‹ De l'ozoneChapitre 4 sur 28 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

A la fin du siècle dernier, Priestley et Cavendish reconnurent qu’en faisant passer de nombreuses étincelles électriques à travers l’air atmosphérique, il se formait de l’acide azotique ( Philosophie transact t. LXXV et LXXVIII).

Van Marum constata que l’air traversé par de puissantes étincelles électriques prenait une odeur très-forte et oxydait le mercure à froid.

Tous ces faits cependant restèrent sans explication, et c’est à M. le professeur Schœnbein de Bâle qu’était réservé l’honneur de découvrir le corps qui produisait ces réactions, X ozone, en un mot.

En 1840 , à peu près, l’attention du savant chimiste de Bâle fut vivement attirée par l’odeur particulière qui se dégage d’une pile en action ou des pointes par lesquelles s’écoule le fluide électrique. Il remarqua que c’était l’oxygène provenant de la décomposition de l’eau qui avait cette odeur, que l’eau acidulée produisait de l’oxygène très-odorant, que la présence des chlorures , bromures etiodures ou des sels ferreux empêchait sa production; enfin que le gaz odorant, agité avec du charbon, du mercure, du fer, perdait ses propriétés.

Il appela ce gaz ozone (oÇeiv, sentir, puer), mais sans se prononcer sur sa nature.

Quelques années plus tard, M. Schœnbein parvint à produire le même corps, en faisant agir le phosphore sur l’air humide. Il put alors l’étudier plus complètement, et conclut que l’ozone était un peroxyde d’hydrogène, HO3. Ces recherches furent communiquées à l’Académie des sciences de Paris ( Comptes rendus , t. XXX, p. 13).

Depuis cette époque, M. Schœnbein n’a pas cessé de travailler ce sujet, et il a publié un grand nombre de mémoires dans les Archives de la Société d’histoire naturelle de Bâle, les Annales de Poggendorf, etc., etc.

En 4845, il découvrit qu’il se produit de l’ozone pendant la combustion lente de l’éther.

Dans la même année, MM. Marignac et De la Rive constatèrent qu’on peut produire de l’ozone en faisant passer une série d’étincelles électriques à travers de l’air sec ou de l’oxygène sec , et qu’en somme ce corps n’était qu’une modification allotropique de l’oxygène ( Arch . de l’électricité , t. V; Genève).

Cependant cette opinion ne fut pas admise d’emblée par les chimistes et les physiciens, et pendant plusieurs années encore il y eut des discussions sur la nature de l’ozone. Nous ne ferons que citer en passant les mémoires de MM. Fischer, Marchand, Osann, Baumert, publiés dans les Annales de Poggendorf, et celui de Williamson, publié dans Y Annuaire de chimie de Millon et Reis.

En 1852 , MM. Becquerel et Frémy {Annal, de chimie et de phys., t. XXXY, p. 62; Paris), reprenant avec beaucoup de soin et de précision les expériences de MM. Marignac et De la Rive et les variant de différentes manières, établirent d’une façon irrécusable que l’ozone n’était qu’une modification allotropique de l’oxygène.

Dans ces dernières années, M. Schœnbein a découvert une foule de corps inorganiques et organiques qui produisent de l’ozone, et il a fait connaître le rôle que joue ce corps dans les phénomènes d’oxydation et de désoxydation.

Enfin , au commencement de 1855, M. Aug. Houzeau a présenté à l’Académie des sciences de Paris des recherches sur l’oxygène à l’état naissant. R a cru découvrir un nouvel état de l’oxygène ; mais on ne peut mettre en doute l’identité de cet oxygène naissant avec l’ozone. R n’y a réellement de nouveau dans ce mémoire que la préparation de l’ozone par le bioxyde de barium ; et encore M. Schœnbein avait-il

découvert depuis longtemps que le bioxyde d’argent projeté dans l’acide sulfurique dégageait de l’ozone.

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