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Très différent du procédé classique qui se sert du rétrécissement pour retrouver l’urèthre postérieur, le procédé de Forgue, au contraire, se sert de l’urèthre postérieur pour repérer la partie postérieure du rétrécissement.
C’est donc en passant en arrière des lésions que l’opérateur arrivera sur la prostate ; c’est en se tenant au devant du rectum, en arrière du rétrécissement, que, peu à peu, sectionnant à mesure qu'il les rencontre les points d'attache normaux unissant le rectum au périnée antérieur et à l’urèthre, le chirurgien arrivera dans une zone décollable, entre les deux feuillets de l’aponévrose de Denonvillers, d’où il atteindra facilement la prostate.
C’est le chemin suivi dans le vieux procédé de la taille prérectale ; c’est par cette voie qu’on aborde aujourd’hui les fistules recto-uréthrales, les abcès prostatiques et la prostate elle-même, dans la prostatectomie périnéale.
Voici en quoi consiste, selon nous, la supériorité du procédé de Forgue.
Dans le procédé classique, le gros ennui est d’être exposé à ne pas retrouver le bout postérieur de l’urèthre :; dans le procédé de Forgue nous prenons ce bout à un point fixe et cet auteur l’a toujours trouvé € en moins de dix minutes, même dans les cas difficiles ».
Dans le procédé classique, on erre au milieu de tissus altérés, dont les repères sont absents ; dans le procédé que nous décrivons, on opère en tissus sains où l’on peut facilement reconnaître son chemin à chaque pas.
Dans le procédé classique enfin, on promène le bistouri dans des fistules, des clapiers fongueux, restes d’abcès, etc., asepsie douteuse. Dans le procédé de Forgue, on évite soigneusement la lésion et, lorsque l’urèthre est ouvert, en arrière du rétrécissement, c’est en contournant la masse fibreuse qu’on l’exeise sans l’ouvrir. Et, s’il arrive d’ou-
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vrir à ce moment-là une cavité septique, il est plus facile d'y remédier immédiatement par des lavages antiseptiques, et ultérieurement par le drainage, que dans les cas où, dans ces tissus septiques, on prolonge ses recherches pendant une heure, deux heures ‘et même davantage.
Sur le cathétérisme rétrograde, le procédé de Forgue a des avantages encore moins contestables et si frappants que.nous nous contenterons de les énumérer sans y insister.
Nous notons d’abord que tout se passe dans la même région opératoire, il n’y a pas plusieurs incisions, plusieurs opérations.
Ensuite, on évite le danger d’infection, puisqu'on commence par faire une opération aseptique et qu’on ne passe qu’ensuite, avec beaucoup de précautions, dans la région où l’asepsie est moins sûre. |
Nous évitons également la pénible fistule hypogastrique ; non seulement nous ne touchons pas à la vessie, mais encore nous en sommes éloignés par toute la longueur de la prostate et la barrière des deux sphincters, pas de fistule, pas d’incontimence. Et si les reins sont atteints de uéphrite ascendante, ne touchant pas à la vessie, nous évitons aussi les aggravations post-opératoires.
Enfin, en suivant une technique précise, celle que nous indiquerons dans quelques pages, il est au moins aussi facile de découvrir la prostate que lé méat interne de l’urèthre, surtout lorsque la vessie offre les lésions que mous avons décrites précédemment.
Toutefois, à ce procédé de Forgue, pourrait-on trouver une objection. C’est la gravité des accidents septiques, lorsqu'ils éclatent dans l’étage supérieur du périnée ; dans ces cas, on voit souvent l’infection s'étendant peu à peu, disséquer le rectum et remonter sous le péritoine jusque
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dans les fosses iliaques, provoquant une suppuration diffacile à drainer, et créant quelquefois des fistules rectales. Ajoutons à cela un état général en rapport avec la lésion et nous ne nous étonnerons pas que les chirurgiens de l’ère pré-aseptique aient négligé d'employer et de perfectionner le procédé originel dû à Demarquay, et se soient contentés de limiter leurs recherches en decà du higament de Carcassonne, qui représente une sérieuse barrière à l'infection.
Mais ce qui présentait autrefois un réel danger: ne doit plus aujourd’hui arrêter le chirurgien sûr de sa technique et de son asepsie ; car, c’est sous cette double condition que le procédé de Forgue doit être mis en usage pour donner de bons résultats. Et si l’asepsie est plus difficile à obtenir dans cette région, à cause de l’anus et souvent de fistules urinaires, ce sera une raison pour l’assurer avec un Juxe de précautions que nous indiquerons plus tard.
Donc, évitant les dangers des autres méthodes, le procédé de Forgue en réalise les avantages combinés. En circonscrivant le rétrécissement entre les deux conducteurs, il permet de l’exeiser sans l’ouvrir, sans le fouiller et, partant, sans infecter la plaie. De plus, nous réalisons cette idée de faire un cathétérisme rétrograde préalable et non en désespoir de cause ; l'avantage est d’agir toujours de la même façon, d’avoir une opération fixe, munie d’un manuel opératoire invariabie, ne comportant pas d’aléa, pas d'incertitude.
Ah ! si dans le procédé classique on était une fois cerain qu’on ne sera pas arrêté par les difficultés que nous avons énumérées. Mais, est-il facile de diagnostiquer sûrement qu’un rétrécissement infranchissable n’est que peu étendu et que l’on trouvera facilement la portion rétrostrieburale de l’urèthre ?