Ikéi chi tenau felàu g'iate gimôtôlu moe nau waka kowi
Pas un peu (1) ils navigueront vers vous avec leurs
mauvais vaisseaux.
21 . Lea-angi lewa Tangaloa gi he taugele tegger uli-uli KOI ko mo loto kowi be ger sese :
Ensuite Tangaloa dit à l’ainé : Tu seras noir noir toi ; votre âme (est) mauvaise, et tu (seras) sans ami.
22. Ikéi obito legger mea lillé ikéi tegger alu gi lie fonnua ho teliina fefe tegger alu ai moe mo waka kowi :
Pas beaucoup de bonnes choses tu dois (avoir); tu n’iras pas au pays (de) ton frère. Comment peux-tu y aller avec vos mauvais vaisseaux?
23. Ko ho tehina be tenae hau gi Tonga foekkatâu mo gimô-tôlu :
Ton frère seul (2) viendra à Tonga faire le commerce avec vous.
Telle est la tradition des indigènes des îles Tonga, et on trouvera difficilement, je crois, un document authentique qui éclaire d’une plus vive lumière l’histoire du chapitre IV de la Genèse. Le signe que Dieu fil à Caïn, et en
(1) Pas du tout.
(2) C'ost-à-dlre ceux de sa famille ou ses dcsecndants, puisque re frère est mort.
lui à sa postérité , est le signe de la race nègre, et la Chine, où Caïn se nomme le Noir (1 ), vient corroborer le témoignage de la tradition polynésienne. Et ne reconnaîton pas ce signe sur la face du peuple nègre et des Miao de la Chine, souche des Huns et des Mongols? Ne reconnaîton pas dans les mœurs et les habitudes de ces races primitivement identiques, dans ces mœurs abjectes, dans ces habitudes sanguinaires, l’effet ineffaçable d’une malédiction primordiale qui est venue - augmenter les conséquences si lamentables déjà de la déchéance adamique? N’est-cc pas bien là ce peuple à l'àme mauvaise, lotokowi, et sans amis, scse, qui s’est toujours vendu entre lui, qui se complaît dans l’injustice et dans la cruauté ? Le moyen âge qui vit les Huns ou Mongols faire leur œuvre chez lui, les assiûiile aux démons, d’où leur nom de Tartares (2). Rien de plus fourbe, rien de plus cruel, rien de plus impie (3). Ils sont toujours en colère et prêts à assommer leurs pères et leurs frères (4) : c’est la passion du meurtre incarnée. Jamais on n’a connu un peuple nègre ou un peuple miao, tata, de race non mélangée, qui ait changé de mœurs au contact de la civilisation ; converti parfois, il ne l’a toujours été qu’en apparence, il est toujours retombé dans la barbarie. II y a, par exemple, dans l'Inde des peuples nègres, les Gonds, les Kands et autres, qui ont vécu des milliers d’années entourés de toutes
(O De Rongemonl, le Peuple primitif. II, 1G7.
(2) Matlhien Paris, p, 747, éd. 1571.
(3) Degnignes, Hist. gén. des Huns, 1, 293.— Ammian. Marcel., XXXI.— Voy. aussi d’Ohsson, Histoire des Mongols, 1, 285, seqq.
(4) Hitler, Erdkunde, Asien, I, 278.
|)arls de la civilisalioii liindoue. Eu out-iis pris seulcinenl une teinte, le reflet le pluslégerPNon ; ils mangentaujonrd’hui leurs parents maladeset avantqu’ils ne soient devenus trop maigres, comme ils le firent an temps d’Hérodote et de Ctésias(l). Ils l’ont donc fait de tout temps. Aussi les Hindous disent-ils que ces peuples doivent leur origine à un crime, et que c’est par l’eflet de la malédiction des dieux qu’ils ont été expulsés de la société des autres hommes. Ce’ sont pour eux de véritables excommuniés, vrâiyax (2).
On dirait que ce fut aussi le sentiment de l’auteur de là Genèse à l’égard de Caïn et de sa postérité. Il nous instruit brièvement mais substantiellement comment s’accomplit la malédiction de Dieu sur le premier meurtrier; il nous le montre sortant de la présence do Jéhovah, c’està-dire renonçant au culte du vrai Dieu ; il nous fait voir Leniech, qui lui aussi a commis un meurtre, tellement assuré de l’inviolabilité de sa personne qu’il dit à scs femmes : « Si Caïn doit être vengé au septuple, Lemocli le sera soixante-dix-sept- fois | s il nods apprend que Caïn, Joubal, Toubal-Caïa furent les premiers agents do' la civilisation purement mtJfafriéWe; puis, passé le chap. IV, il ne parle plus jamais dé Caïn ni de sa postérité, à moins' qu’on ne veuille dire qu’il a en vue cette postérité lorsqu’il parle des Nepbiliin (3). Nous verrons. Ce qui est
(1) Herod., III, 38, 99. Ctcsias Ind., 7. — Rllter Erdk. von As., IV, 617, 623, 608 et al.
(2) y, «ut les peuples « abjects et méprisables » le JUdnava-dharma-çaslra, X, 2G,seqq.
(3) Gen., VI, 4.
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ceilaiii, c'tiâl que riiileiilioii de l’auteur d'ignorer les Caïniles ressort singulièrement de celte circonslancequ’avco le cinquième chapitre , il recommence lu généalogie de l’homme depuis sa création, comme si celle qu’il avait déjà donnée et où Caïn ol sa descendance apparaissent, devait être décrétée de nullité. Je ne sais si l’on a déjà snflisamment fait attention à celte circonstance; elle m’a frappé, et dès lors il m’a semblé comprendre pourquoi, tontes les races étant nommées dans la table des peuples, la race nègro et la race tatare ne le sont pas.
Cependant le récit du déluge ne s’oppose-t-il pas à ce que nous venons de dire do la continuité de la postérité de Caïn dans les races au front déprime, au nez épaté et aux lèvres saillantes et épaisses ?
ExaminonsMe récit du déluge.
« Jéhovah dit : Je veux exterminer de dessus la terre l’homme que j’ai créé, les animaux, les rej^liles et jusqu’à l’oiseau du ciel, car je me repens de les avoir faits (1). » Faut-il prendre ces paroles littéralement? Mais alors on objectera qu’il y a dans la Nouvelle-Hollande et dans l’Amérique des hommes et des animaux d’une espèce qui ne se trouve pas ailleurs sous les mômes latitudes et toutes choses égales d’ailleurs. On a vu à différentes reprises, dans la terre d’Édels, par exemple, une race de véritables géants (2), et il est peu de monde qui n’ait vu un kanguro. Si tous les hommes et tous les animaux ont péri
(1) Gcn., VI, 7.
(2) Arago, Voyages scientifiques, p, fq. — Hengstrnberg, Beilr.rge zur Jiinl. ins A.- T. III, 215.
dans le déluge, excepté, j’enteads bien, ceux qui étaient dans l’arche, comment se fait-il qu’il y ait dans la Nouvelle-Hollande et dans l’Amérique des géants, des kangnros cl des fourmiliers, et surtout des ornilhorhynques, des échidnés et des chlamyphores ? Si encore tous les habitants de ces pays étaient d’une grandeur extraordinaire, on pourrait y voir l’effet du climat ou de quelque autre cause physique; mais non, à côté de ces géants, d’autres tribus sont composées’d’hommes d’une stature ordinaire. Et puis, quand même on se refuserait à reconnaître l’argument qui est posé par l’existence de ces géants, pourrait-on rejeter aussi l’argumenl qui se présente dans l’existence des animaux spéciaux à ces pays? Et si on ne le peut pas, ces animaux seraient donc antédiluviens, en ce sens que le déluge ne serait pas venu jusqu’à la Nou\'elle-IIollande ou jusqu’à l’Amérique? Enfin tenons, si vous voulez, le moins de compte possible de ces arguments vivants, et revenons au texte.
Jéhovah dit : « Je veux exterminer de dessus la terre ^ l’homme que j’ai créé, etc. » Rien ne paraît plus clair et plus simple : Dieu a créé Adam , donc il parle d’exterminer la postérité d’Adam. Mais la chose n’est plus aussi évidente, quand on examine l’ensemble du texte. En effet, l’auteur marque deux postérités d’Adam, celle qu’il eut par Caïn et celle qu’il eut par Selh, et il entend séparer si nettement les destinées de ces deux postérités, qu’après l’histoire de Caïn il recommence la génération de Seth par la création d’Adam , par la création de l’homme. «Voici le livre delà généalogie d’Adam {ze seplier toledoth Adam). Lorsque Dieu créa l’homme, il le fit selon la res-
semblanco de Dieu. Il les créa mâle et femelle, les bénit, et leur donna le nom d’Âdam , le jour de leur création. Adam, à l’âge de cent trente ans, engendra à sa ressemblance, à son image, un fils qu’il nomma Seth, etc. (1). » Rappelons maintenant qu’en disant : « Je veux exterminer de dessus la terre l’bomme, etc. » Dieu nomme la terre naiN/i haadama, et rappelons aussi qu’il la désigne par le iqémenom lorsqu’il maudit Caïn, et qu’il lui dit que la lerrè {haadama) ne loi donnera plus ses forces (2). Pourquoi Dieu nomme-t-il ici la terre adama et non arets, tandis qu’il lui donne le nom areis, lorsqu’il dit à Caïn «Tu seras agité et fugitif sur la terre (3)? » Ne diraitron pas que pour le châtiment du déluge il a en vue seulement la géhéràtion qui habite la terre adamique {ha adama), la génération d’Adam que l’auteur donne au ^chapitre V, et non la génération d’Adam par Caïn qu'il a chatsée du sol adamique {i)} ^ ' * •» f
M’objectera-t-on que ce terme haadama n’a pas l’importance que je lui attribue, attendu que Dieu, après avoir désigné la (erre par haadmria,'’ la nomme aussi haareis? AprèsÀ'a'fàir désigné par haadama, 'dans son premier jugement, Dieu poovait’'msaité' la nommer indifféremment haadama ou haareis; là* confusion n’était plus possible. On sait désormais de quelle terre il vent parler (5), et pour
(I) Gen., V, I sq.
(î) IV, 11,12.
(3) lb„ 12.
(4) Ib., 14.
(5) Toutes les acceptions que prend dans l’Ecriture le mot adama se laissent toujours aisément ramener 4 l’idée de terre primitivement, consacrée i l'hu-
qu’il ne reste là-dessus aucun doute, il la désigne encore par haadama dans son jugement définUif^ celui qui fixe irrévocablement le déluge à sept jours de là : « Sept jours • encore, et je détruirai toute substance qne j’ai faite de dessus la terre meal pené hnadama (1) p? Svn. »
La même expre^ion, il l’emploie aussi quand il parle des animaux (2).
Ainsi il reste constaté, par le texte, que ce qui doit périr par le déluge, c’est tout être qui vit et respire sur le sol adamique, et qu’il n’est parlé en aucnne manière de ceux qui vivent dans la terre (arets) de Nod tîJ (3)-
Ce n’est pas tout. '
En effet, l’auteur s’il avait pensé que toute la terre fét couverte des eaux du déluge, l’aurait du moins fait entendre. Il ue dit jamais toute la terre VI*??'’? mais seulement la terre (4) haarets, et lorsqu’il arrive à la fin de son récit, comme s’il voulait nous dire quelle est cette terre
manité; c'est c«mme qat (lirait le sol de la patrie commone; c'est le chex soi de l’homme, eon pays : heimath, home. C’est cette terre que cultive Caïn avant qu’il ne se laisse aller à l'injustice (Gcu., IV, 2); c'est vers elle que se rend Jacob (tb., XXVIII, IS), car la Mésopotamie était la patrie des Abrahamides; Isaie nomme le Canaan nin' npiM (XIV, 2); Jéhovah dit à Moïse : • C'est un autel de terre adamique que tu me feras > (Exod., XX, 3f); et on nommait adama la terre qu’on répandait sur sa tête en signe de deuil (I Reg., IV, 12; Il Reg., XV, 32), parce qu’on se souvenait que c’est de cette terre que l’homme avait été formé (Gen., Il, 7), et qu’il devait y retourner (tb., III, 19). — Ainsi, on le voit, le mot adama a toujours un sens intime, et qui parle au cœur de l'homme, ce qui n’a jamais lieu pour le mot arets, A moins que le contexte ne lui donne cette acception. Il ne l’a jamais par lui-même.