OBSERVATION III
Résumé d'une observation de M.J. Roux (In Mémoires de la Soc. de chir., 1857, t. IV, p. 424).
B..., 27 ans, subit la désarticulation tibio-tarsienne par le procédé à lambeau plantaire latéral interne. Marche lente | ; de la cicatrisation, persistance de fistules : la cachexie scro- ë fuleuse s’accuse de plus en plus. — Epanchement séreux £
encéphalique. — Mort dix mois après l'opération, 38
Autopsie du mMmoignon. — Cinq ouvertures fistuleuses, nn
elle-même en arrière avec le tendon d'Achille. = Au dessous de la peau existe un tissu fibreux lâche, mé-
langé de pelotons adijeux, qui forme un coussinet élastique
épais à la partie inférieure du moignon. Ce tissu qui représente la doublure cellulo-graisseuse de la peau dn talon, n'a
subi aucune altération et se présente avec tous ses carac-
tères normaux.
En incisant l’aponévrose plantaire près de la cicatrice et en renversant le lambeau, on découvre les surfaces osseuses
qui adhèrent solidement aux parties molles surtout au niveau du point de contact entre le tibia et le péroné ; on ob-
serve alors des détails importants du côté des os et du côté des parties molles :
4° Les surfaces osseuses sont atteintes d’ostéile en divers points et surtout au-dessus et sur les cotés de la section qui a porté sur les malléoles. La section elle-même présente cependant une surface unie. Dans les points enflammés, le tissu osseux est rugeux, injecté, mais non ramolli : le cartilage de de la mortaise libiale a disparu, et dans cet endroit il s’est formé une v'gétation osseuse à surface plane régulière, il semblerait que la surface articulaire du tibia s est protongée par une sorte d'élongalion de l'os lui-même.
2° La surface profonde du lambeau est parsemée de corps
gent dans l'épaisseur du tissu fibreux comme des racines tandis que la face opposée ou profonde est dénudée dans que : ques points qui sont rugueux et frappés d'ostéite. tu
Ces ostéophytes se touchent entre elles par des surfaces lisses et unies; la dissection et la macération montrent qu'elles se sont développées aux dépens du périoste du
calcanéam, périoste qui, déjà isolé de l'os par la maladie,
l'avait été complètement par le bistouri. La situation de ces productions osseuses dans la partie postérieure du moi-
gnon, au-dessous du tendon d'Achille, justifie cette origine, … que démontre encore l'examen des extrémités inférieures
du tibia et du péroné, dont au premier abord on aurait pu croire ces pièces osseuses délachées.
Les tendons sont intimement adhérents à la cicatrice ; nulle part on ne constate d’altération daus leur portion contenue dans l'épaisseur du lambeau.