‹ De l'Ossification des Moignons d'AmputationChapitre 7 sur 11 · PS IT EE · texte numérisé non relu

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filles sont tantôt assez éloignées, tantôt rappro: thées de l'os, tantôt enfin reliées aux os par du tissu fibreux. Comment expliquer leur production?

Ïl y a environ trente ans les auteurs étaient presque unanimes à n'attribuer des propriétés ostéogénétiques qu’à la moelle des os et nous avons vu que les conclusions de Cardot basées sur des observations cliniques et quelques expériences de laboratoire réflé: taient cette opinion classique alors du rôle presque unique de la moelle des os dans l’ostéogénèse.

Goujon (1) explique la production des ostéophytes par le mécanisme suivant : « quelque peu de moelle osseuse serait transplantée dans les chairs de la plaie, serait greffée pour ainsi dire, par conséquent l’origine de ces productions osseuses pourrait étre regardée comme le résultat de cette greffe involontaire. »

Comme on le voit l’origine périostique des néoformations osseuses n’était pas en faveur il y a ure trentaine d'années.

Et pourtant dès 1739, Duhamel étudiant le mode d'accroissement en épaisseur des os longs, arriva à cette conclusion que des couches osseuses nouvelles se déposent à la surface externe de l'os et qu'elles sont formées par la couche interne du périoste.

En 1775, Troja par des expériences différentes de celles de Duhamel arriva aux mêmes conclusions.

(1) Thèse Paris, 1866,

Le rôle du périosle avait donc été bien établi dès le dix-huitième siècle ; ce qui fait que les idées de Duhamel ne furent acceptées qu'avec de grandes réserves. ;

Bichat était opposé à l’idée de la génération des os par le périoste. « Le périoste, disait Bichat, est étranger à la lormation des os. »

Sous l'influence de Bichat on ne voyait dans le périoste € qu'une membrane fibreuse qui n’a d’autre rôle que de soutenir les vaisseaux qui pénètrent dans les os et de servir d’enveloppe à ces derniers (1). »

Avec les célèbres expériences de Flourens on revint aux idées de Duhamel et de Troja.

« On peut, disait Flourens, enlever au périoste une portion d'os et il rend cette portion d’os; on peut lui enlever un osentier et il rend cet os entier ; le périoste est l'organe qui produit les os et qui les reproduit. »

Ne reculant pas devant des déductions hardies, Flourens ajoutait: « Puisque c’est le périoste qui produit Pos, je pourrais done avoir de l’os partout où j'aurai du périoste, c'est-à-dire partout où je pourrais conduire, introduire mon périoste ».

Avec l'année 1858 commencent les belles recherches d'Ollier-sur la régénération des os. Ollier, allant plus loin que ses prédécesseurs, prouva qu’un lam-

beau de périoste, absolument détaché et transplarité

(i) Ollivier, — Art. Périoste du Dict. de médecine de 1840,

dans des régions éloignées, chez le même animal où même chez un animal d'espèce différente peut donner lieu à une production osseuse.

Ollier alla plus loin, non seulement le périoste, dit-il, produit l'os, mais « le périoste seul donne lieu ‘à de véritables régénérations osseuses. Si à l’occasion, la moelle, le tissu osseux lui-même, les parties molles qui avoisinent le périoste, peuvent former de l'os; cela n’a lieu, d'après Ollier, que dans des conditions spéciales (fractures, ostéites, etc.) qui manquent après l’ablation d’un os entier ou d’un fragment d’os notable.

Les tissus en question sont capables de venir en aide au périoste pour la production osseuse, mais ne saurait le remplacer.

Les conclusions qui précèdent sont restées intactes jusqu'à présent et toutes les expériences récentes n’ont fait que confirmer les idées d’Ollier.

Ce n’est donc pas à la moëlle qu'il faut attribuer la formation d’ostéophytes ; moins encore aux parties molles : muscles, tissu cellulaire, aponévroses, tendons, etc., qui entrent dans la constitution du moignon : les ostéophytes sont engendrées par le périoste et la présence dans le moignon de productions osseuses séparées de l'os amputé indique tout simplement qu’au cours de l’amputation on a laissé dans la plaie quelques lambeaux de périoste qui ont vroliféré ultérieurement.

. Cha pitre IV

Symptômes et Traitement

La production d’ostéophytes lorsqu'elle est peu prononcée n'empêche pas d'obtenir un moignon indolent ét solide ; mais lorsque ces néoformations osseuses dépassent un certain degré, le moignon devient douloureux et r’état du maiade est comparable à celui d’un amputé atteint d'un névrôme ; mais le diagnostic entre ces deux états morbides sera facilement fait par la constatation au palper de masses dures osseuses qui acquièrent parfois des volumes énormes qui excluent toute idée de névrôme.

Le moignon est inapte à se mouvoir sans douleur etne peut supporter les pressions du sol où de l’appareil. Dans ce cas les ampuiés sont de véritables infirmes ; aussi le chirurgien devra-t-il, au moment de pratiquer une amputation, penser à an possibilité d'une ossification du moignon et faire tout le possible

pour éviter cet accident.

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ce Sr Ge sera alors un à véritable of ee proph tique de ce pénible accident. ti Eee Quelle sera cette prophylaxie?

Elle est très simple et consiste à ne garder qu juste l étendue nécessaire de périoste pour couvrir | bout d'os amputé. Cette règle s'applique surtout au cas où on fait des amputations sous-périostées ; on.

aura alors recours à la manchette périostique des Poncet ou au lambeau périostique de Langenbeck, de Houzé de l’Aulnoit ete. | 2 È

On taillera le périoste de façon à avoir de quoi cou vrir la surface de seclion et seulement juste de quoi la couvrir ; sion ne suit pas cette règle, si on laisse dans la plaie des lambeaux de périoste, celui-ci resté adhérent aux parties molles pourra tôt ou tard, sur- à tout s’il se produit de l’inflammation du périoste, | être le point de départ d’une prolifération osseuse abondante comme dans notre observation et nécessiter une nouvelle opération. Cette nouveile opération qui constitue le traitement caratif proprement dit de l'accident, consiste à faire une incision large du moignon et à enlever en bloc ou par morceaux les néoformations osseuses. Les sutures, les pansements consécutifs ne présentent rien de spécial et nous n’y insistons pas. |

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