‹ De l'ozoneChapitre 17 sur 28 · CAMPAGNE · texte numérisé non relu

CAMPAGNE

DATE

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mai

13 mai

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Nos observations faites à la campagne sont fragmentaires; on en a malheureusement perdu une partie, mais ce qui en reste suffît pour démontrer qu’à la campagne il y a toujours plus d’ozone qu’en ville. Quelques jours des mois d’août et de septembre font seuls exception à la règle; pendant ces jours le choléra sévissait dans le village du Neudorf, situé à peu de distance du lieu de nos observations (voy. Le choléra au Neudorf, par le docteur Robert. Gaz. méd. de Strasbourg, novembre 1855). Est-ce là la cause de cet abaissement de l’ozone? Nous en parlerons dans la troisième partie. Au haut de la cathédrale, l’excédant d’ozone est considérable et soutenu , ce qui est en rapport avec la forte quantité d’électricité qui existe toujours dans les régions élevées de l’atmosphère.

Dans un appartement clos , non habité , le papier réactif ne donne des traces de coloration qu’au bout de quatre à cinq jours et cela se comprend facilement. Car, à l’état normal, l’air contient tout au plus un 1/10,000 d’ozone; il faut donc que l’air de la pièce ait le temps de se renouveler avant de communiquer une coloration appréciable au papier.

Dans une chambre fermée et habitée on ne trouve pas trace d’ozone; ce gaz est probablement détruit par les émanations que l’odorat nous signale bientôt dans un lieu pareil.

D’après cela, nous étions curieux de savoir dans quel état se trouvait l’air de nos salles d’hôpital, où la ventilation ne se fait guère que par les portes et par les fenêtres. A cet effet, nous avons expérimenté du 20 mai au 2 juin 1855. Pendant ce temps, la température est restée assez élevée pour que les fenêtres des salles restassent ouvertes toute la journée. L’air extérieur marquait en moyenne, pendant ces douze jours, 5,1 à l’ozonomètre. Des papiers réactifs furent exposés matin et soir dans les salles 8, 23 et 106. Les deux premières étaient alors notoirement malsaines et encombrées de malades. La dernière, au contraire, située au deuxième étage, nouvellement bâtie, assez vaste, n’était occupée que par seize malades du service de chirurgie. Pendant la nuit, les papiers restèrent constamment blancs dans les trois salles. Pendant le jour, nous n’eiunes qu 'une seule fois une légère coloration dans les salles 23 et 8, quoique les fenêtres fussent largement ouvertes dès le matin.

Dans la salle 106, l’ozonomètre arriva régulièrement pendant les douze jours au n° 1 ou 2 de l’échelle. Il était donc évident que l’air de cette dernière salle n’était pas vicié dans ses principes comme celui des deux autres.

Pendant la même série de jours nous fîmes des expériences ozonométriques à l’amphithéâtre de dissection. Il y avait de deux à huit cadavres, dont aucun n’y resta plus de soixante-douze heures. Pendant le jour, les fenêtres restèrent ouvertes et nous vîmes d’ordinaire une légère coloration du papier. Cependant il y resta toujours un peu d’odeur. Cela prouve que si les miasmes sont détruits par l’ozone , ils ne le sont pas instantanément.

Dans des écuries ou des lieux d’aisances, nous n’obtînmes jamais qu’une coloration insignifiante des papiers ozonoscopes.

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