‹ De l'ozoneChapitre 3 sur 28 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

De tout temps, les médecins ont recherché avec ardeur les causes des maladies, dans l’espoir de les guérir ou de les prévenir. Les hommes les plus éminents dans notre art, les Hippocrate, les Sydenham, les Stoll, etc., se sont livrés à ce genre d’étude, et leurs écrits nous prouvent avec quelle sagacité ils ont poursuivi leurs recherches.

Cependaut tous leurs efforts ont été inutiles ou a peu près: le froid et le chaud, le sec et l’humide, quelques vagues notions sur les miasmes forment encore aujourd’hui, comme il y a deux mille ans, la base de l’étiologie générale.

C’est en vain que la chimie et la physique ont fait des progrès immenses, c’est en vain que le microscope est venu augmenter nos moyens d’investigation, l’étiologie s’est enrichie de beaucoup d’hypothèses, mais de peu de résultats positifs. Aussi, sous ce rapport, le découragement et le doute ont-ils gagné un grand nombre de médecins de nos jours. Pour eux, l’étiologie est une science conjecturale, dont on ne retire aucun profit au lit du malade et à laquelle on doit préférer l’étude plus immédiatement fructueuse du diagnostic et de l’anatomie pathologique. Cette proposition n’est en général que trop vraie; mais l’étiologie, n’eût-elle même aucune importance au point de vue thérapeutique, en a toujours une très-grande au point de vue de l’hygiène et de la prophylaxie, et ses problèmes méritent certainement d’attirer l’attention.

Il y a quelques années, un savant chimiste de Bâle, dont l’Europe entière connaît les ingénieuses recherches, a découvert dans l’atmosphère un nouvel agent, l’ozone. Ce corps, quoique répandu en quantité très-: minime dans l’air, est éminemment actif et doit par conséquent exercer une action quelconque sur notre organisme. C’est ce problème d’étiologie que je me suis proposé d’étudier, non dans l’espoir de le résoudre, mais simplement dans l’intention de bien le poser.

Peut-être le moment n’était-il pas encore venu de toucher à un sujet pareil? Toutefois, dans différents pays, les savants commencent à lui prêter une attention sérieuse; les nombreux mémoires sur l’ozone, qui ont paru dans ces derniers temps, en font foi. D’un autre côté, mon père, par trois années d'observations journalières et consciencieuses, a réuni des documents précieux, qui m’ont suggéré l’idée d’entreprendre ce travail, et m’ont mis à même de l’achever. Enfin, M. Schœnbein, pendant les quelques jours que j’ai eu l’honneur de passer près de lui, a bien voulu me communiquer ses idées et me rendre témoin d’un grand nombre d’expériences. Je le prie d’accepter ici l’expression sincère de ma reconnaissance. C’est sur tous ces matériaux, auxquels j’ai ajouté quelques faits qui me sont propres, que j’ai basé mon travail.

Quant au plan, il découlait naturellement du sujet: avant tout, il fallait exposer les propriétés chimiques et physiques de l’ozone; c’est ce qui fait l’objet de la première partie. Dans la seconde, je traite de l’ozone comme principe constituant de l’atmosphère , et dans la troisième partie, j’essaie d’appliquer toutes ces données à la pathogénie.

Je ne me dissimule pas tout ce qu’il y a d’imparfait dans ce travail ; mais qu’on veuille bien l’accueillir avec quelqueindulgence, en songeant aux nombreuses difficultés que devait susciter une question aussi neuve et aussi étendue.

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