‹ De l'ozoneChapitre 23 sur 28 · GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

GÉNÉRAL

SS

Avril

1 Épidémie de rou-

Mai

Juin

Juillet

Août

Septembre. . .

2 Épidémie de fièvre 1 puerpérale à l’hôpital. I

3 Brouillards intenses '

Octobre ....

Novembre . . .

Décembre . . .

ayant régné pendant 23 !

jours de ce mois, et peu-

Total de 1853.

dant 14 jours du mois de décembre.

Moyenne. . . .

Janvier ....

Février ....

Mars

Avril

Mai

Juin

Juillet

Août

Septembre. . .

Octobre ....

Novembre. . .

Décembre . . .

Total de 1 854.

Moyenne. . . .

Moyenne trop char- , gée a cause du choléra. ,

Janvier . . . .

^ Épidémie de variole, j

Février . . . .

ûs

Mars

Avril

Mai

Juin

Juillet

Août

Septembre. . .

Octobre ....

Novembre . . .

t> Brouillards pendant !

Décembre . . .

Total de 1855

Moyenne. . . .

Moyenne des deux années 1854 et 1855 .

7 Moyenne trop char-

gée a cause du choléra.

En jetant un coup d’œil sur les tableaux graphiques , on voit que les courbes de l’ozone et des affections de poitrine ne se correspondent pas toujours très-exactement. Souvent l’une monte, pendant que l’autre descend. On serait alors tenté de se rallier à l’opinion de M. Schifferdecker, qui n’accorde à l’ozone aucune influence sur le développement des maladies de poitrine.

Mais, en examinant les choses plus à fond, on arrive à d’autres conclusions. En effet , il ne s’agit pas uniquement de savoir si le nombre des affections pulmonaires augmente ou diminue en même temps que la quantité d’ozone ; il faut considérer surtout si , chaque fois que l’ozone reste à sa moyenne, les affections pulmonaires restent à la leur ; si , en même temps que l’ozone dépasse sa moyenne ou reste au-dessous, les maladies de poitrine dépassent la leur d’une quantité proportionnelle ou restent au-dessous. Enfin , il fallait aussi faire entrer en ligne de compte la température , les variations brusques de température , l’humidité , les vents , etc., toutes choses qui exercent une grande influence sur la production des affections des voies respiratoires.

Pour satisfaire à ces indications, nous avons construit le tableau X, qui contient en grande partie les mêmes chiffres que les précédents, mais sous une autre forme. Nous y avons réuni tout ce qui est relatif aux affections pulmonaires, en y ajoutant l’ozone, la température et quelques observations sur les principaux phénomènes météorologiques du mois, d’après les bulletins du docteur Th. Bœckel. Mais, au lieu d’y mettre les chiffres bruts des tableaux VI et VII , nous avons calculé pour chaque mois la différence entre ces chiffres et la moyenne annuelle, et nous avons fait précéder cette différence du signe -h ou — , selon qu’elle était au-dessus ou au-dessous de la moyenne. Le zéro est donc égal à la moyenne. Pour la température nous n’avons pas procédé de la même manière, de peur d’amener de la confusion. Le zéro de la colonne de température correspond au zéro du thermomètre.

En parcourant ce tableau avec attention, on se convainc bientôt que le nombre des maladies pulmonaires et des décès par ces maladies est à la fois en rapport direct avec l’ozone et en rapport inverse avec la température.

Nota. Dans la colonne de température le zéro correspond au zéro du thermomètre; dans les autres colonnes il correspond à la moyenne indiquée au haut.

MOIS

’c * Su £ v C

ea

'z "3 cl “

Tempéra-

ture.

OBSERVATIONS

Moyennes.

Avril

Mai

Vents de nord-est. Elévation moyenne du

Juin

baromètre. Pas de sécheresse extraordi-

Juillet . . . .

Août

Septembre. .

Octobre . . .

Novembre. .

23 jours brouillards intenses.

Décembre . .

14 jours brouillards, 10 jours neige. J

Moyennes.

Janvier . . .

10 jours brouillards , 2 jours (leige.

Février . . .

14 jours neige, 3 jours brouillards.

Mars

Rarom. très-élevé. Sécheresse. Vents de nord-est.

Avril

Id. id. id. id. Ûurag

Mai

Juin

Juillet. . . .

Août. ....

Septembre. .

Octobre . . .

Novembre. .

6 jours neige. \

Décembre . .

7 jours neige.

Moyennes.

Janvier . . .

10 jours neige et 14 jours brouillards. j

Février . . .

17 j. neige, 8 j. brouiU. Barom. très-bas.

Mars

7 jours neige. Baromètre bas.

Avril

Vents viol, de N.-E. Gr variât, de (empér.

Mai

Scchere6se. Barom. élève.

Juin

Juillet. . . .

Août

Septembre. .

Octobre . . .

Novembre. .

22 jours brouillards.

Décembre . .

12 j- neige , 13 j- brouill. , très-humide. ;

Lorsqu’il y a beaucoup d’ozone dans l’air et qu’en même temps la température est basse, le chiffre des affections pulmonaires est trèsélevé et les décès, par cette cause, sont nombreux.

Ex. : Février 1854. — Février, mars, décembre 1855.

Lorsqu’il y a peu d’ozone dans l’air et qu’en même temps la température est élevée, le nombre des maladies de poitrine et des décès descend au plus bas.

Ex. : Septembre 1853. — Juillet, août, septembre 1854 et 1855.

Lorsqu’il y a beaucoup d’ozone dans l’air et que la température est élevée , le nombre des maladies des voies respiratoires ne s’éloigne pas beaucoup de la moyenne, mais la mortalité la dépasse souvent.

Ex. : Juin, juillet 1853. — Mai 1855.

Lorsqu’il y a peu d’ozone dans l’air, mais que la température est basse, le nombre des maladies pulmonaires est près de la moyenne , souvent au-dessous , et le nombre de décès est beaucoup au-dessous de la moyenne.

Ex. : Novembre, décembre 1853. — Novembre 1855.

Du reste , un nombre très-élevé de maladies et de décès par affections de poitrine est produit par les vents violents de nord-est qui régnent quelquefois en mars ou en avril. Ces vents froids soufflent par un ciel serein, desséchent fortement l’air, maintiennent le baromètre très-élevé et l’ozonomèlre assez bas. Ils causent probablement les affections des voies respiratoires par leur sécheresse et les changements brusques de température auxquels ils nous exposent.

Ex. Mars, avril 1854. — Avril 1855.

En présence des expériences faites sur les animaux , des observations de M. Clemens et des résultats de notre statistique , nous croyons pouvoir conclure que, parmi les causes externes produisant des affections pulmonaires, l’ozone joue le rôle principal dans notre climat. Celui de la température n’est que secondaire. Mais certains vents de nord-est, que nous avons décrits plus haut, sont plus pernicieux encore que l’ozone.

Les applications de ces principes à la thérapeutique peuvent se résumer en quelques mots : les individus dont la muqueuse respiratoire est très-susceptible (asthme, bronchite chronique, emphysème, tubercules pulmonaires), devront se préserver d’un excès d’ozone; au besoin on pourra même les faire vivre dans un air complètement privé d’ozone (étable), jusqu’à l’extinction de la prédisposition morbide; d’ailleurs les anciens, avec leur instinct médical, prescrivaient déjà ce genre de vie.

Page 1