MODES D'APPLICATION DE L'OZONE - POSOLOGIE
Nous ne nous occuperons pas ici des modes d’application anciens de l'ozone, ni des moyens chimiques par lesquels on mesurait les quantités d'ozone.
Les inhalations d'ozone ont été complètement abandonnées car elles sont devenues impossibles en raison de la concentration élevée du mélange oxygène-ozone. D'autres procédés d’application ont été créés.
À l'hôpital Beaujon-Clichy, M. Aubourg emploie couramment l'ozone en douches localisées, en lavements. en injections vaginales et en bains locaux.
Douches localisées. — Sur le tube flexible de canalisation du mélange oxygène-ozone, on ajuste le raccord universel qui reçoit le localisateur choisi. Toute la tuyauterie dans laquelle circule le mélange est flexible et en métal inoxydable, les tuyaux de caoutchouc étant inutilisables en raison de la rapidité avec laquelle s'érodent au contact de l'ozone. Le jet de gaz doit être très rapproché de la plaie à traiter. L’extrémité libre d’un gros tube flexible adjoint à une turbine d'aspiration doit être tenue aussi très près de la plaie pour aspirer et rejeter au dehors le gaz qui baigne la plaie.
Le volume de gaz et la concentration à employer varient souvent d’un malade à l’autre et même pour le même malade suivañt ses réactions cliniques. En général on emploie des concentrations croissantes suivant la réaction du malade. Les chiffres que nous donnons pour les différents modes d'application le sont à titre d'indication des doses minima et maxima, telles qu’elles sont employées à Beaujon- Clichy.
Pour les douches localisées on emploie
Un débit de 20 à 100 litres-heure ; une durée de x à 13 minutes ; une puissance de 20 à 30 Watts ; une concentration de 13 à so milligrammes par litre. Une séance par jour.
Lavements. — Pour les lavements, on place à l’extrémité du tube une canule rectale et on $e sert du jaugeur pour mesurer le volume du gaz à introduire dans les colons et le cœcum. Il s’agit de remplir les colons et le cœcum sans toutefois forcer la valvule iléo-cœcale. Pour cela, il est très prudent de connaître la capacité du gros intestin, surtout chez les enfants, qui varie de 150 à Soo cm 3. Les rayons X rendent dans ce mode d'application de l’oxygèneozoné un grand service. Pour les lavements on emploie une quantité de 130 à 500 cm 3 ; un débit de 13 à 50 cm 3 par minute soit environ 1 à 3 litres-heure ; une concentration de 13 à 50 milligrammes par litre. On fait un lavement par jour.
Bains locaux. — Le raccord universel se fixe sur le raccord d'un sac en toile huilée dans lequel on introduit le
membre à traiter. Le sac est pourvu d’une double tubulure d'entrée et de sortie du gaz, cette dernière étant en communication avec l'extérieur.
Le débit de remplissage du sac est de 50 à 100 litresheure ; la puissance est de 20 à 30 watts ; la durée est de 20 à 30 minutes ; la concentration de 13 à 3s milligrammes par litre. Un bain par jour.
Injections vaginales. — Une canule vaginale est fixée à l’extrémité du tube de canalisation d'ozone. La pression doit être ici encore très surveillée. De même on peut faire des applications intra-utérines et vésicales. Des sondes spéciales rempiacent, dans ce cas, la canule vaginale.
A côté de ces modes d’application, on peut employer l’ozone en injections duodénales, en injections hypodermiques et en bains généraux.
Injections duodénales, — Après avoir introduit dans le duodénum la sonde en gomme demi-rigide de Camus, on fixe son extrémité extérieure à l'extrémité du tube de canalisation d'ozone. On introduit 130 à 200 cm3 à une concentration de 15 à 30 milligrammes par litre et sous faible pression.
Aussi bien leS injections dans le gros intestin que les injections dans le duodénum sont très bien supportées par les malades. Après contrôle au rayons X, il a été constaté que le temps de résorption de l’ozone varie suivant les différentes portions de l'intestin. « Nous avons constaté que l’absorption la plus rapide était au niveau du duodénum, puis du jéjuno-iléon, puis au niveau du colon droit ; enfin
la plus lente au niveau du colon gauche : les temps minima ont été de 3 minuteS, les temps maxima de so minutes » (P. Aubourg. L’ozone. Cent premiers cas traités à Beaujon- Clichy. Progrès Médical du 14 novembre 1936).
Injections hypodermiques. — On préfère les injections intra-musculaires aux injections sous-cutanées qui sont souvént très douloureuses. Un aiguille est fixée à l'extrémité du tube de distribution d'ozone. Le jaugeur mesure le volume de gaz à injecter. La résorption se fait très rapidement (Moins de dix minutes pour une injection de 50 à 100 cm3).
- Bains généraux. — Le malade est placé dans un grand sac en tissu imperméable. Une ligature autour du cou ferme le sac. Le sac est pourvu d’un tube d'entrée de l’ozore et d’un tube d'évacuation. Autour du. cou eët placé un collier métallique perforé et relié à une turbine aspiratrice.