‹ De l'Ossification des Moignons d'AmputationChapitre 6 sur 11 · Chapitre IT · texte numérisé non relu

Chapitre IT

Des productions osseuses au niveau des moisnons

Après la guérison d’une amputation les modifications qu'on peut constater au niveau de l'extrémité osseuse sont très variables.

Quelquefois on constate que l'extrémité de l'os est atrophiée, amincie, l'os devient fusiforme, de cylindrique qu'il était auparavant. D'autres fois, au lieu d’une diminution de volume, on constate une hypertrophie résultant de la superposition de couches osseuses successives; l'os prend alors la forme d’une massue ; d’autres fois, enfin, on ne remarque presque pas de changement et l'os conserve à peu près son volume normal.

Enfin on peut observer des végétations osseuses qui prennent des formes très variables.

Tantôt ces végétations sont fixées aux os, tantôt elles sont libres dans les différentes parties consti-

tuantes du moignon,

ne nous ne dit de les

dans les ampulations diminuent progressivement

volume de haut en bas. Qu'en résulte-t-il au poi vue de la forme % =

Quand l’amoindrissement abs prononcé, los La la forme d'un cône ou d'un coin à sommet dirigé en. bas; on ne retrouve plus, à proprement parler, de surface de section et cette dernière est remplacée par 2 ’ une pointe osseuse ou par un bord {ranchant,. Le:

Bien que l’atrophie dé l'extrémité de l'os soit la (a règle générale « bien qu’on ne trouve presque pas de moignons d'amputé, quel qu'ait élé le temps employé à la guérison, qui ne présentent la fermeture de leurs os en doigt de gant » (cependant cette circonstance ne doit pas être regardée comme absolue), l’atrophie peut manquer quelquefois, ‘et nous trou-

vons dans Hutin (1) un exemple remarquable qui prouve cette assertion.

«L'extrémité d’un fémur amputé depuis plus de trente ans a conservé tout son volume normal ; les arrêles du point de section sont émoussées comme cela arrive chez les ampulés en général; mais les parois du canal médullaire ne sont nullement affaissées. )»

(1) Tutin. — Mémoires de l’Académie de médecine, XIX, $ p. 546.

. massue. F ge S 5 j A DS Os Ve

A Le ne d° établir 0 une ison fort juste ; l'os preud l'aspect d'une

à , : Le =] ht

On doit (trouver, d'après Larrey, l'explication de ce phénomènedans les pressions que subit l'extrémité de l'os lorsqu'elle sert de point TE pendant la marche. =

Ces pressions, en effet, déterminent un certain degré d inflammation du périoste et le résultat est

l'édification sur la He compromise de nouvelles couches.

Hutin, dans son Mémoire, mit ce fait en évidence; de plus, il conslata qu’au point de vue de la fréquence, ce phénomène est beaucoup plus souvent observé à Ja cuisse que dans les autres membres.

Ainsi sur onze amputés de cuisse, sept fais l’extrémilé de los était considérablement tuméfiée, au point d'occuper une grande partie du moignon.

Dans ces sepl cas, la peau recoutrait une énorme masse osseuse sur laquelle elle glissait et entre les téqument el la nature osseuse il n'y ataîit presque pas de parties molles. Au contraire, à la jambe, au

- bras, elc., Hutin n’a constaté que des modificalions

légères qui ne permettent pas d'affirmer une augmentation de volume.

Hutin attribue cette prédominance de l'hypertrophie du fémur à ce que le moignona une grande tendance à la conieité, par conséquent, malgré toutes les précautions, la rétraction consécutive des parties molles ne tarde pas à faire saillir l'os, qui, Cétant à « peice recouvert de parties très minces, mal pro- « tégé contre les influences extérieures, est soumis « à des pressions et des frottements qui font com- « prendre ces inflammations sourdes, ces irritations « d’où il résulte la production de couches nouvelles».

Souvent enfin on constate la présence dans le moignon de végétalions osseuses qui sont ou fixées à l'os : ou bien libres au milieu des parties molles. Quand elles sont fixées à l'os, ces productions osseuses se présentent à la vue sous les formes les plus variées et certes il serait impossible de décrire toutes les variétés bizarres de productions osseuses — d'ostéophytes — qu’on peut observer sur l’extrémité de l'os cicatrisé.

Pour n'en rappeler que quelques-unes, disons que l’on y trouve tantôt une espèce de champignon hérissé de mille aspérités, tantôt un éperon, des griffes, des mousses, des stalactites ; en un mot la forme de tous les objets tortueux que peut se représenter une imagination fertile en comparaisons.

Ces végétations occupent le voisinage de la surface

ES

de section elle-même : de plus, remarque assez imporlante, c’est que toutes les ostéophytes lorsqu'elles sont nombreuses se placent surtout sur la face postérieure du membre, là, où pendant longtemps lors de la cicatrisation, s’est produit une compression plus ou moins forte.

À quoi attribuer la formation de ces végétations osseuses,de cesostéophytes? A une périostite chronique; souvent à la suite de l’amputation des membres, dit Rayer (1) le périoste voisin de la section s'ossifie et cette ossilicalion accidentelle, mince et lamelleuse se propage quelquefois à une hauteur de plusieurs pouces au dessus du moignon.

Celle ossification morbide doit être le plus souvent résorbée, et celà lorsque la périoslite aiguë qui l'a fait nailre se résout franchement.

Si, au contraire, cette inflammation du périoste devient chronique, ces ossifications aecidentelles peuvent devenir persistantes et, de plus, il se forme de petits dépôts successifs de substance osseuse. Ge sont les ostéophytes.

Habituellement il n’existe aucune ligne de démarmarcation bien nette entre l'os ancien et les ostéophytes qui le recouvrent ; peut être cependant le tissu nouveau est-il d'une coloration plus foncée. En tout cas, rien n’est plus facile que de les distinguer

les uns des autres.

(1) Rayer. Archives de méd. 1823.

ECS Fous les canaux de l'os nouveau se montrent s | | leur longueur. . La direction des canaux. de Havers Fe est subordonnée à celle des Vaisseaux. Or ces der a niers sont : ou les vaisseaux ostéo- -périostiques ou 2. ceux des bourgeons sortis des canaux de Harvers à Fe la surface de l'os. Les lamel es oss uses nouvelles se forment comme dans une ossification physiologique, autour des vaisseaux qui sont entourés ainsi de cou : ches osseuses. Il en résulte que le nouvel os et les canaux de Havers sont implantés perpendiculaire ment à la surface de l’os nouveau (1). »

On constate enfin, et notre observation inédite en est un remarquable exemple, dansles parties mol-

des du moignon ou dans la cicatrice, des productions osseuses parfaitement séparées du squelelte. Ces ostéophytes libres sont comme jetées au milieu des parties molles qui composent l'extrémité du membre

amputé.

Elles sont d’un volume variable, en plus ou moins grand nombre, déchiquetées sur leurs facts, d'une * forme en général {rès irrégulière et formées par du e 7 tissu osseux véritable avec ses cellules et sa trame a parüeulière.

(1} Cornil et Ranvier, p. 351 (1e édition).

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