‹ De l'urée dans le cancerChapitre 2 sur 10 · M. LE PROFESSEUR LA.BOULBÈNE · texte numérisé non relu

M. LE PROFESSEUR LA.BOULBÈNE

Membre de rAcadémie de médecine, Médecin des hôpitaux,

Officier de la Légion d’honneur.

DE

Depuis longtemps déjà ou a remarqué, que chez les sujets atteints d’affection cancéreuse, létaux de l’urée contenue dans l’urine des vingt-quatre heures diminuait d’une façon notable. Des observations nombreuses

publiées à ce sujet tendent à démontrer qu’il nQ s’agit pas là d’un fait exceptionnel, et il en résulte que la fréquence même de cette diminution peut prendre une importance clinique réelle, surtout au point de vue du diagnostic et du pronostic du cancer.

Rommelaër, professeur de TUniversité de Bruxelles, est, sans contredit, celui qui a le plus contribué à cette étude. Diverses -observations qu’il a publiées lui ont permis d’énoncer cette loi que dans le cancer le taux de l’urée éliminée diminuait d’une façon constante. Cette

question, en quelque sorte d’actualité, nous a paru intéressante à étudier, et c’est ce qui nous a engagé à joindre nos observations à celles déjà publiées, es])érant ainsi contribuer, pour une faible part, à élucider cette question à la fois si intéressante et si complexe.

Nous tenons, avant d’entrer en matière, à remercier M. le professeur Laboulbène, qui a bien voulu nous faire l’honneur de présider notre thèse. Nous tenons aussi à exprimer toute notre gratitude à M. le docteur Féréol, sur les conseils duquel nous avons entrepris ce travail, etàM. le docteur Desnos, qui, avec une grande bienveillance, nous a autorisé à puiser dans les observations de son service. Qu’il me soit permis enfin de témoigner toute ma reconnaissance à MM. Leprévost et Chéron, internes des hôpitaux, pour leur bienveillant concours.

La question de la quantité d’urée rendue par les carcinomateux est extrêmement complexe.

En effet, certains médecins voient, dans la diminution notable constatée dans le cas qui nous occupe, la conséquence de l’atteinte portée à la nutrition de l’individu par la diathèse cancéreuse elle-même. D’autres pensent au contraire que le cancer n’influe pas directement sur la production de l’urée éliminée, mais qu’il intervient surtout par les troubles digestifs qu’il entraîne ; en un mot, suivant ces auteurs, le malade excréterait moins d’urée, non parce qu’il est carcinomateux, mais bien parce qu’il ne se nourrit pas.

Il nous paraît nécessaire, avant d’étudier le taux pathologique de l’urée, de donner quelques notions générales, et d’esquisser à grands traits les conditions qui amènent physiologiquement des variations dans létaux quotidien de ce produit excrémentitiel.

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