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CHAPITRE PREMIER Nature de l'autorité

Sommaire. — Division : Quatre choses à distinguer : la nature, l'existence, la possession, la légitimité de l'autorité.

— L'autorité, c'est-à-dire « le pouvoir moral de mouvoir par la raison la volonté, afin d'unir un grand nombre d'individus intelligents et libres dans une même action sociale », est essentielle à toute société. — L'autorité est un droit, mais tout droit n'est pas une autorité 140-144

Sommaire. — L'autorité métaphysique ou abstraite doit se concréter dans une personne réelle, par un fait... personnel.

— Exemple des 3oo Spartiates et de Léonidas. — L'objection tirée de la souveraineté du peuple est réfutée par ceux qui la font, ils confondent les idées ; leur dilemme est incomplet ; leur argument ne conclut pas. — Une autre objection confond les causes de l'autorité avec les titres qui en déterminent la possession dans tel individu. — Réponse. — En toute opinion il faut connaître ce fait ; il détermine non la fin mais la possession de l'autorité. Ce fait précède logiquement la formation de la société 145-167

Sommaire. — Une autorité indéterminée ne peutagir. — Pour éviter à une nation l'anarchie ou au moins la funeste incertitude sur la personne et le droit de son chef (comme en France par ex. pendant si longtemps), un fait positif personnel doit déterminer le possesseur de l'autorité. — Ce fait

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peut être quelquefois, mais il n'est ni toujours ni essentiellement le suffrage exprès ou tacite du peuple. — Car, en beaucoup de cas, comme l'histoire en fait foi, un peuple est obligé d'obéir au possesseur de l'autorité, lorsque celui-ci seul peut procurer le salut ou le bien public de la nation 168-202

Sommaire. — Le devoir de la dépendance politique peut aussi avoir sa raison ou dans la volonté divine proprement révélée, comme chez les Hébreux, ou dans le respect obligé des droits des autres. — Ainsi, d'ordinaire, les liens de la famille sont la vraie cause qui oblige les individus à dépendre de tel ou tel gouvernement. — Puis d'autres droits peuvent encore devenir des titres légitimes à la supériorité politique; par ex.: le droit de l'offensé, supérieur, par suite du délit, au droit de l'offenseur peut se transformer en droit de conquête; le droit de la conscience justifie les croisades contre les musulmans. — Le droit de propriété sur un grand domaine indépendant peut être, pour le maître, le titre du droit d'autorité sur ses colons. — Et cette possession de l'autorité constitue si bien un droit de propriété (non pas des hommes, mais du commandement) qu'il peut être aliéné, usurpé, revendiqué ; — cédé seul sans le domaine territorial ou gardé seul sans le domaine (féodalité). Il a encore cette ressemblance avec beaucoup d'autres droits qu'en dehors des cas de révolution ou de conquête subite, etc., il se forme lentement sous l'action de la Providence, mais de façon qu'un jour il apparaît ferme et irrécusable. Exemple: Ligue hanséatique^ souveraineté pontificale, etc. — Cette théorie qui, en dehors d'une élection parfois légitime soutient que souvent aussi le possesseur de l'autorité est déterminé par un fait positif et quelquefois même matériel dans ses principaux caractères, cette théorie est pareille à celle qui fait dépendre de la génération l'autorité des parents sur leurs enfants. — Dans ces deux ordres naturels, la famille et la société, Dieu est l'auteur de l'autorité. — Enfin, elle s'harmonise avec d'autres vérités universelles de la plus haute importance, par ex. dans l'ordre civil, avec celle du droit de propriété, commun dans sa possibilité ou puissance à tous les hommes; mais déterminé et restreint dans la personne du possesseur par un acte positif; etc. — en philosophie avec la doctrine sur la puissance et l'acte, théorie scolastique, que la Réforme a d'instinct et en naissant poursuivie de sa haine. 203-266

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