MALADIES DIVERSES
Nous aurions encore à parler ici des rapports de l’ozone avec les maladies autres que le choléra et les affections pulmonaires.
Mais il nous manque pour cela des documents satisfaisants ; nous allons cependant tirer quelques déductions de ceux que nous avons pu rassembler. Si elles ne suffisent pas pour entraîner la conviction , elles peuvent au moins diriger dans de nouvelles recherches.
A en croire le relevé mensuel des affections rhumatismales traitées par le docteur Tu. Bœckel, il paraîtrait que le nombre de ces affections est en rapport direct avec la quantité d’ozone. Mais les chiffres sur lesquels nous nous basons sont trop faibles pour être publiés.
De différents côtés on a émis l’idée que le nombre des maladies du tube digestif devait être d’autant plus considérable que la quantité d’ozone était plus faible. Les chiffres que nous avons donnés à cet égard ne peuvent pas servir, parce qu’ils proviennent de deux années de choléra, pendant lesquelles le nombr e des maladies gastriques a été beaucoup plus grand que de coutume.
Pour les fièvres intermittentes , nous n’avons pas non plus de données valables ; car les fiévreux entrés à l’hôpital proviennent en bonne partie de la colonie d’Oslwald. Or, les colons n’entrent jamais au début de leur mal; ils sont d’abord traités à domicile. Du reste, il n’est pas probable que le miasme paludéen soit influencé par l’ozone ; car à Strasbourg on a vu les fièvres intermittentes régner avec beaucoup d’intensité pendant les mois de mars, avril et mai 1854, dont la moyenne ozonomé trique est cependant assez élevée.
Les fièvres typhoïdes se reproduisent chez nous d’une façon assez uniforme pendant toute l’année; en tout cas, leur maximum paraît plutôt tomber sur les mois d’hiver (voy. tabl. VI et VII) que sur toute autre saison. Il faut donc admettre que l’ozone ne modifie pas la marche de cette maladie. - .
Quant aux affections franchement contagieuses, comme la variole, la rougeole , la scarlatine , le typhus , elles apparaissent, progressent, diminuent, sans que l’influence de l’ozone puisse être invoquée (voy. obs. des tabl. VI et VII). Pour toutes ces maladies , les tableaux de M. Schifferdecker conduisent d’ailleurs aux mêmes résultats que les nôtres.
La courbe de la mortalité générale (voy. tabl. VII et VII bis) est trop irrégulière pour qu’on puisse en inférer quelque chose sur ses rapports avec l’ozone. Il faudrait les observations d’une longue série d’années pour établir Je rapport véritable des deux courbes.