‹ De l'origine du langage d'après la GenèseChapitre 9 sur 10 · CRIS · texte numérisé non relu

CRIS

Notanân kitchi kijikôk eyayou pitone mewejitjikatek ki wijo\vin. Notre père au haut du ciel tues plaise à Dieu on vénère ton nom.

emkhe^ helle-mère ; karoiidai, phénix mâle ; keroudei, phénix femelle. Ce phénomène apparaît encore dans des mots de la même forme qui ne contiennent pas le A-, mais qui diffèrent seulement par la classe de leurs voyelles, par exemple : ama, père, et eme, mère. Dans ce cas, on rencontre ordinairement les voyelles de la première classe, c'est-à-dire les voyelles sourdes, dans les mots qui expriment l'idée de mâle, de supérieur, de vigoureux, tandis que dans les mots qui représentent l'idée de femelle, de faible, d'inférieur, on ne trouve que les voyelles de la deuxième classe.

« Les verbes mandchous bime^ être, et boitme, mourir, sont dans un cas semblable, comme olmaq et olmech (pour culmeck] en turc. De même fousikhon, vil, abject, bas, méprisable, et vesikhon, haut, élevé, précieux, et kankan, esprit ferme; kenketi, esprit faible ; vasimé, descendre; vesimé, moTiiev, citoboume, être en danger ; aitoboumi, sortir d'un danger.

« C'est probablement un effet de l'influence de la philosophie chinoise sur les peuples tartares. Le principe dominant de la philosophie chinoise est le dualisme qui se reflète dans toute leurs conceptions, et qui se peint jusque dans l'organisation de la langue. Le Da ten, le principe suprême de tous les êtres, a donné naissance au yang et au yen, ou à l'A et à l'E, les deux principes inhérents à tout élément matériel ; A est la matière mobile, le ciel en opposition à la terre, le soleil ou le principe lumineux, actif, le sexe masculin ; E est la matière en repos, la ierre, la lune, le principe ténébreux et passif, le principe féminin (90). »

Une permutation de voyelles, semblable à celle qu'on vient d'observer, dans le mandchou est ordinairement usitée dans les

(90) Eclaircissements sur quelques particularités des langues tartares ef finnoises, par F. L. 0. Rœhrig, in-8. Paris, i84S, p. 9 à 10.

Dli I.OKîGIM; Di, î^AN'iAGi': 49

langues sémôliqiîcs pour désiiinerues caUigorios graranialicaîes, comme l'hébraïq e katla, katel, katol, k'tol, kotel. Par un simple chanement de voyelles, Tidée «tuer» a reçu cinq significations différentes : tué, tueur (meurtrier), tuer, tue, tuant. Les langues indo-germaniques connaissent aussi ce moyen. Eq a:!*-^ glais, la syllabe radicale drinck signifie « boire, » et proncuci'} avec un autre accent « boisson » ; par un changement de voyeiie: dranck, je buvais ou j'ai bu ; dt^unk, bu ou ayant bu.

On voit donc p.ir ce qui précède que les langues humaines se servent pour exprimer le rapport ou la forme de cinq procédé.*; qui sont: i" l'accent; 2° la position du mot; 3« les mots de forme ; 4° les syllabes de forme, préfixes ou suffixes ; 5" le changement du son , et la science les classe selon qu'elles font usage de l'un ou de l'autre de ces moyens. Mais comme i! n'est pas de langue oii l'accent et !a po-^ition n'exercent une influence, il s'ensuit que l'expression de la forme, ou li grammaire, se réduit aux trois procédés qu'on nomme :

1" L'isolement, c'est-à-dire le procédé par lequel toute la pensée, objet et forme, est exprimée par des racines indépendantes ou isolées, qui sont employées comme mots et conservent, une signification propre. A cette classe appartiennent le chinois et les langues de l'Inde iiiférieure, le birman, le siamois, l'annamite, le tonkin, etc.

2° L'agglutination, c'est-à-dire la formation des mots par h. juxtaposition de plusieurs racines, dont l'une perd son indépendance. A cette classe appartien tient l'égyptien et les langues africaines qui lui sont alliées, les langues polynésiennes, celles de l'Amérique, celles de l'Afrique méridionale, leKorigo, leSnaîieli. le Loango, le K .kongo, l'Angola, le Mandongn, etc. Les langues touraniennes divisées en deux groupes principaux : 1° Les lan-gués tartares, mandchou, mongol, turc, finnois et hongrois, japonais, sybérien ; 2° les langues dravidiennes, principalement

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celles (k; riride antérieure qui ne dérivent pas du sanscrit: le tamuidinue, lé telùgfi'OLi waruga, et le talinga ou badaga.

■ 3° La flexion, c'est-à-dire la désignation de la forme nar un eftàngement phonétique interne de la racine, ou la formalion dii mot par la réunion de deux ou plusieurs racines qui perdent tbutes leur indépendance. A cette troisième cldsse appartiennent les laingiies sémétiqnes et indo-européennes.

Des> auteurs, et ent'rc autres M. Max Millier, enseignent'^^i^é toutes les langues de la terre passent par ces trois périodes,, le liioiiosyllabisme, l'agglutination et, la flexion. Nous ne pouvons pas encore nous ranger à cette opinion, parce qu'elle ne nous appliraît pas appnyée sur des faits et qu'elle n'est pas conGrmée j^ar l'histoire. Nous ne connaissons pas de docunjents quiétaolissent cette transition d'une langue quittant soit son caractère monosyllabique pour adopter celui de l'agglutination, soit son Caractère agglutinant [iour celui de la flexion. Quand une langue perd son type primordial, et se tran>fornie, quand elle cesse dt'ôire ce qu^elIe a toujours 'été, elle perd son liom et devient une autre langue'. • ' "•' ■ 'i'-^ : - ,

Mais si les Noacliides ont, après leur dispèf§iori''s'u'f lâ'sWt--' face du globe, parlé des langues sorties' de moules différents, péut^-être les peuples qu'ils ont formés reviendront-ils un jour i\ l'unité primitive du langage. Car, s'il ëtaiH^r'd qUeiës vieilles nationalités dussent disparaître ou s'absorber'îes lines les auf^es, et que la niarche des peuples fût vers l'unité politique, il tîè' serait pas impossible, ce semble, qu'une volonté supérieure «raposcit une langue unique à l'humanité soumise à ses lois.

Et si jamais se réalisait cette parole recueillie par le psalmiste: « Demande moi et je te 'uonnefài les nations pour ton hérita^ë^

« *et'les'connIis'tie^la"1éi^re pour ton eirn'pire (91); » alors on

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