de concevoir Tinspira^ion, achève de faire disparoitre les ombres du code sacré. Y rencontronsnous quelquefois (en matières de peu d'importance), des narrations incom-

(*) J'ai développe un peu darantage la même idée dans mon Essai ^une introduction critique au nout^eau Testament^ p. 394 — 401. Vojez sur les preuves de cette vérité des thèses remarquables publiées à Genève en 1 824 , par M. A. M. > ^i/r ^ nature de V inspiration des apôtres.

( ^57 ) plètes, des expositions peu méthodiques, des vestiges d'opinions contemporaines, de légères contradictions historiques? — Tout cela est expliqué par les habitudes individuelles de chaque auteur I ou par la source première de ses connoissances, et tout cela ne contredit point, n'afibiblit point l'inspiration, puisqu elle conserve toute sa force pour ce qui tend d'une manière plus directe à renseignement de la foi, Josué peut croire que la terre est inunobile, ou le psalmiste , que l'aigle centenaire reprend une jeunesse nouvelle; peu importe :1e premier n'en sait pas moins que sa voix obtient un miracle, et la miséricorde que chante le second n'en est pas moins certaine. Ce point de vue une fois admis , nous ne sommes plus surpris de voir chacun des écrivains sacrés nous apparoître avec son style et s(nï caractère propre. Ésaïe se distingue d'Ézéchiel,

( a58 ) David de Moïse lors même qu'ils composent des écrits analogues; chacun pcwrte encore Tempreinte de ses habitudes et de son siècle. Mais en vain se montrentils divers, indépendans et originaux; dès qu'il est question de ce qui doit éclairer et sanctifier les hommes, conduire ou conùstituer le peiq)l6, ils tendent réellement au même but; la difierence ^e leurs points de vue, fait seulement atteindre à la fois ce but par des routes diverses. Si le Dieu qui les conduit, veut exciter leur action bien plutôt qu'agir à leur place, je m'aparçois que, toujours semblable à lui-m&ne, il suit, jusques dans Les voies de l'inspiration, la marche qu'il a choisie pour celles de la grâce et de la nature ; mais je n'en reconnois pas moins visiblement son œuvre; j'eii découvre même d'autant mieux une direction surnaturelle, tant l'infirmité de ces écrivains , l'incapacité de leur nature p

les bornes de leur§ idées propres, contrastent avec les choses divines qu'ils sont pourtant chargés de proclamer.

Si mes lecteurs m'ont compris , ils sauront appliquer d'eux-mêmes les principes de ces trois sections aux objections de détaiL

CHAPITRE XI- PLAN DIVIN, MAIïIFESTi DANS LA CONSTITU- TION, DU PEUPLE JUIF ET DANS SON HIS- TOIHE.

J'ai dit p. 40 y que l'ancien Testament étoit le résultat d'un plan vaste et unique, par lequelDieu avoit voulu faire sur les Hébreux une impression profonde.

Dans le chapitre précédent, j'en ai supposé Texistence sans la démontrer. On s'attend , peut-être , à ce qu'avant de finir j'énonce mes idées sur ce sujet. Mais le plus grand nombre de ces détails ont

déjà troqvé place dans les chapitres antérieurs, les autres seroient déplacés ici.

Je me bornerai donc à indiquer d'abord, sans développement et sans preuves, les principaux traits sous lesquels ce plan paroît se présenter; je relèverai ensuite l'importance qu'il donne à quelques-unes des lois les plus minutieuses au premier aspect; peut-être à celles-là même, qui attiro^ent à l'ancien Testament le dédain d'une certaine classe de lecteurs.

SECTION I

Dieu avôit destiné le peuple juif à préparer la venue du Messie et le triomphe de sa doctrine. Pour cela , ce peuple devoit conserver sur la terre , avec les oracles saints et l'attenté du Christ, la connoissance de l'unité de Dieu; lumière sacrée inconnue au reste du globe, jusqu'au moment où la révélation univer-

selle devoit la répandre par tout le monde , comme les flots de la mer en recouvrent le Ht.

Pour que ce peuple accomplît sa mission, Dieu Fa voit fait naître d'un seul homme. Ta voit placé dans un pays favorisé du ciel, Yy avoit entouré de rivières , de montagnes et de mers; barrières naturelles à Taide desquelles il pouvoit, comme dans une haute forteresse, oublier les autres peuples du monde , sans rien avoir à en attendre ou à en redouter.

Ce n'est pas tout : Dieu avoit profondément enraciné le peuple juif dans ce sol nouveau ; il avoit changé ces pasteurs nomades en laborieux agriculteurs. Par une combinaison de lois aussi nouvelle qu'ingénieuse , il avoit prévenu la trop grande inégalité des fortunes; il avoit pourvu à ce que, dans tous les temps, tout Hébreu eût un champ pour assurer

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son indépendance , des droits cirik pour garantir sa liberté, une postérité Jégale pour conserver son nom dans les archives publiques. Il avoit en un mot attaché les Israélites au sol, au climat, à la paix, à la prospérité de leur nouvelle patrie, par des liens infinis et presque invincibles, quoique le plus souvent subtils et cachés.

Dans le même but. Dieu avoit encore soumis les Hébreux à une administration protectrice et facile , qui assuroit les droits et le bohheur de tous. Ils obéissoi^it à des chefs militaires, dont l'autorité puissante n'étoit que momentanée ; à des juges civils, dont les cheveux blancs et le choix de la nation garantissoient Féquité , dont les jugemens paternels étoient publics , devant lesquels Faccusé trouvoit des garanties inconnues aux peuples de Forient, trop souvent même à ceux de FEurope civilisée. Us

étoient encore soumis à des diefs ecclésiastiques 9 qui , placés de manière à ne pouvoir guères abuser de leur autorité, exerçoient cependant sur eux une heureuse et puissante influence par suite de leurs lumières 9 de leur aisance et de leur place. L'union des tribus-, les restions sociales, le bonheur de la vie domestique étoient protégés par des institutions ^idrçites et fortes; il n'étoit pas jusqu'à la gaâté des festins, dont la bienfaisante habileté du législateur n'eût fait un instrument de patriotisme et de paix.

Heureux chez eux , les Hébreux étoient presque séparés au dehors de toutes les peup^des étrangères. Ils étoient supérieurs en connoissances religieuses et en directions morales, aux pays honteusenient Jdolâtres qui les entouroient; ils leur étoient inférieurs au contraire dans, ^tte civilisation apparente , et ces arts corrupteurs qui , séparés des vertus , dé-

( 264 ) pravent les peuples au lieu de les ingtruire. Sous tous les rapports, ils nauroient eu donc qu'à perdre en reprenant leur niveau parmi les nations de l'orient; Tintërêt de leurs mœurs comme celui de ji leur culte , exîgeoient qu'ils en restassent constamment isolés. Le législateur veut avant tbut que son peuple soit fidèle au vrai Dieu, qu'il conserve ses vertus; il lui fait une existence spéciale et séparée ; il lui refuse et le commerce , et l'industrie et même la connoissance des lettres et des arts; il ne lui laisse que l'agriculture, art bienfaisant et conservateur, source des mœurs simples, des4Wl^us fortes , et de la solide prospérité. ^

Cependant le législateur n'interdit pas tout progrès du peuple vers la civilisation. Il favorise même celle qui étôi^ compatible avec la oiission spéciale dont ce peuple étoit chargé. D'abord en veillant sur ses mœurs, en murant avec une sol-

( ^65 ) lîcilude active toutes les ouvertures par lesquelles Tidolâtrie pourroit FassaiUîr, en mettant sous ses yeux et en ses mains les livres les plus profonds et pourtant les plus simples, qu'aient connus les siècles antérieurs à Jésus, il lui assure réellement, avec la possession de la vérité première , avec des habitudes de piété , de justice et de vertu, les véritables sources de la sagesse et de la prospérité.

Il fait plus encore. Il développe, il augmente les principes d'une civilisation naissante , non pas à Taide des lumières , mais avec celle des aflFections douces et généreuses. Il protège, il conserve, il fai^rospérer les moindres semences de miséricorde et de bonté; ne pouvant rendre son peuple éclairé, il veut du moins le rendre humain et bienfaisant.

Heureux Israël, si ses désobéissances n'eussent bientôt altéré le plan du divin législateur, et facilité rintrO(|uction de

ridolâtiîe! La coupable négligence du peuple rendit bientôt de nouvelles combinaisons nécessaires, pour le maintenir, jusqu'à Fayénement du Messie, en possession des promesses et de la vérité.

L'Éternel continue à veiller sur ses destinées, et pour réparer le mal qu'il s'est fait à lui-même, pour prévenir celui qu'il se feroit encore, il frappe son imagination mobile par des scènes et des spectacles variés; tour à tour il l'encourage et Teflfraie; il lui rappelle sa présence par des prodiges continuels et quelquefois minutieux; il veille à ce que son histoire soit constamm^it écrite par des hommes saints, chargés de lui conserver le tableau de ses erreurs et de leur châtiment. Quand tout devient inutile, quand l'idolâtrie triomphe, quand le mal est au comble, il couvre la terre sainte de prophètes , dont la voix et le courage remédieront au moins quelque

( 267 ) temps 5 à raffoiblissetnent de tous les ressorts et de tous les principes. II enverra, s'il le faut, ce peuple rebelle , recevoir instruction dans l'exil; il ne le laissera enfin à lui-oiême , que lorsque tous les germes de Fidolâtrie seront à jamais extirpés de son sein, et que l'existence politique d'Israël touchera à son terme , parce qu'elle ne sera plus nécessaire.

Alors, sa mission une fois accomplie, on verra ce vieil enfant, privé du lien qui soutenoit sa démarche incertaine, chanceler , tomber enfin dans la poudre , où depuis dix-huit siècles il se débat encore, parce que son Dieu n'est plus avec lui (*).

(*) Seroit-il nécessaire d'avertir ici que je parle {seulement de la nation politique, et que Je suis bien ëloignë de vouloir attaquer le caractère moral ou les facultés intellectuelles de ses membres ? Je sais tout ce qu'il y a de respectable dans la conduite et le savoir de plusieurs d'entre eux; comme bomme, je dois être

Voilà, ce me semble, le but et le plan du législateur divin , tels quç rancien Testament nous les montre. Nous devons indiquer en second lieu , de quelle manière ce but explique souvent certaines lois obscures ou minutieuses. Ne pouvant développer toute cette vaste matière, nous nous bornons à choisir quelques exemples.

SECTION n.

Le législateur mettoit beaucoup d'importance à attacher les Hébreux à l'agriculture, et par elle à la Palestine; à les ' séparer sans retour de TÉgypte et de la vie nomade ; pour cela il donne aux Hé-

reconnoissant des services que quelques-uns rendent aux lettres» à l'instruction, ou à la philanthropie; comme disciple de Jésus-Christ, je ne puis rappeler Tabsurde oppression dont les Juifs ont été Tobjet, qu« pour protester au nom de VËvangile contre cette barbarie aussi injuste qu'antichrétienne.

(269) breux Fusage du vin , étranger aux Égyptiens et aux Arabes; il Fexige dans les sacrifices , il en fait une nécessité du culte, et il sait assez que l'habitude , une fois prise , ne s'effacera plus. De la même manière et dans le même dessein , il interdit et Fusage de la graisse , sous prétexte de la réserver aux holocaustes, et Femploi du beurre dans Fassaisonnement des viandes (*)•, il les remplace dans les festins par le jus de Folivier, et il exige également celui-ci dans les sacrifices. Par ces moyens si simples, si petits en apparence, et par d autres du même genre, il fait à jamais d'une peuplade de bergers errans, une colonie de laboureurs habiles et actifs.

(*) Nul doute que ce ne soit là le sens de la fameuse loi qui interdit de faire cuire l'agneau dans le lait de sa mère, et qui se trouve trois fois dans le Pentateuque. La forme poétique et sententieuse de la loi , ne paroit destinée qu'à faire mieux retenir le pr^epte, en lui donnant plus de solennité.

( ^7^ ) Le législateur veut entourer de barrières le pouvoir entreprenant des prêtres ; il veut cependant leur assurer un rang honwable, une existence aisée et un certain degré d'influence sociale. Que fait-il pour cela? — Il charge en leur faveur les champs féconds de^ Hébreux , de nonibreuses contributions qui, sous le nom de dîmes, de prémices et d'offrandes , vont remplir les celliers du temple, et faire vivre de Fautel ceux qui sont consacrés à Fautel. 11 les enrichit par là de revenus abondans, et les met à la place que doivent occuper en Israël les ministres de son monarque et de son Dieu. Que Ton ne s'y trompe pas , cependant; il ne veut point favoriser ceux qui ont le privilège de vivre à l'ombre du Tabernacle , et leur sacrifier ces cultivateurs laborieux qui siçportent te poids de la chaleur et du jour. Il ne donne aux premiers que des habitations

( =71 ) sans domaine; il leur refuse ce qu'il accorde aux autres tribus, la propriété exclusive d'une province ; il ne leur donne ni terres, ni capitaux; il ne leur donne pas même le champ qull assure avec tant de soin au dernier des enfans d'Israël. Par la combinaison de ces deux lois, il prévient chez les prêtres l'esprit de corps, les projets ambitieux, les richesses accumulée», et tous les abus ordinaires au sacerdoce puissant. U place les lévites dans la dépendance de la nation , de laquelle ils attendent Taliment de chaque année , et dont par conséquent ils sont intéressés k mériter l'approbation et l'attachement. De plus, malgré la concentration du culte en une seule ville et un seul sanctuaire , il les disperse par tout le pays; et cette heureuse dispersion prescrite expressément par la loi, nécessaire pour assurer la perception de l'impôt , a l'avantage de resserrer

les liens[ de la confédération politique, d'établir et de surveiller dans toutes les tribus le règne des mœurs , de Tordre et de la piété. Elle attachera de plus , les lévites à la nation; elle les empêchera de se rallier trop fortement les uns aux autres, et de joindre àin communauté de fonctions et de caste, celle d'habitudes, de souvenirs et de patrie. Loi admirable, qui, pour le bonheur de tous, concilie avec tant d'adresse la politique et la justice!

L'isolement du peuple et sa séparation des étrangers, sont, avons-nous dit, un des grands ressorts de la législation. La pureté légale est destinée à atteindre ce but d'une manière indirecte, mais sûre.

Soumis à cette complication de lois gênantes, qui, dans tous les instans, Tappeloient à veiller sur sa nourriture, sur ses vêlemens et sur ses pas, l'Israélite devra fuir le commerce de ceux qui ne

connoissent point ces précautions, et dont le seul contact lui amèneroit, en le souillant, des privations nouvelles^ A elle seule, cette loi finira par Tentourer d'habitudes et de besoins nouveaux, par lui faire comme une nature artificielle et impérieuse, qui auroit trop à soufirir au milieu des étrai^ers. Jamais il ne prendra sur lui d'aller chercher au loin la fortune, tant qu'il trouvera sur le sol de la patrie la paix et l'abondance.

L'absence de toute idolâtrie, importoit surtout à la durée de la constitution mosaïque. C'est vers ce but que le législateur dirige ses principaux efforts.

Mais ce n'est pas seulement par des lois directes et terribles, qu'il s'efforce d'éloigner ce fléau; c'est encore par des moyens indirects, par des précautions de détail. C'est en contraigrmnt les Hébreux par les minuties de la loi cérémonielle , à tenir constamment leur atten-

tîon tendue sur les obligations du culte, et la pensée de Dieu présente à leur esprit. Cest encore en les éloignant de plusieurs usages indifférens de leur nature, mais associés chez leurs voisins à l'idolâtrie , et qui par conséquent les y auroient bientôt conduits eux-mêmes. Pourquoi cette interdiction si sévère , si soigneuse et sept fois répétée, du sang des animaux ? — Parce que , outre les raisons de santé, d'humanité que Ton a souvent données 9 cet usage pouvoit faciliter ou introduire une imitation idolâtre des Phéniciens : chez ce peuple, en effet, et chez quelques autres, dans les cérémonies sacrées, les adorateurs des faux dieux buvoient le sang des victimes.

Pourquoi le Lévitique proscrit-il sévèrement, et certaines figures imprimées sur le corps, et certaines ftianières d'arranger la barbe ou de couper les cheveux ? — Parce que c'étoit là autant d'usages arabes, adoptés en l'honneur des

idoles. D autres exemples du même genre seroient faciles k indiquer.

Le législateur, pour faire admettre et respecter son culte nouveau, étoit contraint de choisir quelquefois des formes religieuses, avec lesquelles TÉgypte eût déjà familiarisé les Hébreux, Mais alors , comment garantir ceux-ci de Fidolâtrie ?

Toute la religion égyptienne en étoit profondément imprégnée, et le peuple de Moïse n'y avoit que trop de penchant.

Des précautions peu apparentes, et des altérations ingénieuses obvieront à ce danger. Moïse emprunte aux Égyptiens Fornement sacré qui brilloit sur la poitrine du grand prêtre, mais au lieu d'une figure de la vérité sous des traits humains , ce sera un symbole tout métaphysique de la puissance divine , nommé Lumière et Perfection (^); et ce sym-

(*) C'est le sens des-œots Urim et Thummim. (Exod. XXVm, 3o.)

bole brillant ne présentera aux regards , que les noms des douze tribus. Moïse emprunte encore à la même source un tabernacle sacré accessible aux prêtres seuls ; mais au lieu de le diriger comme à l'ordinaire vers le soleil letvant, il l'ouvre à l'occident, et intercepte aux regards de l'adorateur les premiers rayons de la brillante divinité des Orientaux.

Moïse emprunte de même l'arche mystérieuse qui repose dans les sanctuaires de l'Egypte; mais au lieu d'un symbole matériel de la puissance divine, symbole qui par cela même auroit bientôt appelé des hommages idolâtres, cette arche ne renfermera que les tables^ de la loi. Il faut s'arrêter dans l'énumération de ces exemples , et dans le développement de cette matière. Ce détail deviendroit fastidieux sans être jamais complet.

C'est ainsi que plus on examine le

( ^77 ) Pentateuque, plus on trouve aux moindres détails, une importance réelle quoique souvent cachée ; plus on est contraint aussi d'admirer la sage et bienfaisante habileté du législateur d'Israël. Cela doit nous apprendre 9 ne l'oublions jamais, à lie pas porter de jugemens téméraires sur les obscurités qui pourroient rester encore. Gonnoissons^nous les mœurs, les idiomes, les monumens de tous les peuples qui entouroient Moïse? Sommes^ nous donc en état de juger toujours ses vues? Si nous découvrons tant de desseins élevés et de combinaisons profondes dans ce qu'il a fait, si le peu que nous connoissiDns des débris de cette haute antiquité, au sein de laquelle il a vécu > nous contraint toujours à rendre gloire à l'œuvre du législateur des Juifs , ne lui devons-nous pas de juger ce que nous connoissons mal d'après ce que nous connoissons mieux? Ah ! sans doute ,

( 278 ) il ne nous manque pour Tadmirer en tout» que de le comprendre toujours*

Qu il me soit permis de transcrire ici , comme conclusion de cet ouvrage, quelques paroles frappantes, dont Tidée principale est tout "à fait analogue au but que je me suis proposé dans cet écrit.

uSans doute», dit M. B. Constant, en terminant ses réflexions sur la législation des Hébreux (*), « sans doute, la

(*) T. n, p. 249— a^5i. Mes lecteurs me pardonneront fisKsilement» Je l'espère, cette eitation notrrell» Â'un "livre que }*ai beaucoup cité. Je ne sais pas rësiftter à la tentation de rappeler les hommages rendus à Moïse et à son œuvre, par un éerîrain tomme M, B. Constant. On aime à retrouver $t$ propres imprcMi^tis dans les ëcrits de ses adversaires» ijuand il s^agjU du moins d'adrersaires comme celui-ci. J'ai ose le combattre , fort d'une bonne cause» mais son ouvrage n*est pas de ceux qu'on peut tire .sans admiratioiiY ou ftttsiqiier «ans regret,

(^79) religion juive a des parties terribles, et Ton ne traverse ses longues annales qu'en marchant dans le sang et sur les ruines.

Cependant le monde doit à Moïse un bienfait immense* Lorsque dépourvue de toute croyance, désolée par le doute , abâtardie par la corruption, la terre entière redemandoit un culte celui

des Juifs servit d'étendard; et Ton vit rtionune renaître à tout ce qu'il y a de noble et de précieux dans la vie en renaissant à la religion. Merveilleuse dispensation de la puissance qui décide de' nos destinées! Des choses qui sembloient n'avoir aucun rapport entre elles , soit par leur époque , soit par leur nature, se combinèrent à Finstant requis pour diriger l'espèce humaine, vers le but quelle devoit atteindre. Douze siècles avant Platon , Moïse donna au théisme un corps qui permit à cette notion sublime de se conserver jusqu'au moment où l'in-

telligence devînt capable de la concevoir. Douze siècles après Moïse, Platon prépara les ^esprits -de manière à ce que 9 en se saisissant du théisme, ils pussent Tacceptw, épuré par le divin auteur de la religion chrétiemie, et r&ister aux tentatives violentes et obstinées d'une portion nombreuse de Jui& convertis, mais qui prétendoient faire rétrograder la nouvelle religion Jusqu'au judaïsme.

Sans Moïse il est probable que tous les efforts de la philosophie, n'aurôient abouti qu'à plonger le genre hum^dn dans le panthéisme^ ou l'athéisme voilé, dans lequel, comme nous l'avons dit au commencement de ce diapitre, sont allées se perdre de concert la religion et la philosophie des Indiens. Sans Platon, il est possible, humainement parlant, que le christianisme sous l'oppression des chrétiens judaïsans, fut redevenu une secte juive. »

( 28i ) Que ceux qui sentent leurs pensées s'élever , et leur cœur s'émouvoir au titre de CHRÉTIENS, sachent donc aussi reconnoître ce qu'ils doivent à l'ancienne loi, chargée de préparer au Christ, un peuple bien disposé! Lpih de juger avec une ignorante témérité ce livre antique , auguste, parmi les obscurités auquel nous découvrons avec évidence des vérités sublimes , des bienfaits incalculables et l'intervention de Dieu même , apprenons à révérer, et cet étonnant Moïse , auquel les Juifs ^ les chrétiens et le monde , ont réellement des obligations si étendues; et ces autres Envoyés qui , pendant onze siècles, sont venus continuer son oeuvre ; et ce volume sacré, monument de leur Vénérable ministère , première charte de salut accwdée au genre humain pécheur et malheureux. Apprenons surtout à bénir , à exalter avec la douce et confiante émotion d'un cœur reconnoissant , le

Dieu^ (qui, ayant autrefois parlé à nos pères en diçers temps et en diverses manières par les prophètes^ a voulu consommer ce bienfait en nous parlant enfin par son FiLS,

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