‹ De l'ozoneChapitre 24 sur 28 · CHOLÉRA · texte numérisé non relu

CHOLÉRA

Lorsqu’en 1854 le choléra éclata à Strasbourg, le docteur Bœckel fut frappé du manque presque absolu d’ozone atmosphérique pendant les premiers temps de l’épidémie. En 1855, la même coïncidence se reproduisit. Il émit alors ( loc . cit .) l’hypothèse que l’invasion de cette terrible maladie était en relation intime avec la disparition de l’ozone.

Quelques mois plus tard, le docteur Conraux, de Thann, publia la notice suivante dans le journal de cette ville ( Feuille d’annonces de Thann et Cernay , 28 janvier 1855) :

«Pendant le mois de décembre et la première quinzaine de janvier, l’ozonoscope a constamment indiqué zéro. Il y a donc eu constamment absence d’ozone dans l’air. Ainsi que nous avons déjà été dans le cas de le déclarer, c’est précisément à la même époque qu’a eu lieu chez nous la période ascendante de l’épidémie. Cependant, dans la nuit du 14 au 15 janvier , l’ozone a reparu et à partir de là, aucun nouveau cas de choléra n’a plus été constaté jusqu’à la journée du 20. Mais dans la nuit du 18 au 19, l’ozone a de nouveau disparu, car l’ozonomètre marquait de nouveau zéro ; aussi , c’est avec cette date que coïncide la recrudescence cholérique. Nous avions fondé des espérances sur le fait de la réapparition de l’ozone, persuadé que cet état se maintiendrait; nous avons été trompé dans notre attente : l’ozonoscope continue à indiquer

l’absence complète d’ozone et journellement on nous signale de nouveaux cas de choléra; heureusement ils sont isolés.

« Le défaut d’oxygène électrisé est-il pour quelque chose dans l’apparition , dans l’aggravation ou dans la diminution du choléra? Nous n’oserions l’affirmer; mais la coïncidence que nous venons de signaler est digne de remarque ; l’avenir prononcera.

« Autre observation : à trois kilomètres de notre ville , dans une ferme située entre Leimbach et Rodern, notre confrère. M. Mairel, a constaté la présence de l'ozone au moment où il faisait complètement défaut à Thann. Eh bien ! Rodern et Leimbach ont été épargnés jusqu’à ce jour. Dans une autre localité, à Ritschwiller, également éloignée de trois kilomètres , nous avons, à la même époque, remarqué et nous constatons encore journellement la présence de l’ozone; aussi voyons-nous dans cette commune peu d’accidents cholériques; ce sont, au contraire, des affections inflammatoires franches, telles que la pneumouie, que nous sommes appelé à y traiter.

« Pourquoi l’ozone existe-t-il à trois kilomètres de chez nous, tandis que ce gaz fait défaut à Thann? Quelles sont les circonstances ou les causes de localité qui peuvent influer sur la présence de l’ozone dans l’air ? C’est là un mystère que l’avenir et la science qui marche toujours ne manqueront pas de nous dévoiler.

«Des expériences comparatives faites en même temps que les nôtres par M. Kosmann, pharmacien, ont produit constamment les mêmes résultats. »

Voilà tout ce que nous avons pu apprendre de l'épidémie qui a sévi à Thann pendant plus d’une année consécutive; il est à regretter que M. Conraux n’ait pas publié des documents plus complets à cet égard.

Depuis cette époque, nous avons eu l’occasion de consulter la statistique officielle de tous les cas de choléra qui ont éclaté à Strasbourg en 1854. Nous en avons extrait le tableau XI et nous y avons ajouté les indications de l’ozonomètre.

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