‹ De l'ostéomyélite aiguë pendant la croissanceChapitre 3 sur 22 · FIN DE LA TABLE DES MATIÈRES · texte numérisé non relu

FIN DE LA TABLE DES MATIÈRES

Les inflammations aiguës des os ont sur celles des autres organes le fâcheux privilège de provoquer des désordres beaucoup moins vite réparés. Faut -il en chercher la raison dans une organisation impropre à faire naître une impulsion favorable à la réparation ? Non certainement, car pendant la longue durée de ces inflammations de très grands efforts se produisent sans cesse dans ce sens; mais d’autres obstacles, d’ordre mécanique, inhérents au support, à sa texture particulière, rendent ces efforts impuissants et amènent parfois un résultat inverse du but poursuivi. Sans ces difficultés, révolution naturelle vers la guérison serait simple; par elles , l’affection prend le caractère d’une interminable durée. Il y a plus, la pathogénie du mal se trouve environnée d’une obscurité nouvelle ; je m’explique : la pratique chirurgicale, surtout hospitalière, fournit à l’observation un groupe de malades atteints d’affections osseuses diverses, d’ordre essentiellement chronique. Ce sont gens de tout âge présentant, les uns des nécroses immobilisées dans un os, ou des fistules osseuses plus ou moins profondes, évasées, irrégulières et comme rameuses dans le centre de l’os. D’autres viennent avec un os d’un volume anormal affecté d’hypérostose, irrégulier dans sa forme autant que dans sa contexture, prédisposé par suite à subir les atteintes de poussées inflammatoires successives, engendrant elles-mêmes de nouveaux désordres. Ce sont enfin des malades qui montrent tous les symptômes d’un abcès osseux.

L’expression (lo ces formes cliniques est si variée, et peut recevoir du siège, ou de complications nouvelles, de telles modifications, qu’au premier abord la plus grande incertitude et le plus grand embarras régnent à leur sujet. D’où viennentelles? et qui les a créées? 11 est, je crois, facile de faire une réponse. Un lien commun rattache ces divers états à une môme source d’où ils dérivent comme des rameaux éloignés de leur tronc principal. Ce lieu originel est une ostéomyélite de l’enfance ou de l’adolescence , périodes pendant lesquelles les os croissent et se développent. Cette ostéomyélite laisse après elle des conséquences isolées ou multiples, simples ou compliquées selon les cas. Ses effets immédiats ont été suivis d’habitude jusqu’à une guérison complète en apparence. Survenant après une période de sommeil plus ou moins longue, les effets éloignés ne peuvent être reconnus qu’à l’aide d’un retour attentif dans le passé du sujet, époque lointaine qui peut remonter aux premières années de la vie chez un homme qui touche à la vieillesse. Ce retour est d’autant plus nécessaire que, depuis la première atteinte, la croissance de l’os s’est effectuée souvent au delà du mouvement physiologique normal. Aucune affection, en effet, ne jette un trouble aussi profond dans le développement des os ; dans la région occupée par le mal le volume de l’os s’accroît, sa longueur augmente; l’os cesse d’être symétrique de sou congénère, et dans la section des membres dont il fait partie, il crée souvent de nouvelles attitudes qui ne sont plus en harmonie avec la forme et les usages de ce membre. Le développement de l’os conduit encore à une conséquence nouvelle : le déplacement de la lésion primitive.

Ce préliminaire me paraît justifier l’étude de l’ostéomyélite à l’âge de la vie qui en reçoit les atteintes de beaucoup les plus fréquentes, c’est-à-dire pendant la période de la croissance des os ; par contre, il est réservé aux autres âges d eu conserver les traces et d’en montrer les fâcheux effets.

Page 1