‹ De l'urée dans le cancerChapitre 4 sur 10 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

VARIATIONS DE l’uRÉE CHEZ LES CANCÉREUX.

C’est là un problème complexe, nous le pensons, que de déterminer d’une façon exacte la quantité d’urée éliminée en vingt-quatre heures par les malades. Nous avons vu en effet précédemment combien de causes influent sur sa production. Déplus, nous savons combien il est difficile de recueillir la totalité exacte de burine rendue en une journée. Nous croyons cependant avoir pris, autant qu’il était en notre pouvoir, toutes les pré( autions nécessaires pour pouvoir affirmer dans nos chiflfes toute la garantie désirable. Je ne décrirai point ici les diflerents modes de dosage employés. Je dirai seulement que nous avons opéré dans la majeure partie des cas avec l’aide de l’appareil d’Esbach. Un dosage cependant a été fait avec l’appareil d’Yvon. Dans les différentes observations que nous publions, nous avons tenu compte d’une façon rigoureuse du régime du malade, et non content seulement de noter qu’il mange une ou deux portions ou est au régime lacté par exemple, nous avons encore tenu compte de son état : s’il présentait de l’ascite, s’il avait de la diarrhée ou des vomissements, nous basant sur ce fait rapporté par Valmont que, dans le cas de diminution de l’urée excrétée, on peut en trouver la cause

dans la production d’ascite, d’oedème, de diarrhée ou de vomissements.

Pour se rendre un compte exact de tous les résultats que présente Pexamen clinique des urines, il faut mettre en regard de l’observation pathologique les moyennes normales admises par les auteurs les plus autorisés. Les nombreux et savants travaux que la chimie physiologique doit à M. le professeur Robin fournissent à cet égard les notions les plus sûres. La moyenne d’urée (23 à 30 grammes, plutôt moins que plus) indiquée par cet auteur me paraît bien plus applicable à nos populations, que les chiffres supérieurs à 30 grammes, donnés par les auteurs étrangers et sur lesquels on se base trop souvent.

Une question non moins importante est celle de l’organe atteint par l’affection. Certains cancers en effet peuvent créer un obstacle mécanique à l’alimentation : tels sont par exemple les cancers de l’œsophage, les cancers d’estofnac ; d’autres, au contraire, siégeant loin des voies digestives, n’entravent la digestion que d’une manière fort indirecte, sympathique pour ainsi dire, parfois même ils la respectent complètement, comme le cancer du sein, le cancer de l’utérus; enfin, certains néoplasmes, développés au sein de l’organe producteur de l’urée, devront avoir une influence prépondérante sur la production de ce produit excrémentitiel : tel est, par exemple, le cancer du foie.

Nous avons groupé nos observations autant que possible suivant Torgane atteint et nous étudierons suc-

cessivement T excrétion de F urée dans le cancer du foie, de l’estomac, de l’utérus .

Cancer du foie.

La question du dosage de l’urée dans le cancer du foie est d’autant plus importante que nous savons le rôle attribué à cet organe dans la production de ce produit.

Les travaux de Heynsius, Kuhne, Meissner et Cyoïi, puis les observations pathologiques de MM. Charcot, Brouardel et Murchison, tendent à faire admettre cette loi générale formulée par M. le professeur Brouardel dans son savant mémoire sur Turée et sur le foie : « Que la quantité d’urée formée et éliminée en vingt-quatre heures est sous la dépendance de deux influences principales :

P L’état d’intégrité ou d’altération des cellules hépatiques;

2° L’activité plus ou moins grande de la circulation hépatique.

Nous ne prétendons pas, dit l’auteur, que l’urée est exclusivement formée dans le foie ; ce que nous pouvons dire, c’est qu’elle s’y forme, sinon en totalité, du moins en majeure partie.

C’est un fait bien connu, dit Murchison (Leçons sur les maladies du foie, 1878), que l’im des signes les plus constants des troubles du foie, c’est la formation incomplète de l’urée, et lorsqu’une partie de cet organe a été détruite par la maladie la quantité d’urée con-

tenue dans l’iirine disparaît en partie ou en totalité. Dans les Archives de physiologie normale et pathologique publiées par Brown-Séquard, Charcot et Vulpian (tome III, 1876), nous lisons que le parenchyme du foie peut être détruit par un processus lent, tel que le cancer, et que dans ce cas les documents recueillis s’accordent tous pour montrer que le taux de T urée éliminée a baissé.

Observation I (résumée).

(Etude sur les causes des variations de l’urée dans quelques maladies du foie. Thèse Valmont, 1879, p. 58.)

P..., journalier, 44 ans, entreàla salle Saint-Joseph, iP 19, service de M. Germain Sée, à rHôtel-Dieu.

Mère morte de cancer de la matrice, alcoolique.

A son entrée, son état peut se résumer ainsi :

Teinte subictérique, ascite, développement de la circulation collatérale, œdème des membres inférieurs. Inappétence, diarrhée; rien au cœur et rien au poumon.

Mort au mois de décembre.

L’autopsie, faite par M. Debove, démontra une dégénérescence squirrheuse du lobe gauche et du hile du foie.

Je ne retracerai pas ici tous les dosages, j’établirai la moyenne obtenue par mois :

Grégoire

Moyenne.

Régime.

Observation .

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