‹ De l'UréthrectomieChapitre 8 sur 39 · SAO · texte numérisé non relu

SAO

sale furent réunies aussi par deux points ; l'incision longitu

dinale, qui se trouvait ramenée exactement sur le milieu de la face inférieure, fut laissée libre et remplie de poudre ď'iodoforme; la plaie cutanée fut un peu rétrécie par deux points placés à chacune de ses extrémités, mais laissée ouverte à sa partie moyenne. Un animal fut sacrifié quatre semaines et l’autre six semaines après la guérison complète de la plaie cutanée.

« De rétrécissement on n’en avait trouvé aucune trace par le cathétérisme. La réparation était totale. Sur la paroi supérieure de l’urèthre, on ne constatait par la vue aucune trace de cicatrice et on ne sentait par le toucher qu’une étroite ligne un peu plus résistante. Sur la face inférieure, il existait un épaississement assez proéminent de la paroi à la rencontre des sections longitudinale et transversale.

« De ces recherches, on déduit la possibilité d'obtenir la guérison de la section transversale de l’urèthre par la suture. Le temps d'observation est, à la vérité, trop court pour permettre de tirer des conclusions sur les suites de la cicatrice résultant de la plaie transversale. Il me suffisait d'établir expérimentalement leur réunion immédiate par la suture, afin d'en dégager un principe thérapeutique pour la réunion par première intention des plaies transversales de l’urèthre humain. »

Hägler a poussé plus loin son expérimentation ; aux plaies

par instruments tranchants il a ajouté les plaies contuses ; il a prolongé davantage son temps d'observation et il a appliqué à l'homme le résultat de son expérience, dans deux cas de rupture et dans trois cas de section pour rétrécissement; toutes les fois il a obtenu une guérison rapide. — Ses expériences ont été faites, également sur des chiens, dans le laboratoire de la clinique du professeur Socin, à Bâle, et nous en trouvons tous les détails dans un long article du « Deutsche Zeitschrift für chirurgie, 1889, t. XXIX, p.277.» Nous en donnons les conclusions :

tres

« Les plaies par instruments tranchants, non suivies de suture, ont besoin d’un temps plus long pour guérir.

> La sonde à demeure n’accélère pas la guérison et détermine une uréthrite suppurée.

> Les plaies par écrasement guérisent rapidement par la

suture, sans troubles fonctionnels. Ces mêmes plaies, non:

suturées, guérissent plus lentement et amènent un rétrécissement plus ou moins prononcé.

> Il n’y a jamais de réunion par première intention, quand on ne fait pas la suture

> Si la suture est faite, la cicatrice uréthrale est attirée en dehors par la cicatrice cutanée et il en résulte un élargissement du canal, fait qui a été observé chez l’homme par Roser.

> Dans les plaies tranchantes ou contuses, il se produit une hémorrhagie profuse venant du bout postérieur, et qui est arrêtée par la suture » ;

Ces résultats de la suture expérimentale, pratiquée sur l’urèthre des chiens, sont excellents et indiquent notre ligne de conduite dans le traitement des sections et des ruptures de l’urèthre humain. Mais, en quittant l'Allemagne, dont nous avons passé en revue tous les auteurs qui se sont occupés de l’uréthrectomie à quelque point de vue, il ne serait pas juste de quitter ce sujet si intéressant de la suture pratiquée sur les canaux excréteurs des voies génito-urinaires, sans rapporter brièvement les travaux de Poggi en Italie.

Ils ont trait à la suture immédiate des plaies transversales complètes du canal déférent et de l’uretère. Les expériences ont été faites sur des chiens, dans le laboratoire de pathologie générale du professeur Vizzoni, de Bologne. — Dans une première série de recherches (1) : section transversale complète du canal déférent, un crin de cheval long de 3 centimètres est

(1) Pocer. — Guérison immédiate des plaies du canal déférent sans oblitération de sa lumière. — Revista clinica. —- Bologna. déc. 1886.

CL PO t phan

Pure

introduit dans la lumière, pénétrant dans l'extrémité de chacun des deux bouts ; un point de suture au catgut dans la tunique celluleuse rapproche ceux-ci ; réunion immédiate avec conservation du calibre ; dans six cas sur sept le crin a été expulsé avec le sperme. Une autre fois, le crin, au lieu d’être laissé libre dans la lumière, fut pris plus long et fixé au dehors en traversant les parois du canal et la peau, et retiré le 3° jour; résultat très bon. Ce procédé, dit l’auteur, pourrait être appliqué à l'homme, car chez lui la structure et les dimensions du canal déférent sont identiques à celles du canal du chien. — Dans une seconde série {1) : section complète de l’uretère ; dilatation du bout inférieur et abouchement dans celui-ci du bout supérieur, suture au catgut par retroussement de manière à accoler les muqueuses : guérison immédiate. On a peine à trouver une trace de cicatrice; pas le moindre rétrécissement, bien que l'urine pait cessé de couler normalement par le canal.

De ces expériences si heureuses, pratiquées sur des canaux dont la lumière est si étroite, il est naturel de conclure à lindication, plus pressante encore, de la suture de l’urèthre dont le tissu est très vasculaire et le calibre beaucoup plus grand.

Sans nous étendre davantage sur la suture expérimentale, citons les noms d’Erasme de Paoli de Turin, de Parona de Milan, du prof. Cacciopoli de Naples, que nous retrouverons plus tard; de Postemki (2) (1886) et de Pietro Neri (3) (1887) qui ont contribué surtout à vulgariser, en Italie, la suture à étages du périnée ou uréthro-périnéorraphie, et enfin du

(1) Pog@r. — La guarigione immediata delle ferite trasversali complete dell'uretere. Riforma medica, Naples, mars 1887,

(2) Postemki. — L'uretroperineorafia nella operazione della urethrotomia italiana. Gazz. med, di Roma, 1886, t. XII, p. 1 à7.

(3) PIETRO NERI. — Note teorico-cliniche sull'uretrotomia esterna ed uretro-perineorafia. (Processo Durante). Roma 1887, 14 p. 8°.

D" Al. Codivilla (1) qui injecte au préalable un liquide colorant (bleu de methylène) dans l’urèthre, pour rendre très facile la découverte du bout postérieur.

On a vu l'uréthrectomie très en faveur pendant ces dernières années auprès des chirurgiens français, allemands et italiens; elle s'est répandue au loin dans plusieurs pays; mais y a été peu pratiquée ; c’est ainsi que nous n'avons pu trouver qu'une observation de Von Wahl de St-Petersbourg (1890), une de M. Thiriar de Bruxelles (1888), une du professeur Leonte de Bukarest (1890), ainsi que de Mayo Robson en Angleterre (1885) et de E. Keyes de New-York (1891).

Nous plaçant à un point de vue plus particulier, nous nous occuperons des procédés d’autoplastie ou de greffe, employés pour la restauration des pertes de substance considérables de l’urèthre périnéal et nous résumerons les observations que nous avons pu recueillir à ce sujet.

C'est Earle(2) le premier(1819) qui fit l’urétroplastie périnéale. Il s'agissait de réparer les dégats d’une exhare gangréneuse; il employa un lambeau cutané.

OBsERVATION IV.

Rupture de l’urèthre: rétrécissement, abcès urineux et eschare gangréneuse. Le plancher périnéal est détruit dans une étendue assez grande et la paroi inférieure de l’urèthre sur une longueur de 3 à 4 centimètres. - Première opération d’autoplastie en 1819 : insuccès. - Seconde opération pendant l’été de l’année suivante: avivement du tissu scléreux intermédiaire aux deux bouts de l’urèthre ; un lambeau cutané est emprunté sur le côté au périnée et à la cuisse gauche, ayant une longueur de 4 cent. et une largeur de 2 cent., rabattu sur

(1) CopiviLza. — Bolettino delle scienze mediche di Bologna, 1890, p. 578.

(2) EARLE. - In Voillemier. Traité des maladies des voies urinaires 1868. MAD 480:

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