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C'est à Daniel Mollière (1880), que revient l'honneur d’avoir complété l'opération, en faisant suivre l'excision de la suture des deux bouts, méthode qui lui a donné de beaux succès immédiats en même temps que définitifs. C’est dans la thèse de son interne, Parizot, 1884, (1) que nous trouvons décrit son procédé avec de nombreuses observations, et, ensuite dans ses leçons de clinique chirurgicale (2). D. Mollière pratique lexcision totale du noyau cicatriciel ou des indurations calleuses, et, après introduction d’une sonde à demeure, fait la suture immédiate des deux bouts du canal au moyen du fil métallique. La plaie périnéale est tantôt suturée, tantôt laissée libre. Il a aussi facilité beaucoup la recherche du bout postérieur, en faisant application aux tubes physiologiques de la loi de Bourdon et posant son principe du redressement du bout postérieur rompu et obstrué.
Quatre ans plus tard au 3° Congrès français de chirurgie, tenu à Paris en 1888, M. Poncet faisait une communication sur < la résection et la suture de l’urèthre dans certaines formes de rétrécissements. Il a traité 9 malades d’après la méthode de Mollière et obtenu de très beaux résultats, tant au point de vue de la cicatrisation que du rétablissement des fonctions.
C'est pendant ce temps, que nous trouvons les observations très intéressantes de M. le D" Locquin (3), de Dijon, celles de M. Guermonprez (4) qui appliqua aux rétrécissements péniens la méthode de D. Mollière en substituant le catgut au fil d'argent , celle de M. Defontaine (5), du Creusot, avec cathétérisme rétrograde, et d’autres que nous rapporterons.
(1) Parizor, de l'excision des rétrécissements calleux de l'urèthre suivie de suture immédiate. Mai 1884. Lyon.
(2) Danrez Mouuire. — Leçons de clin. chirurgicale. Lyon, 1888.
(3) Locquix. — Société de chirurgie, octobre 1887.
(4) GUERMONPREZ. — Gazette des hôpitaux, 27 mai 1886. 22 oct. 1889. (5) DEFONTAINE. — Soc. de chirurgie. 14 nov. 1888.
C’est aussi à ce moment que survinrent, à la Société de chirurgie, les discussions sur la suture de l’urèthre (Lucas-Championnière, 1885. Terrier et Le Dentu, 1886. Kirmisson,1889) et un peu plus tard que parurent à Montpellier les thèses de Duranton (1) et de Gaujon (2) sur le même sujet.
En même temps, les chirurgiens de l'hôpital Necker modifiaient le procédé de D. Mollière. Au dernier Congrès français de chirurgie (avril 1892) M. le prof. Guyon lut une note sur « la résection partielle de l’urèthre périnéal suivie de restauration immédiate et totale » et son chef de clinique, M. Albaran < sur quelques cas de résection de l’urèthre ». — Ils préfèrent, à la résection totale, la résection partielle, qui conserve la paroi supérieure du canal ; quant à la suture des deux bouts de l’urèthre, tantôt ils l'emploient, tantôt ils la négligent, faisant alors la suture à étages du périnée. — A la séance du 11 mai 1892 de la Société de chirurgie, M. le D" Horteloup a exposé son procédé de résection cunéiforme, qui ne diffère guère de la précédente.
Pendant qu’en France on repoussait l'opération de Bourguet et pendant que Mollière lui donnait son dernier perfectionnement, deux allemands (Kœnig et Heussner) se disputaient la priorité du procédé. — Il en est de l’uréthrectomie, comme il en fut de la taille et d’autres découvertes, elles naissent en France; mais dédaignées , elles vont chercher refuge à l'étranger, qui les accueille avec avidité et les développe.
C’est alors que Dittel pratiqua son excision péri-uréthrale, méthode irréalisable ; car, dans ces callosités cicatricielles ou inflammatoires, le tissu de l’urèthre est confondu avec celui de la masse indurée et ne peut en être séparé. — Kœnig et Strecker en 1882, Heussner en 1883 et 1887, Socin en 1888,
(1) DurANTON. — De la suture primitive et secondaire de l'urèthre. Thèse de Montpellier, 1890.
(2) Gausox. — De la suture de l'urèthre. Thèse de Montpellier, 1894.
publièrent des observations de résection uréthrale suivie de suture. — Mais nous ne nous arrêterons pas sur ces faits que nous rapporterons plus loin; et nous exposerons, sans plus tarder, les recherches expérimentales de Kaufmann et de Hägler sur la suture de l’urèthre, qui forme le second temps de l’uréthrectomie.
C’est sous l'inspiration du professeur Rocher, de Zurich, que Kaufmann (1) entreprit ses expériences en 1880; nous les trouvons relatées dans le grand traité de chirurgie allemande, au chapitre des blessures de l’urèthre ; elles ont été faites sur des chiens :
« La peau est sectionnée sur la ligne médiane dans une « étendue de 3 centimètres à la partie inférieure du pénis, « lurèthre est libéré. Un cathéter élastique est introduit dans « le canal et l’urèthre sectionné transversalement dans la « moitié de sa circonférence, d’abord au bistouri, puis aux « ciseaux. La plaie est lavée avec un liquide antiseptique , les « deux lèvres de la section uréthrale réunies avec un fil de catgut, celles de la peau avec un fil de soie. Au bout de trois semaines l'animal est sacrifié; on constate une guérison parfaite et l'absence complète de dureté à l'endroit de lincision.— Chez deux autres jeunes chiens, l'opération fut pratiquée de la manière suivante : la peau est sectionnée dans une étendue de 4 centimètres à partir du bulbe jusqu'en avant; un cathéter élastique est introduit dans l'urèthre; alors incision longitudinale de 1 cent. 1/2 sur sa paroi inférieure et incision transversale complète correspondant au milieu de la précédente ; pour la ligature on emploie chez Fun du catgut N°1 et chez l’autre de la soie N°3. Deux points furent passés dans les coins de la plaie cruciforme qui se trouvèrent ainsi rapprochés ; les lèvres de la plaie transver-
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(4) KAUFMANN. — Verletzungen und krankheiten der mannlinchen harnrohre und des penis. — Deutsche chirurgie, Billroth et Lueck. — Lieferung 50, p. 110, 1886.