‹ De l'origine authentique et divine de l'Ancien Testament: DiscoursChapitre 32 sur 33 · CHAPITRE SECOND · texte numérisé non relu

CHAPITRE SECOND

CAUSES DE BOUTES OU D'ÔBSCURIXâ A ÉCARTER.

Rien de plus fréquent chez ceux qui lisent la Bible , que de fausses idées sur sa véritable nature, et de là des obscurités, des doutes dont se plaignent bien des chrétiens, même sincères et convaincus.

Essayons de faire reconnaître ces erreurs, fort tristes, puisqu'elles troublent

( 371 ) et affaiblissent la foi. Je crois en voir trois sources principales :

' I. On méconnaît la nature de l'inspiration des écrivains sacrés;

IL On méconnaît la nature de leur langage;

IIL On méconnaît la nature de leurs leçons.

Si dans le développement de ces trois causes, je me laisse entraîner à quelques détails un peu étrangers au sujet précis de ce chapitre, j'espère au moins qu'ils ne le seront pas à son but réel. Je m'y propose surtout de mettre mes lecteurs en étsd: de lire la Bible avec édification , et de l'interpréter avec sagesse. Ce but me semble le plus utile, et j'espère de l'indulgence pour les digressions qui réellement y tendraient.

SECTION PREBUÊRE.

Erreurs sur la nature de PinspiroUon des écrivains sacrés.

C'est ici une des sources les plus communes de ces objections confuses qui s'élèvent dans l'esprit des lecteurs religieux, et qui, comprimées plutôt que résolues, reviennent souvent troubler leur piété et frapper de stérilité leurs lectures. Dès qu'en lisant la Bible on rencontre une image singulière, une phrase obscure, une expression inexacte, la moindre contradiction historique, ou telle autre trace d'humanité, le lecteur qui, sur le litre de Parole de Dieu^ cherchait au pied de la lettre , des leçons adressées de Dieu à lui sans aucun intermédiaire , le lecteur s'étonne, doute et s'afflige; mais pourquoi ? uniquement parce qu'il attend de l'inspiration divine ce qu'il n'en devait

dbyGopgle

pas attendre, et ce qui, très-^sagemenfr, n'entrait pas dans les vues de Dieu. Je renvoie ici mes lecteurs à ce que j'ai dit sur ce mênie sujet et dans le même bût, dans le premier volume dé ce travail.* Sans entrer ici dans les mêmes détails, je rappellerai les principes, en les appli* quant au Nouveau Testament.

L'inspiration éclairait, dirigeait, perfectionnait les hommes saints, mais^ ne les transformait pas. Elle rectifia, elle agrandit leurs facultés ; elle épura et, pour ainsi dire, consacra cette intelligence qui devenait le dépôt de la pensée divine , mais elle la laissa active et perfectible. Elle fit connaître bien des choses

♦ De t Origine authentique et divine de t Ancien Testament y p. 23^-259. Voyez encore iimib Introduction critique au Nouveau Testament 9 p. 394-403. Voyez aussi dans la dernière partie de Paley» les chapitres II et m, où le même sujet se trouve incidemment et partiellement traite.

( 374 ) nouvelles aux ëcri vains sacrés, mais ette ne leur révéla pas toutes les vérités possibles ; elle les mit en possession des doctrines , mais elle les laissa s'instruire euxmêmes des faits. Elle préserva les historiens de Terreur, niais quoique aidés par elle, ils ne racontèrent que ce qu'ils avaient vu , entendu , ce dont ils s étaient informés. Ce sont eux qui nous le disent, et les premiers chrétiens nous Je confirment. Malgré l'inspiration , les Apôtres conservaient un caractère, des facultés, des idées propres. On les voit dans les Actes douter, délibérer, s'instruire, et, sur certains sujets, rester dans l'incertitude ou l'ignorance. *

Les é vangélistes conservaient leurindîçidualité. Quoique inspirés, ils racontent chacun à leur manière, comme ils ont connu et retenu , avec quelques diversités dans l'ordre et les détails. C'est la un gage de plus de leur bonne foi, un carac-

tère de Naturel, qui sans cela leur eût manque. Leurs récits diflR^rent par la forme; le fond, les leçons, les résultats sont les mêmes, sont certains, et ici se montre l'inspiration.

Les auteurs des Épîtres conservaient également leur individualité» Certes^ Pierre et Paul, Jacques et Jean^ hérauts de la même doctrine, n'en étaient pourtant pas affectés de la même manière ^ et ne communiquaient pas de même leurs impressions. Ils étaient inspirés, mais ils restaient hommes. C'est là même ce qui donne à leurs caractères, des dé« veloppements si touchants et si variés.

Qu'ils deviennent des machines inspirées^ et tout cela disparait. Us conservaient donc les uns et les autres une intelligence à la fois active et circonscrite ; ils pouvaient ignorer l'époque du jugeinent dernier, se faire à eux-mêmes de fausses' idées sur la proximité probable de ce

( 376 ) 'grand événement, et avoir pourtant reçu du Saint-Esprit la certitude de sa réalité future. Dans leur style, dans leurs récits, et même dans leur argumentation , ils portaient i]uelque empreinte de leur caractère, de leur éducation, de leucs opinions d'autrefois. C'est là une des causes ordinaires des vices de méthode , de langage ou de clarté dont on se plaint, et au travers desquels la divinité de leur livre n'en resplendit que mieux, pour qui sait voir et penser. C'est là le trésor qu'ils portent dans des cases déterre^ et euxmêmes ne l'ont -ils pas dit et répété?* Au lieu donc de méconnaître la céleste origine de la Parole Sainte , parce qu'elle nous dit en. langage humain des choses divines, remarquons l'action de l'Esprit Saint, dans l'imperfev^tion même des organes qu'il s'est choisis.

♦ 2 Cor. IV, 7.

(377) En second lieu, le Dieu dé la révétation fait 9 dans les expressions , dans les images , et même dans les raisonnements des livres révélés, des concessions nécessaires aux bornes de riotdligence humaine. Dieu parlant à rhomme, doit en faire pour être eomprb, comme le père parlant à son fils, le maître à son élève, Forateur à la foule. La vérité n'est pas dans les mots, mais dans les Idées, et ce sont les idées qu'il fallait faire comprendre, saisir, retenir. Or ce n'est pas un langage philosophique ou rigoureux qui pouvait atteindre ce but avec des Corinthiens , des Colossiens , deg Hébreux, et en général avec des hommes.

U fallait un langage et des raisonnements en rapport ainec leur intelligence, sans quoi la révélation manquait son but.

Quand Jésus-Christ annonce que plusieurs tiendront de rOrient et de VOc^ cidents et sçront à table açec Abraham^

(378) Isqac et Jacob dans le royaume du ciels* ' quand il recommande de se couper un bras et de s'arracher un œil j parce quV/ patit mieux perdre un de ses^ membres y que si tout le corps était jeté dans la géhenne;** 3ans ce langage vif et intel** ligiUe , mais inexact, il fait des conces^ sions, des accommodations de ce genre* Quand les Âpôtl*es emploient des figures usitées t ou des raisonnements décisifs pt>ur leurs contemporains et moins con^ cluants pour nous, ils font de même, et, au lieu de nous en étonner, nous devons y reconnaître la marche nécessaire de la Sagesse divine, agissant sur Fintelligence humaine. Nous devons distinguer le fonds de la forme , le but du chemin , Tidée des mots, la pensée parfafte de Texpression imparfaite , et alors nous croirons au lieu de douter.

• Matth. VIU, II. *♦ Ibid.V, 29, 3ow

( 379 ) En troisième lieu ) les, livres du Non* veau Testament, destinés à la sanctification du genre humain entier, furent ce-* pendant plus particuliik'ement adressés à certaines Églises ou à certains individus. Us furent écrits assez long-tempd après la fondation de l'Église, successivement et à l'occasion du besoin ; tantôt pour répondre à des questions ^ tantôt pour combattre une erreur, tantôt pour afiermir une Église troublée, toujours dans un but particulier et variable. En un seul mot, si Ton veut me le passer, ils furent sous Tinfluence d'une certaine occasionalité. Ce ' que nous avons dit de la nature spéciale des Évangiles, et surtout des Épîtres, le prouve asse;^ Sans doute ils n'en renferment pas moins toute la foi; sans doute l'Esprit Saint les destinait en même temps à tous les disciples de Christ de tous les lieux et de tous les âges ; mais ces disciples éloignés.

et ces %lises à venir» n'ont pas le droit de s'étonner ou de se plaindre ^ si les chosest enseignées sont, avant tout, celles dont avaient besoin leurs devanciers. Les chrétiens de Gorinthe ou de Thessalonique ont reçu des directions plus spéciales que nous, il est vrai, mais notre lot est encore assez beau, et peut-être meilleuiS car nous possédons les instructions données à eux y à d'autres, et à tous : nous possédons l'ensemble. Ne nous étonnons pas que Paul insiste tant> par exemple , sur l'usage dangereux ou légitime des viandes immolées aux idoles, sur la convenance d'avoir la tête couverte ou découverte dans le temple. Il n'y a. pas là de quoi douter, ni même de quoi être surpris t ce sont là des choses peu utiles, il est vrai , pour nous ; mais Paul les écrivait aux Corinthiens et non pas à nous.

Il ne faut pas l'oubliçr, et alors ces mêmes détails, qui nous semblent su-

( 38i ) perflus quand nous ne songeons qu a nous, relus sous ce point de vue nouveau^ reprendront leur importance; et dans la foi qui les motive» dans les grands principes qui les entourent » dans les sentiments élevés qui les animent, nous retrouverons facilement les traces de l'inspiration divine. En cherchant bien , nous y trouverons aussi nombre de choses profitables pour nous-mêmes.

Ce sont là des principes incontestables et clairs, basés sur l'examen de FÉcriture, c'est-à-dire sur des faits. Appliqués à propos, ils font tomber presque toutes les objections un peu spécieuses contre nos Livres Saints, et la facilité avec laquelle ils en font disparaître les obscurités, n'est pas une de leurs moindres prMves.

Voilà l'in^iration, telle que les Livres Saints eux*mêmes nous la montrent, que la première Église l'a comprise, que les théologiens éclairés en même temps que

pieux Tont exptiquée , telle en particu* lier que la critique sacrëé Fadopte et la prouve. Si Ton s'éloigne de ce point de vue, dans un sens ou dans Tautre, en attribuant à l'expression Parole de Dieu y un sens plus absolu ou moins complet, on tombe également et nécessairement dans des difficultés , dans des contradictions même dont il ne serait pas facile de se tirer. Aussi, quand on a nié ces principes, a-t-on presque toujours agi comme si on les admettait; les écrits de ceux qui les contestent en font preuve, et encore on ne les nie guère.

Il est plus commun, sans oser précisément les contredire, de répugner à les reconnaître , parce qu'on en craint Fabus.

^tkeSdi Fabus est facile , il a été énorme.

Avec ces trois principes, disons-le franchement, on a tenté d'effacer tour à tour tous les dogmes de FÉvangile,, et finalement de supprimer la révélation. Ce n'est

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(383^) pourtant pas un motif de se jeter dans Terreur opposée, de hënsser cette révélation d'obscurités, d^ lui ôter son caractère d'universalité et de vérité, en la faisant autre qu'elle ne veut être et qu'elle n'est. Admettons les principes, puisqu'ils sont importants, et de plus incontestables , mais prévenons les abus* On ne peut donner dans ces abus sans dépasser des limites qui doivent être quelque part, puisque nous trouvons véïité en-deçà, mensonge en^delà. Cherchons ces limi* tes , joignons-les aux principes et ne les séparons jamais. Or ces limites sont faciles à trouver. Elles découlent toutes du fait même de la révélation. Dieu est in^ tervenu surnaturollement pour éclairer l'homme , el faire déposer la lumière dâm nos Saints Livres.. Voilà le fait ; en voici les conséquences : comme une œuvre divine et surnaturelle ne peut nianquer son but, nous trouverons certainement

( 384 ) dans nos Saints Livres Tœuvre et la volonté de Dieu, et nous pouvons l'y chercher avec confiance, sans craindre qu'ils nous égarent. Donc ce qu'ilsx)nt pu avoir d'humain, d'imparfait, d'occasionel, ne peut tenir qu'à la forme; mais le but, le fond, les idées, voilà ce qui est divin.

Souvenons-nous donc que Dieu était avec ces écrivains, qu'il a prêté son assistance à ces livres , que sa pensée y est contenue, et que quand Dieu parle, il faut croire et obéir. Nous ne comprenons pas toujours, peut-être , les raisonnements ou les métaphores des auteurs. sacrés, mais^nous voyons assez bien quand ils enseignent ou qu'ils ordonnent. Or, notre tâche consiste à chercher en sincérité de cœur quelle était la foi qu'ils ^efforçaient de fonder ou de répandre, car cette foi doit être la nôtre. Dès lors, notre route est facile et tracée. Voilà nos limites, et certes, que peut-on craindre des prin-

cîpes en question^ une fois ainsi circonscrits? Quelle objection^ du moins, soulèverait -on encore contre leur évidence?

fie nous y trompons' pas : ce n'est pas réellement de ces principes, que certaii»

théologiens ont abusé. S'ils eussent été convaincus en leur coi^ciehce que la révélation était divine , et que Dieu était surnatureHement intervenu dans sa promulgation, je doute fort que cesi principes leur eussent paru se prêter aux mêmes conséquences. Mais au fond, ils n'avaient pas cette conviction, et les principes n'étaient qu'un prétexte. La preuve en serait dans leurs écrits.

De cts développements résultent queltjues conséquencefs pratiques , sur la manière de lire le Nouveau Testament.

On doit mettre peu de temps et peu d'importance à l'explication des passages obscurs. Telle est la première. '

U y a dam nos Livres Saints des obs* curités causées par la position et l'individualité des auteurs, par celles des lecteurs auxquels ces livres étaient immédiatement destinés. Mais ces obscurités ont peu d'importance. Tout ce qui mar* che au but se comprend sans peine. Tout ce qui est universel, ce qui doit toucher le coeur^ diriger la conduite, fonder la foi, est dair, positif , et surtout fréquem* ment répété. Voilà ce dont le Chrétien doit se nourrir de préférence.

Le simple fidèle met41 du tempg à percer une obscurité de détail, à éclaircir, souvent fi»t mal, une allusion àrhistoire ou aux mœurs da temps, à consulter ^ ce sujet 1^ docteurs et les Kvres, qui égarent presque aussi souvent qu'ils aident ? Ce temps serait mieux employé presque toujours , à méditer le reste et à se rappliquer. Vous lisez le sermon de Jésus sur la montagne, et les noms de

( 387 ) Raca et de More vous embarrassent; la sëvërité des anathèmes prpnoncës contre les paroles injurieuses"^ vous étonne« Pourquoi vous trop arrêter à démêler ces obscurités? Vous en ignorez^la cause, et ceux qm vous les expliqueront.avec le plus de netteté, pourront bien au fond n'en pas savoir davantage. Il y a là sans doute quelque allusion aux mœurs des Juife 9 allusion perdue pour nous. Feu importe. Mais voici qui vous intéresse davantage. Avez-vous médité , avez-vous senti le reste du chapitre ? Ces mots : Heureux les offiigés^ heureux ceux qui ont V esprit doux^ heureux les miséricordieux^ et tant d'autres, ont-ils retenti dains votre coeur? Aimez-vous vosenhC'mis? êtès-vous persuadés, soumis, convertis? voilà Tessentiel, et ce qu'il faut savoir. C'est donc au dair, surtout, et

*Matth.V, M.

non pas à Tcribscar , que le lecteur pieux doit s'attacher.

C'est aussi aU fond plus qu a la forme.

Cbâfchez le but, plutôt que de^eser et de presser FexpressioiK Étudiez l'inten* tlon plus enoH^'que les termes. Dans le passage dont nous venons de parler, les obscurilés tiennent à la lettre du précepte et à sa forme occasionnelle, mais Tesprit est clair, le but delà sentence est positif; la condamnation de la haine et de la oo* 1ère , regardent tous les dirëtiens. Saisis* sez cet esprit, et la Ittçon qui en sortira pour vous n'eni sera pas moins forte, pour être accompagnée de quelques mots obscursii Pour trouver avec plus decerr titude l'esprit général etle but de chaque leçon , ne risolez jamais; voyez si dans ce qui précède ou ce qui suit, il n'y arien qui en détermine le sens. Tout n'est pas lié^ sans doute, dans nos Livres Saints; le sermon de la montagne. se compose.

(389) par exemple, de sentences détachées; mais dans d'autres discours et dans la plupart des Épitres^ le contexte eist fort important à étudier. Rarement les passà-^ ges se prësentént-ils comme les articles d'un code, par propositions séparées. Le ôens est dans Fesprit^e l'auteur, dans son but, dans la marche de son raisonnement, dans le paragraphe ou dans^ le chapitré entier, et c'est là surtout qu'il faut le chercher.

Il y a quelque avantage aussi à rapprocher les passagis à expliquer , d'autres passages parallèles , ca^ la fréquence des enseignements est évidemment une preuve d'importance et une source de clarté. Mais cette méthode prête singulièrement à l'abus, et si Ton v^y joint un scrupuleux examen du coirtexte de tous les fragments comparés, elle égare presque infailliblement. 11 est si aisé de se méprendre sur le sens d'une phrase

mise hors de sa place ! On l'isole de ce qui TentOure, puis on la rapproche d'autres phrases écrites souvent dans une autre occasion , ^ our d'autres hommes, dans un autre siècle et dan^ un tout autre but* Si Ton néglige ces différences essentielles, quoique peu apparentes et souvent ignorées du lecteur, pour s'at* tacher uniquement à quelques rapports de mots et de tournures, dont ensuite on va conclure l'identité du sens, n'estce pas /exposer inévitablement à Terreur? Or cette méthode a d'autant plus de dangars qu'elle a plus d'attraits : l'ap- {)arente et prompte clarté qu'elle répand sur les passages obscurs, les résultats imprévus et curieux qu'elle semble obtenir, presque sans peine , exercent une singulière séduction sur les esprits avides d'idéesTietteset de connaissances distinctes en religion; mais au fond,. rien de plus facile que de tordre ainsi l'Écriture

( 39» ) m tout sens; c'est de la sorte qu'on y puisa toujours des armes pour toutes les opinions et tous les partis. Aussi les simjples fidèles doivent-ils recourir à ces nombreuses comparaisons de parallèles, ou comme on dit, de références^ avec la défiance et les précautions qu'y apporte tout critique pieux et sensé. Si nous croyons que les écrivains sacrés étaient inspirés de Dieu , tremblons de leur faire dire ce qu'ils n'ont pas dit, et recher-chons soigneusement Leur intention véritaUe, en étudiant chacune de leurs paroles, en elle-même et à sa place.

SECTION SECONDE

Erreurs sur la nature du langage du Nouçeau * Testament.

L'idée de cette section est tout-à-fait

( 392 ) liée à celle de la précédente, et Inconséquences, à qudques égards, sont les mêmes.

Le Nouveau Testament a été écrit dans une langjAe morte, et en second lieu dans un langage antique, et de plus , populaire.

U a été écrit dans uiie langue morte , et Ton ne songe point assez aux conséquences de ce fait. On a dit que toute langue morte était intraduisible ; et cette assértigpi, fausse sans doute ^ si Ton se borne àrec^rcher l'idée principale d'un texte ancien , deviertt exacte si Ton veut en exprimer toutes les délicatesses. On rend les mots, encore ne les comprend*on pas toujours sans reste d'incertitude 9iffleur sens ou leur emploi; mais le caractère dustyle» les finesses du sentiment, l'effet des figures, les nuances en un mot, ces nuances si précieuses en pareille matière , voilà ce qu'on ne rend point Sans

doute il y a dans la Parole Sainte un tel foyer de chaleur et de lumière^ qu*elle fait sentir son influence et briller son ëclat à travers tous les voiles; la version la plus imparfaite', est encore utile à instruire et à varriger^ car elle transmet encore avec une éblouissante clarté la volonté de Dieu et les leçons du Sauveur; la majesté même de ces enseignements tient trop intimement à lew sublime nature, pour quune version, même vicieuse, puisse la faire disparaître ; mais cependant dans les détails, que de traits affaiblis ou eflFacés! que d'images dénaturéei4que d'équivalents inexacts ou incertains ! que de beautés travesties! Il y a plus encore : quand il serait possible de donner à des lecteurs modernes une contre-épreuve exacte d'un ouvragé tel que le Nouveau Testament, il leur manquerait encore les habitudes intellectuelles et nationales, qui modifient réelle-

(394) ment Timpl^ession produite par les métaphores » par les tournures habituelles ou les proverbes usités > ces habitudes qui^ de fait» changent la valeur du langage.

Toutes ces imperfections des versions et des lecteurs , n empêchent pas sans doute de connaître, d'aimer, d'admirer la Parole Sainte, mais elles empêchent de la bien apprécier, quelquefois de la. bien comprendre; elles répandent des obscurités et dés taches sur sa pure et sublime simplicité; elles appellent peut-être la critique et les doutes, sur ce qui n'eût jamais excité que notre admiration et notre amour. Voilà une source d'objections quil Cillait signaler»

Depuis des sièdes, on travaille à faire passer en français une image aussi fidèle que possible du code sacré. A chaque nouvel essai, on améliore, on corrige, on approche un peu plus. Des progrès réels ont été faits. On ne se relâchera pas, sans

( 395 ) doute, et de nouveaux efforts feront faire des pas nouveaux. Mais cependant le but n'est pas encore atteint, il ne le sera même jamais* Les lecteurs du Nouveau Testament doivent s'en souvehnr* Qu'ils rejettent souvent sur les faiblesses de la traduction ce qui les étonne dans le langage, ou même en grande partie, le& obscurités du sens, et ils seront dans la vérité. Quils regrettent, sans doute, les beautés vives et touchantes que ces obscurités leur font perdre , mais qu'ils ne condaihnent pas l'originahpour les fautes de la copie*

Le Nouveau Testament est en langage antique* De là d'autres obscurités inévitables , et dont nous n'avons pas le droit de nous étonner* Tout livre fait plus ou moins allusion aux mœurs, à l'histoire, aux lois du temps* Plus le livre est simple et populaire, plud ces allusions sont fréquentes. Or comment les éclaircir

(396) toutes avec nos connaissances imparfaites de Fantiquîté? GeUes mêmes qui ont pu être expliquées' avec certitude par les érudits , n'en sont pas plus claires pour la foule. Là encore, il y a sujet de regretter notre ignorance, mais non de nous en prendre au Livre Saint

Le Nouveau Testament est enfin en langage populaire. Quand Jésu&Clbrist déclarait qu'il était venu aanoncer UEçangile aux pauvres y quand il bénissait son Pére de à'être recelé aux enfants* c'était apparemment dans un langage à leur portée qu'il voulait leur exposar cette révélation, et la leur faire exposer par ses Apôtres, sortis eux-mêmes des rangs des pauvres et des prtits. ^ussi le Nouveau Testament est-il éminemiàent en langage populaire, c'est-à-dire simple, vif^ figuré, plein de sentences et de para-

* Malth. XI, a5.

(%7 ) boles , parlant au cœur encore plus qii a Fesprit, et par conséquent moins précis^ moins exact, moins rigoureux que le langage des sciences, par exemple. Ainsi, ne nous étonnons, pas d'y trouver des locutions vagues, des images plus poétiques qu^exactes, des sentences qui ne ùeuvent être prises au pied de la lettre, des raisonnements faits pour le sentiment, c'est-à-dire plus pressais que rigoureux. C'est de ces choses que se compose la langue du cœur, celle que parlèrent et que devaient parler des hommes touchés à une foule passionnée» des ^ hommes inspirés à des pécheurs. Recevons l'Écriture comme elle nous est donnée, alors nous la comprendrons; nous ferons mieux,, nous là sentirons; car nous aussi sommes foule, c'e^^àdire hommes, et notre cœur a encore plus besoin d'être persuadé, que notre esprit convaincu. C'est ainsi que des

idées justes surla nature du langage du îïou veau Testament, dissiperont beaucoup d'obscurités, et par-là même pré* viendront beaucoup d'objections. Elles ajouteront d'une antre manière encore à Futilité du Livre Saint , par leurs conséquences heiTnéneutiquesy que je dois indiquer en passant

La première, beaucoup trop souvent méconnue, me semble fort importante , quoique assez particulière* La théologie a extrait des Livres Saints un grand nombre de termes saillants et significatifs, qui lui servent à exprimer des idées fondamentales. £Ue les a déterminés et définis* £n qualité de science , c'était son devoir* Mais il ne faut pas prendre la Bible poiur, un traité de théologie, le langage des Apôtres pour celui des Docteurs, et les places publiques pu Jésus- Christ pardonnait les péchés , pour les bancs de l'école. La méprise gérait

(399) grande. Le langage des auteurs du Nou* veau Testament était populaire; celui des théologiens est scientifique y et les mots qui » dans leurs livres, ont et doivent peut-être avoir la rigueur de la science, avaimt un sens nécessairement plus large et plus^varié dans la bouche des Apôtres* J'en appelle à tout critique sincère et éclairé :* il conviendra que dans le Nouveau Testament beaucoup de termes de ce genre ont un sens variable, plus ou moins étenda, plus ou moins déter^ miné, plus ou moins dogmatique, suivant le passage et Voccasion. Ceux de charité^ par exemple, àejoiy diceuçreSi de loi y de justice ^ èiâmey de salut y sont dans ce cas. Quand nous lisons le Nouveau Testament, gardons-nous donc de leur appliquer toujours leur sens théologique et précis ; et au lieu de chercher * dans un dictionnaire de théologie, la valeur exacte d'un certain mot dans un cer-

(4oc)

tain passage, cherchoitô-le surtout dans le passage même y dans son contexte et dans son esprit. . «

La seconde conséquence découlait déjà de la section précédente. Il ne faut pas trofp presser les mots, crainte d'erreur.

Ces mots sont traduits d'une langue morte, ik font quelquefois allusion à des usages inconnus , ils renferment peut-être une figure. Cest l'idée générale dont ils sont l'expression qu'il faut avant tout chercher. Dans une comparaison , dans une parabole 9 au lieu de ^fesser les dé^ tails, il faut s'attacher fortement à l'esprit et à la leçon. Tout est etreur dans la méthode opposée , et l'imagination de l'interprète se substitue souvent, par le fait, à la pensée de Dieu. Par respect pour les Xiivres Saints , cfncore une fois , craignons de leur faire dire ce que nous sommes si peu sûrs qu'ils aient réellement dit. Plus on s'attache à un détail,

( 4oi ) à un mot isolé, plus on rîsqtie de rencontrer Terreur. Plus on s'attache à l'esprit général, ^ Tidée mère du passage, du diçcours, dé la figure, plus on est certain d'être dans la vérité , c'^t-à-dire d'avoir saisi la pensée divine* C'est en élargissant la base de la [i^ramide qu'on lui donnera de la solidité, tt aussi de la grandeur* La qualité requise pour bien interpréter l'Écriture, n'est donc pas un esprit subtil, encore, moins un esprit ingénieux : c'est un cœur sincère et soumis, joint k un esprit judicieux et clair* Travaillons à acquérir Tua et Tautre^ et nous aurons plus fait pour comprendre TÉçriture, pour Téclaircir, et surtout pour en profiter, qu'en <nous exerçant à analyser les phrases,à découvrir sous chaque mot une idée nouvelle ou un mystère*

SECTION TROISIÈME

Errtwrs sur h but des leçons du Nouçeau Testament*

U est trop commun, surtout dans les temps de discussions religieuses, d'oublier le vrai but de TÉcriture, et de se tromper ^ur Tefifet qu'elle doit produire en nous.

L'Écriture ne travaille pas à nous rendre savants ^ mais à nous convertir, nous sanctifier et nous sauver* Chrétien n'est pas lamémechose que docteur, etla théologie est une tout autre affaire que la religion* U faut sans doute qu'il y ait des théologiens ; il importe même qu'ils soient savants et laborieux : à Dieu ne plaise qu'après leur avoir toujours prêché la science, je vienne les en éloigner aujourd'hui, mais ce n'est pas à eux que ceci s'aiiresse surtout, et il importe plus

encore que tous les membres de l'Église soient religieux. Je ji'examine pas ici jusqu'à quel point il convient à ceux-ci de s'occuper aussi de théologie; dans tous les cas, ce qui est certain, ce qui e^t important, ce qu'il est essentiel de répéter souvent et fortement , c'est que pour entrer dans les viies de Dieu , ce n'est pas en théologiens, mais enfidèles^ que lesfidè- "ies doivent lire l'Écriture, Je n'ai garde de nier ou de restreindre le droit et le devoir de l'examen; mais ce devoir ou ce droit ne changent rien à l'esprit de la Bible , ni aux dispositions nécessaires pour la bien saisir, dispositions qu'ils rendent au contraire, plus importantes encore. Or cette Bible demande l'obéissance et non la science , l'amour et non la curiosité* Ne mettons pas le dévouement en finrmules et l'Évangile en thèses, ce serait le moyen d'en perdre à la fois le sens et le fruit. Jésus n'est pas mort pour faire

( 4o4 ) faire des dissertations , mais pour sauver les âmes. Que ses disciples cherchent dans sa Parole plus de sentiments que de théories! Que le Chrétien, en ouvrant le Livre des livres, comn^nce par se dire :

Dieu lui-môme daigne m'instruire et me guider ; ses leçons doivent donc entrer dans mon cœur, régler ma conduite, et faire de moi un homme nouveau. Voilà le point de vue donné de Dieu; voilà par conséquent celui dans leejuel et par lequel on comprend la Bible. C'est celui qui nous apprend à observer, à découvrir avec reconnaissance et conviction les admirables rapports de l'Écriture, avec nos besoins secrets et intimes. Étudiée de la sorte, elle exerce sa véritable influence, et se prouve par son efficace même. C'est lorsque la parole de Dieu sanctifie les âme^, qu'elle est surtout la i^érité* Hors

* JeanXVlI, 17.

( 4o5 ) de ce point de vue, on la fait autre qu'elle n*est , on ne se met pas à la place qu'elle npqs assigne, on rompt l'harmonie entre elle et nous, et de là viennent des ombres, des méprises , des erreui:s y des écarts ; finalement des objections et des doutes.

Je termine cette section et cet ouvrage par quelques réflexions destinées à confirmer cette vérité.

J'ai dit que l'Écriture tendait à produire un puissant effet sur le cœur, plus qu'à encadrer dans l'esprit u|i système de théologie. La chose e^t en vérité si évidente, qu'il serait superflu de s'arrêter long-temps à la prouver. Qud est le char pitre du Nouveau Testament qui ne parle directement au cœ^, qui ne mette l'essentiel de la rdigion dans Famour, dans l'obéissance, ou dans la foi, composé sublime de la plus complète obéis-

( 4o6 ) sance et de Tamour le plus dévoué?-— Examinons en particulier les discours de Jésus-Christ, et nous toucherons à Tœil et au doigt ce que j'avance. Ces discours sont tels que leur beauté, leur clarté, leur efficace, tiennent d'une manière toute spéciale au point de vue en question* On ne peut abandonner celuici, sans risquer de perdre celles-là* Dans Matthieu et Luc, on y trouve des sentences énergiques, frappantes, propres à remuer le cœur, à faire sur la foule une impression décisive, mais qui ne peuvent point être prises au pied de la lettre** Celui qui les lit avec un cœur ouvert et soumis, est édifié, éclairé, changé. Il a reçu une impulsion forte et utile; une impulsion vraiment divine, tant elle répond exactementà la nature de rhomme , à ses besoins sociaux et in-

^ Voy^z* par exemple, Matth. V, 5, 22, 2$, 29, 3o, 34> 37, 35-41, 48; VI, 3, 17, 3i,32, etc.

( 407 ) dividuels. La semence est tombée dans une bonne terre, et là parole a porté son fruit; Mais au contraire , celui qui lit les sentences de Jésus uniquement pour en discuter le sens, en mesurer la valeiB*, en peser les mots , risque de s'étonner de ce langage , d'en méconnaître Tesprit et rà*propos. 11 ira peut-être j usqu^à le nomnier dangereux ou exagéré» Le voilà rebuté t scandalisé ! la semence est sur le grand chemin. >-- Dans Sh Jean les dis* cours de Jésus sont tout autres, et pourtant il en sort la même leçon et la même preuve. Faites-les lire à. un esprit raisonneur et glacé, qui veuille seulement y chercher des propositions et de la science. Il trouvera probablement ce langage obscur, embarrassé, peut-être exalté. Il se plaindra^e ne pouvoir suivre^ou éclaircir toutes les idées. Il trouvera ce travail difficile çu fastidieux/

^ L'expérience a été faite. Un théologien distingue»

( 4o8 ) Vienne à sa place une âme sensible, ardente, ëlevéet Ce langage d'amonr, de dévouement , la touche et rébranle. Elle se sent saisie, attendrie, soumise par .

cette émotion inconnue qu'exciterait la présence, d'un habitant du cieï, et- elle s'écrie avec Thomas : Mon Seigneur et mon Dieu! — Que tout lecteur sincère et chrétien prono^nce maintenant: Quand Jésus parlait aux Juifs , à quelles lacultés ' de leur âme s adressait-il surtout, et quelles dbpositions leur demandait-il?

•grand personaage^e lIÈglise lutb/^riennet oonnu par sa science 9 et jasque-là par sa sagesse, a imagine de publier tin ouvrage eofltre Tauthenticité de rÉva»gile de St Jean (Probabilia^ de Bretschneider). Son argument décisif était que les disçanrs de Jésus-Christ, dans cet Évangile, lui paraissaient indignes du Sauveur. Ce résultat et cet argument ont étonné et a£9igé jusqu'aiix rationaUstet. Dn reste, cette étrange attaque 41 eu le bon effet d'amener de solides ré]>onses, des rfcherches nouyelles, et quelques ouvrages décisi£s en faveur de l'authenticité des Évangiles, maintenant plus solidement affermie qu'avant cette discussion.

(409) quelles dispositions, par conséquent, nous demande-t-il encore pour bien saisir ses discours et ses idées?

Bénissons Dieu d'avoir exigé pour Tefficace de sa Parole , de la droiture et de la sensibilité, plutôt que du savoir!

Si celui-ci eût été nécessaire , les fruits de cetlç Parole eussent été, comme presque tous les bieiB d'icî-bas, le partage d'un petit nombre dlieureux. Mais elle réclame Airtoiit la docilité du cœur, et aussitôt elie devient le trésor des pauvres et des petits, autant et encore plus que des riches et des habiles. Tout le monde peut acquérir le cœur honnête et bon qui est requis* pour la sentir ; mais pour Fétudîer, ranalyser, l'expliquer, il faut ce que ne peut avoir Timmense majorité des hommes; il faut des connaissances positives, savantes, et Fart de les em-

*Luctni, i5.

( 4io )

ployer ; si Ton ne veut du moins aller de méprise en méprise , et prendre pour la pensée divine nos propres inventions.

Prenons garde de laisser perdre le don de Dieu^ pour poursuivre une science vaine, que presque jamais nous n'atteindrons !

Remarquons encore combien cet esprit de soumission et de pratique donne réellement la véritable clef de l'Écriture, et comme il en fait disparaître les difficultés. Nous ne pouvons avec nos lumières bornées en extraire un système Ibëologique, complet de tout point II y restera toujours des lacunes, des parties obscures» des choses difficiles à concilier, parce qu'elles touchent à Tii^i, et que nous n'en voyons qu'une parcelle. Le théologien vraiment éclairé, s'il est de boniie foi , dit souvent : « Je ne sais pas». Ces^ obscurités étnonent, irritent même les hommes plus curieux que pieux , qui voudraient tout clamer en

(4iO chapitres, et arranger en syllogismes* Mais , chose admirable ! si l'on prend le point de vue chrétien, si Ton étudie TÉcriture pour l'appliquer à sa conduite et^ à son âme, tout s'éclaircit à l'instant, l'harmonie^ reparaît, les contradictions se lèvent, le cœur reçoit toujours une impulsion unique, toutes les leçons, toutes les vérités se trouvent d'accord pour le sanctifier et le convertir. — Paul promet le salut à la foi et Jacques aux oeuvres ; les théologiens cherchent à les concilier, et sans doute la chose n'est pas difficile ; mais tel lecteur qui n'est pas théologien, pourrait bien s'effrayer de cette apparente contradiction. Hé bien! quil change de méthode! qu'au lieu de débattre la théorie, il songe à mettre en pratique ce qui lui est commandé comme l'ordonnaient les deux Apôtres, et rien n'est plus facile, et les deux "leçons réunies s'entr'aident

au lieu de se contrarier. La foi vivante de l'un, serait-elle par hasard inutile à la religion sans tache de l'autre , et celui qui croit en Jésus-Christ lii^ré pour nos péchés y et ressuscité pour notre justification y* n en aura-t-il pas plus de force et de zèle po.ur s^isiter les veuçes et les orphelins y et se préserver des souillu" ' ces du monde?* Et inversement, l'exercice de la charité , de la pureté , en transportant dans une atmosphère divine ses pensées , ses affections et ses volontés , ne lui fera-t-il pas aimer et chercher par la foi le divin modèle qu'il imite d'avance, et aux lois duquel il est déjà soumis?

Démonstration de fait, aussi persuasive que sublime, de la divinité de notpe livre! La théorie ne sejaisse pas toujours facilement et complètement saisir, mais à l'épreuve il est toujours clair, lou-

♦ Rom. IV, 24, 15. *♦ Jac^.I, 27.

( 4i3 ) jours d'accord avec lui^4nême, toujours en rapport parfait avec ks profondeurs du cœur humain, toujours fécond en fruits de paix et de vie. Si les hommes l'avaient fait, j'ai fort opinion que ce serait «le contraire. La théorie serait si bien arrangée qiie rien n'y manquerait Tout semblerait clair, raisonné, lié, prouvé. Mais la pratique démentirait le système; la machine jouerait mal, la contradiction se manifesterait entre les tendances, des conséquences imprévues et fatales jailliraient de partout , et le cœur de l'ignorant et du malheureux demanderait en vain paix et repos! Ainsi ont fait jusqu'à présent toutes les philosophies et toutes les morales , non basées sur l'Évangile !

Heureux donc le Chrétien qui joint à une conviction entière de la céleste origine du Nouveau Testament, le cœur honnête et bon seul capable de le comprendre,

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