‹ De l'urée dans le cancerChapitre 5 sur 10 · DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

DÉCEMBRE

7 observations.

Alimentation réduite à quelques potages.

Le même auteur donne (thèse citée, page 53) une deuxième observation prise également chez un malade du service de M. Germain Sée. Il s’agissait d’un homme de 52 ans ; le diagnostic de cancer du foie avec ascite était évident.

On put en effet constater après deux ponctions qui lui furent faites que le foie était volumineux et que sa surface était mamelonnée. Sur vingt-trois observations prises pendant un mois chez ce malade la moyenne d’urée éliminée était de 10 grammes. Le malade était au régime suivant : bouillons, potages et deux litres de lait.

Dans les études médicales faites à la maison municipale de santé en 1881, nous trouvons une observation de Lécorché et Talamon, et nous croyons utile de la publier ici.

Observation II (résumée).

Cancer de la vésicule biliaire. Cancer diffus du foie propagé probablement par les canalicules biliaires.

T..., 84 ans, professeur, entre le 2 juillet 1879.

Jaunisse il y a 40 ans. Cachexie, amaigTissement, ictère des téguments. Inappétence.

Cet homme se sent malade seulement depuis cinq

mois, et il entre pour faiblesse.

Œdème des membres inférieurs, purpura, ventre ballonné et sonore, pas d’ascite.

Une masse dure occupe l’épigastre, descend à moitié chemin entre l’ombilic et l’appendice xyphoïde, et se continue avec un rebord dur, de consistance ligneuse, qu’on sent à un travers de doigt au dessous des fausses côtes.

Sur la ligne médiane, le foie ne mesure que 12 centimètres. La rate n’est pas grosse.

Ni sucre, ni albumine, ni pigment biliaire dans les urines.

Mort dans le coma le 8 juillet.

L’autopsie révéla un cancer de la vésicule biliaire avec propagation au foie.

L’urée dosée trois fois donna les résultats suivants :

Date,

Quantité d’urine.

Urée. . Régime.

4 juillet. 1000 20.496 Lait et jus de viande.

7 — 150 8.9 Refuse de manger.

A ces différentes observations nous joignons la note suivante, qui nous a été communiquée par notre ami, M. Leprévost. Le dosage de Tiirée a été fait par M. Quaniin, interne en pharmacie.

Un malade, âgé de 63 ans, cocher, alcoolique, entre dans le service de M. Féréol, hôpital de la Charité, salle Saint-Ferdinand, ii° 26, Il est amaigri, son appétit est nul, et ses forces ont, considérablement diminué depuis quelques mois.

L’abdomen est distendu par une ascite considérable, qui se reproduit d’une façon très rapide après la ponction .

Le foie rdest pas volumineux. Caché derrière les fausses côtes, il est peu accessible, et aucunes bosselures ne peuvent être constatées sur sa surface convexe.

Le chef de service recommanda le dosage quotidien de Turée.

Ce dosage pratiqué pendant environ un mois a montré que le taux de l’urée ne s’est jamais abaissé audessous de 22 grammes.

L’alimentation de ce malade consistait en lait, bouillons et potages. Rarement il prenait de la viande.

L’autopsie a démontré un cance]' du foie étendu à tout le parenchyme de T organe avec généralisation

des noyaux cancéreux au péritoine et à la plèvre. L’estomac n’était pas atteint.

Sans vouloir reprendre ici la discussion du rôle du foie par rapport à l’urée, nous ne pouvons cependant nous empêcher de remarquer que, dans les cas même où cet organe était profondément atteint, la dose quoti dienne d’urée éliminée n’avait pas baissé d’une façon plus considérable que dans les autres cas dont nous allons parler plus loin, et dans lesquels le cancer s’est localisé dans un autre organe. M. le professeur Vulpian (Clinique médicale de la Charité, 187-:*, page 256) dit : Quand même il serait démontré que les affections de tel organe, du foie, par exemple, font varier dans une énorme proportion la quantité d’urée contenue dans l’urine des vingt-quatre heures, on ne serait pas en droit de voir là une preuve décisive que cet organe, le foie, est le principal foyer de production de l’urée qui se forme dans l’économie. Dès que les fonctions du foie par exemple sont troublées par une affection d’une certaine intensité, la nutrition de tous les organes, de tous les tissus, de tous les éléments anatomiques se trouve en souffrance à un degré variable.

Les actes physico-chimiques dont rorganisme vivant est partout le théâtre sont plus ou moins modifiés. Si l’urée, comme il est permis de le croire, est un produit de désassimilation qui se constitue partout où des phénomènes de nutrition ou de dénutrition ont lieu dans la substance organique et vivante des animaux, on comprend bien comment la quantité de cette urée, for-

mée dans un temps déterminé, pourra varier sous Tinfluence des affections d’un organe important tel que le foie. On ne pourra donc pas tirer de ces variations un indice montrant que cet organe est le foyer principal de la production de T urée.

Cancers de P estomac.

L’étude des cancers de l’estomac sera particulièrement intéressante en ce qui a trait au rapport de Talimentation avec l’excrétion de Turée, Il est évident qu’un rétrécissement du cardia, empêchant la pénétration des aliments dans le tube digestif, atteindra d’une façon pour ainsi dire immédiate la nutrition du malade. Ce n’est pas seulement un cancéreux : c’est un homme qui meurt de faim. Il en sera de même des cancéreux atteints de vomissements incoercibles.

Observation IÎI.

(Rommelaër. Annales de l’université de Bruxelles, 1880.)

M...,54 ans, ingénieur, bonne constitution, a souffert plusieurs fois d’atteintes gastro-hépatiques.

Douleurs à Tépigastre, s’irradiant vers la région préhépatique ; pas de vomissements, mais inappétence et dégoût des aliments. Etat saburral prononcé, avec engorgement du foie. Cela se passe au mois de juin. Le malade, ressentant une amélioration par le traitement institué, sort de Thôpital.

En juillet; il rentre de nouveau, mais cette fois les douleurs furent plus vives. L’estomac s’embarrassa de nouveau et le foie s’engorgea.

En septembre, le mal avait fait de tels progrès que le diagnostic et le pronostic ne laissaient aucun doute.

On constatait alors à la région pylorique une tumeur dure et bosselée.

La marche fut rapide et la mort survint en octobre .

Le malade était au régime lacté. Le dosage de l’urée donna le résultat qui suit :

21 septembre 1879, 560 grammes d’urine, 10 gr. 81 d’urée.

La réduction de la quantité d’urée éliminée en vingtquatre heures s’explique parfaitement, dit l’auteur, sans devoir recourir à l’intervention prédominante ou exclusive du foie. Le malade était atteint de cancer du pylore qui déterminait les troubles gastriques habituels, et cette localisation du mal devait, à elle seule, entraîner une insuffisance nutritive considérable et, par suite, une diminution prononcée dans la somme des produits ultimes de la digestion.

Observation IV (résamée).

(Rommelaër, Annales de l’Université de Bruxelles.)

Homme, 45 ans, entré à l’hôpital Saint-Pierre, le novembre 1878.

Tumeur douloureuse à l’épigastre. Vomissements, pas d’inappétence, mais gastrorrhée. Constipation,

ictère, pas d’iiématémèse, pas de dilatation des veines sous-cutanées de Tabdomen, pas d’ascite.

Sur dix observations prises, son urine donnait en moyenne 6 grammes d’urée.

Le malade était au quart de portion pendant le premier mois et au régime lacté pendant le second. La quantité d’urée éliminée pendant ces deux mois était la même : elle oscillait entre 3 et 7 grammese

Le diagnostic de cancer était certain, dit l’auteur, avec ictère par compression du canal cholédoque.

Le foie n’était pas directement atteint et l’ascite observée pendant les derniers temps vient de la compression exercée sur la veine porte. Or, les conditions qui président à l’évolution de l’ictère n’entraînent pas la diminution de l’urée produite en vingt-quatre heures. Il faut donc en rechercher la cause ailleurs, c’est-àdire dans l’affection cancéreuse et sa localisation hépatique.

Observation V (résamée).

(Rommelaër. Annales de TUniversité de Bruxelles, 1880,)

H.O., 67 ans, nous consulte en septembre 1877.

Elle était atteinte depuis plusieurs mois de cancer d’estomac et du foie. Elle succombe en octobre. Le dosage de l’urée pratiqué une fois donna le chiffre de 7 gr. 79 d’urée, avec une quantité d’urine de 500 grammes.

La malade était au régime lacté.

A ce moment la diminution notable observée dans la quantité d’urée rendue s’expliquait en dehors de toute

intervention du foie par l’état de délabrement de la nutrition organique sous l’influence de la diathèse cancéreuse.

Comme nous le voyons par les observations précédentes, Rommelaër a toujours trouvé le taux de l’urée abaissé dans les carcinomes affectant l’appareil digestif : nous verrons ce qui résulte de nos recherches personnelles; mais auparavant nous croyons utile de donner ici quelques observations puisées dans les auteurs.

Observation VI.

Gastro-hépato-carcinie. Cancer du foie consécutif à un cancer

du pylore.

(Vulpian. Cliniques de la Charité, recueillies parle D'’ Raymond,

A... entre le janvier 1877, salle Saint-Jean-de- Dieu, 53 ans. Pas d’antécédents. Depuis un an douleur vive à l’estomac, amaigrissement, inappétence et vomissements.

Etat actuel, 2 janvier 77. Cachectisé, oedème généralisé, inappétence, soif, polyurie. Ni sucre ni albumine dans l’urine.

Bosselures du volume du poing d’un enfant à la palpation. A la percussion augmentation du volume du foie, qui déborde les fausses côtes de toute la largeur

de la main.

Etat général de plus en plus faible* Mort le 18 mars après avoir eu des vomissements alimentaires incoercibles.

Grégoire»

L’autopsie révéla un foie volumineux avec bosselures, les unes grosses comme le poing, les autres comme une noix, tantôt superficielles et tantôt profondes.

Date. Quantité d’urine.

Urée.

P^égime.

Février. 1 litre

Lait et bouillon.

Mars. 1.25

Fouiilioux dans sa thèse sur les variations de Purée, I4mars 74, page 120, cite une observation prise dans le service de M. Cadet de Gassicourt, à l’hôpital Saint-Antoine, salle Sainte- Jeanne. Il s’agit d’une femme de 59 ans, présentant une tumeur irrégulière à l’épigastre, des vomissements incessants et du sang noir dans les selles. La sécrétion urinaire était très peu abondante et la quantité d’urine sécrétée en vingtquatre heures par cette femme n’avait pas dépassé le chiffre de 300 centimètres cubes.

Nous ne retracerons pas ici en entier le tableau du dosage de l’urée, nous nous contenterons de dire que la quantité maxima a été de 4 grammes 15 et la quantité minima de 0,85 d’urée. Ces chiffres nous paraissent faibles, mais ils pourraient expliquer comment un cancer d’estomac peut se terminer par coma urémique, complication sur laquelle Béhier insistait tout particulièrement.

Chesnel dans sa thèse sur les cancers latents de l’estomac (1877), page 71, donne l’observation d’nne

femmo de 85 ans, entrée à l’infirinerie de la Salpêtrière,

service de M. Vulpian, 1865, et qui ne présen-

tait rien des symptômes du cancer.

Elle eut une attaque avec perte de connaissance et succomba à la suite. C’est un cancer terminé par coma urémique.

Observation VU (Persoaiielle).

C... entre le 15 août 1883 à Tliopital de la Charité, salle Saint-Ferdinand, n^ 17, service de M. Féréol. Il est âgé de 66 ans et exerce la profession de tailleur de pierres •

Comme antécédents, rien à constater au point de vue du cancer. Il a été opéré d’une hernie il y a six mois parM. le professeur Verneuil.

Parfaitement guéri de cette opération, ce n’est que deux mois après qu’il ressentit de vives douleurs au niveau de la région épigastrique. Selles noires, vomissements noirs une heure après l’ingestion des alinients. Les vomissements ne sont pas continuels; il en avait eu les quelques jours qui suivirent sont entrée, puis ils se calmèrent bientôt pour reparaître en septembre, et du ‘20 au 27 de ce mois ils étaient continuels. Disparus de nouveau durant la première quinzaine d’octobre, ils ont au contraire été très tenaces à partir du 20. Le malade ne supporte alors presque rien.

Le palper dénote la présence d’une tumeur qui occupe toute la région épigastrique et descend à deux travers de doigt au-dessus de l’ombilic.

Matité. Pas de signes de dilalation stomacale.

La pression est douloureuse; le malade ne se laisse examiner qu’avec peine.

Foie normal; pas d’ascite.

Tous ces signes réunis ne peuvent laisser aucun doute, et le diagnostic de cancer stomacal est certain.

Date. Quantité d’urine.

Urée,

25 Août.

3 Septembre.

Octobre.

CO

2 Novembre.

Nous avons pris cinq

fois le

1 poids du malade

1®^’ Septernbr

livres.

0 Octobre,

Durant le premier mois de son entrée à l’hôpital, le malade supportait encore un peu l’alimentation. Il prenait du vin et se levait parfois. Durant le deuxièmo mois, le malade ne prit guère que du lait, et dans la fin il fut pris de ces vomissements dont j’ai parlé. Nous les voyons coïncider avec une faible proportion d’urée éliminée. Le malade à ce moment dort peu, les douleurs sont plus vives; aussi est-on obligé d’avoir recours aux injections sous-cutanées de morphine pour les calmer. Le malade ne se lève alors qu’à de rares intervalles, En octobre, l’alimentation devient de plus en plus irrégulière. Il ne boit plus la même quantité de lait; ses forces s’affaiblissent considérablement. La quantité d’urée est encore plus faible. Nous remarquerons la relation qui existe entre cette quantité et le poids du malade. A partir de la deuxième quinzaine d’octobre, ses forces no nous permettent plus de pouvoir' prendre son poids exact.

Cette observation me fournit l’occasion de parler d’un malade voisin du précédent. Il nous a paru intéressant de les comparer, l’im atteint de cancer mânifeste, l’autre pouvant porter matière à discussion. Le malade dont je veux parler est entré à l’hôpital de la Charité le 5 octobre, salle Saint-Ferdinand, service de AI. FéréoL Rien à noter comme antécédents héréditaire. Alcoolique, il se plaignait seulement de douleurs sourdes et continuelles au niveau de la région épigastrique et l’hiver dernier il avait eu, disait-il, quelques vomissements noirâtres. Constipation et inappétence. Renvois acides le matin. L’examen de la ré-

gion hypogastrique ne révèle l’existence d’aucun néoplasme. Le ventre est souple; pas d’ascite. Le diagnostic de gastrite alcoolique est porté par le chef de service. M. Merklin, remplaçant alors M. Féréol. Certaines réserves pouvaient cependant être faites au point de vue du cancer latent. Le malade fut soumis au ré ^ gime lacté exclusif. Nous avons examiné ses urines à dix reprises différentes et cela à des intervalles assez éloignés. Leur quantité en vingt-quatre heures était toujours de deux à trois litres, et le chiffre d’urée n’a jamais été inférieur à 35 grammes, La dose maxima s’est même élevée à 42 grammes. Le malade, que nous avons suivi attentivement, n’a jamais présenté aucun signe de dépérissement. Au contraire, une amélioration notable est survenue, et actuellement il a quitté le service.

L’excès d’urée constatée chez cet individu, dont le régime n’était autre que le carcinomateux son voisin, :

suffirait à lui seul d’après Rommeiaër pour rejeter }

d’emblée l’existence d’une diathèse cancéreuse. Nous

verrons cependant d’après l’observation suivante, due j

à l’obligeance de M. Chéron, interne des hôpi- ]

taux, que cette diminution, bien que fréquente, il est i

vrai, n’est pas cependant constante. •

Observation VIII

X... entre à l’hôpital de la Charité, le LS octobrel883, salle Saint-Félix, iF 8, service de M. Desnos. !56 ans. En 1870, pleurésie droite. X... a fait quelques excès

alcooliques il y a vingt ans. Il prétend avoir mené depuis cette époque une vie régulière.

Il y a six semaines environ qidil a commencé à se plaindre de maux d’estomac. Digestions pénibles, pyrosis, bouclie amère et pâteuse. Vomissements glaireux le matin. Douleurs dans le dos et en ceinture.

Il a eu quelques vomissements noirs, et très souvent il rend la nuit et très peu altérés les aliments pris dans la journée.

Amaigrissement considérable. I nappétence.

A la palpation, on trouve dans la région épigastrique, et s’étendant un peu à gauclie, une tumeur parfaitement limitée, formant ]dastron, et dont le bord inférieur descend à quatre travers de doigt au-dessous de l’appendice xiphoïde.

Pas d’œdème, rien au cœur, rien au poumon.

Le 19, il était à ralimentation d’un degré. Comme il la supportait mal, on le met le lendemain au régime lacté exclusif.

Date,

Quantité d'urine.

Urée.

Régime.

2 litres lait.

:> litres lait, tapioca, tisane.

3 litres lait, tisane

L’état actuel du malade est relativement satisfaisant . Il n’a plus de vomissements.

Le dosage a été fait au moyen de l’appareil à mercure d’Yvon et les chiffres sont ramenés à 0 et à 760.

Nous voyons l’énorme différence qui existe dans le taux de l’urée chez cet homme et chez le carcinomateux delà salle Saint-Ferdinand. Mais, nous ferons remarquer que chez ce dernier l’affection date de plus longtemps, qu’il existe des vomissements et de la diarrhée, qu’en un mot il est dans un état de cachexie assez avancé, toutes conditions que ne présente pas le second au moment de l’observation.

Cancers de l’utérus.

Dans les observations qui précèdent, le tube digestif ét^it particulièrement intéressé, et l’alimentation pouvait être directement et mécaniquement entravée. Dans les cas qui suivent, il en est autrement : nous ne trouvons plus d’obstacle au cours des substances alimentaires, pas d’altération apparente des organes de la digestion. Ce n’est pas à dire que chez ces malades l’alimentation soit parfaite ; loin de là, ce que nous voulons dire, c’est que, chez eux, le pouvoir digestif subsiste. Nous étudierons donc l’urée dans les néoplasmes utérins et nous essayerons, et par des observations puisées dans les divers auteurs, et par celles qui nous sont personnelles, à mettre en évidence les variations de l’urée dans la localisation à l’utérus de l’affection qui nous occupe.

Observation IX.

Cancer utéi in. Mort. , \

(Rommelaër. Annales de TUniversité de Bruxelles, 1880.)

Charlotte V,..,50 ans, entreàTliopital Saint-Pierre, 10 septembre 1879. Cancer utérin évident. Hémorrhagies abondantes. Le cancer fit bientôt des progrès, et s’attaquant! rectum. Le 24 février 1880, perforation recto-vaginale. Mort le 15 avril.

Date. Quantité d’urine.

Lree.

Régime.

Octobre^

Demi-portion.

1er Novembre.

Moyenne de 5,148 d’urée par jour. L’autopsie ne révéla rien au foie. La malade supportait l’alimentation, pas de vomissements ni de diarrhée. C’est donc au cancer qu’il faut attribuer la cause de cette diminution d’urée.

Observation X (résumée).

(Rommelaër. Annales de l’Université de Bruxelles, 1880.)

V..., 48 ans, entre à l’hôpital Saint-Pierre, 4 février 18î50. Depuis un an, hémorrhagies par le vagin, pas de douleurs de ventre, mais rachialgie. Constipation ordinaire. Envies fréquentes d’uriner. Au toucher,

Grégoire. 5

on constate un col ulcéré. L’appétit est assez bon : 200 grammes de viande, lait et légumes. La moyenne de la quantité dbirée était sur quatre observations de 7 gr. 4,283.

Observation Xi (résumée).

Aoaares de l’UniTersité de BruxeUes, 18^.)

X..., 63 ans^ atteinte de pertes considérables depuis plusieurs mois. Douleurs à l’hypogastre. Constipation ordinaire, faiblesse extrême. Le toucher révèle un col formé d’une pulpe mollasse sur un fond induré. L’autopsie confirma le diagnostic : pas de lésion rénale ni hépatique. La moyenne d’urée, excrétée par cette femme, était sur cinq observations de 9 grammes par jour, La malade à la demi-portion et avec un régime tonique, dit l’auteur, aurait du avoir dans de pareilles conditions la quantité normale d’urée.

Nous voyons la diminution notable d’urée observée par flommelaër dans la localisation du cancer à fiitérus. Dans les différents auteurs que nous avons pu consulter, nous trouvons des chiffres encore plus faibles. ¥almont (thèse 18741 cite l’exemple d’une femme atteinte de cancer utérin, qui n’excrétait que 2 grammes d’urée par jour. Le foie ne présenta rien d’anormal à l’autopsie. Chaumont (thèse 1874, page 47) a observé un cas de cancer de la matrice, dans lequel la femme fut atteinte d’urémie. Enfin, Beale, professeur ,au Kiiig’s College Londres, parle d’une femme atteinte de la même affection et qui fut observée par le D" Favre. Cette malade ne rendit pendant une semaine que des

quantités! très minimes d’urine, et aucune trace d’urée n’y fût constatée.

Observation XII (personnelle).

X..., 50 ans, couturière, entre à l’hôpital de la Charité, salle Saint-Basile, n** 17, service de M. B^rnutz, remplacé alors par M. Breyfus-Brissac. Pas' d^'antêcédents au point de vue de raffection qui nous occupe.

Cette temme a remarqué, il y a trois mois, une petite grosseur au niveau du sein droit. Cette grosseur augmente graduellement et, aujourd’hui, elle atteint la dimension d’un œuf. Elle est le siège de peu de douleurs.

En même temps, cette femme, qui n’est pas réglée depuis six ans, a eu, il y a huit mois, des pertes considérables. Depuis ce temps, elle ressent dans rabdomen des douleurs continuelles, douleurs sourdes' s’exaspérant par la pression.

Constipation opiniâtre ; la malade ne va à la selle qu’à l’aide de purgatifs.

Ecoulement par le vagin d’un liquide blanc jaunâtre.

Nous sommes donc en présence d’un cancer généralisé.

Date.

Quantité d’urine.

Urée.

Octobre.

Au moment de nos observations, la malade ne prenait aucun médicament pouvant avoir de Tinfluence sur son excrétion d’urée. Son alimentation consistait en un peu de viande le matin, des légumes le soir, un demilitre de lait et un quart de vin.

Moyenne de 8,758 sur dix observations.

Observation XIII (personnelle).

B..., 47 ans, entre à riiopital de la Charité, 10 juillet 18B3, salle Saint-Basile, iB 6, service de M. Ber- ^ nutz, remplacé par M. Dreyfus-Brissac.

Pas d’antécédents, malade depuis neuf mois, pertes abondantes Pété dernier. Actuellement, ces pertes ont cessé, mais sont remplacées par un écoulement roussâtre et d’une odeur caractéristique. Constipation opiniâtre, douleurs à l’iiypogastre.

Le toucher révèle l’existence d’un cancer utérin.

Date.

Quantité d'uriue.

Urée.

Octobre.

La malade prend un demi-litre de laie par jour, est à l’alimentation de un degré, boit un peu de vin et du quinquina.

Moyenne de 13,28 sur dix observations.

Observation XIV (personnelle).

X... entre le 19 octobre, salle Saint- Joseph, n° 2, service de M. Féréol.

50 ans, ménagère, })as d’antécédents, pertes abondantes depuis trois ans et qui ont duré jusqu’au mois de juillet dernier. Ne se plaint de douleurs à la région hypogastrique que depuis le mois de janvier. Ces douleurs sont tellement violentes que Ton a recours aux jhlules d’opium deux fois par jour et aux piqûres de morphine pour la soulager. Amaigrissement considérable, teinte jaune-paille. Actuellement, aucunes pertes, aucun écoulement par le vagin. Le toucher dénote un épithélioma utérin,

Date.

Quantité d’uriiie.

Urée.

Octobre.

L’alimentation

cette malade é

it tout à fait irré

gulière. Rarement de la viande, ou alors en très petite quantité. Un demi-litre de lait par jour et dès potages.

La moyenne d’urée était de 5 gr. i l sur huit observations.

Obseïivation’ XV.

Carcinome utérin.

(Hôpital Tenon, salle Colin, n** 9, service de M. Huchard'. Observation due à l’obligeance de M. Legrip, externe des hôpitaux.)

P..., s 35 ans, ménagère, entre à l’hôpital le 22 août 1882. Pas d’antécédents. Parents vivants et bien portants. Réglée à 15 ans. Mariée à 17 ans, pas d’enfants.

Souffre depuis le mois de décembre 1881, époque à laquelle elle fut obligée de garder le lit. Au mois d’avril 1882, elle reprend son travail,^ mais elle ressent dans les flancs une certaine pesanteur qui L’oblige à se tenir le ventre quand elle marche. Son appétit est assez bien conservé. Pas de vomissements. Pas de douleurs lombaires. Notons, toutefois, un amaigrissement déjà sensible.

Trois semaines avant son entrée à l’hôpital, elle ne peut plus rien faire et elle est obligée de prendre une garde pour la soigner.

Etat actuel, 2.2 août. Amaigrissement très considérable. Teinte jaune-paille. Diarrhée. Pas de fièvre.

Rhlegmasia alba dolens. Du côté gauche, on remarque une douleur très marquée en arrière du trochanter, ainsi qu’au niveau du pli de l’aine.

Ganglions légèrement engorgés. Œdème de la cuisse très prononcé. Rien au cœur.

Le toucher vaginal et rectal ne donnent rien.

Traitement : potion Todd, bismuth, une pilule cynoglossefet limonade vineuse.

Page 1